Ajouté le: 2 Octobre 2014 L'heure: 15:14

La parabole des Talents (ou des Mines) ou La révélation du dessein de Dieu pour l’Homme

(16e dimanche après la Pentecôte : Mt 25, 14-30 et vendredi de la 4e semaine après la Pentecôte : Lc 19, 12-28)

Cette parabole est très difficile, mais elle nous initie au plan divin pour l’Homme – au dessein de Dieu – et au destin spirituel de l’humanité. Elle n’est rapportée que par saint Matthieu (les Talents) et St Luc (les Mines) avec d’assez grandes différences1. Mais, comme le fil directeur et le sens en sont les mêmes, nous allons essayer de les commenter simultanément. Les deux versions sont en fait complémentaires, vues sous deux angles différents, l’un intemporel et universel (Mt), l’autre historique et judaïque (Lc). Celle des Mines est rarement lue dans les différents rites, elle est peu connue des fidèles et rarement commentée par les Pères de l’Eglise.

Le Christ l’a racontée à la fin de Sa vie publique, juste avant les Rameaux : selon saint Matthieu, à Jérusalem après la prophétie de la Fin des temps et l’appel à la vigilance (Parabole des 10 Vierges) et selon saint Luc, non loin de Jérusalem, après la rencontre avec Zachée à Jéricho. Dans les deux cas, elle se situe dans un contexte eschatologique2 et elle y correspond, puisqu’elle s’achève par un jugement.

L’introduction est assez différente chez les deux évangélistes. Chez saint Matthieu, « l’homme » dont il est question est probablement le Père céleste, bien qu’il puisse aussi s’agir du Christ, ce qui est évident chez saint Luc. Il « part en voyage » : cela n’a aucun rapport avec la géographie, car Dieu est omniprésent ; sans Sa présence, toute la création retournerait au non-être. Cela signifie deux choses, d’abord qu’Il cesse d’être présent visiblement pour laisser à l’Homme la liberté de coopérer avec Sa grâce, et ensuite qu’Il est patient : Il laisse du temps à l’Homme3. Dieu n’est pas sur le dos de chacun de nous, à nous surveiller, à nous contrôler et à nous contraindre : Il fait confiance à celui qui est Son image et qui a reçu l’aptitude à Lui ressembler. Le clergé ferait bien de méditer cela…

Et juste avant de partir, c’est-à-dire de se retirer dans le secret, Il « appela Ses serviteurs et leur remit Ses biens ». Chaque terme a son importance : « Il appelle », c’est-à-dire que chacun de nous a reçu un appel de Dieu, une invitation à coopérer avec Lui ; c’est Dieu qui a l’initiative et pas nous. Et Il n’appelle pas n’importe qui, Il appelle Ses serviteurs, c’est-à-dire ceux qui ont un lien avec Lui, qui sont habitués à œuvrer avec Lui et pour Lui, ceux qui connaissent Dieu. Puis Il leur remet Ses biens, c’est-à-dire qu’Il nous demande de gérer Ses biens, Sa richesse, ce qui correspond au commandement qu’Il donna à Adam et Eve dans la Jardin d’Eden. Cette richesse, ce sont les « talents » qu’Il va remettre. Le talent4 était la plus forte monnaie grecque d’Orient : un seul talent valait une fortune. L’argent est le symbole même de la richesse : il représente la grâce, le don gratuit de Dieu. Le Christ utilise souvent ce symbole dans les paraboles.

