L’icône se trouve dans l’une des neuf églises (sans compter l’église principale, c’est-à-dire le catholicon) du monastère Dokhiariou1 au mont Athos. Elle est fêtée le 9 novembre.
Dans l’histoire du monastère, imprimée à Bucarest en 1843, on raconte ceci au sujet de cette icône : « Devant le réfectoire2 des frères, dans une niche creusée dans un mur, il y avait une très ancienne icône peinte de la très Sainte Mère de Dieu. Conformément à l’opinion de vénérables pères, cette icône – qui existe toujours mais qui a été déplacée – remonte à l’époque de saint Néophyte, le fondateur du monastère athonite. Saint Néophyte vécut il y a huit cent quarante ans, au Xème siècle. L’aspect même de l’icône justifie le récit des pères qui exprime que cette icône est très ancienne. Cependant les couleurs, bien qu’elles aient pali – n’ont pas éclairci autant qu’on pourrait s’y attendre. La Providence Divine a gardé la sainte icône intacte pendant aussi longtemps pour qu’elle soit une source de miracles et de guérisons à la gloire de Dieu. Le premier témoignage de la puissance miraculeuse se manifesta au préposé à la table3.
Cette icône se trouvait dans le passage que les pères empruntaient pour se rendre au réfectoire ; mais le moine responsable de la table, du fait de son obédience4, circulait plus souvent que les autres dans ce couloir, non seulement de jour, mais même de nuit ; la nuit, il avait l’habitude de passer près de l’icône avec une petite torche allumée. C’est ainsi qu’une fois, en 1664, le préposé à la table, qui s’appelait Nil, longeant selon son habitude, cette icône, avec une torche qui flambait, entendit les paroles suivantes qui venaient de l’icône : « Ne t’approche pas d’ici à l’avenir avec une torche allumée et n’enfume pas mon icône ». Frère Nil eut d’abord peur de la voix humaine à laquelle il ne s’attendait pas, d’autant plus qu’il n’y avait personne dans le réfectoire. Il ne fit pas attention aux paroles, il retourna tranquillement dans sa cellule et ne parla à personne de cet événement ; et il continua à passer régulièrement devant l’icône, en tenant à la main une torche allumée. Quelque temps après, frère Nil entendit de nouveau les paroles suivantes : « Moine, indigne de ce nom ! Tu n’enfumeras plus mon icône avec autant d’insouciance et d’impudence ! » Et, sur ces paroles, le malheureux Nil devint aveugle. Il se souvint alors de la première voix qu’il avait entendue et il confessa avec franchise son péché, se reconnaissant digne d’un tel châtiment pour son inattention aux paroles de la très Sainte Vierge Mère de Dieu. Souffrant des yeux et privé de la vue, frère Nil resta debout devant l’icône jusqu’au lendemain ; le matin, les frères le retrouvèrent par terre ; il était tombé à la renverse. Frère Nil raconta alors ce qui lui était arrivé et les moines, effrayés, se prosternèrent pieusement devant l’icône miraculeuse et allumèrent devant elle une lampe à huile qu’ils maintinrent sans cesse allumée. Ils choisirent un nouveau frère pour le service de la table. Il était chargé de brûler, tous les soirs, de l’encens devant l’icône. Frère Nil, pour sa part, décida de ne plus sortir de sa cellule tant qu’il n’avait pas reçu le pardon pour son péché et la guérison de la cécité qui l’avait frappé. Jour et nuit, il priait et pleurait devant la divine Marie, la Mère de notre Seigneur ; avec les larmes d’une pénitence sincère il lui demandait de lui pardonner de ne pas avoir été attentif à sa voix et de lui donner la guérison ; et la Mère de Dieu, en tant que bonne Protectrice de ceux qui se repentent, ne méprisa pas l’aveugle qui priait. Un jour, tandis qu’il était en train de prier et de pleurer devant la sainte icône, il entendit soudain la voix suivante : « Nil ! Ta prière a été entendue, tu es pardonné et la vue va être rendue à tes yeux. Lorsque tu auras reçu de moi cette faveur, va annoncer aux frères que je suis leur protectrice, la Providence et la Protectrice de leur monastère, consacré aux saints Archanges. Qu’ils se tournent vers moi avec tous les chrétiens orthodoxes quand ils sont dans le besoin ; je n’abandonnerai personne ; je protègerai tous ceux qui accourent vers moi avec piété ; leurs prières, adressées à mon Fils et mon Dieu, seront exaucées grâce à mon intercession auprès de Lui. Qu’on appelle dès lors cette icône, qui me représente, « Gorgoépikoos »5 parce que je montrerai de la bienveillance à l’égard de tous ceux qui viendront vers moi et que j’accomplirai leur demande ». A la suite de ces paroles qui lui procurèrent la joie, frère Nil recouvra la vue. La rumeur concernant cet événement miraculeux se répandit rapidement à travers toute la Sainte Montagne et un nombre important de ceux qui menaient une vie monastique, désirant être les témoins de cet événement étonnant, qui s’était produit de leur vivant, affluèrent de partout vers le monastère où, en