Il était une fois, un jeune garçon qui s’appelait Matthieu. Ses parents avait une petite auberge au bord d’une belle forêt aux arbres centenaires. Au cœur de la forêt, se dressait une très ancienne tour en pierre, où, disait-on, avait vécu il y a très longtemps, une sainte femme, le cœur remplit de l’amour de Dieu et qui soignait et conseillait les braves gens du pays. On venait même de très loin pour lui demander ses prières et ses conseils. Des siècles avaient passé et depuis le lierre et les herbes sauvages avaient envahi la tour. On disait que certains soirs une étrange lumière apparaissait à son sommet, inondant les alentours d’une étonnante et douce paix.
Des voyageurs s’arrêtaient à l’auberge pour déguster la bonne nourriture préparée avec soin et amour. Matthieu aimaient bien aider ses parents et les gens disaient de lui qu’il était un enfant joyeux et délicat. Dans la petite auberge, tous les trois priaient chaque matin devant leur coin d’icônes, en remerciant le Seigneur pour cette journée qui commençait et le soir en rendant grâce pour les dons reçus pendant le jour – le courage, la patience, la douceur et la force – et aussi pour toutes les personnes rencontrées.
Mais un jour, Matthieu tomba malade. Il n’avait plus de forces et devait rester couché dans son lit. Au début, ses parents ne s’inquiétaient pas et lui donnait des remèdes qu’ils confectionnaient avec les plantes de la forêt. Ils s’étaient toujours soignés ainsi et cela avait donné de bons résultats, mais ils n’arrivaient pas à connaître quelle maladie affaiblissait Matthieu, même après la visite du médecin du village qui ne savait pas leur dire ce qu’avait leur enfant. Ils ne pouvaient pas fermer leur auberge et arrêter de travailler car c’était leur seule ressource pour vivre. Ils n’étaient pas très riches mais ils étaient heureux car le Seigneur avait exaucé leurs vœux : avoir des enfants et accueillir des personnes en leur proposant ce qu’ils savaient faire le mieux, de la bonne cuisine ! Matthieu était leur premier enfant et comme ils l’aimaient ! Il l’avait appelé ainsi car, disaient-ils, c’est un don de Dieu !
Pour être plus près de lui et surveiller sa santé, ils avaient installé le lit de Matthieu dans la cuisine, près de la cheminée, où un bon feu réchauffait son corps affaibli par la maladie. Sa mère faisait de nombreuses allées et venues pour porter les bons plats aux voyageurs installés dans la salle à manger. Parfois elle s’arrêtait devant l’icône de la Mère de Dieu appelée « Joie de tous les affligés », posée sur une tablette dans un coin de la pièce, une petite veilleuse y était suspendue ; elle faisait le signe de croix en regardant l’icône et murmurait une courte prière. Comme elle aimait la Mère de Dieu ! Elle l’appelait souvent notre Toute Sainte Souveraine car, disait-elle, combien de fois ne m’a-t-elle pas secourue dans les difficultés !
Bien des jours passèrent et malgré tous les soins et les remèdes, Matthieu s’enfonçait de plus en plus dans la maladie ; il était amaigri, ne parlait plus et gardait maintenant les yeux fermés ; d’ailleurs, le médecin n’avait-il pas dit à ses parents, la veille au soir, lorsqu’il était passé le visiter, qu’il ne restait plus beaucoup d’espoir ?
L’hiver avait été rude cette année-là et semblait ne jamais finir, si bien qu’on se demandait s’il existait un printemps sur toute la terre ! Pourtant c’était le mois d’avril, et seulement quelques bourgeons étaient apparus sur les branches ! À l’étonnement de tous, ce soir-là, il se mit même à neiger ! Des flocons audacieux se déposaient un peu partout aux alentours et à travers la fenêtre on apercevait l’arbre que Matthieu aimant tant, un beau cerisier, les branches maintenant recouvertes d’un doux liseré blanc. Le temps de la fête de Pâques approchait et devant la maladie de leur enfant, les parents de Matthieu avaient décidé de rester dans leur maison, en invitant quelques amis pour partager ensemble les prières et les chants si joyeux qui annoncent la sainte Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ, et bien sûr le repas de la fête !
Mais devant la grave maladie de Matthieu, ses parents commencèrent aussi à perdre espoir...
Tard dans la soirée, une femme était entrée dans l’auberge et avait demandé si elle pouvait être servie d’une bonne assiette de soupe. Il était difficile de lui donner un âge, car malgré son corps un peu courbé, son visage ridé, il se dégageait d’elle comme une présence paisible et joyeuse. La mère de Matthieu lui apporta une assiette toute fumante et odorante des bons légumes du jardin, accompagnée de tranches de pain. En la remerciant, la femme vit dans les yeux de la mère de Matthieu, malgré son sourire et son attention pour elle, une tristesse profonde, qui lui causa une douleur au cœur. Elle baissa la tête, comme pour cacher son inquiétude.
