Ajouté le: 15 Décembre 2015 L'heure: 15:14

Icône de la Mère de Dieu qui sauve ceux qui se noient

Ce texte a été écrit d’après l’ouvrage « Les Fêtes et les Icônes de la Mère de Dieu dans l’Église Russe », 1999, rédigé par la moniale Sofia.

Distributeur : Librairie des éditions de l’Age d’Homme - Paris 6e.

En 1301, une icône de la Mère de Dieu flotta miraculeusement sur l’eau non loin d’un endroit de la rivière Desna où il y avait un tourbillon. Il arrivait fréquemment que de grosses péniches soient détruites. Cet endroit se trouvait en face d’une montagne près du village de Lenkovo à 8 kilomètres de Novgorod-Séversk, dans la province de Tchernigov (en Ukraine, au nord de Kiev).

Cette icône fut accueillie avec piété et posée sur la montagne, puis placée dans une église construite pour elle.

Dès lors les navigateurs qui voyageaient vers Lenkovo s’arrêtaient en ce lieu, se rendaient dans l’église et priaient devant l’icône de la Mère de Dieu « qui sauve ceux qui se noient », afin que la Mère de Dieu ait pitié d’eux et les garde. Les marins tiraient au sort pour savoir qui resterait seul au gouvernail de l’embarcation pour franchir la zone dangereuse. Les autres se tenaient sur la berge jusqu’à ce que le bateau ait franchi le tourbillon. A partir de l’apparition de l’icône, les accidents devinrent plus rares.

A l’époque de l’incursion des Polonais, le village et son église furent détruits et transférés, dans la seconde moitié du XVIIè siècle, en un nouveau lieu non éloigné du premier. On y construisit une église consacrée au saint Archange Michel. L’icône de la Mère de Dieu « qui sauve ceux qui se noient » fut placée dans cette nouvelle église.

Iconographiquement il existe deux modèles de cette icône. Celle que nous présentons s'inspire du modèle de l’icône de la Mère de Dieu de Korssoun. La Mère de Dieu et l’Enfant échangent un signe de tendresse, aussi l'appelle-t-on encore icône de la Miséricorde. En grec, le mot utilisé est « Éléoussa », en russe, le qualificatif donné est « Oumiliéniè » qu’on pourrait traduire par la « douloureuse joie ». Le sens est donc profond et riche. Ces icônes sont pleines d’une émotion humaine naturelle, d’amour et de tendresse maternels.

Léonide Ouspensky explique que « les icônes de la Miséricorde expriment l’aspect humain de la maternité divine et de l’Enfant divin ; elles soulignent avec force le fait que l’humanité de la Mère est aussi celle de son Fils, dont Elle est inséparable par son enfantement. » (extrait du « Sens des Icônes » aux Éditions du Cerf).

La Mère et l’Enfant ne sont représentés qu’à mi-corps et même on peut presque dire que l’on aperçoit seulement les visages et les mains. Léonide Ouspensky explique que ceci « souligne l’intimité propre aux images de la Miséricorde ». C’est dans « ces icônes que les sentiments humains sont les plus apparents ». « La Maternité est mise en relief avec beaucoup de force. Les deux visages serrés l’un contre l’autre semblent former un tout, traduisant le lien charnel entre la Mère et le Fils. Tout ici est centré sur l’élan du cœur. Les visages exempts de toute sévérité sont pleins de douceur et d’intimité. » « D’un geste plein de tendresse, la Mère serre son Fils contre elle des deux mains. Son regard pensif, pur et caressant est dirigé dans l’espace. »

Aujourd’hui, l’icône ancienne ayant été perdue au moment de la révolution, c’est une copie qui se trouve dans le monastère de la Transfiguration du Christ à Novgorod-Séversk.

L’icône est fêtée le 20 décembre / 2 janvier.

Moniale Sofia

 

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