« Si par la Loi on atteint la justice, c’est donc pour rien que le Christ est mort » (Ga. II, 21).
« Vous avez rompu avec le Christ, vous qui demandez la justice à la Loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Ga. V, 4).
Dans le contexte de l’opposition entre les judaïsants et saint Paul, relatée dans l’épître aux Galates, l’Apôtre des Nations aborde la question de la liberté chrétienne, qu’il défend avec ardeur contre ceux qui voulaient imposer aux fidèles venus du paganisme, l’observance des prescriptions de la Loi mosaïque : « C’est pour être libres que le Christ nous a libérés : tenez donc ferme, et n’allez pas vous remettre sous le joug de l’esclavage » (Ga. V, 1). Pour bien comprendre ce que l’Apôtre entend par liberté chrétienne, qui n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, mais qui est une liberté au service de l’amour : « Pour vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour satisfaire la chair ; faites-vous plutôt, par l’amour, les serviteurs des uns des autres… » (Ga. V, 13), il est nécessaire d’avoir une compréhension aussi exacte que possible de ce que signifient Promesse et Loi, Foi et justification, et incompatibilité de la Loi et de la Foi en Christ.
Les jugements de saint Paul sur la Loi donnée à Moïse sont de deux ordres. D’abord, rappelons ce que dit l’Apôtre aux Galates : il ne saurait être question de « compléter » l’Évangile que je vous ai annoncé, par une adhésion aux préceptes de la Loi mosaïque. Pour autant et à première vue, nous sommes en présence dans les épîtres aux Galates, aux Romains, aux Éphésiens et aux Hébreux, d’énoncés qui peuvent paraître antinomiques.
D’abord on trouve des affirmations où la Loi est qualifiée de « sainte », « pneumatique » (spirituelle), en Rm. VII, 12-14 : ó νόμοϛ αγιοϛ πνευματικόϛ ὲστιν. En Rm. X, 5 : « Moïse écrit en effet [Lev. XVIII, 5] de la justice qui naît de la Loi : l’homme qui l’accomplit aura la vie par elle ». Au dernier jour, ceux qui l’observent seront déclarés justes : « mais ceux-là seront justifiés qui pratiquent la Loi » (Rm. II, 13). Cette Loi fut établie par les Anges avec Moïse comme médiateur (Ga. III, 19) et elle est l’un des plus importants dons fait par Dieu à Israël (Rm. IX, 4-5). La Loi a sa légitimité même s’il s’agit d’une institution provisoire parce qu’elle est un « pédagogue chargé de nous mener au Christ » (Ga. III, 24). Elle est « l’ombre » σκιά des choses à venir (Col. II, 17) dont la réalité est le Christ. En Christ, elle a sa fin τέλοϛ et son accomplissement.
Ensuite, l’Apôtre affirme que la Loi n’a rien conduit à la perfection : « Car la Loi n’a rien conduit à la perfection ; elle a été l’introductrice d’une espérance meilleure par laquelle nous approchons de Dieu » (Hb. VII, 19). C’est la raison pour laquelle « se trouve abolie la première disposition, en raison de sa faiblesse et de son inutilité » (v. 18). Non seulement la Loi n’a pas été source de perfection, mais elle a produit la colère, celle de Dieu (Rm. IV, 15). Si elle donne la connaissance du péché (Rm. III, 20b), elle ne communique pas la force pour l’éviter. De plus, dit l’Apôtre, tous ceux qui mettent leur confiance dans les œuvres de la Loi et se croient justifiés par elles, tombent sous le coup de la malédiction : « Quant à ceux qui se réclament des œuvres de la Loi, ils sont sous le coup de la malédiction, car il est écrit : Maudit soit quiconque ne pratique pas fidèlement tout ce qui est écrit au livre de la Loi [Dt. XXVII, 26] » (Ga. III, 10).
La Loi est simultanément un don de la bonté de Dieu et annonciatrice de sa colère, elle est voie qui mène à la vie, selon le verset déjà cité, et deviendra puissance active du péché : « L’aiguillon de la mort, c’est le péché, et la puissance du péché δύναμιϛ τῆϛ άμαρτίαϛ, c’est la Loi » (I Cor. XV, 56). Elle n’est pas la source de la justification et pourtant, ceux qui l’observent sont justes. Alors ? Dans l’épître aux Galates, saint Paul parle de la raison d’être de la Loi en affirmant qu’elle ne contribue pas à la justification de l’homme : « Alors pourquoi la Loi ? Elle a été ajoutée en vue des transgressions, jusqu’à ce que vint la Descendance à laquelle était destinée la promesse. Elle a été promulguée par des anges, avec le concours d’un médiateur. Or le médiateur ne l’est pas d’un seul, et Dieu est seul. La Loi va-t-elle contre les promesses ? Certes non ! S’il avait été donné une loi qui pût procurer la vie, c’est alors que la justice viendrait vraiment de la Loi. Mais l’Écriture a tout enfermé sous le péchépour que, par la foi en Jésus Christ, il fût fait don de la promesse aux croyants » (Ga. III, 19-22). C’est pourquoi, ajoute l’Apôtre dans l’épître aux Romains : « personne ne sera justifié devant Lui par les œuvres de la Loi, la Loi en effet ne donne que la connaissance du péché νόμου ἐπίγνωσιϛ άμαρτίαϛ » (Ga. III, 20). Épignosis signifie ici une connaissance claire du péché.
