Ajouté le: 2 Novembre 2018 L'heure: 15:14

« Le plus grand Commandement »

Aimer Dieu plus que tout et aimer son prochain comme soi-même (Mt 22, 34‑40 et Mc 12, 28‑31)

Ce précepte évangélique est au cœur de la religion Chrétienne, et même, osons le dire, de toute religion. Car, s’il n’y a pas un « Ciel » et une terre, il n’y a aucune raison de vouloir les « relier » : il n’y a donc pas de religion1. Et l’amour est au cœur de la vie.À notre connaissance, cette péricope n’est lue en tant que telle, un dimanche, qu’en Occident, le 17è après la Pentecôte (rite des Gaules restauré et ancien rite romain) Nous attachons de l’importance au « lectionnaire »2, car seules les péricopes lues les dimanches et fêtes, sont vraiment connues des fidèles : ce qui n’est lu qu’en semaine demeure confidentiel, car les fidèles orthodoxes lisent peu la Bible, comme leurs frères catholiques-romains (seuls leurs frères protestants la lisent assidûment).

Cet Évangile capital est rapporté par Saint Matthieu et Saint Marc (c’est-à-dire Saint Pierre)3, dans les mêmes circonstances, mais avec un ajout dans la réponse du Christ, chez Saint Marc. Matthieu et Pierre en sont des témoins oculaires. Un évènement semblable est aussi rapporté par Saint Luc (Lc 10, 25-28), mais à un moment différent de l’apostolat du Christ et dans des circonstances différentes, avec un contenu presque identique à celui de Saint Marc : c’est à cette occasion que le Seigneur va raconter la parabole du Bon Samaritain4. Il faut préciser qu’il y a deux récits différents dans cette péricope (le second concerne une question sur le Christ, que le Seigneur pose Lui-même à Ses détracteurs), mais nous ne commenterons que la première partie. Il a été peu commenté par les Pères de l’Église : une simple allusion chez Saint Éphrem le Syrien et Saint Ambroise de Milan, un paragraphe assez obscur chez Saint Hilaire de Poitiers, un quart d’homélie chez Saint Jean Chrysostome (h. n°171 sur Saint Matthieu) et une homélie d’Augustin d’Hippone (lettre 155). Mais il faut dire que les Pères ont abondamment commenté l’Ancien Testament, et notamment le Pentateuque (la « Loi »), qui est au cœur du sujet.

 Il nous faut d’abord voir dans quel contexte le Seigneur a donné cet enseignement capital. Le Christ est vers la fin de Sa vie publique : Il a fait Son entrée messianique à Jérusalem, et Il va bientôt souffrir Sa Passion. Cette période est extrêmement douloureuse pour Lui, car le fait d’avoir été acclamé par la foule comme Messie – et notamment par les enfants – a rempli de fureur le Sanhédrin, qui a déjà décidé de Le faire mourir, et dont les membres ne cessent de L’attaquer verbalement, car ils cherchent une occasion de Le prendre en défaut, pour pouvoir Le mettre publiquement en jugement (ils L’ont déjà jugé sur le fond, sans même L’avoir entendu !). La tension est extrême : c’est une Passion morale5 pour Jésus – qui culminera à Gethsémani – avant Sa Passion physique, qui Le conduira à la mort. Mais le Christ ne cède pas : Il n’a pas peur et combat courageusement avec l’épée de Sa parole6, Lui le Verbe du Père, en enseignant ouvertement dans le Temple, sans Se cacher. Il met en pratique ce qu’Il a dit – comme Il le fait toujours – : Il est le Bon Pasteur des brebis et, lorsque les loups attaquent, Il les combat courageusement, pour protéger Son troupeau, la future Église. C’est ce qu’Il fait ici. Et les paraboles qu’Il raconte durant cette période sont de plus en plus incisives par rapport « aux Juifs » (le Sanhédrin), comme celle des Vignerons homicides, où ils se reconnaîtront.

