Dans tous les rites chrétiens, la fête de Pâques est centrale et elle est indissociable de ce qui la précède immédiatement dans la Semaine Sainte, appelée en Orient la Grande Semaine (qui va des Rameaux à la Résurrection du Christ). Cette Sainte et Grande Semaine s’achève par les 3 jours les plus saints de l’année liturgique, dont on peut résumer le contenu biblique et liturgique ainsi :
• le Jeudi Saint, l’Église fait mémoire de la Sainte Cène1 et de l’arrestation du Christ,
• le Vendredi Saint, elle fait mémoire de la Passion, la mort et la mise au tombeau du Christ,
• le Samedi Saint est le grand sabbat divin [l’âme humaine du Christ unie à sa divinité descend dans l’Enfer et délivre les âmes prisonnières de Satan] et il ne devrait y avoir aucun office ce jour-là. Dans l’Église antique, les solennités pascales commençaient le soir et s’achevaient au lever du soleil2.
Toutes les Églises célèbrent ces mystères en suivant en gros cet ordo et en s’appuyant sur le récit évangélique qui est détaillé et complexe. Les différences tiennent au style et à la forme des rites.
En ce qui concerne le Jeudi Saint, la Tradition universelle est de célébrer la Sainte Cène de façon festive3 (alors que tout le reste de la Semaine Sainte est pénitentiel) parce qu’elle est le sacrement du Royaume de Dieu. Mais il s’est posé, en Orient comme en Occident, un problème pratique, qui est celui de la durée des offices. Actuellement, on peut dire que les rites occidentaux ont retrouvé la tradition ancienne de célébrer la Sainte Cène le soir, conformément à l’Évangile4, suivie du « dépouillement de l’autel5 » puis des matines du Vendredi Saint (appelées « Ténèbres »). Dans les rites orientaux – et notamment dans le rite byzantin, qui est entièrement monastique depuis le 14e siècle – la longueur des offices conduit la plupart des paroisses à célébrer la Sainte Cène le matin du Jeudi Saint ou à midi, parce que les vigiles du Vendredi Saint (les « Saintes Souffrances ») sont le plus long office de l’année. Mais c’est une erreur biblique et liturgique, car il s’agit d’une liturgie vespérale, qui commence par des vêpres, et qui devrait donc être célébrée le soir.
Comme les textes évangéliques sont longs et complémentaires, il y a un accord presqu’universel pour utiliser lors de la Sainte Cène un Évangile composé (ou concordant)6, en assemblant des extraits des quatre Évangiles pour en faire un texte unique et suivi. C’est le cas notamment pour le rite byzantin et pour le rite des Gaules restauré (avec une particularité liturgique7). Cet Évangile unique emprunte beaucoup à ceux de Matthieu et de Marc, qui sont des témoins oculaires de la Sainte Cène (l’Évangile de Marc est celui de Pierre) et qui en font un récit détaillé et concordant. Saint Jean ne parle pas de l’Institution8, parce qu’il a rédigé son Évangile beaucoup plus tard et que les autres en avaient déjà parlé, mais il est le seul à rapporter le lavement des pieds et le dernier discours du Seigneur. Par contre saint Paul apporte beaucoup, bien qu’il ne soit pas un témoin oculaire (il a reçu une révélation directe et personnelle du Christ, par le Saint-Esprit), dans l’Évangile selon saint Luc (qui est, d’après saint Irénée9 et Eusèbe de Césarée9, l’Évangile de Paul) et dans la première Épître aux Corinthiens (il y a trois éléments de notre Institution liturgique qui nous viennent de saint Paul). Nous allons essayer, autant que faire se peut, de nous baser sur tous ces textes.
Situons maintenant l’événement dans la vie du Christ. Après avoir prêché partout l’Évangile pendant trois ans, le Seigneur est « monté à Jérusalem » – ville sainte et sacrée, symbole du Royaume de Dieu – pour y accomplir le salut du monde. Après son entrée royale et messianique (les Rameaux), Il a dû subir une véritable Passion morale (avant sa Passion physique) lors d’affrontements verbaux très durs avec les « prêtres, les scribes et les pharisiens » et même avec le peuple. On arrive alors à la fête de Pâque : c’est là où tout se noue.
La fête de Pâqueétait le centre de la religion juive. Le Christ veut absolument célébrer cette ultime Pâque terrestre avec ses disciples – le collège apostolique – comme le précise saint Luc : « J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous avant de souffrir, car…. Je ne la mangerai plus jamais jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu » (Lc 22, 15-16). Il révèle à ses Apôtres le sens eschatologique de ce qu’Il va accomplir10.
