Le Seigneur est ma vie. Le Seigneur est ma délivrance de la mort éternelle. Le Seigneur est ma vie éternelle ; le Seigneur est ma purification, l’affranchissement de mes iniquités sans nombre et ma sanctification. Le Seigneur est ma force dans la faiblesse, ma liberté dans ma sujétion, ma confiance, dans la crainte et le découragement. Le Seigneur est un feu vivifiant dans ma froideur ; le Seigneur est ma clarté dans les ténèbres, ma paix dans le trouble ; le Seigneur est mon défenseur dans les tentations ; il est ma pensée, mon désir, mon activité ; il est la lumière de mon corps et de mon âme, ma nourriture, ma boisson et mon vêtement, mes armes et mon bouclier. Le Seigneur est tout pour moi
Saint Jean de Cronstadt, « Ma vie en Christ »
La foi n’est pas une théorie métaphysique, ni une attitude philosophique, ni un mystère, un objet de connaissance et d’étude, mais un mode de vie, qui englobe toute notre existence et notre être tout entier, comme la vie elle-même. Car Dieu est Vie, et par le simple fait de vivre, « nous savons ce qu’est Dieu. Nous ne le savons pas par notre pensée (…) Nous le savons parce que nous sommes des vivants et qu’aucun vivant n’est vivant s’il ne porte en lui la Vie non pas comme un secret inconnu de lui mais comme cela même qu’il éprouve sans cesse, comme cela en quoi il s’éprouve, comme sa propre essence et sa réalité même. Si Dieu est Vie, alors, comme le dira Maître Eckart, l’homme – ce vivant dans la vie que nous sommes chacun – est « un homme qui connaît Dieu » (Michel Henry, « Paroles du Christ »).
Dieu est la Vie de la vie, sans laquelle aucune vie ne peut exister. C’est pourquoi « il n’est pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 7, 27-28). Parce que Dieu a fait tout ce qui existe, « l’univers est la première Bible. Chaque être manifeste la Parole créatrice qui le fonde et l’attire. Chaque être exprime une idée dynamique, une volonté de Dieu » (Olivier Clément, « Sources – Les mystiques chrétiens des origines »).
Avoir la foi c’est voir la réalité éternelle, immuable, derrière l’apparence des choses périssables, c’est voir Dieu partout, sentir à tout moment Sa présence en nous et autour de nous : « Éternel ! Tu me sondes et tu me connais, / Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, /Tu pénètres de loin ma pensée ; / Tu sais quand je marche et quand je me couche, / Et tu pénètres toutes mes voies. (…) / Où irais-je loin de ton esprit ? / Et où fuirais-je loin de ta face ? / Si je monte aux cieux tu y es ; / Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. (…) / Si je dis : Au moins les ténèbres me couvriront, / La nuit devient lumière autour de moi ;/ Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, (…) C’est toi qui as formé mes reins, / Qui m’a tissé dans le sein de ma mère, / Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse/ Tes œuvres sont admirables, / Et mon âme le reconnaît bien » (Ps. 139, 1-14).
Si nous ne voyons pas Dieu partout, sous une infinité de formes différentes, et si nous ne sentons pas à tout moment Sa présence, c’est que les yeux de notre âme sont malades et notre vue intérieure trop faible pour recevoir la lumière de la foi : « Si donc ton œil est en bon état, tout ton corps sera illuminé ; mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres » (Matthieu 6, 22-23).
L’homme sans Dieu est aveugle et incapable de savoir qui il est, ce qu’il fait, où il va. Sans Dieu la mort devient dieu, toute puissante, omniprésente, dont la menace pèse à chaque instant sur notre vie : « L’homme ! ses jours sont comme l’herbe, / Il fleurit comme la fleur des champs. / Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus » (Ps. 103, 15-16).