Il vient de fermer la bouche des Sadducéens7, qui représentent la caste des grands-prêtres, en répondant à une question-piège sur la résurrection. Mais Ses ennemis ne désarment pas : ils se relaient ; ils veulent à tout prix Le faire taire et Le détruire. N’arrivant pas à Le vaincre par la parole, ils Le tueront. Les Pharisiens8 viennent ensuite le tenter9. L’un d’entre eux qui est un docteur de la Loi – donc un scribe10 – (ce qui est expressément indiqué par Saint Marc), va l’éprouver: Maître (« rabbi » : ils sont entre rabbis, d’égal à égal ; c’est comme une compétition : qui va l’emporter ?) : quel est le plus grand commandement de la Loi ? La question est bonne : ce sont de grands professionnels, qui connaissent la Loi par cœur. Il faut rappeler que la Bible n’est pas, à proprement parler « un » livre, mais un recueil de livres, une véritable bibliothèque : la Bible juive – que nous appelons l’Ancien Testament – comporte 36 livres, selon le canon juif, et que les préceptes et commandements de Dieu y sont très nombreux : les rabbins en comptent 61311. Comment un fidèle ordinaire pourrait-il s’y retrouver ? Mais on est ici entre spécialistes. Comme il s’agit d’une question capitale pour toute l’humanité, le Christ répond immédiatement. Sa réponse est claire et nette, mais en deux parties : « Le plus grand12, le premier12 commandement est : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». Puis Il ajoute : « Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Le Christ cite le Deutéronome (6, 5) puis le Lévitique (19, 18). Il faut ajouter que Saint Marc est plus complet : le Seigneur commence par : « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur » (Dt 6, 4) qu’Il met sur le même plan que la suite : « et tu aimeras le Seigneur ton Dieu…. » en ajoutant à la fin : « et de toute ta force ». Saint Luc corrobore Saint Marc, mais pas dans le même ordre : l’esprit est mentionné en dernier, après la force (Lc 10, 27).

Avant d’en faire l’exégèse – si tant est que cela soit possible pour une intelligence humaine – faisons quelques remarques d’ordre général. Le Christ cite deux passages de la Loi (la Torah) qu’Il a donnée Lui-même à Moïse sur le Mont Sinaï, par le Saint-Esprit. Mais Il ne les cite pas textuellement, parce qu’Il ne s’attache pas à la lettre13 (ce qui Lui sera violemment reproché par les membres du Sanhédrin, qui, eux, ne s’attachaient qu’à la lettre, à la forme extérieure) mais à l’esprit13. Il le dira sans cesse pendant trois ans. En agissant ainsi, Il confirme et complète ce qu’Il avait révélé à Israël, par Moïse, treize siècles auparavant. C’est important pour notre compréhension de la volonté divine. Puis, Il ajoute quelque chose de capital : « De ces commandements dépendent toute la Loi et les prophètes ». Voici une révélation extraordinaire : toute la Bible repose sur ces deux commandements, qui lui donnent tout son sens et qui nous révèlent l’intention divine, le dessein de Dieu pour l’Homme.