Avant d’aller plus loin, il nous faut comparer avec saint Luc qui est très différent. Ici il s’agit d’un « homme de haute naissance » c’est-à-dire d’un noble, d’un seigneur, « qui part pour un pays lointain pour se faire investir de l’autorité royale et revenir ensuite ». Le sens est plus difficile que chez saint Matthieu, mais il ne fait guère de doute qu’il s’agisse ici du Fils de Dieu qui s’incarne et qui est investi de l’autorité royale par Son Père céleste, dans l’intimité divine. Il appelle dix de Ses serviteur et donne à chacun une mine4, qui est une monnaie grecque valant 100 drachmes. Dix représente la plénitude naturelle : nous pouvons considérer ici qu’ils représentent l’humanité dont chaque personne a reçu la même mine, la même richesse : l’image de Dieu. Mais le Seigneur ajoute quelque chose d’important qui manque dans la version de saint Matthieu : « faites-les valoir jusqu’à ce que Je revienne ». L’humanité reçoit un commandement, qui est de faire fructifier la grâce, c’est-à-dire de parvenir à la ressemblance de Dieu. On peut y voir aussi un autre sens, lié à Israël, qui est une sorte de « laboratoire » de l’humanité : Israël avait reçu la grâce d’engendrer le Messie, mais c’était pour toute l’humanité. Cela est corroboré par un ajout important et surprenant de réalisme : « Mais ses concitoyens le haïssaient et ils envoyèrent une ambassade après lui pour dire : nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous ». C’est le Christ qui est rejeté par Son peuple : c’est ce qu’Il va vivre quelques jours plus tard. Cela confirme que le noble dont il est question est bien le Christ.

Après ces introductions au récit, qui sont différentes mais complémentaires, le scénario va être le même. Revenons donc à la version de saint Matthieu. Le maître appelle successivement trois personnes qui vont recevoir des sommes différentes : 5 talents, 2 talents, 1 talent. Nous pourrions penser que c’est inégal et donc injuste, mais en fait l’Evangile donne l’explication : « à chacun selon sa capacité ». Chaque personne est différente des autres, chaque hypostase est unique. Et le Créateur connaît ceux qu’Il a créés. L’Econome divin donne avec sagesse, en tenant compte des qualités et des possibilités de chacun. L’égalitarisme « républicain » est la négation de l’hypostase : c’est une erreur théologique. L’égalité des hommes entre eux réside dans le fait qu’ils soient tous créés par Dieu, qu’ils aient tous reçus l’image de Dieu et qu’ils soient tous appelés à la déification. Pour le reste, ils sont tous différents les uns des autres : chacun est unique, mais a besoin des autres ; nous sommes tous complémentaires. Dieu donne à tous, mais le don est personnel.

Ces trois hommes sont en fait trois types d’hommes, ou plutôt trois familles spirituelles, comme l’ont vu les Pères, surtout saint Hilaire de Poitiers et saint Ambroise de Milan5. Celui qui a reçu 5 talents en gagne 5 autres : il a doublé la mise. saint Hilaire voit en lui les Juifs qui ont cru en Jésus-Christ. Les 5 talents offerts représentent la Loi (les 5 livres de la Torah) et les 5 gagnés l’accomplissement de la Loi par la foi en Christ et l’Evangile : ils ont ainsi accompli les 10 commandements (le Décalogue)6. Celui qui a reçu 2 talents en gagne 2 autres : il double la mise. Saint Hilaire voit en lui les païens, qui ont cru en Jésus-Christ. Les 2 talents offerts  représentent l’Evangile et les sacrements et les 2 gagnés la foi dans les deux natures du Christ et la mise en pratique de Ses commandements (qu’il appelle « les oeuvres »).

Celui qui a reçu 1 talent va l’enfouir dans la terre pour le « cacher ». Saint Hilaire voit en lui les Juifs qui ont rejeté Jésus-Christ et ont caché le salut aux autres hommes. Non seulement ils n’ont pas reçu eux-mêmes cette Bonne Nouvelle (l’Evangile) mais encore ils ont empêché les autres, les païens, d’y avoir part. Cela est confirmé par ce jugement redoutable du Christ sur les Scribes et les Pharisiens, [c’est-à-dire sur les théologiens et les ascètes] : « Malheur à vous, scribes et pharisiens, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux ! Vous n’entrez pas vous-même et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient » (Mt 23, 13). Enterrer son talent, c’est mépriser le don de Dieu – la grâce –, c’est « éteindre l’esprit » (1Th 5, 19), « mettre la lampe sous le boisseau » (Mt 5, 15), « annuler la parole de Dieu » (Mt15, 6). En fait, c’est refuser de coopérer avec Dieu et donc d’aimer Dieu : c’est haïr Dieu.

