Saint Athanase d’Alexandrie
„...Et ce double prodige eut lieu dans le même être : la mort de tous s’accomplissait dans le corps du Seigneur, la mort et la corruption étaient détruites par le Verbe qui s’unissait à ce corps. La mort s’imposait et elle devait advenir pour tous, afin que fût payé le tribut de tous. Aussi, comme je l’ai déjà dit, puisque le Verbe lui-même n’était pas apte à mourir – car il était immortel – il prit pour lui un corps capable de mourir, afin de l’offrir au nom de tous comme le sien propre, et, souffrant lui-même pour tous par suite de son entrée dans ce corps, afin de « réduire à l’impuissance celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et d’affranchir ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » (Hébreux 2, 14-15). ... La corruption a cessé et a disparu par la grâce de la Résurrection ; désormais nous nous décomposerons selon la condition mortelle de notre corps pendant la seule durée que Dieu a fixée à chacun, afin que nous puissions obtenir « une meilleure résurrection » (Hébreux 11, 35).
... Que la mort ait été détruite et que la Croix représente la victoire remportée sur elle, qu’elle n’ait plus de force désormais, mais qu’elle soit vraiment morte, nous en avons une preuve non négligeable et un témoignage évident dans le fait que tous les disciples du Christ la méprisent, tous marchent contre elle et ne la craignent plus, mais par le signe de la croix et la foi au Christ ils la foulent aux pieds comme morte. Jadis, avant la divine venue du Sauveur, tous pleuraient les mourants comme s’ils étaient destinés à la corruption. Mais depuis que le Sauveur a ressuscité son corps, la mort n’est plus effrayante, tous ceux qui croient au Christ la foulent aux pieds comme une chose qui ne compte pas et ils préfèrent mourir plutôt que de renier la foi au Christ. Car ils savent vraiment que s’ils meurent, ils ne périssent pas, mais vivent et deviennent incorruptibles grâce à la résurrection. Mais le diable, (autrefois insultant d’une manière perverse à cause de la mort) maintenant que les affres de la mort sont supprimées (cf. Actes 2, 24), reste seul vraiment mort.
... Si l’on refusait de croire à la résurrection du corps du Seigneur, on aurait l’air d’ignorer la puissance du Verbe et de la Sagesse de Dieu. Si le Verbe a vraiment pris un corps pour lui et s’il l’a fait sien par une conséquence raisonnable, comme ce discours l’a montré, que devait faire de son corps le Seigneur ? Ou quelle devait être la fin du corps, une fois que le Verbe était entré en lui ? Il ne pouvait pas ne pas mourir, puisqu’il était mortel et livré à la mort pour le salut de tous ; c’était justement dans ce but que le Sauveur se l’était préparé. Mais il n’était pas possible qu’il demeurât dans la mort puisqu’il était devenu le temple de la Vie. Ainsi il est mort, en tant que mortel, mais il a recouvré la vie à cause de la vie qui était en Lui, et ses oeuvres attestent sa Résurrection.”
Sources Chrétiennes 199/2011, pp. 339-379; traduction par Charles Kannengiesser

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger
Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni
Copyright @ 2008 - 2023 Apostolia. Tous les droits réservés
Publication implementaée par GWP Team