L’évêque Jean de Saint-Denis1, de bienheureuse mémoire, était dans sa jeunesse un adolescent orthodoxe pieux, chassé de Russie avec sa famille par les communistes. Dieu lui avait demandé d’être un apôtre de l’Orthodoxie en Occident, ce qu’il fit admirablement, au prix de grandes souffrances et de calomnies qui n’ont jamais cessé. Renonçant à lui-même pour épouser la terre de France, son peuple et sa tradition, il y revivifia la foi orthodoxe de l’Église indivise et il restaura l’ancien rite des Gaules2. Le 11 novembre 1964, en la fête de Saint Martin, l’apôtre des Gaules, il fut sacré évêque par saint Jean de Shanghaï et San-Francisco, dans le but de poser les fondements d’une Église orthodoxe occidentale.
Liturge3 incomparable et liturgiste3 savant, il revivifia les vieux textes gallo-romains tout en les enrichissant d’emprunts judicieux faits au rite byzantin et il est intéressant de mentionner, pour l’histoire qui va suivre, que son chef d’œuvre fut la restauration de la liturgie de Pâques, où il réussit à transmettre à l’Occident le feu pascal propre à l’Orient.
Il avait, entre autres charismes, un contact facile et fréquent avec le monde invisible, qu’il s’agisse du monde angélique, des saints ou de ce qu’on pourrait appeler « l’âme du cosmos ».
Peu de temps après une fête de Pâques, dans les années 60, son entourage l’emmena en vacances au Portugal pour y prendre un peu de repos. Il avait en effet une mauvaise santé, due aux terribles privations qu’il avait subies en Russie pendant la guerre civile, puis en camp de prisonniers en Allemagne, comme soldat français, pendant la 2e guerre mondiale.
Ils allèrent se promener au bord de l’Océan atlantique, dans une sorte de « bout du monde » semblable à notre Finistère4 et découvrirent un paysage admirable, avec un vent violent et une mer déchaînée. L’évêque Jean5 contempla longuement la splendeur de cette nature (étant artiste peintre, il avait le sens de la beauté). Puis, subitement, il se dit en lui-même : je suis là à contempler cette beauté, à en profiter, et moi je ne donne rien. Alors il cria à l’océan : Christ est ressuscité ! Et l’océan lui répondit : il y a 1200 ans qu’on ne me l’avait pas dit !
(Récit rédigé d’après les souvenirs de deux témoins de la scène, tenant ces choses de la bouche même de l’évêque Jean).
Notes :

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