Ajouté le: 8 Décembre 2011 L'heure: 15:14

La signification spirituelle des dons apportés par les mages à l’Enfant Jésus

La signification spirituelle des dons apportés par les mages à l’Enfant Jésus

Toutes les fêtes importantes célébrées dans le cycle de l’année liturgique sont des actualisations continues des principaux événements de la vie et de l’activité de notre Sauveur Jésus Christ, de sorte que l’année liturgique ecclésiastique, avec tous les offices divins quotidiens et les fêtes, et également  les institutions de l’Eglise, sont une continuation ininterrompue de la vie du Christ dans l’Église, pour le salut des personnes. De cette façon, le Sauveur est toujours présent parmi nous. Sans cesse, il fait agir, par le travail du Saint‑Esprit, Son action salvatrice pour la vie de tous, par la communion à ses saints dons et la proclamation des vérités du salut préparé par Lui pour nous.

Donc, les fêtes chrétiennes ne sont pas de simples commémorations d’ événements bibliques appartenant au passé, mais la permanente de ces faits sauveurs et leur existence effective, pour chacun de nous. C’est pourquoi nous nous préparons spirituellement à accueillir comme il se doit, par le jeûne et la prière, les grandioses fêtes de l’année. Nous nous préparons pieusement pour nous unir avec Christ, qui vient pour être hébergé dans la mangeoire de nos âmes lors de la réception de la Sainte Communion, et ainsi les ressusciter de la mort du péché.

Véritablement, le Christ est né corporellement une seule fois, à Bethléem de Judée, mais, spirituellement, Il nait en permanence dans nos cœurs et nos âmes, par l’Église, par la prière, par la Sainte Liturgie et les Sacrements, et nous nous préparons à Le recevoir au fond de notre être, en Lui apportant  notre louange comme les anges, notre hommage comme les bergers et nos dons précieux comme les mages.

Les mages représentent les nations païennes converties à la foi chrétienne, et les cadeaux offerts par eux à l’Enfant Divin sont, symboliquement, l’offrande de bonnes œuvres qu’on apporte en hommage au Sauveur Christ, ainsi que le dit un vieux chant de Noël :

« Puis des mages des lointains,
En passant les mers et les horizons,
Des cadeaux précieux ont apporté
À l’Enfant Jésus,
L’or, la myrrhe et l’encens,
Qui nous invitent à dire :
Joyeux Noël avec joie. »

L’Or est le symbole de la charité. Ceux qui apportent à l’Enfant Jésus de l’or sont ceux qui sacrifient une partie de leurs économies et leur richesse pour orner les saintes demeures et pour aider et consoler les pauvres et les abandonnés. Le Sauveur Christ, qui « pour nous les hommes et pour notre rédemption descendit du ciel » et qui est né dans une caverne pauvre, se trouve dans la personne de ceux qui sont privés et affligés, et en leur faisant l’aumône, nous Lui montrons notre amour, Lui qui s’est identifié avec eux et a donné Sa vie pour nous tous ; et au jugement dernier Il nous récompensera en nous appelant chez Lui et en nous disant : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi que vous les avez faites » (Matthieu 25, 40). Donc, par l’ordre de la charité, Dieu prend soin des pauvres et a souci d’eux. « Est‑ce que tu veux que Dieu t’aime ? Alors fais‑Le ton débiteur, en lui prêtant cela qu’on donne aux pauvres »1, dit un grand prêtre ecclésiastique. En fait, tous les Saints Pères soutiennent que la charité sauve l’âme de la mort et couvre beaucoup de péchés (Tobie 12, 9), comme dit l’Écriture Sainte :

« Celui qui a pitié du pauvre prête à Dieu, et Celui‑ci récompensera sa bonne œuvre » (Proverbes 19, 17). La charité est la clé du trésor du paradis, parce que, en la pratiquant, « on donne le matériel et on reçoit les dons spirituels. Ne regarde pas celui qui reçoit l’argent, mais Celui qui répond à l’argent donné. Ne regarde pas le pauvre qui reçoit, mais Dieu qui te retourne ton don. Ainsi comme une veilleuse brûle avec de l’huile, quand l’huile se termine, la flamme s’éteint aussi, de même, quand on fait de bonnes œuvres et quand notre âme est plein d’œuvres de charité, la grâce de l’Esprit Saint reste en nous comme reste la flamme maintenue par l’huile »2, dit Saint Jean Chrysostome.

