Ajouté le: 8 Mai 2013 L'heure: 15:14

Christ est ressuscité! (Luc 24,12-35)

En ce temps-là, Pierre se leva et courut au tombeau. Mais, se penchant, il ne voit que les linges. Et il s'en alla chez lui, tout surpris de ce qui était arrivé. Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et Il faisait route avec eux; mais leurs yeux étaient empêchés de Le reconnaître. Il leur dit: Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant? Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre. Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, Lui dit: Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! – Quoi donc? leur dit-Il. Ils Lui dirent: Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs L'ont livré pour être condamné à mort et L'ont crucifié. Nous espérions, nous, que c'était Lui qui allait délivrer Israël; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau et n'ayant pas trouvé Son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui Le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit; mais Lui, ils ne L'ont pas vu! Alors Il leur dit: O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans Sa gloire? Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, Il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui Le concernait. Quand ils furent près du village où ils se rendaient, Il fit semblant d'aller plus loin. Mais ils Le pressèrent en disant: Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. Il entra donc pour rester avec eux. Et il advint, comme Il était à table avec eux, qu'Il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s'ouvrirent et ils Le reconnurent... mais Il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l'un à l'autre: Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand Il nous parlait en chemin, quand Il nous expliquait les Écritures? A cette heure même, ils partirent et s'en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, qui dirent: C'est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et Il est apparu à Simon ! Et eux de raconter ce qui s'était passé en chemin, et comment ils L'avaient reconnu à la fraction du pain.

Je voudrais dire quelques mots sur l’évangile que nous entendons le mardi de Pâques, et que nous connaissons bien : celui des disciples d'Emmaüs. Ce passage est très riche, et il y aurait beaucoup à dire, mais je me contenterai de faire trois remarques, sans doute très évidentes pour chacun d'entre vous.

D'abord, une chose apparaît très curieuse : les deux disciples qui cheminent ne reconnaissent pas Jésus qui se joint à eux. Ils sont empêchés dit saint Luc. Pourquoi cela ?

Ce qu'il faut comprendre, c'est que cet empêchement est le signe même du fait que Dieu respecte notre liberté, liberté de croire, liberté d'accueillir le Verbe de Dieu. Il serait évidemment très facile au Christ de se faire immédiatement reconnaître dans sa gloire de Ressuscité, mais alors les disciples ne seraient plus vraiment libres : l'évidence leur serait imposée. Et cela est également vrai pour nous : l'amour de Dieu s'adresse à notre cœur, et il demande une réponse libre, non contrainte, non imposée : l'amour ne peut répondre que librement à l'amour.

Saint Luc dit de plus qu'arrivé au village d'Emmaüs, Jésus fit mine d'aller plus loin. Ne voulant pas s'imposer, le Christ veut qu'on L'invite, qu'on Lui demande de rester, ou de venir, selon le cas. En un mot, Il veut susciter notre désir. Que doit donc développer en nous la vie spirituelle, la vie de la foi, la participation aux Mystères et aux sacrements, sinon le désir toujours approfondi de Dieu sans lequel nous nous sclérosons intérieurement. C'est au désir seulement que Dieu se révèle, et le pain eucharistique, c'est à dire le Corps et le Sang du Seigneur que nous mangeons et buvons, est une nourriture qui nous comble mais qui entretient en même temps le désir toujours inassouvi de Dieu.

Ma deuxième remarque porte sur un aspect de la pédagogie du Christ en cette circonstance : comme Jésus ne s'est pas fait reconnaître immédiatement par eux, les disciples Le voient d'abord comme un simple passant, c'est-à-dire comme l'homme du quotidien.

Ce qu'il faut comprendre là, c'est que la parole de Dieu ne nous est pas seulement annoncée dans les églises, mais aussi dans tous les événements, à travers toutes les rencontres de la vie quotidienne. N'enfermons donc pas le Christ dans nos présupposés, nos catégories, et nos habitudes de penser, mais soyons attentifs à sa présence dans les événements de tous les jours, car c'est souvent là où nous ne L'attendons pas qu'il va se révéler à nous de façon inattendue et imprévisible. C'est d'ailleurs l'expérience que fait aussi Marie de Magdala au matin de ce jour de Pâques, quelques heures avant : les disciples d'Emmaüs, quand elle croit parler à un jardinier. On raconte également que François d'Assise rencontra un jour un lépreux sur son chemin, et par amour pour Dieu qu'il cherchait de tout son être, surmontant sa répugnance, il l'embrassa comme il aurait embrassé le Christ, et le Christ Lui-même lui apparut alors dans ce lépreux.

Ainsi, souvenons-nous en pour notre propre vie, aux disciples d'Emmaüs, comme à Marie de Magdala, le Christ ressuscité se manifeste à travers des figures de la vie quotidienne, totalement imprévues (un voyageur, un jardinier, etc.) mais toujours en réponse à un désir.

Ma troisième remarque enfin consistera simplement à remarquer avec vous l'insuffisance de notre intelligence : en effet, comme le Christ le leur fait remarquer, les deux disciples ont tous les éléments pour comprendre la Résurrection puisqu'ils connaissent les Écritures, mais cela ne suffit pas : il leur manque la lumière divine, la lumière du Saint-Esprit que Jésus leur donne. Demandons donc sans cesse pour nous-mêmes cette lumière.

Puissions-nous donc comme les disciples d'Emmaüs et comme Marie-Madeleine être des hommes et des femmes de désir par rapport à Dieu; puissions-nous, comme eux, accueillir et voir le Christ dans nos rencontres et dans nos actions quotidiennes ; puissions-nous nous laisser informer par Lui et, dans la lumière de l'Esprit-Saint, Le reconnaître comme Homme ressuscité et Dieu co-éternel au Père et au Saint-Esprit, à qui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen.

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger

Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni

Departamentul pentru rom창nii de pretutindeni