La mère de Matthieu retourna dans la cuisine, elle s’approcha à nouveau de l’icône et se signa en murmurant quelques mots. Matthieu semblait endormi et son visage était devenu soudain plus paisible, comme si la souffrance des derniers jours s’était dissipée. Elle caressa doucement son visage et un sourire timide se dessina sur les lèvres de Matthieu. Un sourire qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps !
Un peu plus tard, alors que les trois derniers voyageurs avaient quitté l’auberge, la femme appela la mère de Matthieu et lui tendit sa main remplit de pièces d’argent en remerciement pour la bonne nourriture et son service. Elle lui dit doucement :
– Votre enfant est malade, n’est-ce pas ?
La mère de Matthieu fut surprise et essuya rapidement son visage, comme pour effacer toute trace d’émotion. Elle répondit :
– C’est la première fois que je vous vois ici et je ne vous ai jamais vu dans la région, vous venez sans doute de très loin. Mais comment le savez-vous pour mon enfant ?
La femme resta silencieuse quelques secondes, puis répondit :
- Pouvez-vous me conduire près de lui ? Je vous demande seulement de me faire confiance.
La mère de Matthieu vit dans le regard de cette femme inconnue comme une douce lumière qui apaisa son cœur et lui fit du bien.
– Bon, très bien, je vais vous conduire près de lui.
Elles traversèrent la salle à manger en silence et entrèrent dans la cuisine. La femme aperçut aussitôt l’icône de la Mère de Dieu et alla près d’elle pour la vénérer. Lorsqu’elle se retourna, elle vit le lit de Matthieu près de la cheminée, et à côté, sa mère qui regardait son enfant avec tendresse. Des larmes coulèrent sur son visage fatigué par l’inquiétude. La femme s’approcha du lit en regardant Matthieu et s’agenouilla. Elle ferma les yeux et tout son corps semblait ramassé dans une prière fervente. Après de longues minutes, elle se releva et fit trois fois le signe de croix sur le corps de l’enfant. Juste à ce moment, on entendit quelqu’un entrer dans la pièce d’à côté. C’était le père de Matthieu qui revenait après avoir passé l’après-midi dans la forêt pour s’occuper du bois. Il s’arrêta devant la porte de la cuisine, resta en silence un moment puis il entra très doucement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit son petit garçon assis sur le lit, les yeux grands ouverts, qui regardait la femme à côté de lui et lui souriait ! La mère de Matthieu était aussi saisie d’étonnement et ne pouvait pas dire un mot. La femme dit à Matthieu :
– Matthieu, cher enfant, veux-tu manger quelque chose ? As-tu faim ?
Matthieu ne semblait pas du tout surpris par la présence de la femme, et lui qui n’avait pas parlé depuis si longtemps, répondit :
– Oh, oui ! Comme j’aimerais manger des cerises ! Celles de mon arbre préféré qui sont si bonnes !
Les parents se regardèrent, stupéfaits.... Comment trouver des cerises maintenant ! De plus le cerisier était couvert de neige depuis ce matin ! Vraiment, pensaient-ils, c’est le signe qu’il va bientôt mourir, il ne sait plus ce qu’il dit...
La femme les regardait en souriant, comme pour apaiser leur inquiétude, et se tournant vers Matthieu, elle lui dit :
– Eh bien, cher Matthieu, je vais voir ce que je peux trouver !
Les parents se regardèrent, encore plus surpris. La femme sortit de la cuisine, les laissant avec leur jeune garçon, qu’ils avaient hâte de prendre dans leurs bras.
Peu de temps après, qu’elle ne fut pas leur stupéfaction à tous les trois en voyant la femme entrer dans la cuisine avec un panier rempli de cerises ! Le visage des parents s’ouvrirent devant ce miracle et leurs yeux se remplirent de larmes, non plus d’inquiétude et de souffrance, mais de gratitude et de joie ! Matthieu prit deux cerises dans ses mains encore faibles et ses yeux étaient lumineux de joie et de vie. Il les mangea doucement et ses parents s’émerveillaient de tout ce qui arrivait. Il le prirent dans leurs bras et restèrent tendrement ainsi tout un long moment. Lorsqu’ils voulurent demander à la femme de rester chez eux pour fêter la Sainte Pâque, ils s’aperçurent qu’elle avait disparu ! Le père de Matthieu se précipita vers la porte d’entrée, l’ouvrit, mais aucune trace de pas n’apparaissait sur la neige toute fraîche !
Alors ils comprirent d’où venait ce miracle, la guérison de leur enfant bien-aimé. À travers ses saints et ses saintes, le Seigneur donne ses grâces à ceux qui ont foi en Lui, pour guérir, sauver, donner sa joie et son amour !
Cette année-là, dans la petite auberge des voyageurs, la fête de Pâques, la Sainte Résurrection de notre Seigneur, fut un temps plein de bénédictions et de joie, de grâces et d’amour en communion avec les amis et tous ceux du monde entier qui prient et chantent en chœur : le Christ est ressuscité ! En Vérité Il est ressuscité !

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