L’encens est le symbole du sacrifice et du service de Dieu et du prochain. Ceux qui apportent à l’Enfant Jésus de l’encens sont ceux qui mettent en valeur les dons spirituels dans un but civique, pour le bien‑être spirituel et matériel de toute la collectivité dans laquelle se déroule leur activité, et de la communauté chrétienne. Font partie aussi de cette catégorie ceux qui administrent diligemment les richesses dont Dieu les a dotés, à des fins altruistes pour répandre le bien et le bonheur dans le monde, et non pour satisfaire leurs intérêts personnels, comme le serviteur rusé et paresseux qui a enterré son talent. La multiplication sage, utile et  bénéfique de nos richesses est une bénédiction de Dieu et une responsabilité dont Il nous investit, et ce fait constitue le fondement du progrès moral, social et culturel et une source inépuisable de bonheur. C’est aussi notre vocation de citoyens et de chrétiens. Chacun d’entre nous doit, selon sa mesure, s’efforcer d’arracher en lui les tares de l’égoïsme et de la méchanceté et de cultiver le bien, en multipliant l’amour, la paix et le bonheur sur la terre : ceux qui ont des fonctions de direction doivent promouvoir la justice et soutenir la cause et les intérêts du peuple, les professeurs doivent guider les jeunes avec le flambeau de la science et du dévouement pour former de nouvelles générations, les prêtres doivent faire une pastorale fructueuse, célébrer la Liturgie avec zèle et avoir autorité sur les fidèles par l’exemple de leurs vertus et de leur moralité irréprochable. Les parents doivent se préoccuper en priorité, de l’éducation religieuse‑morale de leurs enfants, en les éduquant dans l’esprit de la pitié, de l’abstinence, de la pureté et de la crainte de Dieu. Le parfum d’un tel encens embaume les demeures et les familles chrétiennes, en se répandant sur ceux qui y ont grandi et sur leur entourage, comme se répand le parfum des fleurs dans les jardins.

C’est l’encens agréable de l’office divin se prolongeant par le service du prochain, que chacun transmet sur son lieu de travail et dans sa condition de vie. En conclusion, tous ceux qui, par leurs efforts, font de leur travail honnête et constructeur une source de bonheur et de bénédiction, apportent un encens bien parfumé à Dieu, car « nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d`avance, afin que nous les pratiquions » (Éphésiens 2, 10).

La myrrhe a un arôme plus fort que l’encens, mais elle a un goût plus amer. Elle signifie nos ennuis, nos amertumes, nos larmes et nos souffrances. Elle symbolise la porte étroite de la patience et des épreuves par lesquelles tous doivent passer pour arriver au havre du salut, car « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Matthieu 24, 13) et il recevra la récompense d’un martyr, ayant versé son sang par sa patience dans les souffrances.

Celui qui supportera sans lamentation et sans révolte toutes les injustices, calomnies, blâmes et diffamations, avec l’espoir que Dieu le sauvera et la conviction qu’endurer ces souffrances et ces privations est pour lui source de purification et lieu de salut, offre à Christ‑Dieu un don plus précieux que l’or et plus parfumé que l’encens, car personne n’est exempté de la souffrance en ce monde et « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus‑Christ seront persécutés » (II Timothée 3, 12) dit le Saint Apôtre Paul.

Selon ces observations, les dons offerts par les mages à l’enfant Jésus préfigurent Son sort même et Son œuvre rédemptrice, l’expression de la sublime miséricorde  de Dieu envers nous ; mais ils nous exhortent aussi, de manière suggestive, à marcher sur Ses traces, en incarnant dans notre vie quotidienne, l’exemple de Sa pitié, de Son amour, de Sa façon d’agir divine et de Sa patience. La vie du Sauveur, dont la grâce nous est renouvelée tout au long de l’année, doit devenir un exemple pour le chrétien, dans le sens qu’il doit conformer sa vie avec la vie du Christ, la vie sainte et sans blâme.

Pour parvenir à apporter au Christ l’hommage adéquat au jour de la grande fête de Sa Naissance, nous devons, comme les mages, retourner « par un autre chemin », c’est‑à‑dire quitter la voie de la perdition et des méfaits et marcher sur la voie de l’accomplissement des vertus chrétiennes, de l’amour de Dieu et de notre prochain, de la paix, de l’harmonie et de la concorde, que les anges ont chantée dans la nuit sainte de Noël. A cette seule condition, nous pourrons  vivre pleinement la joie chrétienne de la grandiose fête de la Naissance de Dieu,  joie  que nous espérons goûter tous, dans la paix, chaque année jusqu’à la fin de notre vie.

Archim. Vasile Miron

Notes :

1. Le Saint Jean Chrysostome, La Charité, dans le volume « Les problèmes de la vie », traduction en roumain par Cristian Spatarelu et Daniela Filioreanu, Maison d’Éditions Ecumenita Galati, p. 288.
2. Ibidem, p. 273, 276, 278.

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