Ajouté le: 2 Juin 2016 L'heure: 15:14

Les apparitions du Christ ressuscité (I)

La troisième apparition aux Apôtres, en Galilée : la seconde pêche miraculeuse (Jn 21, 1-14)

Le Christ est apparu souvent après sa résurrection et à de nombreuses personnes, car il fallait qu’Il atteste, montre et prouve sa résurrection à l’humanité toute entière, mais à chaque fois de façon inopinée et sous une forme corporelle différente, car le corps glorieux est libre, libre comme l’Esprit qui le remplit entièrement, libre par rapport à l’apparence extérieure, au temps et à l’espace.

Chacune de ses apparitions est simultanément une joie et un enseignement théologique. Elles sont aussi une confirmation de tout ce qu’Il avait enseigné et prédit auparavant. Nous allons relater la troisième de ses apparitions au bord du lac, en Galilée, qui constitue une confirmation de la pêche miraculeuse faite lors de l’appel des quatre premiers disciples1. Saint Jean l’Evangéliste2, l’ami du Christ, qui était un tout jeune homme à ce moment-là2 et qui écrivit son Évangile bien longtemps après les trois autres, à la fin du premier siècle, en fut un témoin oculaire et il est le seul à nous rapporter l’évènement : il prend soin de nous faire une introduction circonstanciée (« Et voici de quelle manière Il se montra ») – ce qu’il ne fait presque jamais – pour nous dire quelle importance il attache à cet évènement.

« Jésus Se manifesta de nouveau à ses disciples » : il s’était déjà manifesté à eux le soir de Pâques, lorsqu’ils se tenaient dans le Cénacle « par crainte des Juifs »3, à 10 (il manquait Thomas, et Judas qui avait trahi) ; Il s’est révélé ensuite à eux le dimanche suivant, au complet, à 11 (les 10 plus saint Thomas), dans le même Cénacle. Et saint Jean nous précise à la fin du récit (v.14) que « c’était déjà la troisième fois » que Jésus ressuscité Se manifestait à ses disciples. Mais il est probable que ce fut avant l’apparition ultime du Christ ressuscité « sur une montagne de Galilée » (Mt 28, 16-20), où le Seigneur donnera aux Apôtres le commandement d’aller évangéliser le monde entier et de baptiser toutes les nations. On a tendance à penser généralement que cette rencontre a eu lieu aussitôt après la Résurrection, mais cela est dû au fait que saint Matthieu la relate abruptement, sans raconter les diverses apparitions du Christ ressuscité, comme une conclusion à son Evangile (l’Ascension est rapportée seulement par saint Marc et saint Luc). Mais c’est probablement une erreur : cette rencontre ecclésiale capitale, rapportée seulement par saint Matthieu, a dû se faire vers la fin de cette courte période de 40 jours.

Où s’est passée cette troisième apparition ? Nous ne le savons pas avec exactitude4. Mais il est certain qu’elle a eu lieu au bord de la mer de Galilée, ce qui est remarquable, parce qu’il s’agit d’un lieu historique et symbolique : c’est là où le Seigneur avait appelé les quatre premiers disciples, trois ans auparavant.

Qui était là ? : Pierre5 (appelé ici « Simon-Pierre », ce qui est une façon de rappeler que, lors de son appel par Jésus, il s’appelait encore « Simon »5), Thomas6, « appelé Didyme » Nathanaël7 « de Cana en Galilée », « les fils de Zébédée », c’est-à-dire Jacques et Jean8, « et deux autres disciples », qui sont probablement André et Simon le Zélote. Ils sont en tout 7 Apôtres, sur 11 (manquent : Matthieu, Jude-Thaddée, Philippe et Jacques d’Alphée (dit le Mineur)).