La Loi ne pouvait donc pas mettre fin aux transgressions qui sans elle n’existeraient pas, dit l’Apôtre. Compte-tenu de l’héritage de la nature déchue à cause de la prévarication d’Adam et le penchant au péché qui en résulte pour tous, il n’était pas au pouvoir de la Loi de contenir les chutes παράπτωμα, au contraire, elle ne pouvait que les aggraver. Pourquoi ? Parce que, dit saint Paul : « la Loi donne seulement la connaissance du péché » (Rm. III, 20). Elle ne remédie pas à la faiblesse de l’homme. Tout en promulguant la Loi, Dieu connaissait par avance les désobéissances dont elle serait l’occasion, mais il prévoyait en même temps que ces transgressions éveilleraient la conscience des hommes, humilieraient les pécheurs en leur apportant la conviction de leur impuissance, de leur impossibilité de sortir par leurs seules forces de ce cercle mortifère et de leur faire désirer l’aide de Dieu, d’aiguiser en euxl’attente de la venue du Sauveur. Saint Justin le Nouveau dans sa « Dogmatique de l’Église orthodoxe », insiste sur cette pédagogie divine : « Ce n’est pas seulement par la Loi rituelle, mais par la Loi morale et civile, que Dieu a préparé le peuple élu à la Loi morale éternelle qu’à proclamé le Messie, et pour l’accomplissement de laquelle il a donné aux hommes une force bénie. Il était impossible aux hommes d’accomplir la Loi de l’Ancien Testament et elle ne pouvait les sauver du péché et de la mort, mais elle a éveillé en eux et approfondi la conscience du péché. C’est en cela qu’elle a renforcé leur désir d’un Rédempteur du péché et indiqué aux hommes la voie de la foi en Lui. C’est pourquoi l’Apôtre Paul nomme la Loi de l’Ancien Testament « pédagogue vers le Christ », car le Christ est la fin de la Loi. C’est par cette foi dans le Messie à venir que les justes de l’Ancien Testament sont devenus et ont été justes, par cette foi qu’Il les a conduits par les plus sombres souffrances et leur a fait accomplir des exploits dans toutes les épreuves »1.
La Loi n’annule pas la Promesse. La Loi, institution provisoire, dont le rôle s’achève avec la venue du Christ
La Loi était une institution provisoire, voulue par Dieu, et qui devait prendre fin lorsque viendrait le temps de l’accomplissement de la Promesse faite à Abraham, par la venue du Verbe de Dieu parmi les hommes. Ce jour-là, de fait, elle perdrait sa raison d’être. Ce jour-là le mur de séparation entre le peuple de l’Ancienne Alliance, peuple choisi par Dieu et les Gentils, serait brisé, car la Promesse faite à Abraham concerne tous les hommes [Gn. XII, 1- 9 et Gn. Ch. XVII] sans distinction et seul le Christ pouvait l’accomplir. C’est ainsi que la Loi devait disparaître. Son rôle n’était que de préparer ce qui devait lui succéder. De la Loi à la Foi, à la Foi en Jésus Christ car ce n’est que par Lui et en Lui seul que la libération définitive du péché devient possible : « toutefois, sachant bien que l’homme n’est pas justifié par la pratique de la Loi, mais seulement par la foi au Christ Jésus, nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d’être justifiés par la foi au Christ et non par la pratique de la Loi » (Ga. II, 16).
Les judaïsants de l’épître aux Galates ne contredisaient pas l’affirmation que la bénédiction divine était assurée à la postérité d’Abraham, faute de quoi ils auraient récusé le témoignage de l’Écriture elle-même, mais, d’après eux, la postérité à laquelle cette bénédiction était destinée c’était le peuple d’Israël exclusivement. C’est pourquoi, ceux des païens qui voulaient y avoir part, étaient obligés de s’incorporer au peuple de Dieu auquel le Messie lui-même appartenait et de se soumettre aux préceptes de la Loi et d’abord à la circoncision comme marque de l’entrée dans l’Alliance.