Abordons maintenant le contenu théologique et spirituel du plus grand de tous les commandements de Dieu. Les deux parties commencent par « Tu aimeras », ce qui est déjà un signe, une révélation. En ce qui concerne Dieu, le Christ ne dit pas : tu craindras, tu obéiras, tu serviras, tu respecteras, ni même tu adoreras le Seigneur ton Dieu (même si, chez Saint Marc, il demande en premier la confession de l’unicité du vrai Dieu), mais « tu aimeras le Seigneur ton Dieu ». Voilà qui est extraordinaire, merveilleux et sublime ! Jamais aucune religion païenne pré-chrétienne, n’avait parlé d’amour entre le Ciel et la terre, entre le monde divin (« les dieux ») et l’humanité. Le Dieu incréé dit à Ses créatures : aimez-Moi. Et nous qui sommes des disciples du Christ, nous pouvons compléter la phrase : aimez-Moi, « comme Je vous ai aimés ». Le Christ n’a pas cessé de dire pendant Ses trois années d’apostolat : Dieu vous aime, « le Père céleste Lui-même vous aime » (Jn 16, 27), « aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés » (Jn 15, 12)… Dieu ne dit pas non plus : aimez-Moi parce que Je vous ai créés, ni parce que Je suis bon, ou parce que Je vous donne tout…. Non, il n’y a pas de « parce que » : en fait Dieu nous dit : « aimez-Moi gratuitement, comme Je vous aime gratuitement, aimez-Moi pour Moi-même et non pour Mes bienfaits. Saint Jean dira : « Dieu est amour » (1Jn 4, 8). Cela signifie que la nature divine est amour, et que les personnes divines sont unies par l’amour, chacune Se donnant aux deux Autres (Non pas Moi, mais Toi, non pas Moi, mais Vous).

Mais que veut dire « aimer » ? C’est à la fois la chose la plus évidente du monde et la plus mystérieuse, la plus difficile à expliquer (de même que la vie…). Probablement parce qu’elle est essentiellement une expérience, qui ne se décrit pas, mais qui se vit. Une des difficultés de la langue française est que le terme « aimer » est unique et utilisé pour des choses totalement différentes (on aime sa femme ou ses enfants, on aime se promener, ou manger du chocolat…), alors qu’en hébreu, en grec et en latin, il y a plusieurs verbes pour exprimer « aimer ». Il y a au moins quatre verbes en grec pour dire aimer (agapô, phileô, eraô, et même chairô), et deux en latin (amo, et diligo). Mais, essayons de surmonter cet obstacle linguistique. Il s’y ajoute une difficulté proprement théologique : on aborde un point tellement essentiel et théologique, que les termes du langage humain ne parviennent plus à rendre compte de la réalité ; nous sommes ici à la limite entre la connaissance cataphatique (raisonnable, exprimable) et le chemin apophatique, qui est une expérience mystique, inexprimable, non transmissible. Nous en voulons pour preuve la comparaison que nous avons faite entre les textes grecs et latins du Pentateuque et de l’Évangile, où l’on constate que les termes ont été employés les uns pour les autres (comme par exemple dianoia, qui est utilisé dans le Pentateuque dans le sens de cœur [traduit en latin par « corde »], et dans l’Évangile avec le sens d’esprit [traduit en latin par mente]). Nous avons ici une belle occasion de mettre en pratique ce que nous enseigne constamment le Christ : attachez-vous d’abord à l’esprit et non à la lettre.

Le Saint-Esprit va nous y aider, car Il a indiqué à Moïse quatre dimensions ou modalités de cet amour, qui vont nous aider à mieux comprendre cet amour que Dieu nous demande  (et le Christ ajoutera une 5è modalité). Il demande d’abord à Moïse, et au peuple juif, d’aimer Dieu « de tout ton cœur » (grec : kardia latin : corde). Le cœur est universellement considéré comme le « lieu », le symbole de l’amour sentimental, parce que cet organe biologique est celui qui permet la vie, en faisant circuler le sang, lui-même symbole de l’âme et de la vie. Il y a donc un lien profond, ontologique, entre l’amour et la vie. Mais l’amour n’est pas que sentimental, car les sentiments sont beaux, mais fragiles (souvent on est enflammé d’amour pour une personne, comme un feu, mais ensuite il s’attiédit et peut même finir par de la haine, glacée)14. Le cœur est plus que cela : il est aussi, pour la théologie orthodoxe, le centre de l’être humain total, physique, psychique et spirituel, le tabernacle intérieur de l’Homme-Temple du Saint-Esprit, là où le Père, le Fils et l’Esprit veulent habiter et trôner (il y a une analogie entre ce cœur-temple et le saint-des-saints des églises chrétiennes, c’est-à-dire le sanctuaire, où est érigé le trône de Dieu, l’autel). Cela signifie : ne préfère rien sur terre à Moi qui t’aie créé par amour pur. Moi seul Je suis ton prototype, ta source, ton Père. Aime-Moi, comme Nous, les trois Personnes divines, Nous Nous aimons : entre dans Notre amour parfait.

