Ajouté le: 20 Septembre 2018 L'heure: 15:14

Séminaire de Mère Silouana 26 juillet – 1er août 2018

L’Hymne Acathiste à la Mère de Dieu du Buisson Ardent

« J’ouvrirai ma bouche remplie de l’Esprit et j’adresserai mon discours à la Reine et Mère »

(Début du canon d’un acathiste à la Mère de Dieu composé par Joseph, auteur de kondakions)

L’hymne acathiste à la Mère de Dieu du Buisson Ardent a été composé en 1948 par l’humble moine Agaton du Saint monastère d’Antim.

Puis, en 1958, il fut enrichi et achevé par le hiéromoine Daniil Tudor, abbé de l’ermitage Saint-Jean-le-Théologien de la Montagne Rarău.

Après une marche d’approche d’une année et nourris par un excellent repas composé de trois plats succulents : « Le Christ dans la Philocalie » de Jacques Touraille, « Prie comme tu respires, la vie comme liberté » de l’Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard, et un ensemble de textes réunis par Mère Silouana, nous nous sommes à nouveau retrouvés sur la Terre Bénie de Roumanie, en Moldavie, plus précisément au séminaire de Neamţ.

La Mère de Dieu nous attendait et nous a accueillis chacune et chacun avec une perle très précieuse choisie personnellement par Maica Silouana qui a été notre Mère Spirituelle tout au long de ce cinquième séminaire consacré à l’Hymne Acathiste du Buisson Ardent de la Mère de Dieu. Comme l’explique très bien père Daniil Tudor, « Cet hymne acathiste est composé de vingt-quatre marches que nous gravissons en trois octaves : la Purification, l’Illumination et l’Union et, en retour, nous recevons la grâce également en trois octaves : le Comblement, l’Assimilation de la grâce et les Fruits de la grâce. »

Grâce à cet hymne acathiste, nous avons chacune et chacun poursuivi notre chemin spirituel en l’approfondissant et en continuant à nous nourrir par la prière personnelle et par celle des uns pour les autres. Les paroles suivantes offertes par Mère Silouana à la fin du séminaire résument à merveille le vécu de chaque participant et nous proposent un joyeux et paisible voyage : « Nous sommes les enfants de Dieu ! Nous avons le droit d’être cajolés et de le demander à la Mère De Dieu ! Mon souffle porte le Nom de Dieu et je deviens son roc ! Le Nom reste à l’intérieur ! C’est le souffle qui inspire et qui expire et le Nom reste à l’intérieur. » Gloire à Dieu pour tous les cadeaux reçus et partagés et que Sa Sainte Volonté soit faite !

P.  Daniel Schmid, paroisse Saints-Georges-et-Maurice, Sion-Suisse

Prière

Écrite après le  séminaire « La Mère de Dieu » Neamț, Juillet 2018
Christine Marie Dieudonnée
 
« Marie, Très Sainte Mère de Dieu !
Que Ta Présence en nous devienne de plus en plus incarnée !
Aide-nous à voir toutes les drogues qui nous maintiennent prisonniers !
Donne-nous chaque jour une respiration pleine et légère !
Marie Mère de Dieu, Toute Pure et Toute Consolatrice,
Apprends-nous, dans chaque geste,
chaque parole, à ne jamais oublier que c’est Toi,
l’Ourdisseuse du tissu de nos vies,
afin que, de ces fils tendus, se révèle en nos cœurs le mystère trinitaire.
Alors, Tu seras pour nous échelle vivante
Reliant la profondeur de notre terre au Ciel de Notre Père ! »
 
Dans l’acathiste de la Mère de Dieu au Buisson Ardent, Marie Mère de Dieu est appelée « Ourdisseuse ». L’ourdisseuse est la personne qui dispose sur l’ourdissoir les fils de chaîne, avant de les monter sur le métier à tisser, l’ourdissoir étant l’appareil qui sert à étaler en nappe et à tendre les fils de la chaîne.
Un textile est fait de l’entrecroisement des fils de chaîne disposés dans le sens de la longueur et des fils de trame placés dans le sens de la largeur.
et des fils de trame placés dans le sens de la largeur.