Sans Dieu, « tout n’est qu’enfers innombrables et interminables, dans les hauteurs, dans les profondeurs, dans les immensités. (…) Si le Christ n’est pas, je n’ai que faire de la Vérité ! Elle n’est qu’un enfer. De même la justice, l’amour, le bien, le bonheur sont enfer » (Saint Justin Popovitch, « L’homme et le Dieu-Homme »). Sans Dieu, toutes les vérités, les œuvres et les valeurs de l’homme ne sont rien car l’homme lui-même n’est rien : « Le Christ est tout en tous. Son contraire ? Le vide, le néant ! (…) Si le Christ n’est pas en toi, tu n’es rien, tu es un cadavre, tu es néant » (Saint Justin Popovitch, op. cit.).
Si nous croyons, comme les humanistes athées, en la valeur et le génie de l’homme, celui-ci devient une idole qui prend la place de Dieu. C’est pourquoi perdre la foi en l’homme et en soi-même et devenir conscient de son propre néant, c’est le premier pas dans la voie de la foi en Dieu. C’est à ce moment-là que commence l’œuvre de Dieu au-dedans de nous : « L’homme intérieur est forgé par Dieu. Mais Dieu commence à œuvrer à l’intérieur, à partir du moment où l’homme reconnaît qu’il n’est absolument rien, dans tous ses aspects, et il remet entièrement sa vie entre les mains de Dieu » (Saint Théophane le Reclus, « La vie intérieure »).
S’il ne place pas Dieu au centre de sa vie, l’être humain perd sa véritable identité, car « Dieu n’est pas pour l’homme un « principe » extérieur dont il dépendrait, mais son principe ontologique et sa fin. Créé à l’image de Dieu, l’homme est théologiquement concret. Pour être vrai, il faut qu’à chaque instant il soit et vive centré sur Dieu. Qu’il renie Dieu, et c’est lui-même qu’il renie, c’est lui-même qu’il détruit » (Panayotis Nellas, « Le vivant divinisé »). Pour vivre centrés sur Dieu, « nous devons accomplir toutes nos activités et nos occupations comme si elles étaient des œuvres divines, que nous a données Dieu et que nous Lui consacrons » (Saint Théophane le Reclus, op. cit.).
Les peines, les chagrins, les épreuves que nous rencontrons en ce monde perdent leur caractère tragique, si nous les considérons non pas comme des malheurs mais comme des dons de Dieu et des remèdes destinés au salut de nos âmes déchues : « Par conséquent, soit que tu partages le sort amer de tous, soit que tu subis tes souffrances et tes afflictions personnelles, endure-les d’un cœur apaisé et reçois-les avec gratitude des mains de Dieu, comme un remède contre les péchés, ou comme une clé qui ouvre les portes du Royaume Céleste » (Saint Théophane le Reclus, op. cit.)
Placer Dieu au centre de notre vie signifie soumettre notre volonté propre, aveugle et dévoyée, à la volonté de Dieu, car c’est par la volonté de l’homme que le mal est entré dans le monde. C’est pourquoi, « celui qui ne soumet pas à Dieu sa propre volonté, se soumet à son adversaire » (Saint Isaac le Syrien, « Discours ascétiques »).
Lorsqu’il s’éloigne de Dieu, l’esprit humain devient un instrument de l’ennemi, qui nous plonge dans un enfer intérieur sans issue : « Ce qui arrive au poisson qui est sorti de l’eau, arrive à l’intelligence quand elle est sortie de la mémoire de Dieu » (Saint Isaac le Syrien op. cit.). Avoir la foi c’est croire que quelles que soient les épreuves que nous traversons, rien de mal ne peut nous arriver, car Dieu veille sur nous et sait mieux que nous ce qui est bon et utile pour le salut de notre âme, qui est le but suprême de notre existence sur terre : « Si tu crois que Dieu te garde en Sa providence, pourquoi t’inquiéter et te soucier des choses qui passent et des besoins de la chair ? Mais si tu ne crois pas que Dieu te garde en Sa providence, et si à cause de cela, tu te préoccupes en dehors de Lui des choses dont tu as besoin, tu es le plus malheureux de tous les hommes. Car alors pourquoi vis-tu ? Ou pourquoi vivras-tu ? Porte sur le Seigneur ton souci, et Lui te nourrira. Nulle menace ne t’effraiera plus » (Saint Isaac le Syrien, op. cit.).

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