Ajouté le: 1 Mars 2016 L'heure: 15:14

Message de l'évêque Timothée

Le Saint Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine a déclaré l'année 2016, année en hommage à l'éducation de la jeunesse chrétienne orthodoxe.

Nous entendons de plus en plus souvent parler de l'organisation de soirées spirituelles ou de congrès de jeunes chrétiens orthodoxes, ayant pour titre Les jeunes et l’Église, l’Écriture et les jeunes, séparant ainsi – en parole, par l'utilisation de ces expressions, par manque d'attention – les jeunes, de l’Église, ou de la Sainte Écriture. Les jeunes, par le Sacrement du Baptême, font partie de l’Église et ne peuvent être à distance de l’Église.

Nous nous plaignons de plus en plus, en tant que parents ou pasteurs spirituels, que les jeunes manquent dans nos paroisses, qu'ils ne nous comprennent plus et qu'ils ne nous écoutent plus. Et, comme c'est toujours plus facile de rejeter la faute sur l'autre plutôt que d'assumer la responsabilité de ses manquements, apparaît la tendance de tenir pour fautifs les jeunes, en considérant qu'ils sont les seuls coupables, avec l'argument qu'ils sont déboussolés et qu'ils n'ont pas de but dans la vie.

Mais à qui est la faute, à eux ou à nous ?

Autant les parents que les enfants ont de la même manière des obligations et des devoirs. De nombreuses fois cependant, en tant que parents, nous oublions nos obligations et en imposons aux autres. Un des devoirs sacrés des parents est l'éducation de leurs enfants. Les enfants sont un don de Dieu et nous sont donnés par Dieu pour que nous les élevions, les éduquions et les enseignions. L'éducation commence et s'accomplit dans la famille. La famille est la première école à laquelle l'enfant doit être inscrit. Quelle culpabilité ont les enfants s'ils ont été privés par leurs parents de cette première école, des sept premières années à la maison – on en parle de moins en moins, non intentionnellement, mais parce que l'on court après les choses matérielles, par amour pour les enfants, mais cet amour est interprété de manière erronée. On désire leur offrir tout et qu'ils ne manquent de rien. Saint Jean Chrysostome, critiquant une telle manière de penser, dit : « nous ne devons pas nous soucier de comment laisser nos enfants plus riches quand nous ne serons plus là, mais comment les laisser plein de vertus. S'ils mettent leur confiance dans la richesse, la fortune, ils ne se préoccuperont plus de rien d'autre, et pourront ainsi voiler leurs défauts de caractère et leurs faiblesses avec l'argent qu'ils auront en abondance. Cependant, s'ils voient que ce n'est pas l'argent qui apporte la consolation, ils feront tout pour la trouver dans les vertus et la pauvreté1 ».

La faute ne revient pas aux enfants, mais à nous, les parents charnels et spirituels, qui devons nous soucier de leur éducation. Saint Jean Chrysostome dit encore : « nos jeunes ont des désirs sauvages. Ils tournent en rond, sans limites et insouciants, sans chercher ce qui pourrait leur être profitable. Les coupables sont les parents. Tandis qu'ils forcent les dresseurs de chevaux à domestiquer leurs étalons avec le plus grand soin, ne laissant pas longtemps le poulain après sa naissance débridé et sans attaches, ils négligent leurs propres enfants et les laissent tourner en rond sans but, sans limites, vides de sagesse ; ils les laissent se couvrir de honte avec les prostituées, les jeux de hasard, et assister à toute sorte de spectacles menant à la perdition, alors qu'ils devraient les confier non aux femmes légères, mais à celles qui possèdent la sagesse et une grande intelligence2 ».

L'éducation du jeune commence dès le sein maternel et s'opère par l'intermédiaire des prières que la mère et le père élèvent vers Dieu. L'éducation des enfants est un devoir des parents face à leurs enfants. Voici ce que nous lisons dans l'Ancien Testament : « Et ces paroles que je te commande aujourd'hui, seront sur ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles te seront pour fronteau entre les yeux3 ». Les enfants sont incités à leur tour à obéir à leurs parents : « Écoute, mon fils, l'instruction de ton père, et n'abandonne pas l'enseignement de ta mère4 ».

Dans la vie de tous les jeunes apparaît des moments d'incertitude, de questionnement, de recherche, mais si la base est bonne et est posée à temps par les parents, dans l'esprit du Christ, les crises par lesquelles ceux-ci passent à l'adolescence les affermiront dans la foi, même si certains d'entre eux peuvent s'égarer pour un moment sur des chemins étrangers. Voici le conseil du sage Salomon : « Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas5».

Saint Jean Chrysostome conseille aux parents de commencer tôt l'éducation de leurs enfants, en formant ainsi l'enfant à prendre les bonnes habitudes. Il écrit : « la jeunesse est sauvage, ayant besoin de beaucoup de surveillants, de maîtres, de pédagogues, de beaucoup de nourriciers. La jeunesse est comme un cheval sauvage, comme une bête sauvage, mais si dès la plus tendre enfance nous lui mettons de bonnes limites, après cela nous n'aurons plus besoin de beaucoup d'efforts, car l'habitude sera comme une loi. Ne les laissons pas faire des choses plaisantes et nuisibles, n'essayons pas non plus constamment de leur plaire, mais essayons de les maintenir continuellement dans la sagesse et la mesure, car l'abus dans ces choses perd la jeunesse plus que tout6 ».

Il faut arrêter de pointer du doigt et d'accuser les jeunes. Que les parents n'oublient pas l'éducation de leurs enfants, et nous, les pasteurs spirituels, descendons de l'ambon et allons au milieu des jeunes et apprenons, les uns et les autres, à les écouter.

Ceci est le rôle des camps pour enfants et jeunes que notre Métropole organise chaque année, avec la bénédiction de Son Éminence le Métropolite Joseph, qui accomplit ce mois-ci 18 ans de service comme hiérarque, camps durant lesquels les jeunes et les enfants apprennent à lier de véritables amitiés, à communiquer et à prier ; camps qui ont pour rôle premier leur rencontre avec le Christ.

† Évêque Timothée d'Espagne et du Portugal

Notes :

1. Cf. Părinţi, copii şi creşterea lor, traduit du grec parHiérom. Benedict Aghioritul et Zenaida Anamaria Luca, Panaghia, p. 22 (en roumain).
2. Cf. Ibidem, p. 19.
3. Dt 6, 6-7.
4. Pr 1, 8.
5. Pr 22, 6.
6. Cf. Părinții, copiii și creșterea lor, p. 34.

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