Qui sont-ils, ces trois mystérieux personnages partis du lointain Orient, traversant les montagnes, les vallées et les déserts, de l’aube jusqu’au couchant ? La nuit, enveloppés dans leurs grands manteaux de laine, le jour, marchant sous les rayons ardents du soleil... Où vont-ils, avec tant d’assurance et de confiance ?
En ce temps-là, on les appelait des Mages, car chaque soir, avec leur longue lunette d’astronome, ils scrutaient le ciel ; la lune, le soleil, les étoiles, les constellations, les comètes, ce monde céleste, si beau, plein de mystères... Par leurs explorations du ciel, ils cherchaient à comprendre d’où venait la beauté du monde.
Une nuit, tandis qu’ils observaient la voie lactée comme à l’accoutumée, un astre étrange apparu au firmament, plus lumineux que tous les autres. Il semblait s’approcher de la terre et brillait d’un vif éclat. Les Mages restèrent à l’observer jusqu’au lever du jour, attirés par une étrange et douce force qui émanait de cet astre nouveau. À midi, ils y étaient encore assis, alors que toutes les autres étoiles avaient depuis longtemps disparu ! Celle-ci continuait à briller, à s’approcher, plus lumineuse que le soleil. Ils voyaient là comme un prodige tout à fait étonnant ! Leur cœur était complètement bouleversé car ils se souvenaient maintenant de la prophétie qu’avait prédit, il y a très longtemps, les anciens prophètes d’Israël, qui annonçaient la venue dans le monde d’un Roi nouveau, le Messie, le Libérateur d’Israël.
Aussitôt ils s’étaient mis en route, car l’astre était une puissance divine qui leur montrait le chemin, guidait leurs pas.
À peine étaient-ils arrivés à Jérusalem que l’astre disparut. Où aller ? Ils se sentaient perdus. Mais n’étaient-ils pas justement dans le pays prêt à accueillir ce Nouveau Roi ? Qui aller voir, sinon celui qui en était déjà comme un roi ?
Les Mages s’en allèrent donc au palais royal trouver Hérode, homme cruel et orgueilleux, qui régnait sur le pays, et lui demandèrent :
– Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et nous sommes venus nous prosterner devant Lui.
Hérode sursauta, et fortement troublé, il demanda :
– Un nouveau roi, qu’est-ce que cela ?
Après s’être renseigné, les docteurs de la Loi lui confirmèrent que le Messie, le libérateur d’Israël était bien attendu dans ces temps-ci, cependant, le lieu où le trouver n’était pas à Jérusalem mais dans la petite ville de Bethléem, la patrie du roi David.
– Allez à Bethléem et cherchez ce nouveau roi, leur dit-il. Et quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir afin que j’aille, moi aussi, l’adorer.
En vérité, la jalousie lui rongeait le cœur et le désir de le faire périr, tel un venin mortel, commença à répandre autour de lui la peur...
Or, quand les Mages reprirent la route, ô merveille !
Voilà que l’Étoile ressort sur la céleste voûte.
En vérité, il n’y en a pas deux pareilles !
Ce fut pour eux une grande joie, sans l’ombre d’un doute.
Et lorsqu’elle s’arrêta au-dessus d’un pauvre toit de bois, ils s’étonnèrent de ce curieux choix.
Une étable ? Est-ce vraiment digne d’un Roi ?
Plein de joie et de crainte sacrée, ils entrèrent dans l’humble étable comme dans le palais du plus grand des rois. Ils virent l’Enfant avec Marie, sa mère, et se prosternèrent devant Lui qui reposait dans la mangeoire. Comme ils L’adorèrent, en ouvrant les trésors de leurs cœurs !
Ils Lui offrirent des cadeaux rares et précieux : de l’or, parce qu’Il est Roi, de l’encens, parce qu’Il est Dieu et de la myrrhe*, parce qu’Il est venu dans le monde pour souffrir la mort et donner sa vie pour notre Salut.
La nuit, un songe divin avertit les Mages de ne pas révéler à Hérode l’endroit où se trouvait l’Enfant. Sa jalousie et sa haine étaient telles, que les jours du Nouveau-Né se trouvaient en danger.
Les Mages prirent donc une autre route pour rentrer chez eux, profondément émus et heureux. Sûrement ils avaient hâte de l’annoncer, la naissance du merveilleux Nouveau-Né !
*Myrrhe : résine odorante et parfumée fournie par un arbre d’Arabie. On utilise les branches et le tronc de l’arbre pour en extraire une gomme résineuse. Cet aromate était utilisé aussi pour oindre le corps d’un mort.
Hélène Dragone

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