Ajouté le: 2 Octobre 2016 L'heure: 15:14

La prophétie de la Fin des temps (I) (Mt 24, 1-44 ; Mc 13, 1-37 ; Lc 21, 5-36 et 17, 22-37)

Le Christ est à la fin de sa vie publique, après son entrée messianique à Jérusalem (les Rameaux) et avant la Sainte Cène, qui sera suivie de sa Passion : Il va faire, pour ses disciples exclusivement, une très longue et redoutable prophétie sur la Fin des temps. Lorsqu’on parle de « fin des temps », il faut préciser : il s’agit de la fin de l’éon1 de la chute, qui s’achèvera par le retour du Christ en gloire et le Jugement dernier (mais ce sont deux évènements différents). Après le jugement universel et définitif de toute l’humanité, commencera l’éon du Royaume, qui n’aura pas de fin. Ces deux prophéties constituent le fondement de l’eschatologie2 chrétienne.

Cette longue prophétie est rapportée, avec beaucoup de détails, par les trois Synoptiques (Saints Matthieu, Marc et Luc)3. Le récit le plus complet se trouve chez Saint Matthieu (à peu près tout le chapitre 24). Elle n’est jamais lue le dimanche en Orient (par crainte d’effrayer les fidèles ?), tandis qu’en Occident elle est lue à la fin du temps après la Pentecôte et au début de l’Avent4, ce qui est judicieux, car la fin du très long temps après la Pentecôte représente, en lui-même, la fin des temps, et l’Avent a toujours été considéré en Occident comme une commémoration des deux Avènements : le premier, Noël, et le second, le retour du Christ en gloire. Presque tous les Pères de l’Église en ont fait l’exégèse. Il n’est pas possible de la commenter ici en totalité, mais nous allons essayer d’en indiquer les grandes lignes, l’esprit.

Le Christ vient d’être acclamé comme Messie et Roi d’Israël par le peuple, qui a été enthousiasmé par la Résurrection de Lazare, et Il a purifié le Temple (pour la deuxième fois)5. Mais le Sanhédrin est furieux et les jours suivants vont être très difficiles pour le Seigneur, car Il sera pris violemment à partie par les Pharisiens et les Sadducéens. Il fera alors une apostrophe terrible « aux Scribes et aux Pharisiens », en prononçant 7 « malédictions »6, ainsi qu’à Jérusalem. C’est alors7 qu’au sortir du Temple (pour rentrer à Béthanie), les Apôtres font remarquer au Seigneur la grandeur et la beauté du Temple8. Mais, Lui, va prophétiser la destruction du Temple. En effet, le Temple avait été construit pour Dieu, c’est-à-dire pour y accueillir le Christ, le Messie. A partir du moment où Jésus est rejeté par les prêtres, gardiens du Temple, celui-ci devient inutile. Effectivement, il sera entièrement détruit en 70 après J-C par le général romain Titus (futur empereur), en raison d’un incendie (non voulu par lui) lors des combats acharnés de la première guerre juive. Les Romains y construiront ensuite un temple païen, ce qui est en soi une profanation et un sacrilège. Puis le groupe se rend sur le mont des Oliviers (probablement à Gethsémani, lieu familier pour le Maître et ses disciples). Le Seigneur s’assied « en face du Temple » (Mc 13, 3), ses disciples font cercle autour de Lui et Lui demandent : « Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde », car ils ont bien compris qu’il y avait un rapport direct entre la destruction du Temple et le second avènement du Christ. C’est alors que le Seigneur leur révèle9 ce secret divin.

- Il y aura d’abord le « commencement des douleurs »10. Il y aura un grand trouble collectif, dans le monde entier, avec l’apparition de faux christs (grec : pseudochristos) « des rumeurs de guerre et des guerres » (« nation contre nation, royaume contre royaume »), « des famines » (liées aux guerres), « de grands tremblements de terre », « des pestes » et des « signes effrayants dans le ciel » (des bouleversements cosmiques). Le Christ donne deux consignes : « Prenez garde que personne ne vous égare » (ne suivez pas les faux Christs, faites preuve de discernement) et « ne soyez pas effrayés, car il faut que cela arrive ». Ces recommandations valent pour nous, dès maintenant.

