« Et ce (le grain) qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole dans un cœur loyal et bon, qui la retiennent et portent du fruit à force de patience » (Luc 8, 15).
J’ai commencé ma lettre pastorale, en ce jour béni de la Résurrection du Christ, par un fragment de la parabole de la semence. Notre Sauveur Jésus Christ, Celui qui est ressuscité des morts, qui nous remplit de joie, n'est autre que la semence qui tombe et demeure mystérieusement dans nos cœurs, qui porte du fruit au bon moment à force de patience. Il est semblable au grain qui, tombé dans la bonne terre, meurt, puis ressuscite et rapporte une bonne récolte.
Par Sa Résurrection, le Christ donne au monde entierun abondant fruit, encommuniant et en S’offrant Lui-même à chacun, pleinement et personnellement. Si l’homme Le reçoit dans son cœur et si le cœur de l’homme est loyal et bon, le Christ porte beaucoup de fruits à force de patience. Il nous aime tellement qu’Il partage sa vie avec nous, nous rachète du péché et de la mort, nous pardonne toujours et meurt, pour que nous soyons vivants, pour que nous héritions de tous ses dons et pour que nous jouissions pour toujours avec Lui.
La patience, nous dit Saint Jean Chrysostome, « est la plus forte arme contre les tentations » et Saint Éphrem le Syrien nous assure que « celui qui prend patience est toujours joyeux et content. Celui qui prend patience est loin de la colère. La patience est immensurable si elle est associée à l’humilité ». Saint Éphrem le Syrien nous enseigne encore à demander à Dieu, dans la prière, qu’Il nous accorde, avec l’esprit d’intégrité, d’humilité et de charité, aussi l’esprit de patience, qui est essentiel pour notre avancement spirituel. On traduit le terme grec hupomoné par patience ou endurance, mais celui-ci nous conduit, on le verra, à des sens beaucoup plus profonds. On connait aussi le terme de makrothumia (longanimité, persévérance), qui est une qualité de l’amour authentique, de l’amour de Dieu et de ceux auxquels Dieu l’offre. « L’amour prend patience (…) Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout ». Saint Jacques nous enseigne que : « l’épreuve à laquelle votre foi est mise, cultive la persévérance » et Saint Paul ajoute : « Il (le Seigneur) ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation Il vous donnera le moyen d’en sortir pour que vous puissiez l’endurer ».
Saint Jean Chrysostome nous explique, comme nul autre, que « la patience dans la souffrance est une vertu tellement grande, qu’elle libère, même les plus grands pécheurs, de leur lourde dette », en indiquant par cela les péchés que nous commettons. Il est très important que notre patience ne soit pas tant liée à la triste attente d’une fin, mais surtout à l’espoir et à la confiance, que ce soit une patience désireuse de prendre un nouveau départ. L’homme qui endure, selon la volonté de Dieu, c’est l’homme plein d’espérance, le brave homme, l’homme sur lequel on peut compter au besoin. Nous connaissons la patience emblématique de Job, qui, finalement, lui a rendu l’honneur et la richesse ; la grande patience du juste Syméon, qui lui a apporté le contentement et la bénédiction de tenir dans ses bras l’enfant Jésus ; ou celle du pauvre Lazare de la parabole du mauvais riche de l’Évangile, qui n’a pas perdu son espoir et dont Dieu a eu pitié. Nous connaissons l’infirme de la piscine de Bethzatha, qui a souffert durant 38 ans, la femme courbée et de nombreux autres... Nous-mêmes, nous goûtons tous les jours au fruit de la patience, avec l’espérance que Dieu connaît le sens de l’existence de chacun d’entre nous et ainsi nous voyons comme il est merveilleux que, par la Providence divine, rien ne soit en vain.
Beaucoup de personnes, pourtant, perdent leur patience. Ainsi, au sens négatif, on connait aussi le terme d’impatience, qui porte à celui qui l’éprouve angoisse et déclin. Il n’est pas nécessaire de donner des exemples, car le monde est plein de personnes impatientes. Nous-mêmes, nous goûtons parfois à l’impatience. Personne n’est arrivé à la patience sinon à travers la confrontation au manque de patience. Toujours mise à l’épreuve, la patience peut être obtenue par une décision ferme, surgie de la volonté et, bien sûr, seulement avec l’aide et la bienveillance de Dieu. Revenant à la citation biblique initiale, nous voyons plus clairement combien le fruit, que Dieu nous promet abondant, de la semence ou de sa Parole entrée dans notre raison et dans notre cœur, peut s’accomplir seulement à force de patience et que le tout est un processus naturel, de coopération entre notre volonté et la volonté de Dieu. Le mouvement vivant de notre pensée nous conduit toujours vers Dieu avec ardeur et foi, aussi longtemps que nous ne perdons pas la patience et la confiance que Dieu a inclues en chacun d’entre nous dans Son grandiose plan, qu’on peut appeler tout simplement : Salut. N’oublions jamais que c’est cela notre but et notre vocation de chrétiens, qui vivons dans ce monde éphémère, orientés vers la vie éternelle et heureuse, en Dieu.
Avec ces considérations et avec la certitude de la Résurrection du Christ, je vous embrasse tous chaleureusement et je vous adresse de paternelles bénédictions.
Le Christ est ressuscité !
Votre intercesseur auprès du Christ Seigneur,
† L’Évêque Timothée,
(Fragment de la Lettre Pastorale à la Résurrection du Seigneur 2016)

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