vénérant pieusement l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu, celui qui était chargé du service de la table, puni par une soudaine cécité, avait ensuite recouvré la vue. Sur ces entrefaites, la fraternité du monastère, à la suite d’une décision prise en communauté, après avoir prié la Mère de Dieu avec zèle et piété, ferma le couloir qui conduisait au réfectoire ; les frères fabriquèrent une belle enceinte à l’endroit où se trouvait l’icône et construisirent du côté droit, une ravissante église dédiée à la très Sainte Mère de Dieu « Gorgoépikoos ». On désigna, le jour même, un hiéromoine, choisi pour sa piété et son habileté ; on l’appela « prosmonarios » ; il avait pour obédience de rester en prière tout le jour devant la Mère de Dieu « Gorgoépikoos », en se tenant à la disposition des personnes qui venaient vénérer l’icône, et de célébrer, tous les matins et tous les soirs, un molébène6 devant la sainte icône. En outre, tous les mardis et jeudis soirs, après le congé des vêpres, dès que le prêtre avait achevé l’office dans l’église principale, tous les prêtres et les frères se relayaient solennellement auprès de l’icône de la Mère de Dieu « Gorgoépikoos » et chantaient devant elle un canon à la Vierge (ce qu’on appelle en grec un paraklissis). Les prêtres priaient à tour de rôle pour tous les chrétiens orthodoxes et pour la paix du monde entier ; à la fin du canon, tous les pères vénéraient l’icône miraculeuse et l’embrassaient avec foi et amour. Outre la tâche de prier devant l’icône miraculeuse, il incombait au prosmonarios de surveiller la pureté et la beauté aussi bien des offices de prières faits devant l’icône que du paraklissis chanté en l’honneur de la Mère de Dieu, au cours duquel on célébrait régulièrement, le dimanche, la Divine Liturgie ; il avait également le devoir de surveiller avec vigilance les lampes à huile qui étaient suspendues devant la sainte icône miraculeuse et de veiller à ce que la lumière ne soit jamais interrompue. Six lampes à huile étaient suspendues devant l’icône ; elles avaient été offertes par de pieux chrétiens en mémoire de miracles dont ils avaient été jugés dignes par la grâce de Dieu et par l’intercession de la Reine Céleste, elle qui priait pour nous en secourant promptement ; l’huile même, qui servait à l’entretien de ces lampes, était envoyée chaque année par ceux qui cherchaient l’aide céleste de la Mère de Dieu. La sainte icône, qui brillait comme une seconde lune très lumineuse, ces derniers temps, accomplissait des miracles si innombrables qu’il est impossible de les décrire tous : par l’intermédiaire de cette icône, la Mère de Dieu rendit la vue à un grand nombre d’aveugles, la marche aux boiteux, elle affermit les paralysés, en sauva beaucoup du naufrage, elle libéra des prisonniers et accomplit bien d’autres miracles ; aujourd’hui, elle aide tous les chrétiens orthodoxes qui accourent vers l’icône avec foi et un cœur affligé ».
(Ce texte est traduit du Calendrier du Patriarcat de Moscou de 1979).
De nos jours deux hiéromoines dits « prosmonarii » accueillent sur l’Athos, au monastère de Dokhiariou, les très nombreux pèlerins.
En Russie, il y a des icônes de la Mère de Dieu « Skoroposlouchnitsa » qui ont été envoyées par le mont Athos où elles ont été peintes. Il y en a une en Volhynie, dans le monastère de femmes de la Sainte-Trinité à Koretch. Une autre est à Moscou, dans l’oratoire du Saint Grand Martyr Pantéleïmon, rue Nicol’sky, depuis le 14 novembre 1887. C’est à cette époque qu’une guérison miraculeuse eut lieu par l’intermédiaire de cette icône : la veuve Anastasia Frolova de la ville de Rouza reçut la guérison. En janvier 1889, une jeune paysanne épileptique de la région de Moscou, reçut également la guérison par l’intermédiaire de cette icône. Dès lors on célébra quotidiennement des molebny et des acathistes à la Mère de Dieu, auprès de cette icône et des copies se sont amplement répandues dans toute la Russie. Une église a été construite à Moscou et dédiée à cette icône. ».
(Ce texte est écrit à partir de la traduction de « La vie terrestre de la très Sainte Mère de Dieu » – Saint Pétersbourg – 1909).
Il existe un office en l’honneur de la Mère de Dieu que l’on célèbre devant son icône, ainsi qu’un acathiste. On les trouve dans les suppléments aux Ménées, traduits par père Denis Guillaume. Le tropaire du Ton 4, selon notre traduction est le suivant :
« Nous qui sommes dans les malheurs, accourons auprès de la Mère de Dieu, et prosternons-nous maintenant devant sa sainte icône, lui criant avec foi du fond de notre âme : écoute sans tarder notre prière, Vierge, puisque tu as reçu le surnom de « Celle qui est toujours prête à exaucer ». En effet, nous, tes serviteurs dans le besoin, c’est toi que nous avons pour venir à la hâte à notre secours ».
Notes :

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