La vie de chacun d'entre nous est un don de Dieu et nous jouissons de ce don dans la mesure où nous l'assumons. Nous apprenons aujourd'hui, tout comme il y a deux mille ans, que le Christ est ressuscité ! Voilà une raison de plus de nous réjouir de la vie, sachant que pour nous chrétiens, la vie n'a pas de fin. Même si cette vie terrestre prend fin, ceux qui sont spirituels vivent une vie éternelle, une vie préparée spécialement pour l'homme dans le Royaume des cieux, dont les portes nous ont été rouvertes par la Résurrection du Christ, gage de notre résurrection. Le Christ est ressuscité !... et ainsi nous ressusciterons aussi. Réjouissez-vous ! Saint Jean Chrysostome dit que ne peut exister de vie humaine sans douleur, mais ni sans joie. Par cette parole, saint Jean Chrysostome nous confirme que si nous sommes éprouvés par la douleur dans nos vies, nous goûterons nécessairement aussi à la joie. Et inversement ! Si nous avons part à la joie, nous passerons aussi sans faute par une douleur quelconque. Le psalmiste David nous dit lui aussi : ceux qui moissonnent dans les larmes récolteront dans l'allégresse (Ps 125, 5). Telle est la structure de la vie terrestre de l'homme d'après la chute, un mélange de joie et de douleur. Cependant, tout cela sera changé dans le Royaume des cieux, où il n'y a plus ni douleur, ni tristesse, ni gémissement, mais la vie éternelle.
Quand bien même nous essayons autant que nous pouvons d'accepter l'idée que la douleur et la tristesse font partie de notre vie quotidienne, étant appelés par Dieu à la perfection, nous désirons et aspirons à une vie toujours heureuse dès ici-bas sur terre, une vie pleine de joie, sans douleurs d'aucune sorte ni tristesse. Saint Jean Chrysostome nous dit qu'il est possible de vivre une telle vie, cependant, nous avertit-il, non sans peine ni effort dûment assumés. Voici ce qu'il dit : Il ne dépend que de nous, si nous le voudrions, d’être toujours dans la joie. Appliquons-nous seulement à la vertu, et rien ne sera capable de nous rendre tristes. La vertu remplit de douces espérances ceux qui la possèdent. Elle les rend chers à Dieu et agréables aux hommes. Elle les comble d’un plaisir et d’une consolation ineffable. Et, quoiqu’elle ait ses épines, elle remplit néanmoins le cœur d’une telle joie, et il est comme charmé de délices si inconcevables, qu’il n’y a point de paroles qui les puissent exprimer.1
C'est donc l'expérience d'une joie de longue durée qu'il nous est proposé de goûté, mais obtenue seulement par l'effort et la mise en œuvre des vertus chrétiennes.
Mes chers, nous parlons de joie, mais je crois que l'on ne comprend pas assez ce que signifie ce mot. Je vous invite donc à découvrir ensemble et à pénétrer sa profonde signification. Le mot JOIE vient du grec charis (χάρις), qui veut dire la grâce. Au début, charis était utilisé comme un impératif du genre : réjouis-toi ! – chairé (χαῖρε), ou réjouissez-vous ! – chairété (χαίρετε). C'était une incitation à la joie. Avec le temps cependant, il s'est banalisé et est devenu une simple salutation. Mais quand saint Paul utilise ce mot, il lui donne son sens profond, celui de joie dans le Seigneur. Dans sa deuxième Épître aux Corinthiens, saint Paul les exhorte : Frères, réjouissez-vous; perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment,vivez en paix ; et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous (2 Cor 13, 11). Dans la deuxième partie du verset, saint Paul explique le sens de son exhortation à la joie, il propose cette joie qui vient du Dieu de paix et de joie. Ainsi donc, nous voyons que le mot joie contient l'idée de plénitude, de perfection, qu'on ne peut avoir qu'en Dieu seul. La joie est une réalité de la présence de Dieu dans l'âme de l'homme et constitue un don pour nous. Toute joie qui n'a pas sa racine en Dieu est de très courte durée et intensité. Ce n'est qu'une imitation de la joie véritable qui ne vient, je le répète, que de Dieu – l'unique source de la joie et de la grâce.
Le saint Apôtre et Évangéliste Jean rend lui aussi témoignage des paroles de notre Seigneur Jésus-Christ adressées à ses disciples : Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite (...) Vous mereverrez (...)et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie (Jn 15, 11 et 16, 16.22),nous dévoilant de manière claire que lui, le Christ, est la source de la joie. Saint Paul nous transmet aussi l'état de joie et d'action de grâce, en nous exhortant : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ;je le répète, réjouissez-vous (Phil 4, 4) ; Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses (1 Thess 5, 16 et 17).En ce jour, nous apprenons de saint Jean Chrysostome que Dieu fait grâce aux uns, récompense les autres, fait don à certain, et donne leurjuste salaire à d'autres. Dieu nous appelle tous à nous réjouir et à goûter au festin de la foi, car le Christ est ressuscité ! Et nous qui en plénitude avons reçu la grâce divine, nous devons rendre témoignage, non avec notre esprit ou notre science, mais par notre foi, notre vie et notre conviction que le Christ, en vérité est ressuscité ! Je vous souhaite de vivre des fêtes pleines d'allégresse et de vous réjouir, et que la présence du Christ ressuscité apporte toujours consolation à vos âmes, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles !
Le Christ est ressuscité !
† ÉvêqueTimothée d'Espagne et du Portugal
(Fragment de la lettre pastorale pour la Résurrection du Seigneur 2015)
[1] Commentaire sur l’Évangile selon Saint Matthieu, Saint Jean Chrysostome, Tome VII - Tome VIII, Homélie LIII, 4

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