Ajouté le: 17 Mars 2010 L'heure: 15:14

Une découverte : la Monastère de Cantauque

Octobre 2005. Un ami très cher de Piatra Neamţ, parti en Angleterre depuis plusieurs années déjà, se trouve pour quelques jours de vacances dans le sud de la France, avec sa future épouse. Moi, je suis arrivé en Espagne depuis un mois et, comme l’université me donne quelques jours de liberté, je décide de les rejoindre. Le lendemain de mon arrivée, la fiancée de mon ami – moitié anglaise, moitié indienne – nous propose de rechercher un monastère orthodoxe qui, d’après ce qu’elle a lu sur internet, doit se trouver dans la région. Elle ne se souvient pas du nom, mais seulement qu’il n’est pas loin d’une ville appelée Limoux et qu’il est sous la juridiction de la Métropole Roumaine. C’est ainsi que le jour de Sainte Parascève nous nous mettons en route, pensant arriver pour la Sainte Liturgie.

Une découverte : la Monastère de Cantauque

Nous choisissons sur la carte le trajet le plus court et, après une dizaine de kilomètres, nous rentrons dans une forêt sortie tout droit de nos souvenirs d’enfants, baignée de nuances cuivrées, percées par endroits du vert vivace des sapins. Les couleurs de l’automne, filtrées par les nappes de brume, « bloquent » notre compteur à 30km/h, tandis qu’à la sortie des montagnes, nous attend un canyon à la beauté tellement irrésistible que nous nous retrouvons à le parcourir à pied. Ainsi, à la mi-journée à peine, nous arrivons à Limoux, dans une agence de tourisme, et après 10 minutes de « fouilles », quelqu’un réalise que le monastère recherché pourrait être une ancienne ferme près de Villebazy dotée maintenant de fresques byzantines visitées par certains touristes. Nous « embarquons » à nouveau, et poursuivons  notre chemin parmi les collines. Les vendanges viennent d’être terminées, mais des grappes éparses sont restées sur les ceps. Nous n’avons rien mangé, nous nous arrêtons et nous réjouissons de la douceur du raisin. Villebazy reste derrière nous, tandis que la route étroite monte toujours, on ne sait trop où... Jusqu’à ce que nous rencontrions un panneau: « Monastère Orthodoxe ». Enfin! Nous continuons dans la forêt, quand devant nous s’ouvre une large clairière.

- On dirait la Roumanie! – nous hâtons-nous de dire. Mais la couleur brique du monastère nous rappelle plutôt la Grèce. Nous garons notre voiture sous un tilleul et nous nous dirigeons vers la porte où nous accueillent sur une fresque Le Christ, avec Sa Mère à sa droite et à Sa gauche un saint inconnu... Martin1. Nous sonnons et un moine souriant, de petite taille, à la barbe et aux cheveux blancs, nous ouvre.
- Soyez les bienvenus! – nous dit-il en français.
- Vous êtes des roumains? – demandai-je. 
- Non, nous sommes français. Et vous?
- Roumains et... anglais.

Le père nous ouvre la chapelle remplie d’icônes byzantines, petite, humble je dirais, comme l’orthodoxie même à l’Ouest de l’Europe. Ensuite il nous emmène faire le tour du monastère; les murs entourant la cour sont couverts de fresques: Le Livre de la Genèse. C’est seulement à Suceviţa que j’ai vu quelque chose de similaire, mais là-bas les fresques étaient loin du regard, juste sous le toit, tandis qu’ici tu peux tendre ta main et les toucher.

On nous invite à prendre un thé et un gâteau (carémique, nous sommes vendredi).
- Vous restez avec nous ce soir? Pour savoir ce que je dis au cuisinier.
- On... ne peut pas trop, nos bagages sont restés là où nous sommes logés.