Gloire à  Dieu pour tous les bienfaits qu’Il nous a offerts encore une fois, cette année, à travers le don de Sa servante, mère Silouana, dont la puissance de la prière nous élève corps et âme vers des sommets de connaissance spirituelle, à travers la visite inopinée et bénie de notre Métropolite bien-aimé, Monseigneur Joseph, à travers également la présence de tous les participants à ce séminaire, autant de cœurs ouverts à la réception de la Grâce et devenus offrandes de prières pour le monde et pour tous !

Que tes œuvres sont grandes, Seigneur, et combien Ta Très Sainte Mère nous appelle avec tendresse et sans relâche à Toi !!

Danielle

Le séminaire de cette année m’a ouvert les yeux du cœur et en même temps les a fermés envers les choses du quotidien. Nous avons tous découvert les profondeurs de la prière en apprenant davantage au sujet de la dévotion à la Mère de Dieu, envers Dieu Lui-même et envers Son Fils Unique.

La prière profonde, avec la respiration, est la vraie voie de guérison, car c’est notre souffle qui porte notre prière vers le Seigneur.

Cristina

C’est avec beaucoup de tendresse et d’amour pour la Mère de Dieu que nous avons découvert et prié ensemble l’hymne acathiste du Buisson Ardent de la Mère de Dieu. Nous avons encore avec joie cette année bénéficié des enseignements de Mère Silouana, avec sœur Macrina et sœur Timotéa.

Voici quelques bonnes paroles, un court florilège de phrases reçues de Maica Silouana, glanées au cours de nos échanges :

« Le renoncement à l’attachement à ses propres pensées, c’est une vraie mort de l’ego. »

« L’attention consciente est la vraie force de l’esprit avec laquelle l’homme peut répondre à l’appel de Dieu et de son prochain. »

« Le chemin de l’attention est celui du Christ. Tout ce que tu as à faire, c’est de Le demander : c’est Lui la Voie. »

« Au lieu d’observer nos émotions négatives, on les fait changer de place en les appelant mauvaises et on déplace le jugement d’autrui vers nous-même. Or, la guérison exige la libération de l’esclavage de l’automatisme du jugement émotionnel de toute sorte. »

« L’acceptation de sa propre impuissance nous rend capable de recevoir le pouvoir de Dieu. »

« J’appelle la Mère de Dieu dans ma douleur. Contempler la douleur avec la pensée en Dieu. Cette douleur devient musique, chant de gloire. »

« Celui qui s’apitoie ne veut pas guérir. »

« L’acceptation d’un sentiment négatif, pour l’offrir à Dieu, est la façon de nous sauver. »

« Le psautier est un des moyens les plus puissants pour transformer nos états émotionnels en états spirituels ».

« Jamais la prière à la Mère de Dieu ne nous arrête à la Mère de Dieu. Elle nourrit la soif de salut et nous conduit au Christ. »

Paraskeva

La Mère de Dieu

Le thème  annoncé  cette année était la Mère de Dieu et Mère Silouana nous a fait la surprise de nous faire découvrir une acathiste à la Mère de Dieu au Buisson Ardent, encore méconnue des français sous cette forme-là et qui s’est révélée être un véritable trésor.

L’acathiste du Buisson Ardent connue en France nous vient d’André Scrima et a été reprise par père Placide. L’acathiste que nous avons étudiée a été écrite par le père Daniil dans les prisons de l’horreur communiste. À la première lecture de l’acathiste, mon intellect n’a pas vraiment compris grand-chose mais je sentais les mots s’infiltrer en moi et pénétrer dans toute ma personne : corps, âme, esprit. Je vivais une expérience vraiment biblique où les racines profondes de l’Ancien Testament s’interpénétraient avec la nouveauté du Nouveau Testament et me faisaient entrer dans un espace jusqu’alors inconnu de moi.

Le fil conducteur de l’acathiste est la découverte graduelle de la profondeur de la prière incarnée. Les premières lignes en sont une invitation :

« Quelle est celle-ci, pure blanche comme l’aurore ? C’est la Reine de la prière, c’est la prière incarnée ! »

Marie, Mère de Dieu n’est pas une sorte de déesse désincarnée, enveloppée dans un voile de tulle bleu flottant dans les airs, elle est née naturellement de l’union physique de Joachim et Anne, elle appartient à cette longue lignée de prophètes qui n’a cessé pendant cinquante siècles de fatiguer les cieux pour avoir une telle Mère.

