Ajouté le: 10 Décembre 2017 L'heure: 15:14

Dans l'atelier du charpentier...

Il y a bien longtemps de cela, dans un petit village de Palestine aux ruelles étroites et ombragées, se trouvait un atelier de charpentier. Une nuit d'hiver, alors que le maître était absent, les outils se réunirent en grand conseil sur l'établi. Les discussions commencèrent et furent longues et animées ; parfois même le ton montait et la colère n'était pas très loin... En fait, il s'agissait d'exclure de la communauté des outils, un certain nombre de membres qu'on ne supportait plus...

L'un prit la parole :

Il faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents tout le temps. Elle a le caractère le plus grincheux du monde !

Un autre dit:

Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche !

Quand au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le !

Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu et désagréable ? Qu'ils s'en aillent d'ici !

Quant à la lime et la râpe, qu'elles partent aussi ! À vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel, impossible à supporter plus longtemps ! Et par la même occasion, qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser et vexer !

Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. On ne pouvait pas savoir si c'était le marteau qui accusait la scie, ou le rabot qui critiquait la lime, mais il est probable qu'il en était ainsi, car à la fin de la séance tout le monde se trouvait exclu !

L'aurore pointait dans le ciel et une faible lueur glissait maintenant sur les murs des maisons. Quelques bruits résonnèrent dans la ruelle encore endormie, sauf dans ce petit endroit animé qui n'avait jamais connu une telle agitation ! Bientôt, la lumière d'un jour nouveau inondera le village. L'air vif et froid du matin retenait encore les oiseaux dans leurs abris. Une silhouette enveloppée dans un manteau sombre apparut au coin de la ruelle. La réunion bruyante prit fin subitement lorsque le charpentier fit son entrée dans l'atelier. Il ôta son manteau et l'accrocha au clou enfoncé dans le mur. Il enfila son vieux tablier et alluma la lampe qui, de suite, éclaira l'humble atelier. Tout le monde se tut quand on le vit s'approcher de l'établi. Tranquillement, il saisit une planche, la regarda longuement en la retournant, et commença à la scier avec la scie qui grince. Ensuite, il la rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Les mains du charpentier glissèrent sur la planche devenue douce et odorante. Voilà qu'entrèrent successivement en action, le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sœur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse... Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et piquant ainsi que le marteau qui cogne et fait du tapage. Tous les outils se laissèrent guider et utiliser par les mains habiles de l'artisan.

La lumière du jour emplissait maintenant l'atelier, un rayon de soleil traversait l'établi, chargé de sciure et de poussière dansantes. Quelques voix parvenaient du dehors, suivies de rires d'enfants courant dans la ruelle escarpée. Soudain la porte s'ouvrit, un vieil homme aux yeux rieurs apparut dans l'ouverture étroite. Il pencha sa tête doucement et dit :

– Mon bon ami, tu peux venir partager notre humble repas tout à l'heure, tu sais qu'il y en a toujours pour toi !

– Comment te remercier mon frère ! Mais vois-tu, je suis en plein travail et je dois finir absolument cet ouvrage important avant cette nuit ! Demain, je te le promets, nous partagerons la nourriture et boirons même un verre de vin pour honorer et rendre grâce à Dieu de m'avoir rendu digne d'accomplir cette tâche !

– Bon, je n'insiste pas alors, je vois que tu es très occupé... Qu'il en soit ainsi et que le Seigneur t'aide !

Le charpentier continua son travail pendant un bon moment. Une douce mélodie s'échappait de ses lèvres, et parfois il s'arrêtait, sortait de sa poche son mouchoir et essuyait ses yeux humides de larmes joyeuses. Mais quel était ce chant qui lui donnait tant de joie ?... Certains ont pu l'entendre et nous l'ont fait connaître, afin que nous puissions nous aussi chanter et nous réjouir !

Ta nativité, ô Christ notre Dieu,
a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance,
en elle les adorateurs des astres apprirent d'un astre à T'adorer,
ô Soleil de Justice,
et à te connaître Soleil levant venu d'en haut ;
Seigneur gloire à Toi !

Ainsi se déroula la journée dans ce petit atelier d'un village de Palestine, parmi le chant et la prière, le bruit des outils et la sciure de bois. Lorsque son travail fut accompli, le charpentier s'assit sur son tabouret et regarda longuement tous ces outils au caractère si difficile ; il rendit grâce à Dieu pour ces dons si utiles qui lui avaient permis de réaliser son ouvrage. Ses yeux s'emplirent de larmes douces et heureuses car bientôt, dans les jours prochains, il l'offrira, ce nouveau berceau qu'il venait de fabriquer, pour accueillir un nouveau petit enfant à naître dans le village, pour accueillir la Vie !

Texte composé par Hélène Dragone inspiré d'une histoire populaire

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger

Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni

Departamentul pentru rom창nii de pretutindeni