La discussion entamée pendant la visite des lieux continue. Nous apprenons qu’il s’appelle Jacob, qu’il est l’higoumène du monastère et nous nous rendons compte qu’il connaît mieux que nous la vie de l’Eglise Roumaine. Il nous parle du père Iachint de Putna (« vraiment impressionnant! »), du père Téophile du monastère de Sâmbăta (« un saint homme! »), du père Cléopas ou encore de Monseigneur Théophane, il évoque Stavropoleos, Lupşa, Oaşa, Sihăstria ou Moviliţa, le petit village de Vrancea d’où viennent certains des bénévoles qui ont aidé à transformer l’ancienne ferme en monastère. Lors de sa première visite en Roumanie il était melchite2 et higoumène d’un monastère bâti juste à côté de la grotte où vécut Saint Jean Baptiste pendant son enfance, à Ein Kerem, près de Jérusalem. Là bas, il a connu Monseigneur Séraphin pendant une visite de celui-ci en Terre Sainte, et plus tard, à Cantauque, il a rencontré Monseigneur Joseph et Monseigneur Silouane, du temps où ils étaient encore étudiants. Revenus en France, une partie de ceux qui vivaient dans ce monastère ont décidé de devenir officiellement orthodoxes - leur manière de vivre et leur foi étaient orthodoxes depuis longtemps - et ils ont demandé à Son Eminence Monseigneur Joseph de les accueillir sous son omophore. La communauté est formée de cinq moines et un frère3, mais un des prêtres ainsi que le frère sont actuellement à Jérusalem, et un autre, qui est un spécialiste mondialement connu en médecine, membre de l’Académie Française, est invité à une conférence.

Cela fait plus d’une heure que nous parlons... Il se réjouit d’apprendre que « la demoiselle »4 est orthodoxe aussi. Nous lui parlons de nos inquiétudes et nous osons même aborder le sujet de ce qui nous déçoit dans l’Eglise. A notre étonnement, il réagit sans aucune hypocrisie - comme certains dans l’Eglise rencontrés auparavant, mais reçoit notre « jugement » avec réalisme. Il décèle en nous probablement une recherche d’idéal, naïve peut-être, il accueille notre désir d’authenticité dans la vie de l’Eglise. Il réitère son invitation à rester pour la nuit.

- Vous célébrez la Liturgie demain?
- Habituellement, nous célébrons la Divine Liturgie le samedi, mais comme nous ne sommes que trois en ce moment, il est probable que nous ne fassions que les matines.

Nous poursuivons et notre conversation devient de plus en plus animée. Notre père n’apprécie pas non plus la religiosité « folklorique » des « chrétiens du dimanche » ou des gens qui, parce qu’ils allument un cierge ou demandent que leurs noms soit mentionnés à la sainte liturgie, ont le sentiment d’avoir accompli leur devoir envers Dieu, et L’oublient dans la vie de tous les jours... Il nous parle de la richesse de l’orthodoxie qu’il a découverte pas à pas, et de son désir qu’elle ne se cache plus sous un formalisme superficiel, un ritualisme froid, ou sous une croyance qui devient parfois superstition. Il nous parle également du danger de « passer à côté de Jésus » même en nous comportant d’une manière chrétienne, comme cela arrive dans certaines confessions occidentales, où servir son prochain est devenu un activisme sec, duquel Dieu est absent. Il a une grande liberté de parole avec nous, il nous écoute attentivement aussi, comme si nous nous connaissions depuis des années.

On ne peut pas s’en détacher... Comme son visage est vif lorsqu’il parle de notre Seigneur Jésus-Christ et de la nécessité de Lui faire chaque jour une place dans notre vie, dans une permanente conversion ! Une autre heure passe et... nous décidons de rester. Nous assistons aux vêpres et après le dîner, il nous annonce qu’il nous attend le lendemain à la Liturgie. Il avait certainement décidé cela avec les deux autres moines...

La Liturgie se déroule simplement et naturellement, sans faste: le vêtement du prêtre qui officie, le père Moïse, est tout à fait simple et père Syméon l’accompagne d’un chant byzantin authentique, sans « ornements ». Pendant le petit déjeuner, nous parlons encore quelque temps des « choses de l’esprit ». Ensuite nous leur donnons un petit coup de main dans leurs tâches, et nous partons dans l’après midi. Un sentiment d’inaccompli me gagne, comme lorsque assoiffé, tu trouve une source d’eau fraîche qui apaise ta soif, mais tu sais bien que tu ne pourras pas l’emporter. « Un jour, je reviendrai ici », me dis-je, regardant le rétroviseur.