Les Apôtres sont un peu déboussolés : ils ont fui lors de l’arrestation de leur Maître, ils se sont terrés dans le Cénacle par peur des Juifs ; ils ont vu le tombeau vide (Pierre et Jean) ; certes, ils ont vu le Christ ressuscité deux fois dans le Cénacle (le soir de Pâques, puis le dimanche suivant), mais ils ne vivent plus en communauté avec le Maître, leur cher Rabbi Ieshouah. Ils ont un peu de vague à l’âme : ils ne savent plus où ils en sont (c’est « trop »)9. « Simon-Pierre », en homme pragmatique et patron, dit : « Je vais pêcher », ce qui signifie, pour l’équipe : nous partons à la pêche (c’est leur métier ; c’est aussi un dérivatif, dans cette période étrange). Les autres obéissent et disent : « oui ». Ils vont à la pêche, apparemment de nuit (« cette nuit-là ») et ils rentrent bredouille, après avoir pêché toute la nuit. La « nuit » représente toujours la chute de l’Homme, l’absence de la Lumière divine, la stérilité, la solitude... Au petit jour, ils rentrent, fatigués et tristes.

Ils aperçoivent de loin (« à environ 200 coudées » [v.8] c’est-à-dire à environ 100m) un « homme » sur le rivage, qu’ils ne reconnaissent pas et qui les interpelle avec familiarité – comme c’est l’usage en Orient – : « Les enfants… » Quelle merveille ! Le Christ, Fils de Dieu, est l’image parfaite de « Dieu-Père » : Il Le révèle [« Celui qui M’a vu, a vu le Père »], exprime ses pensées [« Je ne dis rien de Moi-même »]. Le Père céleste nous dit, par la bouche de son Fils, son Verbe – qui est céleste et terrestre – : « Les enfants ». Nous pouvons considérer que le Christ dit « Les enfants » à tous les chrétiens et, in fine, à tous les hommes, de la part du Père. Quel bonheur d’être enfants d’un tel Père, fils d’un tel Dieu ! Et Il ajoute : « avez-vous à manger ? » Ils répondent « non ». Il insiste et leur dit : « Jetez le filet du côté droit10 de la barque et vous trouverez ». Cela voulait dire « vers le large10 » (auparavant, les Apôtres le jetaient du côté gauche10, c’est-à-dire vers le rivage, puisqu’ils voyaient « l’homme » sur le rivage). Bien que n’ayant pas reconnu le Maître, les Apôtres obtempèrent, par intuition, leur cœur ayant mémorisé les paroles et gestes du Seigneur. Et le filet se remplit d’une telle quantité de poisson qu’ils n’arrivaient pas à le remonter. Ils vont donc le traîner avec son précieux chargement jusqu’au rivage. C’est leur seconde pêche miraculeuse, exactement dans les mêmes conditions que la première, qui s’était passée lorsque les quatre premiers Apôtres avaient été appelés par le Christ (Pierre et André, Jacques et Jean), trois ans auparavant, et dans le même site, la mer de Galilée. Mais cette fois-ci, saint Jean, qui fut témoin oculaire des deux, nous donne le nombre exact des gros poissons : 153 (ce qui est énorme en pêche artisanale : de 40 à 50 kg de poisson). Saint Jean, qui est le plus intime du Christ, reconnaît immédiatement le Maître et souffle à l’oreille de Pierre : « C’est le Seigneur ». Saint Pierre « qui était nu » enfile rapidement un vêtement11, par respect pour le Maître, et se jette à l’eau pour aller rejoindre le Christ et, probablement, se prosterner devant Lui. Belle attitude de Pierre, fougueux, volontaire, qui se précipite pour aller saluer le Seigneur, sans plus attendre, ce qui rappelle sa belle profession de foi (Mt 16, 16) et qui rattrape un peu son reniement public lors de la Passion.