« Le premier jour des pains sans levain [azymes], où l’on immolait la Pâque11… », les disciples, qui sont des Juifs pieux et qui savent l’importance que le Maître attache à la Pâque, et à cette Pâque-là (Il leur a annoncé quelques jours avant que « le Fils de l’Homme serait crucifié » à cette Pâque – Mat 26, 2) Lui demandent où Il veut la célébrer. Le Seigneur leur fait une réponse mystérieuse (suivez un homme qui porte une cruche d’eau et là où il entre, demandez au maître de la maison : « où est ma salle où Je mangerai la Pâque avec mes disciples ? » – Mc 14, 12-14). Cela nous rappelle qu’il y a beaucoup de choses que nous ignorons et que, au-delà des apparences, c’est Dieu qui est le maître de toutes choses. Il envoie Pierre et Jean qui préparent tout (Lc 22, 8).
Cette salle est connue sous le nom de « Cénacle12 ». La tradition le situe sur le mont Sion13, à l’extrême Sud-Ouest de la ville ancienne de Jérusalem. Il s’agit d’une « chambre haute », donc à l’étage, qui est grande et bien aménagée, ce qui était un signe de richesse. Le propriétaire, dont nous ignorons le nom, était certainement un grand personnage, croyant en Jésus mais secrètement14. Il est intéressant de noter que, pour instituer le sacrement du Royaume, le Christ a choisi une très belle salle, comme il sied pour un banquet nuptial, car « les noces de l’Époux avec l’Église » sont magnifiques et réjouissantes. Le but de la vie humaine est le bonheur, en Dieu et avec Dieu. Toutes les églises-temples sont des répliques spirituelles du Cénacle.
Le Seigneur s’y rend avec tout le collège apostolique et le repas pascal commence. La Pâque juive était une fête familiale, célébrée au cours d’un banquet, la nuit de Pâque (en fait en vigile, ce qui est le cas ici, puisque la Pâque juive tombera cette année-là le vendredi, veille du sabbat). Il fallait être au moins 10 personnes pour la célébrer, ce qui est le cas (Jésus et les Douze = 13). Elle ne pouvait être célébrée en plénitude qu’à Jérusalem15, la ville de Dieu, parce que l’agneau – qui en était le plat principal – devait être sacrifié puis rôti (grillé) au Temple, ce qui est probablement le cas.
Le banquet pascal était appelé Séder (ce qui correspond à peu près au terme latin ordo) parce qu’il devait suivre un rituel précis, dont l’essentiel avait été ordonné par Dieu Lui-même à Moïse et Aaron (Ex 12, 1-28), avec une alternance de prières, de chants de psaumes, de récits (celui de l’Exode) de consommation de mets à caractère symbolique et de vin. Il s’agissait d’un « mémorial » vivant, qui permettait à chaque Israélite de revivre la délivrance accordée par Dieu à son peuple et de se considérer comme sauvé par Dieu de l’esclavage « aujourd’hui ». On mangeait à la romaine, allongé sur des divans et accoudé à des coussins, en arc de cercle avec une table centrale sur laquelle les mets étaient disposés (on voit cela sur des mosaïques anciennes qui représentent la Sainte Cène16).
Il est fort probable17 que le Seigneur ait accompli au début du repas le lavement des pieds. C’était un usage courant dans le monde gréco-romain, parce qu’on marchait beaucoup, pieds nus dans des sandales, et que c’était un geste d’accueil que de laver les pieds des invités, mais c’était une fonction réservée aux esclaves. Le Christ a pris librement une place d’esclave18 pour nous libérer de l’esclavage du péché et de Satan. Les pieds représentent symboliquement les démarches de l’Homme : en lavant les pieds de ses disciples, le Seigneur purifie leurs démarches19 et leur recommande de suivre son exemple, c’est-à-dire de se purifier les uns les autres (et donc de se vérifier fraternellement). Il leur laisse aussi un trésor, à eux les douze futurs pasteurs de l’Église : lorsque vous serez des maîtres, à ma suite, comportez-vous comme Moi, c’est-à-dire comme des serviteurs (ce ne sera, hélas, pas toujours suivi dans le déroulement de l’histoire de l’Église…). Ce préalable à l’Eucharistie est tout à fait remarquable et rappelle ce qu’avait enseigné le Seigneur à propos de l’offrande faite à Dieu : va d’abord te réconcilier avec ton frère.
Puis, selon les trois Synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), le Seigneur fit la révélation de la trahison de Judas20 (qui avait déjà pactisé avec les grands prêtres et reçu de l’argent – Mt 26, 14-16), ce qui provoqua chez Lui « un trouble » (Jn 13, 21) : quelle douleur en effet pour le Maître de voir un de ses disciples Le trahir, et pour de l’argent ! Au plan humain, le Christ n’est pas insensible. Cela n’a probablement pas été perçu par tous (cf. Jn 13, 27-30) et n’a rien changé, mais le Maître a voulu montrer qu’Il savait tout et qu’Il allait donner sa vie librement.