Alors vient le jugement : « Longtemps après, le Maître revient…». « Longtemps après…» est une expression théologique. Elle peut avoir deux sens : au plan de l’éon de la création, elle signifie le temps laissé par Dieu à Adam et Eve pour « cultiver le jardin », c’est-à-dire prendre soin de la création et l’amener jusqu’à Dieu ; au plan de l’éon de la chute, c’est le temps que Dieu nous laisse pour le repentir« ...le maître revient » : c’est le retour du Christ en gloire à la fin des temps. Saint Luc précise : « lorsqu’Il fut de retour après avoir été investi de l’autorité royale » ; cela signifie : après l’Ascension et le siège à la droite du Père, où le Christ siège en tant que Roi céleste, dans Sa divinité et dans Son humanité : en tant qu’homme, Il a reçu l’investiture royale, qu’Il avait par nature en tant que Dieu.

 Et Il leur fit rendre des comptes » (Mt), c’est-à-dire « comment chacun l’avait fait valoir » (Lc). Voilà quelque chose d’essentiel pour comprendre notre destin : Dieu nous demande des comptes, parce qu’Il nous a confié un trésor et qu’Il veut savoir ce que nous en avons fait : comme le souligne saint Ambroise, « le Christ réclame l’intérêt de Son argent et non de notre argent ». Cela signifie que Dieu veut qu’il y ait des fruits, que l’Homme porte du fruit et donc coopère avec Lui. C’est le jugement. Mais le jugement, qu’il soit personnel – après notre mort – ou qu’il soit universel – à la fin des temps –, est d’abord un bilan, un décompte des fruits que nous avons produits, une responsabilisation, avant d’être éventuellement une condamnation. Le but premier est de faire passer l’Homme à l’âge adulte (« à la mesure de la stature parfaite du Christ » – Eph 4, 13). Sans ce jugement, nous demeurerions éternellement des enfants.

Le premier et le second ont doublé la mise, c’est-à-dire qu’ils sont passés de l’image à la ressemblance de Dieu. C’est la synergie : l’union de la grâce divine et de la volonté libre de l’homme. Et ils font une offrande à Dieu : ils rendent grâce7. Nous trouvons l’équivalent chez saint Luc (le premier a produit 10 mines, l’accomplissement de la Loi par l’Evangile, le second en a produit 5, la mise en pratique de l’Evangile par les 5 sens). Le maître les loue (« Bon et fidèle serviteur…»), promulgue un canon fondamental pour la praxis ecclésiale («… tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup… »), hélas peu respecté8, puis prononce une sentence qui est étonnante et sublime : « entre dans la joie de ton Maître ». Il n’a pas dit : entre dans la salle des noces, ou : repose-toi de tes labeurs, mais : partage Ma joie. Or la joie de Dieu est de pouvoir déifier l’Homme, de l’amener à communier à Son être divin, autant qu’il soit possible : c’est la déification de l’Homme. Et la joie est l’expression la plus forte de la vie. Le cadeau que Dieu offre aux deux premiers, les Juifs et les païens qui ont cru au Christ et qui ont mis en pratique Ses commandements, relève de l’être et de la vie.

Puis s’approche le troisième. Il commence par accuser son maître et le juger : « Je savais que Tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé et qui amasses où tu n’as pas vanné… ». Il prend la place de Dieu. Et il ment, car Dieu lui avait donné une semence : le talent, qu’il devait cultiver (cela rappelle Adam et Eve après leur chute: ils ne reconnaissent aucune faute, accusent « l’autre » et ne se repentent pas. Implicitement, ils accusent Dieu). Il termine par une horreur : «… j’ai eu peur [de Toi] ». Saint Hilaire commente avec finesse : «...par un respect craintif des commandements anciens, il s’abstenait d’user de la liberté évangélique : il en était resté à la Loi ». Puis, finalement, il rend à Dieu Son bien, le talent (qui appartient à Dieu). Cela pourrait sembler moral, alors que c’est le comble du péché. Cela signifie en effet : je ne veux pas coopérer avec Toi, porter du fruit et Te l’offrir, je ne veux pas Te ressembler, je ne t’aime pas (= je te hais). Il refuse librement le don de Dieu.