Cet évènement miraculeux est remarquable à plusieurs titres. Il y a d’abord une similitude quasi parfaite entre les deux pêches miraculeuses : ellesont eu lieu dans le même contexte géographique, la mer de Galilée, qui symbolise le monde déchu et donc le champ d’action de la mission d’évangélisation du Christ ; les deux ont lieu de jour (ici au petit jour) alors que les Apôtres avaient travaillé en vain toute la nuit, les deux fois : ils ne peuvent rien faire sans le Christ ; les deux miracles témoignent de la même pédagogie du Seigneur : Il fait faire une pêche miraculeuse à des pêcheurs professionnels, qui en comprennent tout de suite le sens. Mais il y a quelques différences intéressantes. Ici, il n’y a qu’une barque, signe de l’unité de l’Église ; les Apôtres sont plus nombreux (7 au lieu de 4) et plus divers (la 1ère fois, il y avait 2 fois 2 frères, qui constituaient la même équipe de pêche ; ici, il y a Thomas, Nathanaël et Simon qui ne font pas partie de cette équipe), ce qui représente mieux le Collège apostolique dans sa diversité, sa « catholicité », Pierre demeurant le chef d’équipe (ce qui sera confirmé peu après dans son entrevue importante avec le Christ) ; et enfin le Christ ne se trouve pas dans la barque : ils doivent œuvrer par eux-mêmes, sans la présence personnelle et visible du Christ, qui va bientôt partir (on est tout près de l’Ascension). C’est le symbole de l’Église naissante. Les 153 gros poissons représentent les civilisations et peuples qu’il faudra évangéliser (c’est une notion plus large que les « nations »). Il faut noter aussi que, contrairement à la première pêche, le filet ne s’est pas rompu, parce que c’est la parole du Christ qui sauve l’Homme définitivement, et que les Apôtres en sont les dépositaires.

La première pêche miraculeuse avait un caractère prophétique : le Christ leur avait dit : vous serez pêcheurs d’hommes. La seconde vient confirmer la première et signifie que le terme de la mission terrestre du Christ est proche et qu’ils vont devoir bientôt (la Pentecôte est toute proche) prendre le relais et prêcher l’Évangile dans le monde entier. Le Seigneur n’a même pas besoin de l’expliciter, car le symbole de la pêche miraculeuse est une évidence. Par contre, Il leur donne une feuille de route : il y a 153 peuples-civilisations-cultures, passés, présents et à venir, à gagner au Christ.

Puis le Seigneur les invite à déjeuner : Il avait déjà préparé le feu et apporté du pain ; eux apportent du poisson, fruit de leur travail associé à la grâce. Ils partagent une agape avec leur Seigneur et Maître, symbolisant l’Eucharistie (comme les deux multiplications des pains et des poissons, qui l’annonçaient12) et le Banquet céleste, celui du Royaume. Comme le jeune garçon de la première multiplication des pains, les Apôtres offrent le poisson, de même que dans l’Eucharistie liturgique à venir, le peuple offrira le pain et le vin. Et c’est le Christ qui donne à chacun du pain et du poisson, comme il l’avait fait lors de la Sainte Cène : Il est Le prêtre, grand-prêtre unique, parfait et éternel. Il est et demeure à jamais la tête et le chef de l’Église. Saint Grégoire le Grand fait remarquer qu’ils sont 8, nombre qui symbolise le Royaume (et la Résurrection, qui eut lieu le « huitième jour »).

