La grâce est le don que Dieu fait à l’être humain, le don de l’adoption, par lequel nous devenons fils adoptifs de Dieu. « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son propre Fils, [...] afin qu’Il rachetât ceux qui étaient sous la Loi, et pour que nous obtenions l’adoption. Et, parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba ! Père », dit le saint apôtre Paul aux Galates (Gal 4, 4-6). Nous recevons la grâce du saint Esprit au baptême. Nous redevenons alors des fils de Dieu nous retrouvons alors la grâce que perdit Adam et, alors seulement, nous rentrons en communion avec Dieu. Au baptême a lieu un double témoignage. Le baptême est une réception réciproque. Nous témoignons de Dieu et nous Le recevons comme Père, et Lui témoigne pour nous et nous reçoit comme fils. Saint Paul dit à nouveau, cette fois-ci aux Romains : « L’Esprit en personne atteste avec notre propre esprit que nous sommes fils de Dieu » (Rom 8, 16). A partir du baptême, l’homme doit demeurer dans une continuelle activité spirituelle pour épanouir la grâce reçue et pour ne pas la perdre.
L’homme peut perdre la grâce reçue quand il n’accomplit pas la volonté de Dieu, quand il cherche son intérêt et non celui de Dieu ou du prochain. « La grâce de Dieu dépend, non pas du temps, mais de la façon dont on vit et de la miséricorde du Seigneur. L’expérience s’obtient, c’est vrai, à force de temps, mais la grâce est donnée en fonction de la chaleur de la foi, de l’humilité et de la bonne volonté », ditle bienheureux Joseph l’Hésychaste (Témoignages de vie monastique, Edition Bizantină, Bucarest, 2003, p. 78), et saint Silouane l’Athonite dit que « Dieu donne sa grâce en fonction de l’amour pour le frère ».
Les problèmes que rencontre l’humanité de nos jours sont la conséquence de la perte de la grâce. De plus en plus, l’homme s’éloigne de Dieu et refuse de Le recevoir comme Père et de Lui obéir comme à un père. L’homme a voulu connaître le bien et le mal, et maintenant, quand, grâce à l’oeuvre de salut du Christ et à tout l’enseignement du Seigneur, nous avons appris à faire la distinction entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre le blanc et le noir, nous préférons être tièdes et nous aimons les nuances de gris, qui ne sauvent pas.
N’oublions pas les paroles du Sauveur : Il nous avertit que « personne ne peut servir deux maîtres : soit il va détester l’un et aimer l’autre, soit il va s’attacher à l’un et mépriser l’autre ; vous ne pouvez servir à la fois Dieu et Mammon » (Mt 6, 24). La société de notre temps inverse les valeurs. La valeur est devenue non valeur, et la non valeur, valeur, grâce à de nombreux arguments. Un de ces arguments est constitué par les droits de l’Homme : le droit de la femme est d’avorter ; et on avance des arguments scientifiques mensongers qui soutiennent que l’embryon ne serait pas un êtrehumain tant que ne se développe pas le système nerveux ; et on pervertit le sentiment le plus divin, celui de l’amour, une des vertus chrétiennes. Par cela, on tend à la destruction de la famille, qui devrait être l’icône de la sainte Trinité, ainsi qu’à la desturction de l’amitié véritable entre semblables par la promotion de l’égoisme et d’autres péchés qui offensent le ciel, et qui conduisent l’homme à sortir de la nature. L’homme perd sa nature et, en même temps, son identité.
Quelle est l’identité de l’homme ?
L’homme est fils de Dieu ; il est héritier et citoyen du Royaume des cieux. La nationalité de l’homme n’est ni espagnole, ni roumaine ni européenne, mais la nationalité céleste. Saint Paul dit : « Si nous sommes fils, nous sommes héritiers – héritiers de Dieu et co-héritiers du Christ [...] » (Rom 8, 17). Le Sauveur est venu pour sanctifier la nature humaine et la diviniser. L’homme doit seulement se rendre participant de l’oeuvre de Dieu en inclinant sa volonté devant la volonté de Dieu. « Ne méprisons pas notre salut et ne justifions pas nos péchés par diverses raisons, en disant que de nos jours personne ne peut atteindre la sainteté. Tout est possible maintenant, comme autrefois, et ce n’est pas notre seule volonté qui peut nous faire monter à ces hauteurs. Préparons notre volonté. Dieu est prêt à nous diviniser ; mais seulement avec notre consentement, et non contre notre volonté. Or nous, nous fuyons comme des lâches, et nous rejetons cette béatitude » (Saint Siméon le Nouveau Théologien, Le but de la vie chrétienne, trad. archim. Paulin Lecca, éd. Anastasia, Bucarest, 1996, p. 239). L’absence de coopération de l’homme avec Dieu et l’accomplissement de sa volonté propre conduisent l’homme à sortir de la nature et, malheureusement, pour cette raison, nous assistons aujourd’hui à des actes de terrorisme. Tout ce que l’on veut faire sans le Dieu vivant et sans sa grâce salvifique conduit au désastre. Voici ce que dit saint Syméon le Nouveau Théologien : « Celui qui prie sans la grâce du saint Esprit... [en lui, sans conscience de soi] son esprit converse avec les démons » (Ibidem). Pourquoi cela ? Parce qu’il ne sait pas faire la différence entre les pensées venues de Dieu, du corps et des démons. Seule la grâce du Saint Esprit nous donne science et sagesse.
Un monde entier s’est identifié avec Charlie début janvier, pour défendre la liberté d’expression. Nous, les chrétiens, il faut que nous allions plus loin et que nous témoignions au monde entier que je suis également fils de Dieu, ou si je ne le suis pas, en raison de la vie que je mène, je travaille alors pour devenir fils de Dieu. De la sorte nous défendrons la liberté dont Dieu nous a doués ; nous l’apprécierons et la mettrons en valeur pour pratiquer l’amour du prochain, qui nous remplit de grâce.
Voici l’exhortation de saint Silouane l’Athonite : « Gardez la grâce de Dieu : avec elle la vie est plus facile, tout marche bien selon Dieu, tout est plein d’amour et de joie, l’âme trouve son repos en Dieu et évolue comme dans un jardin merveilleux où vivent le Seigneur et la Mère de Dieu. Privé de grâce, l’homme n’est que terre pécheresse ; mais, avec la grâce de Dieu, l’homme ressemble par son esprit aux anges. Les anges servent Dieu et l’aiment par leur esprit ; de même l’homme, par son esprit, est comme un ange. Bienheureux ceux qui, de jour comme de nuit, se soucient de plaire à Dieu et de devenir dignes de son amour ; ils connaissent par expérience et ressentent la grâce de l’Esprit Saint » (Saint Silouane l’Athonite, Entre l’enfer du désespoir et l’enfer de l’humilité, Edition Deisis, Sibiu, 2001, p. 110).
† Timothée, Evêque d’Espagne et du Portugal

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