D’où avons-nous appris sur Dieu, d’où avons-nous appris sur le monde entier, d’où avons-nous appris sur nous-mêmes quelque chose de sûr et de véridique ? N’est-ce pas de l’enseignement de l’Esprit ? C’est son enseignement, en effet, qui nous a appris que Dieu seul est Celui qui est vraiment. Celui qui est toujours. Celui qui est immuablement car il n’a pas reçu son être du néant et ne s’en va pas vers le néant. (…)
L’intelligence suprême, le souverain bien, la nature plus que vivante et plus que divine, qui n’admet absolument pas les contraires, ne porte manifestement pas en elle la bonté comme une qualité mais comme une essence. C’est pourquoi tout ce qu’on peut concevoir de bon est en elle. (…) La vie aussi est en elle, ou plutôt elle est elle-même la vie.
Saint Grégoire Palamas, « 150 chapitres » – « La Philocalie »
L’intelligence, sous une infinité de formes, est présente partout dans la nature et dans l’univers. Tous les phénomènes physiques, chimiques, biologiques, astronomiques etc. obéissent à des lois d’une telle précision qu’on peut souvent les exprimer par des formules mathématiques. C’est là la preuve incontestable d’une intelligence active et omnisciente, incorporée à toutes les formes d’existence de l’univers, depuis les particules subatomiques jusqu’aux galaxies, depuis la bactérie jusqu’à l’homme.
L’homme des sociétés primitives avait intuitivement pressenti que derrière tous les phénomènes et toutes les formes visibles du monde naturel se cachait une intelligence invisible et surnaturelle qui commandait toutes les lois de l’univers et des créatures vivantes – on a donné le nom d’animisme à ces croyances archaïques en une âme intelligente présente partout dans l’univers. En effet, pour l’homme des sociétés primitives « les faits physiques ne sont que l’expression de ce qui se passe sur le plan des influences invisibles et des forces surnaturelles » (Lucien Lévy-Bruhl, « Le surnaturel et la nature dans la mentalité primitive »).
La science moderne confirme l’intuition de l’homme primitif, car quel que soit son objet d’étude – l’atome, la cellule, le système solaire, le corps humain etc. – elle découvre partout les preuves d’une intelligence universelle, qui précède et surpasse infiniment l’intelligence de l’homme et qui avait prévu dans son projet cosmique l’apparition de la vie et de la conscience humaine. C’est là la conclusion à laquelle est parvenue le physicien australien Paul Davies dans son ouvrage « l’Esprit de Dieu » : « L’harmonie apparemment parfaite des lois de la nature, nécessaire à l’évolution de la vie consciente dans l’univers, implique donc clairement que Dieu a conçu l’univers pour permettre à une telle vie et à une telle conscience de voir le jour. Cela signifierait que notre propre existence dans l’univers était un élément central du plan divin ».
Face aux preuves scientifiques qui attestent l’existence d’une intelligence suprême qui commande et détermine tous les phénomènes de l’univers, le biologiste américain Francis S. Collins estime, dans son ouvrage « De la génétique à Dieu », que « parmi toutes les visions du monde possibles, l’athéisme figure en haut de l’affiche de l’irrationalité ».
En dénigrant la foi chrétienne et en niant l’existence de Dieu, les athées et les matérialistes s’insurgent contre une idée abstraite qu’ils appellent Dieu et ne peuvent en aucune façon nuire à la réalité vivante de Dieu, qui se manifeste par le Saint Esprit partout dans l’univers et dans l’âme de l’homme : « Si Dieu est le Créateur de tout l’Univers, si Dieu avait un plan précis quant à l’apparition de l’humanité, et s’Il avait un désir de communion personnelle avec les humains, au sein desquels Il a installé la loi morale, signe indiquant Son existence, alors Il ne peut guère être menacé par les efforts intentés par nos esprits chétifs pour comprendre la grandeur de Sa création » (Francis S. Collins, op. cit.)