Il y a un autre aspect remarquable, d’ordre théologique. Jean précise : « Aucun des disciples n’osait demander à Jésus : qui es-Tu ?, sachant que c’était le Seigneur ». Qu’ils n’aient pas reconnu le Seigneur à 100m du rivage au petit jour, peut à la rigueur se comprendre. Par contre, ils auraient dû reconnaître sa voix. Seul saint Jean a su tout de suite que c’était Lui, mais plutôt par intuition, par son sens intérieur et en raison de son intimité avec le Christ (ce jeune homme pur d’une vingtaine d’années, rempli d’amour, était le disciple préféré et l’ami du Christ : il était pour Lui comme un petit frère, ou un fils chéri). Mais que les Apôtres, en présence du Christ aient eu encore quelques doutes est un grand enseignement théologique. En fait, ils auraient eu envie de Lui dire : est-ce que, vraiment, c’est bien Toi ? Mais ils n’ont pas osé. En effet, le Christ est simultanément le même qu’avant et différent, car Il a désormais son Corps glorieux, de façon permanente et définitive13. Or le corps glorieux est une matière spiritualisée, qui est devenue libre (il n’est pas obligé de se faire reconnaître, n’est pas prisonnier d’une forme)14,qui n’est plus soumiseaux lois physico-chimiques de la matière du monde déchu (le corps glorieux du Christ est passé à travers la pierre du tombeau et les portes du Cénacle) et qui n’est plus soumis au temps ni à l’espace (il a le don d’ubiquité). Le Christ mange avec eux, normalement, mais il n’a plus la nécessité physiologique de manger : Il le fait librement15. De même, nulle part dans l’Évangile, il n’est dit du Christ, après sa résurrection, qu’Il soit fatigué ou qu’Il dorme, car Il n’en a plus le besoin. Voilà pourquoi les Apôtres sont déconcertés : ils savent intérieurement que c’est bien Lui, mais Il est différent. Le Christ les initie à ce que sera l’Homme dans le Royaume de Dieu. C’est après ce déjeuner sur la plage, cette agape impromptue à fort caractère symbolique, que le Seigneur aura une entrevue grave, à caractère spirituel et ecclésial avec Pierre. Mais ce sujet vaste et difficile mérite d’être traité à part.

Le Christ est ressuscité ! Hristos a invîat !

Notes :

