Cette sainte icône se trouvait, au début du XXème siècle, à Vilnius, à la Porte de la ville, appelée Ostro-Brame. Elle était vénérée avec piété aussi bien par les orthodoxes que par les catholiques.
Elle est vénérée depuis longtemps comme une sainte chose importante de la ville de Vilnius et de toute la Litanie.
Cette sainte chose fut apportée à Vilnius, de Korssoun (en Crimée) par le grand prince Ol’guerde de Lituanie, après une des campagnes contre les Tatars de Crimée. La sainte icône fut offerte par Ol’guerde à sa première épouse, Maria Iaroslavna, qui était russe et orthodoxe. Après la mort de Maria, la seconde épouse d’Ol’guerde, qui était née princesse de Tver, donna l’icône à l’église de la Sainte-Trinité construite sur une montagne consacrée par le sang des premiers martyrs lituaniens1. Elle fut transférée de là dans l’oratoire proche de l’église de la Sainte-Trinité, non loin de la Porte Ostrya (dont l’appellation signifie « pointu », à cause de la forme du toit de la tour). Le transfert de la sainte icône dans l’oratoire fut effectué avant 1431, date à laquelle l’icône qui se trouvait près de la Porte Ostrya prit le nom de Korssoun.
En 1498 à Vilnius, sous la menace d’une invasion tatare, on entoura la ville de nouveaux murs de pierre. A la frontière russe ou orientale de la ville, on construisit une porte avec une tour, au sommet de laquelle on édifia un oratoire. C’est là que fut placée l’icône de Korssoun, sur la façade extérieure orientée vers ceux qui pénétraient dans la ville par cette porte. Dès lors l’ancienne appellation de l’icône tomba peu à peu dans l’oubli ; la sainte icône en reçut une nouvelle : on commença à l’appeler Ostrovorotnaïa et un peu plus tard Ostrobramskaïa (Vorotnaïa et Bramskaïa étant synonymes et signifiant « de la Porte »).
A l’époque de l’Union2, quand les uniates confisquèrent aux orthodoxes l’église de la Sainte-Trinité, l’icône miraculeuse fut retirée de l’oratoire par les orthodoxes et déposée dans une de leurs églises paroissiales ; mais, en 1606, la chose sainte fut saisie de force par les uniates et placée à nouveau dans l’oratoire de la Porte Ostrya qui avait été confiée aux soins des moines uniates qui habitaient près de l’église de la Sainte-Trinité.
Vers 1642, un monastère de carmélites fut construit près de la Porte Ostrya. Peu de temps après, les carmélites profitant de la négligence des moines, prirent possession de l’oratoire et de l’icône. En 1671, les carmélites construisirent, à la place de l’ancien lieu de prière, une église dans laquelle elles déposèrent l’icône, le visage de la Mère de Dieu étant tourné vers la ville. Après l’incendie de Vilnius, en 1714, l’icône miraculeuse fut retirée de l’église catholique Sainte-Thérèse. En 1744, on la plaça à nouveau au-dessus de la Porte.
En 1812, les Français qui avaient envahi la Russie endommagèrent légèrement la sainte icône. Lorsqu’on restaura l’icône en 1829 et qu’on la recouvrit d’une chape, on découvrit une inscription ancienne : le cantique de louange orthodoxe en slavon : « Plus vénérable que les Chérubins… »
La sainte Mère de Dieu est représentée sur l’icône jusqu’à la ceinture, grandeur nature. La très Sainte Vierge est dessinée toute seule, au moment de l’Annonciation. L’icône est peinte sur deux planches de chêne réunies, qui mesurent 2,20 mètres de haut et 1,75 mètre de large. L’icône est recouverte d’une chape dorée et d’une couronne à deux étages avec une auréole rayonnante ; elle se trouve dans une grande armoire à icônes, décorée d’une multitude de pierres précieuses. On a construit au-dessus de l’icône un autel latin sur lequel est célébré quotidiennement au moins deux messes. Cette chose sainte antique – l’icône miraculeuse d’Ostrobrame de Vilnius – est vénérée aussi bien par les orthodoxes que par les catholiques romains. Tous les hommes, sans exception, qui entrent ou qui sortent par la Porte Ostrya retirent leur couvre-chef. Un ordre spécial du gouverneur général, le prince N. Repnine, fut publié à ce sujet.
Un croissant de lune est dessiné sous la Mère de Dieu, peut-être pour rappeler la vision de saint Jean le Théologien : « Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête… » Apocalypse 12, 1). Sur l’icône reproduite ici, le nom de l’icône en slavon est inscrit dans ce croissant de lune.
Une copie de la sainte icône se trouve à Grodno, à la frontière polonaise.
Cette icône est sur le plan iconographique proche de l’icône de cellule de saint Séraphim de Sarov, appelée Icône de Tendresse de Sérafimo-Divéyévo, célébrée depuis 1885, en tant qu’icône miraculeuse. C’est celle qui porte le nom de « Joie de toutes les Joies ».
Cette icône n’a pas de tropaire ou kondak particuliers. Ce même jour, 26 décembre, on célèbre la Synaxe de la très Sainte Mère de Dieu. Cette fête a un kondak particulier, du Ton 6, qui est le suivant :
« Celui que le Père engendre avant l’aurore sans mère dans le ciel, sans père s’incarne de Toi sur la terre en ce jour ; un astre en donne aux Mages la bonne nouvelle, tandis que les Anges en compagnie des Bergers chantent Ton pur enfantement, Vierge comblée de grâce par Dieu. »
Notes :

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