Cet amour-là est une force, une puissance, une énergie qui vient du plus profond de notre être et qui nous pousse vers l’autre, à nous donner à lui, à lui dire de belles paroles, à le magnifier, à lui faire du bien. C’est un amour extatique, qui nous fait « sortir de nous-même »15 et dont Saint Paul est un témoin remarquable, lorsqu’il fut « ravi jusqu’au 3è Ciel », c’est-à-dire transfiguré, déifié (2 Co 12, 2-6) : c’est l’amour parfait, l’amour divin. La seule forme d’amour sur terre qui puisse s’en approcher est l’amour-feu entre un homme et une femme, mais non « fusionnel »16. Car, dans cet amour parfait, chaque personne demeure elle-même, une hypostase qui conserve la conscience et la liberté. Il en est ainsi lors de notre union amoureuse avec Dieu : certains saints qui furent déifiés en ont témoigné.

Puis le Saint-Esprit ajoute : « de toute ton âme » (grec : psuchê, latin : anima ), cette âme de l’Homme qui est le souffle du Saint Esprit (Gn 2, 7b ) le principe de vie de son corps. Cela signifie : aimer Dieu avec nos sentiments, nos pensées, notre intelligence ; « et de tout ton esprit » (grec : dianoia, latin : mente), parce que l’âme a l’aptitude à se spiritualiser pour parvenir à la ressemblance à Dieu (mais elle peut aussi rester seulement « psychique » sans devenir « spirituelle » : cela demande des efforts et une adhésion libre à la volonté divine). Il s’agit de l’amour spirituel, qui est la forme la plus élevée de l’amour, celle qui conduit à l’extase mystique.

Le Christ ajoute une phrase par rapport à ce qu’Il avait dit à Moïse, et que l’on ne trouve que chez Saint Marc (et aussi chez Saint Luc) : « et de toute ta force ». Cela peut avoir deux sens : il peut s’agir de l’énergie propre à la nature humaine, c’est-à-dire la force qui permet à l’Homme d’accomplir sa volonté libre, de la mettre en pratique, de créer. Cette énergie humaine est l’image de l’énergie divine, dans laquelle Dieu crée tout. L’Homme, image de Dieu, est aussi créateur, comme Dieu. Mais cela peut signifier aussi la participation du corps à cet amour : le grec ischus signifie force dans les deux sens, moral et physique, mais le latin virtus signifie plutôt la force virile masculine. Il nous semble que c’est un rappel de l’unité de la nature humaine, même si elle est duelle, car le corps participe à nos sentiments et à nos émotions (la joie, la douleur…) et, lorsqu’un homme est déifié, son corps rayonne de la lumière incréée. Le Roi David le disait déjà dans les Psaumes : « et les os que Tu as brisés se réjouiront » (Ps 50[He 51], 10) ! Cela signifie : aime Dieu réellement et non pas seulement en intention, au plan de ta pensée, et aime-Le dans toutes tes œuvres.

Quelques jours plus tard, dans Son Dernier discours, le Christ va révéler à Ses disciples comment aimer Dieu : « si vous M’aimez, vous garderez Mes commandements »(Jn 14, 15), c’est-à-dire vous les mettrez en pratique. Aimer Dieu, c’est Lui ressembler. On est très loin d’une conception purement sentimentale de l’amour. Nous pourrions résumer cette partie ainsi : Dieu dit à l’Homme : aime-Moi totalement, plus que tout, sans réserve, ni limite. Le Seigneur précise, chez Saint Matthieu : « Celui-ci est le plus grand et le premier commandement ».