Le Maître répond d’abord par une réprimande sévère : « Serviteur mauvais et paresseux… », c’est à dire qui ne ressemble pas à Dieu, qui, Lui, est bon et œuvre sans cesse. Puis, sans relever l’injustice de ses propos (« Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé… »9 ; chez saint Luc c’est encore plus précis : « Je te juge sur tes paroles » c’est à dire : Je te prends au mot), Il ajoute quelque chose de positif : « Il fallait donc que tu places mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à Moi avec intérêt ». Paroles surprenantes : Dieu serait-Il un comptable ? Non bien sûr ! Le sens est : si tu n’étais pas capable d’agir par toi-même, il fallait demander de l’aide aux autres, l’aide de l’Eglise (la banque, c’est l’Eglise, parce qu’elle conserve précieusement le dépôt de la foi et des sacrements et que personne ne pourra jamais lui dérober ce trésor divin10. Quelle leçon pour nous ! Si nous sommes incapables d’accomplir tel ou tel précepte du Christ, réfugions-nous dans la barque de l’Eglise, qui, elle, est capable d’accomplir. Ne soyons pas centrés sur nous-même et ne soyons pas orgueilleusement susceptibles. Le Seigneur réaffirme avec force Sa volonté de voir l’Homme porter des fruits, coopérer avec Lui : ce qu’Il a décidé s’accomplira, car « Ma parole ne revient pas à Moi sans effet » (Is 55, 11).

Alors vient la sentence finale, qui est redoutable : l’homme est jeté par les anges dans l’enfer éternel (« dans les ténèbres extérieures [ce qui est étranger à la lumière divine] où il y aura des pleurs et des grincements de dents »). Celui qui refuse le feu de l’amour divin connaîtra le feu glacé de l’enfer éternel. Mais la sentence ne s’arrête pas là ; le Maître ajoute : « Ôtez-lui donc le talent et donnez-le à celui qui en a dix … » (Idem chez saint Luc). Cela peut paraître injuste au plan des pensées d’homme, mais c’est tout à fait en accord avec la symbolique dont parle saint Hilaire : le talent refusé par les Juifs qui ont rejeté le Christ est attribué par Dieu au « petit reste d’Israël » qui a reçu Jésus comme Messie. Ce n’est que justice. Le Seigneur avantage celui qui a produit le plus de fruits, parce qu’il  Lui ressemble  plus et qu’il a  plus travaillé.  Mais « ceux qui étaient là » (peut-être d’agit-il des « fils de Dieu », les anges…) font cette remarque au Seigneur : « il a [déjà] 10 mines ». C’est amusant, car on dirait que le Christ prévient  nos objections à venir… Il prononce alors une parole  énigmatique, une des plus difficiles de l’Evangile : « Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a ». Il ne faut pas la prendre à la lettre grammaticale, mais dans sa signification spirituelle et ecclésiologique, en s’appuyant sur la symbolique de saint Paul et de saint Hilaire : les Juifs et les païens qui ont cru au Christ, reçoivent le même salaire : la déification. Mais les premiers ont quelque chose en plus : ils ont écouté Dieu depuis 2000 ans (en Abraham et en Moïse) et ont accompli la Loi. Ils sont donc « premiers », fils aînés, olivier franc et non greffé (saint Paul) et sont légitimement à la place d’honneur. Ils récupèrent ce que l’Israël historique a refusé : c’est juste. Quant à la phrase elle-même, on pourrait la transcrire ainsi : on donnera à celui qui a acquis l’Esprit-Saint et il sera dans l’abondance (« des fleuves d’eau vive jailliront de son sein » – Jn 7, 38), mais à celui qui n’a pas acquis l’Esprit-Saint, on ôtera même ce qu’il a, c’est-à-dire la grâce.

