Catherine et Christine
Les pleurs :
Quand je me plains, quand je « me » pleure, que je pleure sur moi, je reste enfermé dans des pleurs psychiques !
Quand je pleure devant Dieu, ces pleurs deviennent spirituels.
Quand je mets cette douleur en paroles et que je l’adresse à Dieu, ils peuvent se transformer en soupirs, en chant de gémissements ou en thrènes et Dieu vient œuvrer en moi.
Quand je pleure devant Dieu, Dieu me regarde, je ressens, je me laisse regarder et je reçois Son regard plein de miséricorde. Mais pour cela, je dois me guérir de deux hérésies : penser que Dieu me regarde avec un regard critique ou croire que parce que Dieu est Amour, je peux faire n’importe quoi !
Regrets, peine et repentir :
Le péché entraîne des regrets qui sont comme des drogues et on devient dépendant de ces drogues.
Quand je regrette quelque chose que j’ai fait, j’éprouve de la culpabilité, de la tristesse, de la honte, je deviens amer, je reste enfermé dans du tragique, bloqué dans du passé, je m’auto-punis et je m’intoxique. Je reste enfermé dans mon péché, dans un refus d’être pardonné.
Autant le regret m’enferme dans le passé, autant quand j’assume mon péché et que je l’offre à Dieu, mon regret se transforme à l’instant même en peine et je peux offrir au Seigneur cette peine. Ainsi, dans cet acte de repentir, je cesse de m’identifier avec le péché commis, je lâche mon passé et je vis mon présent, alors je m’ouvre au pardon du Dieu d’Amour et de Miséricorde.
Et après le repentir, j’éprouve un sentiment de Paix dans la petitesse et la grandeur de Dieu.
Quand je suis connectée à mes blessures, je me plains, je larmoie, je râle : « pauvre de moi ! », je vis une impuissance qui peut aller jusqu’à la paralysie physique, mais même au cœur de la paralysie, je peux toujours contacter une petite puissance pour appeler Dieu, pour sortir de l’esclavage « Seigneur viens à mon aide, hâte-toi de me secourir ! ». Je vais alors découvrir non pas que je ne peux pas, mais que je ne veux pas me tourner vers Dieu.
La douleur est un langage que Dieu connaît très bien et le Christ est venu pour nous donner sa force au cœur de nos douleurs. Dieu ne fait rien pour nous, Il ne fait que nous donner la puissance divine.
Plus j’apprends à recevoir ce don d’Amour de Dieu au cœur de la souffrance, plus je vais pouvoir véritablement écouter mon prochain dans ses stratégies de survie et comme j’ai appris à m’écouter, à écouter mes ressentis en présence de Dieu et à goûter ainsi à la consolation de Dieu, alors quand j’écoute mon prochain, cette consolation divine va, dans une sorte de transfert, s’écouler en lui.
Le jugement :
Le jugement du prochain perce le récipient de la grâce, ça fait un trou et la grâce disparaît.
Quand je juge, la grâce me quitte, mais si je me vois en train de juger et que j’appelle le Seigneur, l’humilité va ouvrir les portes de la miséricorde divine.
Le jugement diffuse en nous des hormones du plaisir, ainsi nous restons « addicts » au jugement.
Juger l’autre est comme un crime, je diffuse du poison autour de moi, je désire que l’autre meure. Mais juger est aussi un suicide car quand je juge l’autre, je diffuse en moi du poison, je tue le Christ en moi, je me tue.
De la vallée des larmes à la résurrection :
Le monde est la vallée des larmes, des tribulations, l’armée du monde est celle de Satan, le monde est tourmenté par le péché, la guerre, la maladie, la perversion. Alors, pour ressusciter, il faut apprendre à mourir à soi-même en accomplissant sa mission d’aimer qui est empêchée par nos souffrances. D’où la nécessité de savoir identifier nos souffrances.
Nos souffrances, générées par l’orgueil par nos impatiences de vouloir maîtriser l’autre ou au contraire de se laisser contrôler par les autres sont autant de péchés. Nous devons apprendre à devenir des apôtres du Christ, mais nous sommes bien souvent des criminels. En suivant les commandements de Dieu, on apprend à évangéliser notre corps, en donnant au Christ toutes nos impulsions, tous nos ressentis, toute notre chair pour qu’Il les transforme en grâce. C’est là notre mission. Apprenons à donner le 100% de notre biologique, de notre organique, de notre psychique. La voie est étroite et demande des efforts, mais on ne peut offrir que ce qu’on vit, que ce qu’on est.
Face au péché, je dois apprendre à nommer avec précision ce péché, puis à le haïr, à ne pas me plaindre, le pleurer et l’offrir. Je découvre alors que c’est au cœur de cet enfer que je rencontre véritablement le Christ.

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