Mais Il ajoute aussitôt : « Le second lui est semblable17 : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le Christ n’a pas dit : aime-toi, puis aime ton prochain. Nous avons une hiérarchie de valeurs : 1. En premier et avant tout : aimer Dieu totalement. 2. Aimer le prochain. 3. S’aimer soi-même.

Aime ton prochain comme s’il était toi-même. Or personne ne se fait du mal à lui-même (sauf maladie ou possession) comme le dit Saint Paul : « personne n’a jamais haï sa propre chair » (Éph. 5, 29). Fais à ton prochain ce que tu voudrais qu’il te fasse. Ton prochain est l’image de Dieu : aime l’image de Dieu qui est en lui, quel qu’il soit. Dieu ne nous a pas demandé de dire que notre prochain était beau, bon et gentil. Aimer, c’est faire du bien : cela signifie aussi prendre soin de l’autre, lui dire la vérité et parfois le reprendre, comme un père le fait avec son enfant, lorsqu’il fait des bêtises. Mais cela doit être toujours en vue de son bien. Le Christ nous montre constamment l’exemple : or, parfois, Il est sévère, parce que la personne en a besoin. Mais c’est aussi accepter que notre prochain le fasse avec nous-même. Le Seigneur va aussi montrer à Ses disciples, dans Son Dernier discours, jusqu’où peut aller l’amour du prochain : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). C’est ce qu’Il fera pour nous, qui sommes, certes, Ses créatures, mais aussi Ses prochains, en tant qu’Il est homme.

 Et, in fine, cela vaut pour soi-même. Aime-toi, non d’une façon narcissique, égoïste, orgueilleuse : aime l’image de Dieu qui est en toi. Réjouis-toi d’être Mon image, car, si, par l’humilité, tu acceptes de Me ressembler, Je te déifierai. Tu partageras Ma gloire incréée pour toujours. Tu sauras à quel point Je t’aime.

Saint Jean en fait une belle exégèse : « … celui qui n’aime pas son frère [image de Dieu] qu’il voit, comment pourrait-il aimer Dieu, qu’il ne voit pas ? » (1 Jn 4, 20).

Ainsi la seconde partie du plus grand commandement permet de vérifier la mise en pratique du premier : les deux sont liés. D’ailleurs, chez Saint Marc, le Seigneur lie les deux : « Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-ci ».

P. Noël TANAZACQ (Paris)

Notes :