Il viendra ensuite une grande persécution des Chrétiens « à cause de Moi », et l’Évangilesera prêché à toutes les nations. Le monde entier connaîtra la vérité de l’Évangile (sous-entendu : les hommes n’auront aucune excuse lors du Jugement dernier, qui suivra). Recommandations du Christ : ne vous inquiétez pas de ce que aurez à dire devant les autorités : c’est l’Esprit-Saint qui parlera en vous, vous recevrez un langage et une sagesse parfaits. Cela vaut aussi dès maintenant pour nous11. Il y aura beaucoup de chutes et de trahisons, même au sein des familles (entre frères, entre enfants et parents, entre amis). Il y aura beaucoup de faux prophètes, qui égareront beaucoup de gens. L’iniquité ira grandissante et cela aura pour conséquence que « la charité du plus grand nombre se refroidira » (ce sera « chacun pour soi »). Le Seigneur recommande : tenez bon jusqu’au bout, « votre fermeté vous sauvera » (« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu ») ce qui sous-entend : Je serai avec vous.

- «Alors… », après toutes ces horreurs, ces guerres, ces bouleversements cosmiques, ces divisions, cette persécution universelle, «…viendra la fin ». Quel est le signe de cette « fin » ? Le Seigneur est précis :

« Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint– que le lecteur comprenne  ». Le prophète Daniel12, inspiré par l’archange Gabriel, prophétisa la destruction de Jérusalem et du Sanctuaire et l’installation dans le Temple de « l’abomination de la désolation » (Dn 9, 27). Cette expression unit la notion de « chose dégoûtante », impure, idolâtrique à celle de dévastation et de destruction. La profanation du Temple par Antiochus IV, qui érigea un autel de Zeus à la place de l’autel des parfums dans le Sanctuaire en 167 av. J-C, en avait été une préfigure. Mais la prophétie du Christ pourrait s’appliquer à la prise de Jérusalem par Titus en 70 apr. J-C, après un long siège13 et une famine épouvantable : Jérusalem fut en partie détruite, une grande partie de la population massacrée, et le Temple brûlé (les Romains jetteront une tête de porc [animal impur selon la Loi] dans le Sanctuaire, en signe de profanation14). Il en sera de même lors de la seconde guerre juive, sous l’empereur Hadrien, en 131 apr. J-C, lorsque Jérusalem, à nouveau prise et détruite par les Romains sera interdite aux Juifs et appelée désormais Aelia Capitolina, où un temple païen sera élevé à la place du Temple (avec une immense statue de Jupiter). Toutefois, dans un cas comme dans l’autre, ce ne fut pas la fin du monde15.

La plupart des Pères de l’Église s’accordent à dire qu’il s’agira, alors, de l’installation de l’Anti-Christ16 à Jérusalem à l’emplacement du Saint des Saints. On peut considérer qu’il s’agit de la « Bête » de l’Apocalypse (ch.13) qui tiendra son pouvoir du « grand dragon » [Satan] et qui se fera adorer par des foules d’apostats (il y aura une apostasie universelle). Le triomphe passager de ce personnage « abominable » constituera le point abyssal du péché conjoint des démons et des hommes. Le Christ parle ici des Juifs, qui L’ont rejeté et qui vont Le tuer, mais il ne faut pas oublier que cette prophétie concerne aussi l’Église. Le Saint des Saints, c’est aussi le cœur de chaque homme, qui est le temple du Saint-Esprit. Le Seigneur a ajouté : « que le lecteur comprenne » ; seuls les spirituels, ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité, peuvent comprendre le sens exact, et aussi supporter une telle prophétie. Pourquoi sera-ce le signe de la fin ? Parce que les pensées cachées, les intentions réelles seront dévoilées, le vrai sens du péché manifesté : pour les démons, à savoir prendre la place de Dieu et se faire adorer par les hommes à la place du Christ ; pour les hommes, à savoir devenir dieu sans Dieu (suite naturelle du péché originel d’Adam et Eve), tuer le Fils pour avoir l’héritage. (cf. la Parabole des vignerons homicides – Mt 21, 33-46). Pour les uns comme pour les autres, c’est le rejet absolu du Christ, c’est-à-dire le rejet de la volonté du Père et le rejet de la présence du Saint-Esprit. C’est Le péché.