Il y a une finale chez saint Luc qui confirme cela : « Par ailleurs, amenez ici Mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne  sur eux, et égorgez-les devant Moi ». Le Seigneur prophétise tous les malheurs qui vont fondre sur le peuple juif, depuis la destruction de Jérusalem et du Temple par Titus en 70 et la dispersion du peuple juif, jusqu’à la Shoah pendant la seconde guerre mondiale.

Dieu est bon et juste. Sa bonté n’empêche pas que nous devions expérimenter les conséquences de nos actes pour que nous puissions changer, si nous le voulons.

Notes :

1. Il est possible et même probable que le Christ ait raconté deux fois cette parabole, avec des variantes, dans des lieux différents et pour un public différent, car Il est LE pédagogue d’Israël et de toute l’humanité : Il savait s’adapter à Son auditoire.
2. L’eschatologie est ce qui a trait aux fins dernières (eschaton en grec = dernier, fin), c’est-à-dire à la Fin des temps (plus précisément, à la fin de l’éon de la chute) et au jugement dernier, qui sera universel.
3. Saint Hilaire utilise une belle expression : « la durée du voyage est le temps du repentir » (Sur Matthieu, S.C. N° 258, vol. II, p. 211).
4. Le talent était à la fois une monnaie de compte (comme nos euros) et une mesure de métal précieux. Il était la plus forte monnaie de compte grecque (comme le milliard à notre époque) et valait 60 mines ou  6000 drachmes (ou deniers, son équivalent romain). Une drachme (ou un denier) correspondait au salaire journalier d’un ouvrier et 300 correspondaient environ à son salaire annuel.
Le talent d’argent valait de 26 à 34 kg d’argent pur (et pouvait même aller jusqu’à 41 kg). La mine faisait 436 g d’argent pur. Un seul talent correspondait à une fortune.
La valeur de la mine  est très inférieure à celle du talent, mais la signification symbolique est la même.
5. Peu de Pères de l’Eglise ont commenté la parabole des Talents, et pratiquement aucun celle des Mines. Pour les Talents, je n’ai trouvé que saint Hilaire et saint Ambroise. En fait, seul saint Hilaire en fait une exégèse serrée et cohérente. Saint Ambroise écrit dans le même esprit, mais c’est bref, moins pertinent et moins clair.
6. Saint Hilaire utilise une belle expression : « Il fut trouvé dans la foi tel qu’il fut dans la Loi » (ibid. p. 211).
7. Tô Theô charis, en latin Deo gratias  ([rendons]grâce à Dieu) est une formule très ancienne de la prière chrétienne. Elle signifie « renvoyer » la grâce, rendre à Dieu les fruits de la grâce, Le remercier. Elle manifeste par excellence le lien de filiation que nous avons avec Dieu, qui est aussi un lien d’amour. 
8. Cette règle de vie, qui vaut pour le monde comme pour l’Eglise, est peu respectée et mise en pratique : on voit souvent des médiocres et des méchants promus à des fonctions plus élevées, « pour s’en débarrasser », par lâcheté ou par calcul, ce qui provoque des catastrophes. Je l’ai vu souvent dans l’administration et, hélas, on le voit aussi dans l’Eglise. Cette règle de sagesse devrait être pourtant le canon des ordinations.
9. Ce que dit le 3ème est entièrement faux : Dieu Lui-même se nomme dans l’Evangile comme « Semeur » dans de nombreuses paraboles. Et lorsque l’homme ajoute : « …qui amasse où tu n’as pas vanné …», c’est aussi faux, car Jean-Baptiste dit du Christ : « …Il a son van à la main et il amassera son blé dans le grenier…» (Mt 3, 12).
Par pédagogie, le Maître ne relève pas l’erreur, mais dit : quand bien-même cela serait vrai, tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers.
10. L’Eglise est aussi symbolisée par l’auberge dans la parabole du Bon Samaritain, parce qu’elle prend soin du blessé, à la place du Christ.

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