Saint Grégoire Palamas nous dit que Marie a tellement aimé Dieu, qu’elle a désiré Le ressentir dans son cœur profond en écoutant pleinement les Saintes Écritures et qu’ainsi elle a été la première à entrer dans « l’autel des miracles », « le saint des saints de l’homme, notre lieu d’émeraude » et avec « une audacieuse sagesse », elle a su briser « le cercle de l’esclavage, cercle mortel, cercle du sommeil, en vainquant ainsi par le pouvoir de la pureté, la malédiction de la chair ». Elle délivre « notre nature captive jusqu’aux cendres des passions ». Elle est « la sainte impassibilité » qui nous guide dans la « sage maîtrise de l’art de la pneumatisation ». Elle nous montre la voie étroite de la métamorphose en nous apprenant à supporter douleur et maladie comme elle-même a supporté l’immense douleur de la crucifixion de son Fils. Elle nous apprend à nous libérer de nos « drogues » que sont le désespoir, l’auto-apitoiement, la plainte, la peur, la révolte, la victimisation ; à condition de les nommer avec précision et de les lui offrir. Ainsi, elle est celle qui « œuvre à notre coriace endurcissement » et nous sauve par la « goutte de Grâce » qui va « transpercer la dure pierre » de notre cœur.

Elle est la véritable guérisseuse de notre réalité psychosomatique malade. Elle a incarné la souffrance de toute l’humanité, mais en elle, la souffrance cesse d’être une malédiction. En découvrant dans les profondeurs de son cœur, de son Noûs, le vrai saint des saints, elle a su activer l’unification homme-Dieu. Sans cette activation, l’incarnation du Fils de l’homme aurait été impossible. Dans son humanité déifiée, elle nous guide dans la voie étroite de la métamorphose de nos passions inscrites dans notre chair, dans nos cellules, en vertus. Telle une mère miséricordieuse, elle nous enseigne à supporter les épreuves, la douleur, la maladie et ainsi nous montre la voie de la guérison. En lui offrant toutes nos imperfections, toutes nos impuissances, nous découvrons petit à petit comment la Mère de Dieu œuvre en son Église, sous quelle forme unique elle va œuvrer en chacun de nous. Mais, c’est là, pour chacun de nous, un long chemin lié au mystère de la Personne.

Nous pouvons alors la prier : « Mère de Jésus, embrasse-nous comme on embrasse les pierres de la vie, assoiffées des sources du matin, du matin sans déclin, et rends-nous vivants aux cœurs purifiés ».

La Mère de Dieu a été l’être humain qui, par excellence, a été déifié. Et aujourd’hui, chacun d’entre nous est appelé à dire Oui, en La recevant, en se laissant imprégner de sa présence discrète, en découvrant le mystère de la prière incarnée.

«  Réjouis-Toi, délivrance qui fait fondre tout le gel intérieur !»

La Mère de Dieu vit en moi. J’apprends à la recevoir au plus profond de mon cœur, au plus profond de mon corps et ainsi en la recevant, elle me reçoit. Elle ressent ma maladie et elle l’offre à Dieu, car elle est l’échelle vivante qui relie la terre au ciel. Et parce qu’elle est en communion avec tous les hommes, dans sa présence ses qualités déifiées deviennent les miennes. Plus je la prie, plus je deviens prière et au fur et à mesure elle me montre la voie étroite de la prière incarnée.

Dans notre acathiste, grâce aux riches, profondes et puissantes métaphores de père Daniil (nourries de son expérience de souffrance extrême au cœur des prisons communistes), la Mère de Dieu va œuvrer en nous, en s’infiltrant discrètement en nous, car la finalité de son œuvre est d’incarner son Fils, notre Dieu en nous, jusque dans notre ADN. Après l’incarnation de son Fils, elle est toujours en prière avec nous et continue ainsi son œuvre. Aussi, quand nous sombrons dans nos marécages et devenons impatients, intolérants, prions-la, demandons-lui de vivre une autre réalité, une autre vie, avec elle. Prêtons réellement attention à nos douleurs, à nos souffrances et là, en ce point, en toute transparence, dans l’acceptation de notre propre impuissance, prions-la.

« Écoute-nous, esclaves du péché, indignes fils de la fange !