- Alors, après ce signe universel, commencera « la fin », mais elle ne sera pas immédiate et elle aura une certaine durée, avec d’indicibles souffrances. Tous les conseils et toutes les considérations du Christ qui vont suivre sont à caractère symbolique : il faut donc les décrypter.

« Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ». Au sens premier, cela signifie : fuyez Jérusalem et réfugiez-vous dans les montagnes alentour. Au plan spirituel cela signifie : fuyez la religion extérieure et officielle (la tribu de Juda, Jérusalem et le Temple) puisqu’on y adore l’Anti-Christ, c’est-à-dire Satan, et réfugiez-vous dans la religion intérieure invisible, dans le Sinaï spirituel17 qu’est votre cœur. Vous ne pourrez plus compter que sur le Saint-Esprit. Il faudra avoir acquis, auparavant, le discernement spirituel.

« que celui qui sera sur la terrasse [le toit de la maison]ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison ». Les maisons juives étaient des cubes surmontés d’un toit plat (une terrasse) où l’on accédait par un escalier extérieur, pour y prendre l’air, méditer ou prier (de la terrasse, on voit le ciel, les étoiles). Parfois elle était transformée en « chambre haute » pour les fêtes [la Sainte Cène] et l’apparat. Le sens profond est : que celui qui s’est élevé spirituellement par la contemplation du Ciel (c’est-à-dire de Dieu) et préparé aux noces divines, ne redescende pas dans les soucis de ce monde (la maison représente la famille, l’enracinement, le travail ; il faudra qu’il accepte de tout perdre. Chacun ne sera responsable que de lui-même. « Redescendre » dans la maison serait une chute, une régression spirituelle.

« et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ». Que celui qui est à l’œuvre spirituellement n’arrête pas de travailler et persévère : qu’il ne retourne pas en arrière, ne regarde pas vers le monde déchu, le péché (comme la femme de Lot, qui fut transformée en statue de sel, image de l’enfer), qu’il ne reprenne pas le manteau du vieil homme, alors qu’il a revêtu le Christ, l’Homme nouveau, qu’il ne s’attache pas aux apparences, puisqu’il connaît la réalité, la vérité divine.

« Malheur à celles qui seront enceintes… ». Ce sera un malheur pour ceux qui n’auront pas engendré « l’agneau » et qui ne seront donc pas devenus des « brebis » : ils ont reçu une semence, mais ne l’ont pas conduit à terme, ne l’ont pas fait fructifier (cf. le Jugement dernier, basé sur le bien qu’on n’a pas fait). « …et à celles qui allaiteront… ». C’est à peu près le même sens. Ils auront réussi à produire un fruit, mais petit, non parvenu à maturité, fragile (un peu comme du raisin vert qui ne peut pas produire du vin). C’est à rapprocher de la parabole du Semeur : la semence qui est tombée dans les pierres monte vite, mais dès que le soleil se lève, elle est brûlée, parce qu’elle n’a pas de racines (Mt 13, 5-6).

« Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver… ». L’hiver est la saison froide, où la nature est figée (les feuilles des arbres sont tombées, les animaux hibernent, et le sol est gelé) et où il est impossible de travailler. Comment fuir par ces intempéries ? Or le climat ne dépend pas de vous, mais de Dieu. Au-delà de ce sens commun, il y a un sens spirituel : le froid représente la dureté du cœur, comme le sol gelé. Le Christ veut dire : priez pour que ce cataclysme ne vous surprenne pas avec un cœur sec et dur, qui vous paralyserait spirituellement : vous ne pourriez pas réagir.« …ni un jour de sabbat » : le sabbat représente, ici, le désœuvrement. Priez pour que ce grand malheur ne vous surprenne pas en repos, dans l’oisiveté. Cela peut aussi signifier : prisonnier des règles extérieures, paralysé. Vous n’oseriez pas bouger, par formalisme, alors que le salut vous imposerait de fuir. On pourrait presque dire : ne soyez pas bêtes, sans intelligence.