Pendant le repas, le Christ va consacrer successivement le pain et le vin en son corps et son sang. Dans les deux cas, Il a accompli cet incompréhensible miracle dans le cadre rituel de la Pâque juive. Après le chant des psaumes d’action de grâces21, le président disait une bénédiction sur chaque type de nourriture, au début du repas. C’est le cas pour le pain. Il s’agit ici de pain azyme (que l’on devait consommer pendant 7 jours – Ex 12, 15), non levé parce que les Hébreux avaient été chassés d’Égypte par Pharaon en pleine nuit, après l’extermination des premiers-nés des Égyptiens, et que la pâte à pain n’avait pas encore eu le temps de lever : ils l’avaient fait cuire en urgence sous la forme de galettes azymes22. Le Christ, président du Séder, dit la bénédiction, rompt le pain et le donne à ses disciples en disant : « prenez, mangez », mais Il ajoute « ceci est mon corps », phrase tellement mystérieuse que le Apôtres consomment sans oser poser des questions23.
Pendant le Séder pascal, qui durait longtemps, on buvait quatre coupes de vin et il y avait une bénédiction pour chaque coupe, la plus solennelle étant pour la quatrième24. Or saint Luc nous précise que le Seigneur a consacré le vin « à la fin du repas » : il s’agissait donc de la quatrième coupe, qui clôturait le repas. Le Christ dit : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang de l’alliance25... » (Mt et Mc). Saint Paul ajoute : « de la nouvelle alliance25 » (Lc et 1 Co). Saint Matthieu poursuit : « …qui est répandu pour beaucoup en rémission des péchés ». Saint Paul ajoute deux choses importantes : « Faites-ceci en mémoire de Moi », et : « chaque fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne » (1 Co.11, 25-26) [c’est-à-dire : vous proclamerez qu’Il a donné sa vie pour sauver l’Homme].
Il y a une différence entre les deux consécrations : chaque apôtre a reçu de la main du Christ un morceau de pain consacré et l’a consommé ; tandis que pour le vin consacré, le Seigneur a tendu sa coupe aux Apôtres en disant : « buvez-en tous », c’est-à-dire qu’ils ont tous bu au même calice. Cela sera repris dans la liturgie chrétienne antique26. C’est encore le cas actuellement pour la communion du clergé, où chaque prêtre reçoit de l’évêque une parcelle du précieux corps, mais où tous boivent le précieux sang à la même coupe, ce qui est un signe fort d’unité et de communion. En consommant le corps et le sang eucharistiques du Christ, les Apôtres sont entrés en communion avec Lui (tout repas est toujours un partage et une communion entre les convives) et se sont nourris de Lui. Le corps et le sang du Christ sont sa nature humaine corporelle : en communiant à sa nature humaine, nous communions à sa nature divine, puisque les deux sont unies dans sa personne, dans son hypostase divine de Fils de Dieu. Et en communiant à l’un de la Trinité, nous communions aussi aux deux autres personnes, le Père et l’Esprit. En fait, c’est le début de la déification de l’Homme.
Les deux nourritures choisies par le Christ sont riches de symboles. Elles sont toutes les deux exclusivement végétales, rappelant l’alimentation offerte par Dieu à Adam et Ève dans le Paradis (herbes portant semence [céréales] et fruits des arbres [sauf un]) : le Christ nous rouvre la porte du paradis. Le pain était la nourriture vitale des hommes dans l’Antiquité, tandis que le vin avait un caractère festif et aussi hygiénique (c’était un remède). Le Christ est Celui qui nous nourrit, nous soigne et nous conduit à la joie parfaite, au bonheur éternel. Le pain a une analogie avec les organes du corps humain qui sont une structure (il est composé d’une croûte, puis de mie, et cette mie est faite de matière et de vide, comme les atomes). Tandis que le vin a une analogie évidente avec le sang qui coule dans nos veines et qui représente la vie. Le sang est un symbole de l’esprit27 : la vie en nous est un don de l’Esprit-Saint. Communier au sang du Christ, c’est aussi communier à l’Esprit-Saint, qui est la vie du Christ-Homme. C’est pour cela que le Christ a dit « buvez-en tous » : c’est vital. Toutefois, le corps et le sang eucharistiques du Christ ne sont pas des symboles : ils sont une réalité divino-humaine : lorsque le Christ dit « ceci est mon corps », « ceci est mon sang », c’est un logion divin, une parole divine créatrice. Dieu « dit » et cela « est ». D’ailleurs, la phrase rapportée par saint Matthieu (« qui est répandu pour beaucoup en rémission des péchés ») confirme cette importance du Sang du Christ, car dès le lendemain, le Seigneur va effectivement verser son Sang pour sauver l’Homme et le monde. On peut s’étonner qu’Il ait dit « pour beaucoup » et non pas « pour tous ». L’évêque Jean28 répondait : parce que le salut n’est pas obligatoire, l’Homme est libre. Le sang est répandu pour tous ceux qui veulent être sauvés : « beaucoup » n’exclut pas « tous », mais respecte la liberté de chacun. Il y a aussi toute une symbolique très riche entre, d’une part le blé-pain et la vigne-vin et, d’autre part le Christ et l’Église (« si le grain ne meurt… », « Je suis le cep, vous êtes les sarments… », « Mon père est le vigneron… ») que nous n’avons pas la possibilité de développer ici.