Cependant, malgré les preuves omniprésentes à tous les niveaux de la création d’une intelligence infiniment plus haute que la raison humaine, l’existence de Dieu est contestée par un grand nombre de scientifiques, qui ayant adhéré au dogme matérialiste et aveuglés par leur orgueil, ont fait de la matière une idole qu’ils ont érigée en principe créateur et cause unique de tout ce qui existe : « Qu’est-ce donc au fond cette matière toute-puissante ? C’est encore un Dieu créateur, mais dépouillé cette fois de son anthropomorphisme » (C.-G. Jung, « L’homme à la découverte de son âme »).
En effet, un monde sans Dieu est un monde sans âme, et un monde sans âme, est un monde sans l’homme. Si bien que certains savants matérialistes en sont arrivés à nier non seulement l’Esprit de Dieu mais aussi l’esprit de l’homme : « Avec les progrès des connaissances en neurobiologie, en génétique moléculaire et en paléontologie, les dimensions du « phénomène humain » perdent leur caractère de prodige. De la souris à l’homme, le cortex cérébral se compose des mêmes catégories cellulaires, des mêmes circuits élémentaires. (…) Désormais, à quoi bon parler d’ « Esprit » ? » (Jean-Pierre Changeux, « L’homme neuronal »). Conclusion d’une absurdité flagrante, puisque ce savant fait usage de son esprit pour démontrer que l’esprit n’existe pas !
La haine de son esprit contre l’Esprit montre qu’il se trouve sous l’influence de l’ennemi de Dieu, car « celui qui ne soumet pas à Dieu sa propre volonté se soumet à son adversaire » (Saint Isaac le Syrien, « Discours ascétiques »).
En effet, un autre propagandiste fervent de l’athéisme militant rend un vibrant hommage au diable, dans un ouvrage devenu un best-seller – preuve de la misère spirituelle de notre époque : « Par-delà le Bien et le Mal, et non incarnation de ce dernier, le Diable dit les possibles libertaires. Il rend aux hommes leur puissance sur eux-mêmes et le monde, il affranchit de toute tutelle. Ces anges déchus, on s’en doute, s’attirent la haine des monothéistes. En revanche, ils bénéficient de la passion incandescente des athées » (Michel Onfray, « Traité d’athéologie »).
La « passion incandescente » de cet auteur pour le diable, qu’il communique à ses disciples qui sont légions – car ce possédé est devenu un maître à penser et une star de nos plateaux de télévision –, le conduira sans doute, lui et ses adeptes à « la fournaise de feu, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13, 50).
Car sans la lumière de l’Esprit Saint, l’esprit de l’homme n’est que ténèbres et tourments sans fin, ne pouvant trouver par lui-même le chemin du salut, de la vérité et de la vie incarnés par le Christ : « En vérité, la pensée est un enfer si elle n’est pas transformée en pensée-du-Christ. Sans le Dieu-Verbe, la pensée humaine se trouve continuellement dans la démence sans raison, dans le délire, dans l’autosatisfaction insensée et satanique (…). La pensée humaine est abrutie par le péché, comme la connaissance. L’unique médecin et l’unique remède à cette folie est le Dieu-homme, car c’est lui qui est le Dieu-Verbe fait homme. (…) Il s’est fait homme justement pour que cette planète ne devienne pas irrémédiablement un asile psychiatrique, sous la conduite « pure » et simple de la pensée humaine » (Saint Justin Popovitch, « L’homme et le Dieu-Homme »).
Sans la grâce du Saint Esprit, l’homme serait incapable de connaître Dieu, car son propre esprit est trop limité, à la mesure des choses terrestres, et se trouve souvent sous l’influence du malin. L’homme ne peut connaître par ses propres moyens que ce qui est humain mais « personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu ». C’est la raison pour laquelle « l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Cor. 2, 11 et 14).
Sans le Saint Esprit il n’y a ni connaissance, ni vérité, ni vie, ni aucune possibilité de salut, c’est pourquoi « quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir » (Matthieu 12, 32).

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