En effet, moins d’un an après, je suis revenu, cherchant cette communion qui m’avait rempli de joie lors de notre première rencontre, étant décidé de faire part de ma vie au père Jacob. Depuis plus de deux ans je souffrais d’une douleur au dos qui me torturait chaque jour, et que même la chaleur de l’Espagne n’avait pu faire disparaître. J’étais persuadé que c’était une punition de Dieu. Par le hasard de quelques coïncidences, perçues, dans l’étroitesse de mon esprit, comme des évènements d’ordre divin, j’avais même identifié le péché qui avait attiré la punition sur moi. J’avais expliqué cela à plusieurs prêtres, et mon « scénario » n’avait été confirmé par aucun d’eux ; il n’avait pas été infirmé non plus. Certains m’avaient dit que Dieu m’avait donné cette souffrance ici-bas, pour m’épargner la souffrance éternelle. Cependant, depuis quelques mois mon attitude était devenue plus positive, probablement du fait de mon implication dans la vie de la paroisse de Valence en Espagne, où je commençais à me sentir chez moi. Ainsi j’ai ouvert mon cœur au père, qui m’a écouté, en me regardant, et m’a demandé:

- Qui te donne le droit de prétendre que tu comprends les jugements de Dieu? Il te les a découvert Lui-Même ? Qui te donne à toi le droit d’affirmer que Dieu te punit? Crois-tu que Dieu est un comptable mesquin et sadique qui te fait payer pour toutes tes erreurs? Ne réalises-tu pas que ton esprit se fabrique une image de Dieu totalement distordue? C’est cette image qui te rend aveugle, t’empêche de guérir et ne te laisse pas discerner le plan qu’Il a pour toi. Quel est ce plan? Je ne le sais pas, mais je sais qu’Il en a un pour chaque homme, et Il veut que chaque homme le connaisse. Débarrasse-toi de ce poids de la punition et laisse Dieu vivre en toi!

Il m’a laissé sans voix!...

Dans les semaines qui ont suivi, la douleur physique était toujours là, mais la souffrance commençait à disparaître. Un sentiment de libération se glissait en moi petit à petit. J’avais commencé à croire que Dieu allait lisser le chemin de ma vie. Mais j’ai rencontré cet été-là des personnes qui avaient terriblement souffert. Certains avaient commis des fautes à cause de la souffrance, et lorsqu’ils sont revenus vers l’Eglise, ils ont reçu de lourdes pénitences, peut-être même exagérées. Je n’ai pas pu supporter leur douleur, ni accepter les « déviations » qu’elle avait produite en eux. Et je me suis enfui. Ensuite, je me suis senti coupable. Il me paraissait injuste que moi, « le fugitif », j’aie la bénédiction de communier et pas eux. J’ai entendu des explications selon lesquelles ces gens devaient payer pour les péchés de leurs parents parce que Dieu avait décidé ainsi. J’avais envie de hurler! Je venais tout juste de me libérer de cette notion de Dieu terroriste, et j’y étais à nouveau confronté! Je ne savais plus que croire! J’espérais l’aide de Dieu pour fonder une famille, avoir une vie paisible où je puisse mettre en pratique l’enseignement de l’Evangile et suivre Le Christ. Mais comment aurai-je pu demander de telles choses à un Dieu qui, – d’après ce qu’on m’avait expliqué – tolère que les enfants meurent de faim ou qu’ils soient tués... parce que c’est de cette façon qu’ils gagnent leur salut...

Dans cet état d’esprit je suis parti à nouveau à Cantauque. Après m’avoir écouté, le père Jacob m’a dit avec bienveillance:

- Mon garçon, tu es en train de découvrir l’œuvre de l’enfer. Depuis le péché qui l’a séparée de Dieu, la création n’a plus la bonté de ses origines, elle est plutôt toute entière dominée par la violence et plongée dans la souffrance. Réalise, par exemple, ceci: sur terre tu ne trouveras pas un mètre carré où des êtres vivants ne s’entredévorent ou ne cherchent à gagner sur l’autre, et cela tant dans le monde végétal que dans le monde animal. On appelle cela la lutte pour la vie, mais c’est en définitif le triomphe de la mort. Le monde des hommes, lui-même, n’échappe pas à cette malédiction universelle. Vois l’Histoire et les malheurs faits de mains d’homme : on arriverait presque à croire que ce n’est qu’oppression, brutalité, massacre, cruauté en tous genres. Sans parler des incalculables cruautés infligées par l’homme aux animaux. Pourtant, la création n’est pas irrémédiablement déchue. Il lui reste bien des traces de sa première beauté et, l’homme, lui-même égaré, n’est pas irrémédiablement perdu. Les lois impitoyables de la nature déchue ne dominent pas totalement sur lui. Il a gardé quelque chose de la bonté originelle à partir de laquelle Dieu, par sa grâce, veut refaire, régénérer son image et la création toute entière. Plus encore, le Verbe s’est fait chair. Jésus a subit la violence et souffert, ô combien! , mais sa résurrection laisse entrevoir aux croyants ce que sera la création renouvelée, irradiée de l’Esprit divin. C’est dans la communion au Christ que chaque homme reçoit cet Esprit vivificateur accordé à celui qui remet sa vie au Seigneur Jésus. Aussi, la foi nous fait espérer, et l’espérance nous ouvre les portes de la charité. Sois donc lucide sur le malheur du monde mais non désespéré: « J’ai vaincu le monde » déclare le Seigneur Jésus.
- Oui mon père, mais je sens que je n’ai pas la force de croire cela tout seul, je n’y parviens plus!
- Tu me dis maintenant que tout seul tu ne trouves pas la force de suivre Le Christ; ensuite tu vas te marier, et tu vas me dire que, jusqu’à ce que les enfants soient grands, tu ne peux pas trouver le temps nécessaire pour Le connaître; et de cette façon, tu vas te trouver des excuses éternellement : soit tu te seras disputé avec ta femme, soit un de tes enfants sera un brigand. Tu veux avoir d’abord une vie parfaite avant de pouvoir croire en Lui? C’est exactement comme ça que tu perdras ta vie! Tu as le même problème que moi, tu n’oses pas ... – et il s’est levé de sa chaise, a fait un geste comme s’il avait mis quelque chose sur lui et il s’est assis lourdement – ...passer dessus et aller de l’avant. C’est aujourd’hui que tu dois suivre le Christ, peut importe ton état d’esprit. Si tu n’es pas décidé à faire cela à chaque instant de ta vie, dès maintenant, tu ne pourras pas le faire plus tard, ni même si ta vie était  bien « rangée ». C’est comme la joie: ose demander à Dieu le pouvoir de te réjouir chaque jour. Tu ne peux pas repousser la joie à plus tard, quand tu auras accompli je ne sais quoi, quand tu auras une famille, une maison à toi, car en la repoussant ainsi il est possible que tu n’aies plus la force de te réjouir du tout!

Après cette conversation je m’étais tourmenté toute la nuit... Le père ne m’avait présenté ni la vie, ni le monde que je voulais. Je me suis endormi au petit matin à peine.

Lorsqu’il m’a vu le lendemain, il m’a demandé:
- Je t’ai terrorisé un peu hier soir, n’est-ce pas? Tu sais à quel moyen thérapeutique faisaient appel les pères afin de retrouver la paix: la prière de Jésus. Dis-la, elle t’aidera!

Cependant, c’est lui qui m’a aidé, par la prière, même si je ne l’entendais pas, mais aussi par des conversations pendant les longues heures qu’il m’a accordées les jours suivants, même si je n’ai déchiffré le sens de certaines paroles que des mois après... et si d’autres, oubliées quelque part dans ma tête, attendent de trouver explication... Au dernier jour passé là-bas, je lui ai demandé la bénédiction de communier pour « recevoir un peu d’appui ». Il m’a répondu, avec le même ton bienveillant et fort:
- Un peu d’appui, dis-tu? Ce n’est pas pour cela que Le Seigneur Jésus Christ nous offre Son Corps et Son Sang, mais pour infiniment plus, pour que nous puissions nous laisser porter par Le Saint Esprit, pour vivre véritablement.

Au moment du départ, il m’a regardé tendrement et m’a dit:
- Sois libre! Et si cela  te fait  perdre ta foi, cela signifie que tu n’avais pas la bonne!