« Car il y aura alors une grande détresse [Lc : et une colère contre ce peuple] telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde [Mc : depuis le commencement de la création] jusqu’à maintenant et qu’il n’y en aura jamais plus ». Le Seigneur cite le prophète Daniel (12, 1). Ce sera pire que lors du déluge (Ge 6-8), car, en ce temps, les hommes furent simplement noyés : là, ils vont souffrir tragiquement avant de mourir. Tout sera révélé et dévoilé. A travers cette horreur, le péché de l’Homme sera manifesté publiquement et universellement, juste avant le Jugement dernier,

« Et si ces jours-là n’étaient pas abrégés, aucune chair ne serait sauvée. Mais à cause des élus, ils seront abrégés ». Révélation terrifiante ! Dieu est patient, doux et humble. Mais la colère des doux est plus terrible qu’un tremblement de terre ou un raz de marée. Sa colère s’est enflammée contre l’Homme qui a rejeté son Christ, son Fils bien-aimé qui a donné sa vie pour le sauver. Rien ne peut décrire la puissance terrifiante de la colère de Dieu. Cela rappelle le moment tragique de l’Ancien Testament, où Dieu – la Divine Trinité –se repentit d’avoir créé l’Homme devenu si méchant : sa tristesse est saisissante, écrasante (Ge 6, 6-7). Ici, à la fin des temps, sa patience a atteint la limite. Mais le Christ ajoute cette phrase étrange : « …à cause des élus… », c’est-à-dire à cause de ceux qui aiment Dieu, les Saints, le Père infléchira son cœur et ne détruira pas tout (comme Il l’avait fait pour Noé, qui avait « trouvé grâce aux yeux du Seigneur » – Ge 6, 8). C’est à rapprocher de cette incroyable et audacieuse parole de Moïse, qui, sur le mont Sinaï, dit à Dieu, après qu’Il fût entré dans une violente colère à cause de l’abomination idolâtrique du Veau d’or : « repends-Toi du mal que Tu veux faire à ton peuple » (Ex 32, 12), change ton cœur.

Nous sommes saisis de crainte à l’écoute d’une telle prophétie, muets devant la toute-puissance et la grande miséricorde de Dieu.

[Nous verrons dans un deuxième article la fin des douleurs et le second Avènement, le retour du Christ en gloire].

Notes :