1. Religion, en latin religio, vient de religare, relier : c’est relier l’invisible et le visible, le Ciel et la terre, le monde céleste et divin avec le monde cosmique et humain.
2. Un lectionnaire est un livre indiquant les lectures bibliques à faire chaque jour de l’année liturgique. Durant la période de l’Église indivise (1er millénaire), chaque Église locale avait son propre lectionnaire. Le mono-ritualisme apparu au 2è millénaire (imposé par Rome en Occident, et résultant des circonstances historiques en Orient [schismes et domination musulmane]) réduisit beaucoup leur nombre. Globalement, il y a deux styles : une lecture suivie des livres du Nouveau Testament en Orient, et une lecture choisie, en Occident.
3. L’Évangile selon Saint Marc est celui proclamé par Pierre à Rome, sténographié et publié par Saint Marc.
4. Pour la Parabole du Bon Samaritain, on peut se reporter au commentaire fait dans le n° 20 de novembre 2009 d’Apostolia.
5. Il y en a un témoignage liturgique : dans l’ancien rite romain, le dimanche qui précédait les Rameaux était appelé « Dimanche de la Passion ». Il s’agissait de la Passion morale du Christ : ce dimanche et tous les jours de la semaine, on lisait des Évangiles rapportant l’affrontement violent entre « les Juifs » et Jésus.
6. La parole de Dieu est une « épée à deux tranchants » : vie pour ceux qui la reçoivent, mort, pour ceux qui la rejettent. Cette expression vient de l’Apocalypse, lorsque Saint Jean a la vision d’un « Fils d’homme » : « de sa bouche sort une épée acérée à deux tranchants » (Apo 1, 16 et 2, 12).
7. Les Sadducéens représentent la caste sacerdotale, regroupant les grands-prêtres, les prêtres de haut rang et leur clientèle. Ils dominent le Sanhédrin, sont fortement hellénisés et ont de bons rapports avec les Romains. Ils s’en tiennent à la lettre de la Torah (la Loi) rejetant la tradition orale et ne croient pas à la résurrection des morts.
8. Les Pharisiens sont une « secte » juive prônant un judaïsme pur et dur, appliquant strictement et formellement la Loi de Moïse et pratiquant de grandes ascèses (notamment le jeûne). Ils sont très influents au Sanhédrin. Ils seront les grands ennemis du Christ, qui dénoncera souvent leur hypocrisie. De nombreux scribes sont des Pharisiens.
9. Tenter et éprouver sont le même terme en grec (peiradzô)
10. Les scribes sont des spécialistes des saintes Écritures (la Bible), autorisés à interpréter la Loi, appelés aussi « légistes », « docteurs » (ils enseignent), « maîtres » (en hébreu « rabbi »). Ils sont souvent aussi des Pharisiens, mais pas toujours. Le Christ a dû subir l’hostilité, et même la haine, de l’élite religieuse d’Israël : les prêtres (et surtout les grands-prêtres), les théologiens (les scribes) et les ascètes (les Pharisiens) ! Avec quelques exceptions.
11. Selon le rabbi Simlaï, au 3e s. apr. J-C, il y aurait 613 commandements dans la Bible : 248 positifs (ce qui est à faire) et 365 négatifs (ce qu’il ne faut pas faire).
12. Chez Saint Matthieu : grec : « premier et grand » ; latin : « plus grand [que les autres, donc le plus grand] et premier ». Chez Saint Marc : grec et latin : « premier ».
13. Étant l’Auteur divin de la Loi, le Christ a toute liberté d’y ajouter quelque chose. Mais Il le fait dans un but pédagogique, pour nous aider à mieux la comprendre. Il nous apprend aussi une méthode : ne pas être prisonniers de la lettre, mais s’attacher à être exacts en esprit. C’est ce que feront les Pères de l’Église dans l’exégèse de la Bible et la création des textes liturgiques. Cette méthode d’exactitude spirituelle durera jusqu’à l’invention de l’imprimerie – au 15e s. – qui va figer les textes liturgiques, avec leurs erreurs, et nuire à la créativité.
14. C’est souvent le cas en matière amoureuse, entre l’homme et la femme : les sentiments sont beaux et délicieux, mais parfois fragiles, s’il n’y a pas d’autres dimensions de l’amour. Une des déficiences de la nature humaine déchue est son caractère changeant.
15. C’est le sens étymologique du terme « extase » : sortir de soi-même, être autre, tout en restant soi-même.
16. L’amour conjugal entre l’homme et la femme est la plus haute forme d’amour qui existe sur terre, parce qu’elle est la seule qui concerne les trois dimensions ontologiques de la nature humaine : physique, psychique et spirituelle. Dans l’union conjugale, il y a un aspect mystique. Mais, lorsque Dieu accorde cette grâce, elle s’accompagne en général de grandes épreuves, car Dieu nous aime d’un amour jaloux (Ex 20, 5). Et il y a toujours le risque, dans le cas d’un grand amour conjugal, de préférer cet amour à Dieu. Dans ce cas-là, le plus grand amour terrestre deviendrait un adultère spirituel, c’est-à-dire le plus grand des péchés. Saints Joachim et Anne sont les patrons des amoureux, des fiancés et des couples chrétiens parce qu’ils s’aimaient d’un grand amour, mais dont Dieu était le centre (c’est cela un amour « chaste », pur).
17. Le second commandement est semblable au premier, comme l’homme est semblable à Dieu.

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