Ajouté le: 22 Décembre 2016 L'heure: 15:14

Schizophrénie/Attaques « démoniaques ». Diagnostic clinique/Diagnostic religieux

Les troubles psychiques ont toujours été considérés avec beaucoup de réserve, que ce soit dans le milieu social, professionnel, religieux ou familial. Souvent, un diagnostic psychiatrique se cache sous un diagnostic religieux, par le simple fait que la société tolère et a de l’empathie pour la « victime ». Il est plus simple de dire qu'une personne est possédée, plutôt que de reconnaître le tableau clinique d'un trouble psychotique. Nous avons besoin d'apprendre le non-jugement et à accepter que, tout comme chaque organe peut tomber malade (le foie, l'estomac, le cœur, etc.), de même notre cerveau peut lui aussi tomber malade. Et il ne faut pas le stigmatiser !

Dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), nous observons que la détérioration de la réalité se retrouve dans beaucoup de troubles psychotiques. Le terme de « psychotique » fait référence à des idées délirantes, des hallucinations proéminentes, un langage désordonné, un comportement catatonique ou excessivement désordonné. Toute modification visible de la pensée et du comportement d'une personne représente un motif d'inquiétude. Quand une personne, surtout d'âge relativement jeune, commence à s'isoler, devient moins communicative, développe un comportement quelque peu « étrange » et difficilement compréhensible pour ceux de son entourage, autant la personne en question que sa famille doit demander l'aide et le conseil du médecin. Si ces modifications sont accompagnées de troubles de la pensée (croyances bizarres et non explicables, conviction qu'elle peut être poursuivie, persécutée, que quelqu'un pourrait lui voler ses pensées, voire même les contrôler, ainsi que son corps, etc.) ou des troubles de la perception (entendre des bruits ou des voix ; voir, sentir, goûter des choses inhabituelles ou même ressentir diverses choses sur sa peau, sans pouvoir en identifier la source), une consultation psychiatrique est alors indiquée, ces manifestations faisant partie du tableau d'un épisode psychotique.

Apparaissent alors toutes sortes de questions : Pourrais-je être guéri ? Combien de temps vais-je devoir être sous traitement ? Et si les voisins ou mes amis l’apprenaient ? Pourrais-je fonder une famille ? Vais-je pouvoir continuer à travailler ? Toutes ces choses doivent être prises en considération par une équipe pluridisciplinaire (médecin spécialiste, psychologue et prêtre confesseur). Nous ne sommes pas dans une lutte de pouvoir, mais nous sommes là ensemble pour le développement de la qualité de vie. Nous avons besoin de psychoéducation et de soutien émotionnel.

Certains théologiens ont affirmé que la possession démoniaque est une souffrance spirituelle, tandis que la schizophrénie est une souffrance psychique. Comme diagnostic, la principale différence entre la possession et la schizophrénie est le caractère objectif du premier cas, tandis que le second est subjectif et limité intra-psychiquement. Par exemple : vous avez la conviction de comprendre le langage des animaux et les animaux vous comprennent ? Un observateur peut-il confirmer cela ? Si personne ne voit rien à part vous-même, il s'agit probablement d'une schizophrénie. Si d'autres personnes voient, par exemple, les chats vous fuir de manière affolée, il s'agit alors probablement d'une possession. Il existe beaucoup de troubles qui peuvent être confondus avec une présence d'entité maléfique, parmi lesquels la schizophrénie (qui se caractérise par des illusions et des hallucinations, un discours désordonné, un comportement catatonique, la paranoïa, un délire de grandeur ou religieux, des réponses affectives et émotionnelles diminuées). Les épisodes psychotiques peuvent très fidèlement simuler l'état de possession démoniaque par l'intermédiaire d'illusions et d'hallucinations, de sentiment de culpabilité et de mégalomanie (la personne croit que Dieu, Satan, ou l'un d'entre eux lui parle et lui donne des instructions pour une mission spéciale), de troubles dissociatifs d'identité ou d'identités multiples (présence de deux ou plusieurs identités, chacune ayant son propre mode de perception du moi et de l’environnement, impossibilité de se rappeler des choses essentielles sur sa véritable identité, normalement impossibles à oublier) ainsi que du syndrome de Tourette, décrit pour la première fois en 1855 par le neurologue français Gilles de la Tourette. Ce dernier est le plus souvent interprété comme un signe de possession à cause de ses manifestations : tics moteurs et vocaux (toux, cris, grognements, reniflements, répétition obsessive de mots ou de phrases, plissement du nez, haussements d'épaules, sauts, tours, attouchement de certaines personnes ou objets, coprolalie et cris vulgaires étaient considérés comme étant une partie des manifestations maléfiques ou même un indice de celles-ci).

Sans conférer plus d'autorité à l'un ou diminuer la valeur de l'autre, le diagnostic clinique aussi bien que religieux doit être déterminé par des spécialistes, accordant une grande importance à la déontologie de la profession, de la vocation pour laquelle chacun est appelé. J'ai souvent été surpris de la manière dont certaines personnes investissent une autorité supérieure (professionnelle), et accréditent n'importe quelle information sans plus de recherches. La carte de l'esprit de chacun contient beaucoup de labyrinthes, et il est absolument nécessaire qu'aux frontières de l'âme se trouve le Christ qui opère tant par le prêtre que par le médecin, le psychologue et autres spécialistes.

N'oubliez pas que l'homme qui est à vos côté est l'Homme le plus important ! Ne laissez pas les objets, le matériel, vous gagnez en défaveur de l'Homme !

Hiéromoine Chrysostome Filipescu

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