1. Les éons (du grec aiôn, traduit en latin par saeculum, siècle) sont des cycles temporels, réels mais à caractère symbolique, manifestant le dessein de Dieu et le destin de l’Homme. On en distingue trois : l’éon de la création (les 7 jours), l’éon de la chute et l’éon du Royaume.
2. Eschatologie vient du grec eschaton, qui signifie la fin, l’aboutissement : il s’agit de la doctrine chrétienne concernant les fins dernières de l’humanité, et donc aussi sa finalité, l’accomplissement du dessein de Dieu.
3. Saint Jean n’en parle pas, parce qu’en général, il ne répète pas ce que les autres ont écrit, mais il a écrit l’Apocalypse, qui est une révélation personnelle de la Fin des temps, une vision de l’accomplissement des prophéties qu’il avait entendues de la bouche même du Christ. Une étude comparative de ces prophéties et de l’Apocalypse serait très instructive, mais difficile à faire.
4. Dans l’ancien lectionnaire romain (entre les conciles de Trente et de Vatican II) elle était lue le dernier dimanche après la Pentecôte (chez Saint Matthieu) et le 1er dimanche de l’Avent (chez Saint Luc). Il en est de même dans le rite des Gaules restauré, avec un peu plus d’ampleur : chez Saint Matthieu le dernier dimanche après la Pentecôte et le 1er dimanche de l’Avent, et chez Saint Luc le 3e dimanche de l’Avent [Dans l’année liturgique selon l’ancien rite des Gaules, on a restauré les 40 jours de l’Avent, qui étaient de règle dans l’antique Église des Gaules, comme en Orient].
5. En en chassant les marchands à coups de fouets. La 1ère purification du Temple, qui n’est rapportée que par saint Jean (2, 13-25), avait eu lieu au début de sa vie publique, probablement lors de la Pâque de sa première année de mission.
6. « Malédiction » n’est pas le terme exact. Lorsque le Christ dit « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites », c’est plutôt une constatation affligée : en fait c’est un jugement, une condamnation. Cela fait pendant aux Béatitudes (« Bienheureux les pauvres en esprit… »). Une malédiction commencerait par : « Maudit soyez-vous… »
7. La scène se passe probablement le mardi qui suit le dimanche des Rameaux, sur le soir.
8. Le Temple d’Hérode que les Juifs appellent le « second Temple » (mais qui est en fait le 3e) était gigantesque et magnifique. A cette époque il n’était pas encore tout à fait terminé (il ne le sera qu’en 63-64 apr. J-C, quelques années avant d’être détruit définitivement). On peut se reporter à la note 9 de l’article sur L’enfant-Jésus dans le Temple, n°70-71 de janvier-février 2014.
9. Cette « révélation » se dit en grec apocalypsis (apocalypse).
10. L’avènement du monde renouvelé ressemble à un accouchement, dans la douleur.
11. Nos frères chrétiens, qui sont persécutés dans les pays islamiques, connaissent déjà cela.
12. Daniel est censé écrire au 6e s. av. J-C, pendant l’exil, sous les rois babyloniens, puis perses. Mais les historiens et les biblistes estiment que, compte tenu des erreurs historiques que l’on trouve dans son livre, il aurait écrit au 2e s. av. J-C, à l’époque de la persécution des Séleucides [souverains grecs, successeurs d’Alexandre le Grand]. Antiochus IV interdit les sacrifices et les pratiques religieuses juives : il profana le Temple en 167 et dressa un autel païen dédié à Zeus à la place de l’autel des parfums. Daniel y fait allusion en 11, 31 – sans nommer Antiochus –en utilisant une phrase plus précise qu’en 9, 27 : « …ils ajouteront à l’abomination la désolation ».
13. Chez Saint Luc le critère donné par le Christ est : « Jérusalem encerclée par des armées » (Lc 21, 20). Les deux prises de Jérusalem par les Romains, en 70 et en 131, pourraient y correspondre.
14. Rapporté au 4e s. par saint Ephrem le Syrien (qui l’attribue faussement à Pilate : il s’agit de Titus) et par saint Ambroise de Milan.
15. Il ne faut jamais oublier que les prophéties sont intemporelles : elles témoignent du regard de Dieu sur nous. Elles ne comportent jamais de dates, ni de données chiffrées (sauf symboliques).
16. « Anti-Christ » et non Ante-Christ [qui signifie : qui vient avant le Christ] ! C’est celui qui est contre le Christ, qui en est le contraire, l’inverse, l’adversaire absolu, la parodie enfèrique du Christ. Ce nom est cité 5 fois par saint Jean dans ses Épîtres où il l’appelle « le menteur », « le séducteur ». Saint Paul le mentionne, mais sans le nommer, en 2 Th 2, 1-10, où il fait une belle exégèse de la prophétie du Christ : il l’appelle « l’homme du péché, le fils de perdition » en 2, 4, et « l’impie, apparu par la puissance de Satan », en 2, 9. On peut l’assimiler à la Bête de l’Apocalypse, où il est surtout qualifié de « blasphémateur » (chap.13). Si l’on s’en tient strictement à la symbolique, comme le Christ s’est fait homme par la descente du Saint-Esprit dans une femme vierge, l’Anti-Christ pourrait être le rejeton monstrueux de Satan et d’une femme prostituée.
17. Cf. : « Le Sinaï est dans le sanctuaire » chanté à l’Ascension (Ps 67 [He 68], 18, utilisé comme verset de l’Alleluia dans la liturgie romaine de l’Ascension). Ici le sanctuaire est le cœur de l’homme : au sommet de cette élévation intérieure, qui est un Sinaï spirituel, l’homme, nouveau Moïse, rencontre Dieu face à face.

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