Certaines de ces paroles, retransmises par mes soins, ont touché le cœur d’autres personnes qui, elles aussi, ont voulu connaître ce monastère. C’est ainsi que ces dernières années, je suis revenu à Cantauque avec quelques amis, ou avec mes parents, ou en pèlerinage avec Nepsis-Espagne, ou encore pour une rencontre Nepsis avec des jeunes de toute la Métropole. Chaque fois nous avons été chaleureusement reçus par le père hôtelier Samuel, qui a toujours trouvé du temps pour nous faire visiter le monastère, pour offrir les Saintes Reliques à notre vénération, pour nous raconter la vie en Terre Sainte, nous préparer des casses croûtes pour le voyage, ou de nous donner matière à réfléchir avec ses histoires pleines de sens. C’est ici que certains de mes amis ont assisté pour la première fois à un office en français; d’autres ont réalisé que le monastère d’Essex n’était pas le seul monastère orthodoxe de l’Europe Occidentale; une amie à moi qui a eu la grâce de connaître le père Rafail Noica, a perçu à Cantauque la présence d’un souffle de vie lui ressemblant. Une fois,  nous avons installé nos tentes sous le cèdre devant la chapelle, et, par la suite, c’est là qu’avaient toujours lieu nos discussions avec l’un ou l’autre des pères; quelqu’un a posé un jour une question sur les « prophètes » des cultes néo-protestants, et la réponse l’a complètement surpris: « la parole prophétique ce n’est pas la même chose que la « prédiction de l’avenir », mais une révélation de la Vérité, une parole qui nous fait comprendre, qui nous fait voir! Restez dans l’Eglise et vous l’entendrez! Ecoutez attentivement les trois évêques6 que nous avons! »; d’autres questions – sur les miracles, sur l’incapacité de prier, sur la volonté de Dieu – ont trouvé réponse dans les articles que père Jacob a publié dans « Apostolia »7.

J’ai vu à Cantauque comment des personnes qui n’avaient pas assisté depuis des années à une Liturgie ressentaient tout à coup le besoin de participer aux offices, pour être en compagnie des moines qui les avaient si chaleureusement accueillis; dans le grand salon du monastère j’ai vu, dans le même temps, certains recevoir d’un père une parole de vie, d’autres parler de politique ou de foot avec un autre père, d’autres encore chanter en sourdine « Ma dusei să trec la Olt »8 ou « Frère Jaques », tout cela sans que personne ne soit troublé ou gêné, chacun ayant reçu ce qu’il cherchait et tous étant ressortis bonifiés.

Le monastère de Cantauque c’est cela : une oasis de tranquillité, pour les accablés par le tumulte de la vie ; un endroit ou on mange naturellement, pour les habitués du semi-préparé ; un endroit où ceux qui ont vécu trop longtemps dans le béton, sont fascinés par les pavots et les lilas qui fleurissent à leur gré ; un endroit où ceux qui ont trop confiance en eux se sentent boulversés ; un endroit où viennent recharger leurs batteries ceux qui gaspillent leur énergie trop vite ; un endroit où ceux qui se croient épuisés et anéantis peuvent ressentir l’espérance et la douceur de Dieu. Et pour quelques hommes qui y sont « chez eux », le monastère de Cantauque est l’endroit où ils essayent de vivre L’Evangile et de transmettre la Parole.

Bogdan Grecu (Belfast)

Notes :

1. Un article sur Saint Martin, écrit justement par le père Jacob, est apparu en décembre 2008, dans le 9ème numéro d’ Apostolia.
2. Au Moyen Orient les melchites sont l’équivalent des gréco-catholiques de L’Europe de l’Est et ils ont appartenu à L’Eglise Orthodoxe d’Antioche jusqu’au début du XVIIIème siècle. Même s’ils sont passés sous l’autorité du Pape, ils sont restés très ancrés dans la tradition orientale. Par exemple, au monastère « Saint Jean du Désert », où ont vécu les moines de Cantauque avant de s’installer en France, étaient également vénérés les saints canonisés par l’Eglise Orthodoxe ultérieurement, comme Saint Séraphin de Sarov.
3. Actuellement le monastère compte huit membres: six moines et deux frères.
4. En français dans le texte.
5. Bien entendu, il s’agissait de la liberté de penser, de se libérer des clichés et des idées reçues, et non de la soit-disant « liberté » de faire n’importe quoi.
6. En 2007, quand cette conversation a eu lieu, Monseigneur Timothée n’était pas encore évêque.
7. Hormis celui déjà mentionné, des articles signés par lui ont apparu dans les numéros 2-3, 4-5, 6, 7, 10-11, 13, 18, 19.
8. Vielle chanson populaire roumaine, racontant les aventures d’un jeune homme qui voulait traverser la rivière Olt (n.tr).

Une découverte : la Monastère de Cantauque

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