Saint Paul répond que la promesse faite à Abraham et à sa postérité (Gn. XII, 3 et Gn. XXII, 18) n’a pu être modifiée et à plus forte raison infirmée par un acte -la promulgation de la Loi- qui lui est postérieure de quatre-cent-trente ans : « Je raisonne donc ainsi : une disposition testamentaire ayant été prise par Dieu en bonne et due forme, la Loi venue quatre cent trente ans plus tard, ne saurait l’infirmer de manière à abolir la promesse. Car si c’est par la Loi que s’obtient l’héritage, ce n’est plus par la promesse ; or c’est par voie de promesse que Dieu a accordé sa faveur à Abraham » (Ga. III, 17-18). De ce fait, la justice et le salut, objets de cette Promesse, appartiennent à tous ceux qui composent la postérité spirituelle et non seulement charnelle d’Abraham. Ceux-là sont sauvés et déclarés justes par grâce au moyen de la foi en Jésus Christ. Et cette postérité spirituelle d’Abraham, c’est celle qui a hérité de sa foi : « Il crut [Abraham] et cela lui fut compté comme justice » (Ga. III, 6b).
Répétons que cette foi de la postérité d’Abraham c’est uniquement la foi en Jésus Christ, Verbe de Dieu fait homme, Lui qui est le terme et l’accomplissement de la Loi. Lui qui s’est fait « pour nous malédiction », « car il est écrit : Maudit quiconque est suspendu au gibet ! et cela pour qu’en Jésus Christ la bénédiction d’Abraham parvînt aux païens et qu’ainsi, par la foi, nous recevions l’Esprit promis » (Ga. III, 13-14). Cette postérité spirituelle c’est le Corps dont le Christ est la Tête : l’Église. La Loi a donc eu un rôle pour un temps donné, selon le dessein de Dieu, et non pour durer toujours, jusqu’à la venue de Celui qui était l’objet de la Promesse et qui devait donner aux hommes la vie de la Grâce, la Liberté, la Lumière et la Justice : « les promesses ont été faites à Abraham et à sa Descendance. Il n’est pas dit : et aux descendants, comme pour plusieurs, mais et à ta descendance, comme pour un seul, à savoir le Christ » (Ga. III, 16).
Le caractère provisoire de l’institution de la Loi est révélé dans sa promulgation même. La Loi a été promulguée par des anges et Moïse en fut le médiateur : « Or le Médiateur ne l’est pas d’un seul, et Dieu est seul » (Ga. III, 20). Que veut dire ici saint Paul ? Que la Loi dans son ensemble, non seulement le Décalogue (Ex. XX, 22-23) mais aussi et surtout l’ensemble des prescriptions contenues dans le Livre du Lévitique qui lie les Hébreux à ces préceptes dont aucun ne peut être omis sous peine de malédiction, distinguant ainsi Israël des nations, n’exprime pas la volonté définitive de Dieu au même titre que la Promesse. La Loi est révélée par le ministère des anges (Ga. III, 19 ; Hb. II, 2 ; Col. II, 14-15) et par le moyen de la médiation de Moïse (Ga. III, 20), la Promesse fut donnée directement par Dieu Lui-même. Le rôle de médiateur de Moïse est présenté par l’Apôtre comme une « preuve » que la Loi ne peut venir de Dieu au même titre que la Promesse. Contrairement à la promulgation de la Loi qui résulte d’un contrat entre deux parties en présence d’un intermédiaire, véritable contrat d’alliance, accepté lors d’une cérémonie solennelle, la Promesse est donnée directement, gratuitement, sans contrepartie, elle a pour objet la justification des peuples : « Aussi l’Écriture prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a-t-elle annoncé d’avance à Abraham cette bonne nouvelle : toutes les nations seront bénies en toi » (Ga III, 8). Pour autant il serait téméraire d’inscrire la Loi et la Promesse (justification par la foi) dans une opposition radicale. Elles ne sont pas du même ordre. La Loi ne permet pas d’atteindre le plein épanouissement de vie que donne la justification par la foi devant Dieu dont dépend la vie éternelle et qui nous fait dès à présent fils adoptifs et héritiers d’Abraham en Jésus Christ : « Et que par la Loi personne ne soit justifié devant Dieu, c’est chose évidente, puisque qui a la justice de la foi vivra » (Ga. III, 11).
La libération en Christ et la liberté chrétienne
Le Verbe de Dieu, l’Un de la Sainte Trinité, s’est abaissé jusqu’à nous en prenant et assumant notre nature humaine pour nous communiquer par la foi le don de l’adoption filiale, et nous libérer du joug, de l’esclavage de la Loi, don offert à tous les hommes Juifs ou Gentils. C’est Lui, le Christ, qui « nous a rachetés de la malédiction » (Ga. III, 13) et nous a mis, dès à présent en possession des gages des biens à venir promis à ceux qui ont foi dans le Dieu-Homme, à son Évangile, à ses promesses. Don offert à tout homme, car le Christ ne fait acception de personne, à charge pour les destinataires d’accueillir, de recevoir la Parole de l’Évangile éternel et surtout d’en vivre. Tout cela n’est possible « que par la foi au Fils de Dieu », en revêtant le Christ et cela commence par le saint baptême : « Ainsi la Loi nous a servi de pédagogue chargé de nous mener au Christ, en vue de notre justification par la foi. Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi au Christ Jésus ; vous tous en effet qui avez été baptisés dans le Christ ; vous avez revêtu le Christ. Il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, vous n’êtes tous qu’un dans le Christ Jésus » (Ga. III, 24-28).