Très douce, bonne et Très Sainte Vierge, Palais du Seigneur Jésus,

Délivre-nous des verrous de la malédiction, ouvre-nous « le chemin d’en-haut ».

C’est dans ce cœur à cœur avec la Mère de Dieu que la malédiction inscrite dans notre chair va se transformer en douceur et la douceur de la Mère de Dieu est plus grande que la douceur du monde. Elle est présente dans toutes nos douleurs, dans toutes nos joies. Alors, nous ne pouvons que nous incliner en chantant : « Réjouis-Toi, musique ineffable de la seconde naissance ! »

Elle est «la tendre higoumène de la terre » et si elle sait être humble et douce, elle peut être «  terrible aussi, indiciblement juste comme une armée rangée en bataille », elle peut être « brillante, sereine, tranchante comme une épée effroyable », car elle est «l’épée protectrice de la tradition hésychaste » « le bouclier qui garde la terre des vivants », « le portail qui arrête toutes sortes d’impuretés ».

Elle est « l’Épouse Ourdisseuse de la prière incessante. »

Dans l’acathiste de la Mère de Dieu au Buisson Ardent, la Mère de Dieu est comparée à une ourdisseuse. L’ourdisseuse est la personne qui dispose sur l’ourdissoir les fils de la chaîne, avant de les monter sur le métier à tisser. L’ourdissoir étant l’appareil qui sert à étaler en nappe et à tendre les fils de la chaîne. Un textile est fait de l’entrecroisement des fils de chaîne disposés dans le sens de la longueur et des fils de trame placés dans le sens de la largeur.

Dans l’atelier de tissage, il n’y a qu’une ourdisseuse et des ouvrières. Ainsi, la Mère de Dieu est l’ourdisseuse qui tend les fils de la chaîne à la verticale et nous qui sommes les ouvrières, les ouvriers, nous tendons les fils de la trame à l’horizontale. C’est une véritable création divino-humaine.

(Les citations entre guillemets sont toutes tirées de l’acathiste)

Christine A

Seminaire avec Mere Silouana, du 25 juillet au 1er aout 2018, a Neamț

Voilà déjà cinq ans que notre groupe d’une petite vingtaine de personnes se réunit pour cinq à six jours autour de Mère Silouana, accompagnée d’une ou deux moniales de sa communauté. Le quatrième séminaire s’était terminé sur des questions : la santé de Mère Silouana lui permettra-t-elle de nous accompagner une nouvelle fois ? Ayant abordé les différents thèmes qu’elle traitait habituellement avec les participants roumains, avions-nous fait le tour de ses enseignements ? Par la Grâce de Dieu, Mère Silouana a retrouvé des forces, tout le groupe a manifesté un grand intérêt à poursuivre son travail avec elle, et un nouveau thème inspiré a émergé : la Mère de Dieu dans l’orthodoxie. Ce séminaire inédit a été un collier de trésors et de moments de Grâce et de Communion !

Le plus grand cadeau reçu m’a demandé un peu de persévérance pour « ouvrir l’emballage » et goûter la merveille : l’Acathiste au Buisson Ardent de la Mère de Dieu. Ce n’est pas que Mère Silouana l’ait caché sous des couches de papier bien scotchées… Ce sont plutôt mon cœur et mon esprit qui étaient trop « scotchés », pressentant la puissance mais butant sur des nœuds de mots compliqués et des formulations très énigmatiques pour mes trop maigres connaissances bibliques. Néanmoins, quelques parties résonnent tout de suite…

« Réjouis-toi, délivrance qui fait fondre le gel intérieur, Réjouis-toi, bâton fleuri du pèlerin en marche vers le lieu du cœur » (Ikos II)

Ma première impression générale a été celle d’un mystère tapis au creux de chaque phrase, demandant pour se révéler de lui accorder à la fois toute ma vigilance et mon abandon complet dans les bras de la Mère de Dieu… Il se pourrait que j’aie besoin de relire le tout quelques (nombreuses) fois ! Mère Silouana et le groupe m’ont portée. Grâce à prière de Jésus dite pour et par chaque membre du groupe, les liturgies matinales, les explications sur la place de la Mère de Dieu et sur les métaphores utilisées dans l’Acathiste, la récitation répétée d’un Ikos ou d’un Kondakion par différents participants… petit à petit j’ai commencé à vibrer intérieurement. Et je me suis émerveillée des images que nous livre Père Daniil dans cette œuvre si dense et subtile à la fois.

