Ajouté le: 15 Mai 2013 L'heure: 15:14

Moi, je suis la Resurrection et la Vie (Jean 11, 25) (2)

« Seigneur Jésus-Christ,
Tu es le Royaume des Cieux,
Tu es la terre promise aux justes,
Tu es la prairie du paradis
La salle du banquet céleste,
L’ineffable chambre nuptiale,
La table où tous les passants peuvent venir,
Tu es le pain de la vie,
La boisson qui revigore,
Le vase qui contient
L’eau de la vie. »
 
(St. Siméon le Nouveau Théologien – « Hymnes à l’amour divin »)

Quand nous disons « Le Christ est ressuscité » nous disons aussi « Je suis ressuscité » et « Tous les hommes sont ressuscités avec Lui ». La Vie qui vient du Christ n’est pas une catégorie historique, car elle se situe hors de l’espace et du temps. Ceux qui reçoivent cette Vie, ressuscitent avant d’être morts, et ceux qui ne la reçoivent pas, sont déjà morts, avant la fin de leur vie : « Celui qui aura gardé sa vie, la perdra ; et celui qui aura perdu sa vie à cause de moi, la retrouvera » (Mt. 10,39).

« Ma mort est innombrable ! », s’exclame le Roi dans la pièce de Ionesco « Le Roi se meurt ». Car la mort d’un seul homme est la mort de tous les hommes, qui ont connu ou connaîtront tôt ou tard le même sort. De la même façon, la résurrection du Christ est innombrable, car c’est la résurrection de tous ceux qui croient en Lui et reçoivent la Vie qu’Il nous donne en nous donnant Sa chair et Son sang: « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai le dernier jour. (…) Comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi, celui qui me mange, vivra par moi. C’est ici le pain descendu du ciel. (…) Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jn. 6, 54-58).

De même que notre vie terrestre est impossible sans manger et sans boire, de la même façon la vie éternelle nous est inaccessible sans la nourriture et la boisson qui viennent du Christ : « Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jn. 6, 55-56).

C’est pourquoi, en disant « Le Christ est ressuscité », nous affirmons non seulement notre foi en Sa résurrection mais aussi la foi en notre propre résurrection. Aimer le Christ, c’est aimer sa propre personne, car c’est Lui notre identité réelle et celle de tous les hommes : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous vous êtes un en Christ-Jésus » (Gal. 3, 26-28). S’aimer soi-même, c’est aimer le Christ ; aimer son prochain, c’est aimer le Christ ; aimer son ennemi, c’est aimer le Christ. Car l’amour pour le Christ est l’amour de la vie et de la vérité qui viennent de Dieu, en dehors desquelles il n’y a aucune vie, ni aucune vérité. Le Christ est le chemin, la vérité et la vie (Jn. 14,6) de chacun de nous et de l’humanité tout entière : « Le Christ est entré tout entier dans l’humanité, et l’homme aspire à se transfigurer en le Moi du Christ. (…) Donc tout dépend de ceci : accepte-t-on le Christ comme l’idéal définitif sur terre ? Cela revient à dire que tout dépend de la foi dans le Christ. Si l’on croit au Christ, on croit aussi qu’on vivra éternellement » (F. M. Dostoïevski – « Méditation à la mort de Marie Dimitrievna »).

La foi n’est pas une catégorie de notre pensée rationnelle, ni l’adhésion intellectuelle à une doctrine, à une morale, à un système philosophique – bien qu’elle puisse contenir aussi ces éléments. La foi est de la même nature que l’amour et plonge ses racines dans notre cœur, sans quoi, elle reste lettre morte, quels que soient notre degré d’instruction, notre intelligence, notre érudition. La véritable foi, la foi vivante et qui nous donne la vie, n’est rien d’autre que l’amour pour le Christ et notre union spirituelle avec Lui, qui rattache tel un système sanguin notre personne humaine à l’Esprit de Dieu, et refait ainsi l’alliance primordiale entre la créature mortelle et le Père éternel: « L’amour espère, espère toujours sans se fatiguer d’espérer ; l’amour de Dieu, notre foi en Dieu, c’est avant tout l’espoir en Lui. Car Dieu ne meurt pas ; et qui espère en lui vivra toujours. Et notre espoir fondamental, la racine et la tige de tous nos espoirs, est l’espoir d’une vie éternelle » (Miguel de Unamuno – « Le sentiment tragique de la vie »).

