Ajouté le: 14 Janvier 2018 L'heure: 15:14

La joie d’être créé, chacun selon son espèce

Il était une fois, dans un pays lointain, un roi qui s’émerveillait de la beauté de la nature créée par Dieu. Il avait planté près de son château toutes sortes d’arbres et de plantes, d’espèces et de couleurs variées. Son jardin était d’une grande beauté et on pouvait le visiter et admirer la majesté de certains arbres, la délicatesse, la richesse des formes et des couleurs des plantes qui réjouissaient le regard. Chaque jour le roi s’y promenait. C’était pour lui un moment de grande joie et de détente.

Un jour, il dut partir en voyage pour de longs mois et à son retour il s’empressa d’aller marcher et visiter son jardin, afin d’observer le changement qui avait eu lieu pendant son absence. Qu’elle ne fut pas sa surprise en constatant que les arbres et les plantes étaient en train de se dessécher ! Un spectacle de désolation s’offrait à ses yeux ! Tout semblait triste et sans vie...

Il s’adressa au pin, autrefois majestueux et vigoureux et lui demanda la raison de son état de dépérissement :

– J’ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne produirais les bons fruits qu’il porte. Alors je me suis découragé et j’ai commencé à sécher...

Le roi, inquiet, alla trouver le pommier, qui lui aussi se desséchait. Il l’interrogea d’une voix anxieuse, lui demandant ce qui était arrivé pour qu’il soit dans un tel état :

– Lorsque j’ai vu, à l’automne, les feuilles de l’érable se parer de rouge et flamboyer joyeusement, je me suis dit que je n’arriverais jamais à rayonner d’une telle splendeur ! Alors je me suis desséché sans pouvoir résister...

Le roi, abasourdi, continua sa marche à pas lents, la tête penchée vers le sol, le cœur attristé et peiné ; comment une telle chose pouvait‑elle exister ?

Son regard, embué de larmes retenues, se posa sur le massif d’hortensias qu’il avait eu tant de joie à planter. Et voilà que lui aussi semblait se racornir et se flétrir en dégageant même une odeur désagréable ! Il l’interrogea, déconcerté, espérant entendre une réponse qui ait du bon sens... Mais voici ce qu’il entendit !

– En regardant la rose si délicate et en sentant son parfum si subtil, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable ! Alors je me suis mis à sécher...

Comble de malheur, en se retournant, il aperçut la rose elle‑même qui était en train de dépérir ! Il alla d’un bon pas lui parler pour qu’elle se redresse ! Mais elle lui dit :

– Comme c’est dommage que je n’ai pas la folle allure des pivoines avec ses fleurs appétissantes et douces ; elles sont même en double, en boule, et délicieusement parfumées ! De plus, elles ne possèdent pas les épines qui déchirent tout ce qu’elles touchent ! Dans ces conditions, à quoi bon vivre et continuer à faire semblant d’être la plus belle ! Je me suis donc mise à dessécher...

Là, c’en était trop ! Tout semblait se dérober sous les pas du roi ! Le monde lui semblait tout  à l’envers ! Il resta un long moment pensif, cherchant à comprendre pourquoi tout le jardin se dégradait, s’étiolait lamentablement...

Il reprit sa marche, encore enveloppé de sombres pensées, lorsqu’il aperçut, là, nichée dans l’herbe verte, une magnifique petite fleur resplendissante. Elle était toute épanouie, simple et gracieuse. Il fut soudain tout étonné, et lui demanda comment faisait‑elle pour être si vivante ! Elle lui répondit : 

– Oh ! j’ai bien failli me décourager et me dessécher, car au début je me désolais. Jamais je n’aurais la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l’année, ni la générosité du pommier avec ses fruits savoureux, ni le flamboiement de l’érable, qui fait l’admiration de tous, ni la liberté des pivoines, ni le raffinement et le parfum de la rose... Alors, j’ai commencé petit à petit à mourir. Mais je me suis ressaisie, j’ai réfléchi et je me suis dit : “Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d’autre à ma place, il l’aurait sûrement planté. Si donc, il m’a plantée, c’est qu’il me voulait, moi, telle que je suis”. Et à partir de ce moment, tout a changé ! Je suis redevenue vivante, pleine de joie d’être créée !

Comme ces paroles pleines de sagesse réconforta le roi ! Autour, quelque chose se réveillait à nouveau et bientôt l’énergie vivifiante de notre Créateur, contenue dans cette humble fleur, se propagea sur tous les arbres et les plantes du jardin, enfin réveillés de leur dépérissement. Tout reprenait vie ! Et quelques temps plus tard, tous retrouvèrent leur beauté, leur joie d’être créés, chacun selon son espèce. Le roi visitait son jardin maintenant avec tant de gratitude, tant de reconnaissance, qu’à travers arbres et plantes on pouvait l’entendre chanter une action de grâce au Seigneur et toute sa merveilleuse création :

Que les cieux se réjouissent
et que la terre exulte !
Que la mer s’agite et sa plénitude !
Que les champs soient dans l’allégresse
avec tout ce qui y pousse
Alors tous les arbres des forêts exulteront
devant la face du Seigneur, car Il vient !

Texte composé par Hélène Dragone inspiré d’un conte populaire

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger

Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni

Departamentul pentru rom창nii de pretutindeni