Chers enfants,
Voici un véritable conte de Noël, car il nous vient d’un village orthodoxe de Palestine près de Bethléem, comme vous le savez, le lieu de la naissance du Fils de Dieu.
C’est un grand Saint serbe1 de notre temps, Saint Nicolas de Jitcha qui le raconte à un enfant, comme pour vous !
Bonne lecture et joyeux Noël à chacun !
Anne M.
« Je vais te raconter un conte qui m’a été raconté par des Orthodoxes arabes du village de Beit Jala près de Bethléem. En des temps très éloignés, longtemps, longtemps avant la naissance de Christ, vivait à Bethléem un homme du nom de Jessé, fils d’Obed et petit-fils de Booz et de Ruth. Jessé avait huit fils dont le plus jeune s’appelait David2. David était berger et faisait paître ses brebis près de Bethléem. L’Écriture Sainte décrit David comme un jeune homme bien charpenté, aux cheveux bruns et au beau visage. En outre, ce beau berger était exceptionnellement fort et courageux. Si un lion ou un ours s’en prenait à ses brebis, il le rattrapait facilement, arrachait les brebis aux mâchoires des bêtes puis tuait l’agresseur. Ainsi David était vraiment un berger bon et fiable pour son troupeau. Par ailleurs, il éprouvait beaucoup de respect pour son propre père. Souvent David dormait dans les champs sur une vaste couche de terre recouverte par le tapis tissé d’or du ciel étoilé. Mais ce que je vais te raconter ne s’est pas passé dans un champ sous les étoiles, mais dans une grotte de pierre près de Bethléem.
C’était une journée chaude, comme souvent dans cette contrée orientale. Les brebis de David s’étaient couchées dans l’ombre d’un olivier. Le soleil brûlait de toutes ses forces et les brebis étaient haletantes de soif. David suffoquait aussi sous la canicule. Aussi entra-t-il dans une grotte afin d’échapper à la chaleur et se reposer. Dans cette grotte, il faisait plutôt frais en été et chaud en hiver. Entré dans la grotte, le jeune berger se sentit aussitôt bien et s’assit ; bientôt il s’étendit et s’endormit. Mais au bout de peu de temps, David sentit quelque chose de froid dans ses mains et se réveilla. Quand il ouvrit les yeux, il vit un horrible serpent qui s’était insinué jusqu’à sa poitrine et enroulé autour de ses mains. Il avait élevé sa tête au-dessus du visage du jeune homme, agitant sa langue. Avec ses yeux, le serpent regardait méchamment le visage du jeune homme, et ses yeux brillaient comme des braises. La grotte était dans les ténèbres, et dans ces ténèbres les yeux de ce monstre étincelaient comme deux braises ! David était tout tremblant de peur. Sa situation était désespérée, sans possibilité de salut. S’il bougeait seulement la main ou la tête, le serpent le mordrait à coup sûr, et déverserait tout son venin dans son sang. Ah, qu’il était plus facile de lutter avec un lion rugissant et un ours hurlant qu’avec cette horreur rampante ! Que faire ? Soudain David se souvint de Celui qui l’avait souvent aidé dans les épreuves, son Seigneur, et s’écria de tout son cœur plein de douleur et de larmes : « Seigneur mon Dieu, ne m’abandonne pas, ne me rejette pas ! Viens vite à mon secours, Toi qui m’as délivré de lourdes souffrances ! » À peine eût-il prononcé ses mots qu’une lumière inhabituelle se mit à briller dans un coin de la grotte. Cette lumière se présentait sous la forme d’un grand cercle de taille humaine. Au milieu de ce cercle David vit une belle jeune fille, douce et sérieuse en même temps. Cette jeune fille était assis, la tête penchée en avant ; elle tenait dans ses mains, un petit enfant, un enfant merveilleux comme le fils de Jessé n’en avait jamais vu. Soudain l’enfant se redressa dans les bras de sa mère, puis regarda sévèrement le serpent et ses yeux étaient comme deux éclairs. Et l’enfant montra du doigt la sortie de la grotte, comme s’il donnait au serpent l’ordre de sortir. En un instant, le serpent quitta les mains de David, s’étendit de tout son long et rampa vers la sortie. David se mit aussitôt debout et se prosterna devant la jeune fille et l’enfant qui étaient dans le cercle de lumière. Il voulut exprimer sa gratitude pour ce sauvetage inattendu, mais quand il voulut parler, il ouvrit les yeux et ne vit plus rien. Alors toute la grotte fut envahie par un doux parfum, ressemblant à un mélange de précieux encens et de myrrhe.
Jusqu’à sa mort, David ne put oublier cet évènement étonnant. Berger à l’origine, il s’éleva jusqu’au trône de roi, mais cela demeura toujours dans sa mémoire. Comme roi, il composa deux chants merveilleux, l’un intitulé Le plus beau des enfants des hommes (Ps. 44, 3) et l’autre : La fille de roi, vêtue de brocarts (Ps. 44, 14-15). Roi, il chantait ces chants en s’accompagnant à la harpe, dans sa haute tour à Jérusalem.
Quant à toi, mon enfant, il te reste à deviner : quelle était cette grotte ? Que symbolise ce terrible serpent ? Qui était cette jeune fille, et qui était l’enfant ? Afin de t’aider à bien répondre à toutes ces questions, je t’adresse cette salutation joyeuse : Christ est né ! »
Extrait des Lettres Missionnaires par Saint Nicolas Vélimirovitch,
Trad. Lioubomir Mihaïlovitch, Éditions des Syrtes, 2019
Notes :

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