Croire à la vie, c’est croire à la vie éternelle, car ce qui n’est pas éternel n’existe pas du tout : « Ce qui n’existait pas hier et n’existera plus demain, n’existe pas aujourd’hui non plus », affirme avec raison un adage de la sagesse orientale. De même que pour un voyageur qui prend l’avion pour aller de Paris à New York ou à Tokyo, ce n’est pas le voyage qui compte – il peut même dormir pendant tout le trajet – mais sa destination, de la même façon, notre corps de chair n’est qu’un moyen de transport pour effectuer notre voyage terrestre, dont la destination finale est la mort : « Je me demande comment peuvent encore me passionner ou simplement me préoccuper les problèmes économiques, sociaux, politiques, puisque je sais que nous allons mourir (…). Nous sommes dans la vie pour mourir. La mort est le but de l’existence, cela est dira-t-on une vérité banale. Parfois, à travers l’expression usée, le banal disparaît et surgit, ressurgit, la vérité toute neuve. Je suis dans l’un de ces moments où il me semble que je me dis pour la première fois, que je découvre que l’existence n’a que la mort pour but. On ne peut rien faire. On ne peut rien faire. On ne peut rien faire » (Eugène Ionesco – « Journal en miettes »).

En effet, sans Dieu, l’homme ne peut et ne pourra jamais rien faire, ni pour sauver sa propre vie ni pour sauver l’humanité : « Mais réfléchissez, réfléchissez, vous êtes sur terre, c’est sans remède ! » (S. Beckett – « Fin de partie »). Ce n’est ni une révolution et un nouvel ordre social et économique – « la révolution ne nous sauve ni de la vie ni de la mort » (E. Ionesco ibid.) –, ni la prospérité de nos sociétés industrielles, ni un système politique, ni les progrès techniques et les découvertes scientifiques, ni l’Union Européenne, ni l’écologie, ni la disparition des centrales nucléaires, de la famine, de la misère ou du virus du SIDA, rien de tout cela ne pourra sauver l’homme et l’humanité, mais seulement la foi en Dieu, sans lequel l’homme n’est que poussière et retournera dans la poussière (Ge. 3,19).

Lorsque nous disons « Le Christ est ressuscité », nous disons aussi que sans Lui, aucun homme ne pourra vaincre ou éviter la loi implacable de la mort. Nous n’avons pas à choisir entre la vie et la mort, mais entre le Christ et la mort, car sans Lui il n’y a aucune vie possible, mais seulement un chemin plus ou moins long vers l’échafaud : « Qu’on s’imagine un nombre d’hommes dans les chaînes, et tous condamnés à mort (…) », qui « se regardant les uns et les autres avec douleur et sans espérance, attendent leur tour. C’est l’image de la condition des hommes » (Pascal – « Pensées »).

Ceux qui – nombreux de nos jours – affirment croire à la vie, sans croire en Dieu, ne savent pas ce qu’ils disent, car « sans Dieu la vie n’existe pas » (Starets Thaddée) : « L’Esprit de Dieu est pour l’âme ce qu’est l’âme pour le corps. Par conséquent, de même que le corps est mort quand l’âme n’est pas en lui, de la même manière l’âme aussi est morte quand il n’y a pas en elle l’Esprit de Dieu, qui lui donne la vie. L’homme mort, même s’il a des jambes, des oreilles, des yeux, des mains, une langue et les autres membres, ne peut en faire usage car il n’a plus d’âme, qui est le commencement de toute activité humaine. Et le mort spirituel, c’est-à-dire celui qui vit dans le péché et asservi aux appétits de la chair, est incapable de faire usage de ses facultés spirituelles et demeure sourd à la parole de Dieu ; il a des oreilles mais il n’entend pas (…), il gît inerte dans le péché comme un cadavre dans la tombe. C’est ainsi que, dans un mort de cette espèce, la parole de Dieu n’agit d’aucune manière et –comme dans une terre desséchée –ne produit aucun fruit, même si la graine semée est divine. Car celui qui s’éloigne de la lumière se trouvera forcément dans les ténèbres ; celui qui s’éloigne de la vie s’achemine forcément vers la mort ; le rameau qui se détache de la vie, se desséchera à coup sûr. Le Christ est la Lumière, la Vie et la seule Vie véritable » (St. Tikhon de Zadonsk – « Les devoirs du chrétien envers lui-même »).

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger

Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni

Departamentul pentru rom창nii de pretutindeni