1. Simon (Pierre) et André, Jacques et Jean, fils de Zébédée. Voir Apostolia n° 51 (juin 2012).
2. Saint Jean [Yôhânân = le Seigneur fait grâce] fut un disciple de saint Jean-Baptiste. Il était très jeune (probablement 20 ans). Le Seigneur fut émerveillé de constater une telle fraîcheur d’esprit, une telle confiance – comme celle d’un enfant – une telle pureté de cœur chez un être humain, qu’Il fit de Jean son confident et son ami [ami vient de « amour » : c’est une personne aimante et aimée]. Il sera aussi pour Lui une consolation (le seul à être au pied de la Croix). Saint Jean, au sein du collège des 12 (qui rassemblait tous les archétypes physiques, psychiques et spirituels de l’humanité), est le type même de l’apôtre vierge : « l’enfant ». Il a vécu probablement jusqu’à près de 100 ans, à Ephèse, où se trouvait son tombeau [qui a été détruit par les Musulmans turcs].
3. Ils avaient peur qu’il leur arrive la même chose qu’à leur Maître. Mais cela leur arrivera après la Pentecôte et l’évangélisation. A ce moment-là, ils seront capables de faire comme leur Maître : donner leur vie par amour pour Dieu, et pour le salut du monde. Le soir de Pâques, ils n’en étaient pas encore capables.
4. La Tradition la situe non loin de Tabgah, au Sud-Ouest de Capharnaüm, là où avait eu lieu la 1ère multiplication des pains et des poissons et où il y a une chapelle de la « Primauté de Pierre » (Cf. Jn 21, 15-19).
5. Simon-Pierre, originaire de Bethsaïde, était un petit patron-pêcheur de Galilée, avec son frère André, associés à Jacques et Jean. Il était marié (le Christ avait guéri sa belle-mère). Son nom était Simon (shimon=Dieu a entendu), fils de Jonas [Jean]. Le Christ changera son nom en Pierre (képhas = le roc) [Jn 1, 42]. Il a toujours été considéré comme le porte-parole des Apôtres et sera considéré comme le chef de la communauté chrétienne après l’Ascension. Honnête et travailleur, il était fougueux et un peu fanfaron (Moi, je ne T’abandonnerai jamais…). Le fait d’associer ses deux noms est propre à saint Jean, témoin oculaire de l’appel de Simon et du changement de nom par le Christ.
6. Thomas : de l’hébreu Tô’ âm = jumeau, traduit en grec par Didymos. Il était judéen, comme Simon le Zélote (et comme l’était Judas).
7. Nathanaël : la Tradition dit qu’il s’agit de l’Apôtre Barthélémy.
8. Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui sont avec Pierre les trois Apôtres les plus proches de Jésus, qui leur donna le nom de Boanergès, c’est-à-dire « fils du tonnerre », probablement parce qu’ils avaient beaucoup de tempérament et d’énergie : ils étaient audacieux.
9. Le Rabbi est Ressuscité, mais Il est devenu « invisible », différent, se révélant seulement lorsqu’Il le veut et le juge bon, alors qu’avant, ils vivaient avec Lui, en communauté, presque toujours. Il était « là » : c’était merveilleux. Ils étaient comme des enfants protégés par leur père. Mais maintenant, ils sont en train d’apprendre « la liberté glorieuse des enfants de Dieu ». Quelle tragédie… Ils sont en train de passer de l’état d’enfance à l’état d’adulte. Ils se sentent « perdus ». Ils ne savent plus où ils en sont. Nous, l’Homme déchu, sommes lents.
10. Saint Grégoire le Grand, pape de Rome (590-604), qui est un des rares Pères à avoir commenté intégralement cet Évangile (Homélie 24) fait un long développement sur le symbole de la droite et de la gauche, car dans le monde latin, la droite signifiait le bien (et aussi la vérité, l’honneur) et la gauche l’inverse (sinister [gauche, enen latin] signifie « de mauvais augure »). On peut aussi y voir un autre symbole : lors de le première pêche miraculeuse, le Christ n’avait pas précisé de quel côté il fallait jeter le filet, mais il avait dit à Simon : «avance en eau profonde » (Lc 5, 4). Or, ici, c’est un peu le même sens : en disant « jetez le du côté droit », cela signifiait, vers le large, c’est-à-dire là où il y a des hommes perdus, qui se noient : c’est ceux-là qu’il faut tirer de l’abîme et sauver.
11. Probablement un vêtement de dessous, une tunique, comme celle du Christ, conservée à Argenteuil.
12- Pain et vin : pain et poisson. Les poissons ont du sang et, de plus, ils sont le symbole du Christ (ichthys [poisson en grec] est l’acronyme de « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur »). Chez les premiers Chrétiens, le poisson était un signe de reconnaissance entre Chrétiens, incompris des païens.
13. Le Christ a toujours eu son corps glorieux, dès sa naissance (et même dès le sein de sa mère), car Il est simultanément Fils de Dieu et Fils de l’Homme, Dieu parfait et homme parfait. Mais Il a constamment accepté de porter dans son corps [et dans son âme humaine] les conséquences de la chute de l’Homme, du péché de l’Homme. Sans cela, Il n’aurait pas pu souffrir pour nous, mourir et ressusciter. Il n’y a qu’à certains moments précis et exceptionnels qu’Il se révèle tel qu’Il est, comme par exemple à 12 ans parmi les Docteurs, à la Transfiguration ou lorsqu’Il marcha sur la mer… Après sa Passion, sa mort et sa résurrection, Il s’est acquis (par son obéissance à son Père) le « droit » de manifester son corps glorieux [et son âme, mais l’âme humaine ne voit pas] de façon permanente, normale et définitive. On discerne très bien ce changement dans l’Evangile, après sa Résurrection : les gens Le voient « surgir » de nulle part et Il disparaît de la même façon (cf. avec les Pèlerins d’Emmaüs). Les Apôtres et les intimes du Christ sont très déconcertés par cela, par ce mystère qu’ils découvrent. N’ayant pas encore reçu le Saint-Esprit, ils ne peuvent pas comprendre.
14. L’Évangile le dit expressément : « Jésus leur apparut sous une autre forme » (Mc 16, 12). Il s’agissait des deux pèlerins d’Emmaüs, après son apparition à Marie de Magdala.
15. Ceci est à comparer avec l’Archange Raphaël, dans le livre de Tobit : à la fin, il révèle à Tobie et Sarah qui il est et il dit : « …quand j’étais avec vous…vous avez cru me voir manger, mais ce n’était qu’une apparence… » parce que mon corps n’est qu’une apparence (Tb 9, 18-19). Alors que le Christ, Lui, a un corps réel, mais spiritualisé, déifié, et qu’Il mange réellement, mais sans y être contraint par la faim.

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