Ajouté le: 14 Juillet 2014 L'heure: 15:14

Apprendre par cœur l’Evangile (3)

Petite méditation sur la guérison de l’aveugle de Jéricho : de la mort spirituelle à l’illumination

Avec le groupe des Saints Archanges1, nous terminons l’apprentissage de la guérison de l’aveugle de Jéricho. Marc 10, 46-52. Trois bouchées, trois séquences d’apprentissage. C’est la 13ème et ultime guérison dans Marc. Elle récapitule la guérison de l’Homme. Jésus est venu pour nous guérir.

L’Evangile nous présente l’aveugle, icône de l’Homme déchu. Il se trouve à Jéricho, le lieu le plus bas de la terre (- 400 mètres), et symboliquement le plus proche de l’abîme de l’enfer, et il porte le nom de : « impur, fils de l’impur 2 » ; il est affligé de cécité physique et spirituelle, installé « au bord de la route 3», à mendier les choses de ce monde.

Et Jésus passe. Dieu passe dans notre vie à certains moments. Saurons-nous l’arrêter ?

Si déchu qu’il soit, lorsqu’il entend que Dieu passe, notre homme appelle :

Fils de David, / Yéshoua’4, / aie pitié de moi !  C’est à dire :

Messie de Dieu, / Sauveur, / aie pitié de moi !

On reconnaît ici la structure de la prière de Jésus. C’est l’aveugle de Jéricho qui l’a formulée le premier. Elle exprime l’espoir fou, enfoui en nous et révélé par l’affleurement divin, d’être délivré de la tragédie de la chute.

Et en effet, Jésus s’arrête et envoie ses disciples : « Faites-le venir. » Ils sont l’embryon de l’Eglise, pont entre l’Homme et Dieu. Réjoui par cette invitation, l’homme se relève, rejette son manteau (son châle de prière, son mode de vie de croyant juif), bondit et vient auprès de Jésus. Quel dynamisme ! Ah, il n’est pas déprimé !

Et Jésus entame le dialogue : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » … ‘Faire’ … ? Dieu ‘a fait les cieux et la terre’ … Quand Dieu ‘fait’, il crée, ou recrée : ‘Comment veux-tu que je te recrée ?’ Et lui : « …Que je lève le regard. »

‘Lever le regard’, cela signifie : voir au-delà du monde matériel, voir le monde spirituel. Il veut rencontrer Dieu.

En 6, 41, se préparant à nourrir la foule avec 5 pains, Jésus « lève le regard vers le ciel », puis bénit et rompt les pains. On connaît la suite.

En 16, 4 les femmes arrivées au tombeau ‘lèvent le regard’, et observent que la pierre du tombeau a été roulée en arrière ; elles entrent et voient l’ange sous la forme d’« un jeune homme couvert d’une robe blanche »

En ‘levant le regard’ (anablépô en grec), on voit au-delà.

Et Jésus lui dit : « Pars, ta foi t’a sauvé. »

‘Pars’ signifie : entre dans ta vocation – accomplis la mission que Dieu te confie.

A Abraham il est dit : ‘pars’, et il sera le père des croyants. Au Gérasénien (Mc 5, 19) :’pars dans ta maison’, et il va annoncer à sa maisonnée les bienfaits de Dieu à son égard. A l’Hémoroïsse (Mc 5, 34) : ‘Fille, ta foi t’a sauvée, pars en paix et sois saine …’ : voilà ce dont elle a à témoigner. Aux femmes au tombeau : ‘partez, dites à ses appreneurs, et à Keipha …’ : en tant que premiers témoins de la Résurrection, elles sont envoyées annoncer aux apôtres. Etc.

Avec ‘pars’, l’homme est envoyé pour sa mission, le témoignage que Dieu lui confie.

« Et aussitôt, il a levé le regard, et il le suivait sur la route. » Avec l’illumination, il reçoit sa mission : accompagner Jésus qui poursuit sa route, la route qui mène à la Croix, à la glorification. Puis Résurrection et Ascension : nature humaine assise à la droite de Dieu.

Donc, l’homme déchu est invité à accompagner Jésus, à être témoin de sa gloire, à connaître Dieu. Dieu le donne à ceux qui ont la foi.

L’aveugle de Jéricho
Marc 10, 46-52
 
46 -    Et ils viennent à Jéricho                    et comme de Jéricho
                                                                     il partait
 
lui et ses appreneurs                       et une foule assez grande
 
le fils de Timaï                                 était assis
Bar Timaï aveugle mendiant           au bord de la route
 
***
 
47 -                                   Et ayant entendu
                 que c’est Yéshoua’ le Nâzârénien
 
il a commencé à crier                          Fils de Dâwid Yéshoua’
et à dire                                              aie pitié de moi
 
48 -        Et beaucoup le rabrouaient                 pour qu’il se taise
 
Lui criait d’autant plus                       Fils de Dâwid
                                                                        aie pitié de moi
 
***
 
 
49 -        Et s’arrêtant Yéshoua’ a dit                Faites-le venir
 
Et ils font venir l’aveugle                     en lui disant
 
                                                       Confiance
 
relève-toi                                              il te fait venir
 
50 -        Lui rejetant son manteau                     bondissant
 
                                              est venu
                                       auprès de Yéshoua’
 
***
 
51 -         Et lui répondant                                 Yéshoua’ a dit
 
                 Que veux-tu
             que je fasse pour toi
 
  Or l’aveugle lui a dit                          Rabbouni
                                                                          que je lève-le-regard
 
52 -          Et Yeshoua lui a dit                           Pars ta foi t’a sauvé
 
  Et aussitôt il a levé-le-regard            et il le suivait sur la route
 
 
Notes :

1. Eglise cathédrale de la Métropole Roumaine à Paris. Ce groupe se réunit un jeudi sur deux, de 19h30 à 20h30, et la séance est retransmise en direct sur <www.apostolia.tv>
2. Pour certains, Timaï signifie ‘impur’. Dans le monde juif, être impur est tragique : la pureté rituelle est essentielle. L’impur est interdit de participer au culte, et dans la vie de tous les jours, personne ne doit le toucher. Il vit au ban de la société
3. Dans la grande parabole du Semeur et des 4 terrains (le bord de la route, la pierraille, les épines et la belle terre), le bord de la route est le premier terrain. Lorsqu’elle y tombe, la semence divine, la Parole, est aussitôt enlevée par le Satan (Mc 3, 15). Or, c’est justement là que se trouve installé notre aveugle.
4. La traduction de Bernard Frinking utilise la forme hébraïque des noms propres, en l’occurrence Yéshoua’ pour Jésus. Ceci pour nous réveiller, et nous rappeler que les noms propres ont un sens. Yéshoua’ signifie : Sauveur.

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