Répétant aux Galates qu’on ne peut être à la fois sous la Loi et dans le Christ (Ga. IV, 8 ; V, 6), saint Paul défend la liberté chrétienne contre les judaïsants qui voulaient ramener les fidèles des Églises de Galatie à l’observance des prescriptions rituelles de la Loi mosaïque : « C’est pour être libres que le Christ nous a libérés : tenez donc ferme,et n’allez pas vous remettre sous le joug de l’esclavage. Oui, c’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. Je l’atteste une fois de plus à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu d’observer la Loi tout entière. Vous avez rompu avec le Christ, vous qui demandez la justice à la Loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Ga. V, 1-5).
Cependant, l’Apôtre n’ignore pas que ses ennemis identifient sa conception de la liberté à la licence. Les accusations n’ont pas manqué du temps de l’Apôtre et à travers les siècles, de même d’ailleurs que les tentations judaïsantes. L’Apôtre dit formellement qu’il ne faut pas sous prétexte de liberté vivre « selon la chair », « ne faites pas de cette liberté un prétexte pour satisfaire la chair… » (Ga. V, 13b), la chair étant ici non pas uniquement la composante physique de l’homme corps-âme-esprit, mais le vocable qui désigne l’homme séparé de Dieu, tout entier charnel et qui ne cherche qu’à satisfaire la chair et ses convoitises.
Les désirs de la chair s’opposent à ceux de l’esprit de sorte que : « Je le dis : laissez-vous conduire par l’esprit et vous ne donnerez pas satisfaction aux désirs de la chair. Car la chair convoite contre l’esprit, l’esprit contre la chair ; entre eux il y a opposition, en sorte que vous ne faites pas ce que vous voulez » (Ga. V. 16). En fait, lorsque l’on vit « selon la chair », on vit comme un païen et on est esclave du péché alors que la véritable liberté c’est d’être dans la vie de l’Esprit. Cette vie dans l’Esprit fait l’objet d’une dure ascèse avec l’aide de Dieu, car comme le dit le Père Dumitru Stӑniloae : « la purification des passions s’obtient, non pas à l’issue de la réalisation d’un état neutre de l’âme, mais à la suite du remplacement des passions par les vertus qui leur sont contraires »2.
Saint Paul identifie très clairement les œuvres de la chair et celles de l’esprit (Ga. V, 19-23) et, pour lui, vivre dans la chair équivaut à se replacer volontairement sous la Loi. Il y a donc opposition entre la chair et l’esprit et cette opposition est liée à celle qui existe entre la Loi et la Foi. Les deux vont ensemble pour l’Apôtre. Celui qui s’est lié au Christ a reçu une vie nouvelle dans l’Esprit de sorte qu’il n’est plus sous la Loi, puisqu’on est conduit par l’Esprit et « Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises » (Ga. V, 24). Cette double opposition chair-esprit et loi-foi est récurrente dans les épîtres de saint Paul. « Commencer par l’Esprit et maintenant finir par la chair ! » (Ga. III, 3b) comme le dit saint Paul aux Galates insensés, c’est retomber dans l’esclavage de la Loi après avoir été libre dans le Christ. C’est être le fils de l’esclave Agar, plutôt que celui de la femme libre, Sarah, où là encore « selon la chair » est la caractéristique de ceux qui sont sous la Loi (voir Ga. IV, 28-31).
Conclusion
Dans le huitième chapitre de l’épître aux Romains, l’Apôtre avertit : « Pour vous, vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’esprit, si vraiment l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas » (Rm. VIII, 9) et il poursuit : « Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, mais non de la chair, pour vivre charnellement. Car si vous vivez charnellement, vous devez mourir ; mais si par l’esprit vous faites mourir les œuvres du corps, vous vivrez. Tous ceux en effet qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. Aussi bien, vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d’adoption qui nous fait crier : « Abba ! Père ! » (Rm. VIII, 13-15). Tout ce que dit saint Paul dans ces épîtres au sujet de cette double opposition, concerne très concrètement notre vie en Christ, notre vie de chrétiens orthodoxes.
Pr. Gérard Reynaud
* Références grecques du NT : Nestle-Aland : Novum Testamentum Graece. 28e édition. Deutsche Bibelgesellschaft. 2012.
Notes :

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