Ajouté le: 1 Décembre 2014 L'heure: 15:14

Parole pour la Nativité du Seigneur

Nous rendons grâce à Dieu, car voici que nous pouvons à nouveau être participants, dans l’Église, du grand mystère de la Nativité selon la chair du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, à la fois dans la grotte devenue étable des animaux, et en même temps au Ciel, accompagnés par le chant des anges. La Nativité merveilleuse du Verbe et Fils de Dieu, en ce jour, nous la confessons devant le monde entier.

Parole pour la Nativité du Seigneur

Le Maître et Créateur du ciel et de la terre, le Fils et Verbe de Dieu vient dans l’humilité, ignoré de tous, dans le secret de l’étable des bêtes dénuées de parole, en compagnie de ceux que les grands de ce monde ignoraient, les bergers et les gardiens des animaux. Et en ce jour Il vient tout aussi humble qu’eux et oublié de tous, afin de nous réconcilier avec le Ciel et les uns avec les autres, en nous offrant la nourriture de l’immortalité et de la joie éternelle, le Pain céleste qui est descendu des cieux. « Car le Pain de Dieu c’est Celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… C’est moi qui suis le pain de la vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n’aura soif. » (Jean 6, 33 et 35). Le doux et humble Enfant divin, le Verbe incarné, se révèle au monde avant tout dans la crèche, là où se nourrissent les animaux sans parole, afin de devenir nourriture pour nous qui avons la parole, afin que nous grandissions dans le royaume préparé pour nous, les hommes. Nous, qui sommes à son image, nous qui étions tombés, nous recevons du ciel la nourriture la plus précieuse qui soit, pour nous élever et pour croître dans les réalités qui n’ont pas de prix : sa ressemblance et l’Immortalité ! « Je suis le pain de vie… Tel est le pain qui descend du ciel, que celui qui en mangera ne mourra pas. Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que Je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie… En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie. » (Jean 6, 48-51 et 53) Ceci nous fait comprendre que le Christ est notre vie même, car en même temps Il nous donne la nourriture de la réconciliation, et nous réconcilie Lui-même avec le Ciel et avec la terre, c’est-à-dire avec Dieu, avec nous-mêmes et avec notre prochain. Le Christ eucharistique, en nous réconciliant, refait en nous et avec nous l’unité en Lui, Dieu et Homme, Celui qui se donne à nous en nourriture, en se sacrifiant sur la Croix. Il nous unit ainsi avec le Père Céleste et enracine, petit à petit, au plus profond de notre être, la joie de vivre éternellement avec celui dont nous nous sommes séparés par le péché. En prenant sur lui ce péché, Il nous l’a pardonné, Il nous a purifiés et a fait de nous une demeure, ou un temple sanctifié de la Très-Sainte Trinité, qui est glorifiée en nous par Lui. Par son Corps et son Sang versé sur la Croix, le Christ a lavé notre péché, et nous a guéris des blessures du péché. Saint Ignace le Théophore, au début du 2e siècle, nous dit que la sainte Communion est un « remède d’immortalité, antidote pour ne plus mourir, et pour être vivants en Dieu, traitement purificateur ».

Le Seigneur est venu nous nourrir du Pain céleste, en nous offrant son hospitalité, à sa table terrestre, par sa naissance selon la chair dans le monde. Il nous rend, par la participation à la sainte Communion, participants de réalités que les anges même ne peuvent regarder sans trembler, comme nous dit saint Jean Chrysostome : « Prends garde à la gloire que tu as reçue, et à quel repas tu as goûté : Celui à la vue duquel les anges tremblent, et dont ils n’osent regarder sans crainte la lumière. C’est de cela que nous nous nourrissons, c’est avec cela que nous nous pétrissons et nous devenons participants du Christ, un seul corps et une seule chair… Quel est le berger qui nourrit ses brebis de ses propres membres ? »

C’est pour cela que le Christ naît dans le monde : pour que l’arbre de vie, qui jadis nous a apporté la mort, fasse germer le vrai Arbre de vie, la Croix, qui va engendrer pour nous le fruit de la vie, le Sacrifice de l’amour, qui procède de la crèche de Bethléem et va jusqu’à accueillir dans ses bras l’Époux de notre âme : Celui-ci, à son tour, de son flanc va nous nourrir dans son Église, porte du Paradis, jusqu’à la fin des siècles.

Je vous exhorte donc à ne pas oublier quelle est la pierre sur laquelle repose notre vie chrétienne : à savoir, que nous les hommes, nous avons été élevés, de l’impuissance du péché et de la mort, à la gloire divine, par le Sacrifice sur la Croix et la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. C’est ainsi que nous devons vivre, recevoir dans l’Église et offrir à notre tour l’amour que le Christ, en ce jour, apporte au monde par sa Nativité.

Que la bénédiction de Dieu soit avec vous tous pour cette nouvelle année !

(Extrait de la Lettre Pastorale pour la Nativité du Seigneur, 2013)

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