Enfin, il faut souligner un autre aspect très important, à caractère ecclésial et sacramentel, et qui nous vient de saint Paul : lorsque le Christ dit : « faites ceci en mémoire de Moi », Il donne à ses Apôtres un commandement, qui implique la transmission d’un pouvoir divin, celui de consacrer le pain et le vin en corps et sang du Christ. C’est la source de la vie sacramentelle de l’Église. Or, c’est dans ce même Cénacle que le Seigneur transmettra aux Apôtres le pouvoir de lier et de délier, le soir de Pâques (4 jours plus tard) : cela signifie qu’Il a donné aux futurs pasteurs de l’Église les deux pouvoirs divins constitutifs de la prêtrise, le pouvoir de consacrer les dons et celui de délier des péchés, dans le même lieu, qui est le symbole par excellence de l’Église. La prêtrise ne peut s’exercer que dans l’Église et de façon conciliaire
Ce miracle incroyable, cette « transformation » inouïe est totalement incompréhensible pour l’intelligence humaine : personne ne pourra jamais comprendre ni expliciter l’Eucharistie. Elle est un acte de foi pur : on reçoit ou on rejette. Il faut croire Dieu sur parole. Ce qui est remarquable, c’est que cela nous ramène à nos origines, à nos premiers pères Adam et Ève, qui devaient croire Dieu sur parole, sans comprendre, par amour pour Lui, en s’abstenant du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pour pouvoir entrer en communion avec Dieu, il fallait d’abord qu’ils fassent l’abnégation d’eux-mêmes, reflet de la kénose divine. Le Seigneur « à la fin des temps » nous y ramène.
Avant de conclure, il faut souligner un aspect biblique remarquable : il y a une similitude quasi parfaite entre les deux Pâques, la Pâque juive ancienne et la Pâque chrétienne nouvelle et éternelle. Dans les deux cas, Dieu a prescrit le mémorial de son œuvre, avant son accomplissement, pour bien montrer que son dessein pré-éternel s’accomplirait, quoi qu’il arrive. Dans l’Exode, le Saint-Esprit indique à Moïse ce que le peuple va devoir faire pour être préservé et sauvé, et simultanément le mémorial éternel qu’il devra faire en action de grâces (très précisément le Séder pascal). Or la libération des Hébreux n’a pas encore eu lieu. Le Christ va instaurer la nouvelle Pâque dans le cadre rituel précis de l’ancienne, et Il va indiquer à ses apôtres le mémorial éternel qu’ils devront faire de sa mort [et de sa Résurrection], alors qu’elles ne sont pas encore accomplies. Le Christ fait exactement ce qu’Il avait dit : Il n’abolit pas la Pâque ancienne, qui était préfigurative, mais Il l’accomplit. C’est ce qui explique la seule différence, notable, entre les deux : la Pâque juive était centrée sur l’agneau pascal, parce que c’était le sang de cet agneau immolé qui avait sauvé les Hébreux29, tandis que l’agneau pascal ne tient aucune place dans la nouvelle Pâque (bien que cet aliment fût présent), parce que Celui qui préside ce Séder est le véritable Agneau, l’Agneau de Dieu30 immolé pour le salut du monde, qui va sauver tous les hommes par son propre sang.
Terminons par une remarque spirituelle. L’eucharistie n’a l’air de rien et n’a aucune apparence : on mange un petit morceau de pain et on boit une gorgée de vin. C’est presque banal. Et il ne se passe rien, on ne ressent rien et, en général, il n’y a pas de fruits visibles, ni même invisibles. Et pourtant, nous communions à Dieu et nous vivons le début de la déification ! Ce sacrement est vraiment à l’image de Dieu Lui-même. Dieu se propose et ne s’impose pas : Il descend jusqu’à notre petitesse, s’adapte à nous, veillant à ne pas nous effrayer, et attend patiemment que nous veuillons bien œuvrer avec sa grâce pour que cette semence divine qu’Il a jeté en nous pousse, croisse et nous fasse parvenir à la déification.
A Lui soit la gloire pour les siècles des siècles !
Notes :

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