« Pendant cinquante siècles, par Abraham et David, Ta prophétique lignée a fatigué les Cieux avec des larmes et des prosternations (…) Notre chair parle à travers Toi de sa grande soif de délivrance » (Ikos I)

La Mère de Dieu, qui était pour moi jusqu’ici une icône tendrement révérée et une présence aimante un peu floue, s’incarne profondément et se magnifie au fil du séminaire. Elle devient l’aboutissement d’une très longue lignée qui s’est tournée vers Dieu pour implorer la délivrance de la nature déchue, aboutissement couronné par Sa volonté personnelle tout entière dédiée à la Communion avec Le Seigneur. Par Son ascèse, Sa fine persévérance dans la prière, et Son abandon à la volonté divine, elle est devenue prière incarnée, comme le scande le dernier vers de chaque portion de l’Acathiste :

« Réjouis-toi, Épouse, Tisserande de la prière incessante ! »

Qui mieux qu’Elle peut nous accompagner, en nous tenant par la main, sur ce chemin de prière vers Dieu ? L’Acathiste offre à notre bouche les mots pour solliciter Son aide.

« Très douce, bonne et très Sainte Vierge, Palais du Seigneur Jésus, délivre-nous des verrous de la malédiction, ouvre-nous le «chemin d’en-haut» » (Ikos II)

« C’est Toi qui nous enseignes, ô Vierge, la persévérance incompréhensible et la force de l’invocation apaisée contenue dans la prière humble et discrète. » (Ikos V)

Je réalise mieux qu’Elle est Celle qui a cru et accepté que le Mystère de l’Incarnation s’accomplisse à travers Elle, et qu’Elle est ainsi devenue notre Mère à tous et à toutes ! Quelle bénédiction ! Je la sens de plus en plus présente en moi, soufflant patiemment et si délicatement sur les braises de ma soif de Dieu.

« Tu nous montres que la vie ne nous a pas été accordée pour être seulement déformée en lui donnant un sens à notre guise. Elle exige d’être beaucoup plus enrichie, que d’être seulement vécue. La vie véritable appartient à l’Esprit au-delà de nos concepts et de nos opinions, au-delà de l’espace et du flux des instants. Elle est le miroir d’un ciel de feu au-dedans de nous, dont la voûte est tendue sur les abîmes de notre cœur et de nos agissements. » (Kondakion VI)

À l’unisson avec son Fils, Elle désire, plus que tout et pour chacun de nous, le Salut. Elle intercède infatigablement dans ce sens, et nous soutient en permanence, même lorsque Le Seigneur peut se faire plus distant par pédagogie. L’Acathiste nous fait entendre Son Exhortation encourageante.

« Goûtez vous aussi la voie du Nom de Lumière, le pèlerinage aux grandes hauteurs, et vous passerez de la mort à la vie, et tout votre être sera déifié. » (Ikos III)

Mère Silouana nous raconte comment cet acathiste, pourtant écrit par un saint roumain dans sa langue maternelle, circulait dans les villages accompagné du commentaire : « Tiens, je te le donne, ce n’est pas tout en Roumain mais dis-le et tu verras, c’est puissant ! ». Je le constate aussi, même s’il ne s’agit que d’une première version de la traduction, que l’on pourrait encore peaufiner. La récitation répétée d’un Ikos, participant après participant, crée en moi comme une douce vibration. Mes pensées d’ordinaire si prolifiques et dispersées se taisent. Les mots résonnent au fond de moi, les larmes coulent doucement et le cœur chante.

Gloire à Dieu et à Sa Mère Toute Pure pour ce grand moment de Grâce, et pour toutes les autres expériences vécues dans ce séminaire. Que Le Seigneur bénisse Mère Silouana, ainsi que les sœurs Timoteia et Macrina qui l’ont accompagnée, et tous les membres de notre groupe, grâce à qui j’ai reçu tant de trésors. Puisse l’Acathiste au Buisson Ardent nous accompagner, et la Mère de Dieu œuvrer en nous, pour que la prière s’incarne dans chacune et chacun et nous guide à la rencontre du Seigneur.

Sandrine Pihet

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