J’apprendrai
Qui est
Derrière le voile
Qui descend
Sous forme de rosée
Sur le jardin
Je saurai
Qui domine
En profondeur
Chaque cœur
La main se portant calmement
Vers le front
Pour accomplir le signe
Miraculeux, c’est
Cette simplicité suprême
De la pensée
Terrassant
Le souverain orgueil !...
Pas les mains qui écrivent
Ni celles qui
Dressent des pyramides
Dans le désert
Pas les mains qui caressent
Ni celles qui quémandent
Mais seules les mains qui
Bénissen
Nostalgie
Et pourtant
Que de beauté
De sous les aisselles des feuilles tombent
Des larmes, dans le tronc de l’’arbre
Les cercles font la ronde
Font la ronde et leur nombre s’accroît
Du dévidoir le fil se défait
De plus en plus maigre
Et pourtant
Que de beauté
Sous cette tente bleue,
Toute bleue…
Personne
Ne le voit, enfoui
Dans la lumière du visage…
Toi
Tu es toi-même
La main qui m’écrit
Les poèmes transparents
Les enroulant dans
Des toiles de ciel
Celui qui sait
Plus
Et la Lumière s’en va doucement
Pour voir
Les anges
Cristina Crâșmanu Crăciunescu (1956-1994),
Trad. du Roumain, Anca Vasiliu Contacts no 174 - 2e trim. 1996