Le Doyenné Orthodoxe Roumain de France est l’entité ecclésiastique comprenant toutes les paroisses de l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Europe Occidentale sur le territoire de la France. À la date du 16 novembre 2013, ceci représentait 45 paroisses constituées – la première d’entre elles étant, bien entendu, celle de la Cathédrale métropolitaine – et 17 en formation. Certaines comportent un très grand nombre de fidèles – plusieurs centaines – certaines sont beaucoup plus petites – quelquefois une poignée de courageux.
Le Doyenné de France
Le Doyenné ne comprend pas les monastères, ceux-ci relèvent directement de l’Archevêché. Il dispose de plusieurs associations, dont l’une, Union Diocésaine Orthodoxe, réunit toutes les associations cultuelles des paroisses dans une union d’associations cultuelles. L’assemblée annuelle est avant tout celle de l’entité canonique ; mais elle est doublée par celle de nature associative. En son sein, peuvent avoir lieu les assemblées d’autres associations, celle par exemple de l’association Saint-Cosme qui gère la couverture sociale de plusieurs clercs majeurs. Le Doyenné a d’autres associations loi de 1901, comme par exemple l’association caritative et sociale qui est au service du département social de l’Archevêché, ou des associations culturelles. Il est très important d’éviter la confusion entre le plan canonique et le plan juridique et, pour cette raison, à chaque assemblée générale, S.E. le métropolite Joseph rappelle qu’il s’agit avant tout d’une réunion d’Église, et que le registre associatif n’est qu’un instrument de travail. Du reste, les quatre doyennés régionaux qui commencent à œuvrer n’ont pas d’association propre, parce qu’ils n’en ont pas besoin. Par ailleurs, certaines associations dépendent, non du Doyenné, mais de l’Archevêché ou même de la Métropole : c’est le cas du Centre Orthodoxe d’Étude et de Recherches Dumitru-Stàniloae.
Une caractéristique du Doyenné roumain de France est qu’il est composé à la fois de membres d’origine roumaine et d’origine française. Même les paroisses les plus roumaines comportent un certain de nombre de Français et l’inverse est également vrai. Et, dans le Conseil, on doit statutairement avoir des membres représentant ces deux peuples. Cela veut dire que cette entité ecclésiastique a une dimension universelle et qu’elle ne se réduit pas à la dimension nationale. Pour cette raison, elle est animée par une double préoccupation pastorale : la mission de rassembler les fidèles roumains dispersés ; et celle d’accueillir les Français en quête de la Tradition des Apôtres et des Pères. Du point de vue linguistique, il est caractéristique que les réunions du Conseil et l’Assemblée elle-même travaillent en langue locale, le français. Il faut savoir également que, à présent, nos communautés sont enrichies par de nombreux Géorgiens, ce qui fait évoluer la situation !
La réunion du Clergé
L’assemblée du Doyenné, en novembre dernier, a été précédée, la veille au soir, par la réunion générale du clergé majeur de France. C’est un effort pour nos prêtres et nos diacres de venir ainsi un peu à l’avance. Mais il y a un grand avantage à être tous, ou presque, réunis, au moins une fois par an, pour une réflexion commune et pour pouvoir bénéficier ensemble des conseils de notre Père spirituel, le métropolite Joseph. Cette année, le Conseil avait choisi de nourrir cette rencontre avec les thèmes d’actualité qui ont marqué l’année écoulée, principalement ceux qui concernent nos enfants. (i) On sait que les programmes scolaires comportent à présent des thèmes liés à la liberté sexuelle, à l’orientation sexuelle des jeunes, et à la définition même du masculin et du féminin. La question a été présentée dans le cadre d’une réflexion plus large, souhaitée par S.E. le Métropolite, sur la liberté d’expression religieuse, puisque, cette année, nous avions à réfléchir en relation avec le 1700ème anniversaire de l’édit de Milan.
Plusieurs interventions ont posé la question de savoir comment, soit protéger nos enfants (créer des écoles orthodoxes ? enseigner les enfants par correspondance à la maison ?), soit, tandis qu’ils restent immergés dans l’École, les instruire (catéchèse des adultes et des enfants) pour qu’ils acquièrent, également grâce à leurs parents, le discernement par rapport à l’esprit du monde. Dans une sociétédéchristianisée, la solution est, semble-t-il, dans des écoles catéchétiques et dans l’enseignement. Elle est également dans le renforcement de la vie religieuse en famille, qui a déjà fait ses preuves à l’époque de totalitarisme dans les pays de l’Est et, plus anciennement, sous la domination ottomane. Les chrétiens orthodoxes sont capables de secréter, sans agressivité et sans peur, courageusement toutefois, les attitudes vivantes qui permettent aux adultes et aux plus jeunes d’apporter au monde ce que seule l’Église peut lui apporter : l’amour et la sagesse du Christ Dieu. Ces réflexions devraient pouvoir être relayées en paroisse et dans les réunions des doyennés régionaux.
L’assemblée générale
Un compte-rendu détaillé a été adressé aux représentants de toutes les paroisses, à charge pour eux d’en faire connaître le contenu strictement dans leurs communautés. Mais certaines grandes lignes valent d’être présentées ici de façon plus générale.
Vie sacramentelle
Dans son rapport moral, S.E Monseigneur Marc, évêque vicaire de l’Archevêché, a abordé la vie liturgique, le témoignage missionnaire, l’activité caritative et les échanges avec les Orthodoxes et les chrétiens d’autres communautés. Les paroisses du Doyenné montrent une belle régularité dans la célébration des principaux offices et sacrements, suivant les forces de chacune : ainsi, l’office des saintes Huiles ou celui des Dons présanctifiés ne peuvent pas être partout pris en charge pour le moment. Plus de mille célébrations du baptême, près de deux cent du couronnement sont dénombrées. Une vingtaine de personnes cette année est entrée dans la communion orthodoxe, par la confession de foi et la chrismation. Ce dernier chiffre paraît faible et traduit peut-être que notre préoccupation principale est souvent la mission intérieure, c’est-à-dire le rassemblement de ceux qui sont déjà Orthodoxes. Et Monseigneur Marc souligne que nous devons témoigner de notre foi, ne pas la garder égoïstement pour nous.
Catéchèse
Dans ce cadre, la catéchèse a toute sa valeur, auprès des adultes, des adolescents et des enfants : mais, on constate qu’elle est difficile à organiser de façon régulière. D’autres instruments de la mission sont, de façon efficace, pour les Orthodoxes de souche comme pour les non baptisés ou ceux qui ont perdu le sens de leur baptême, les conférences théologiques, les pèlerinages organisés avec le Centre de Pèlerinage de l’Archevêché, l’Université d’été, l’activité du Centre spirituel Sainte-Croix, les cours sur Apostolia.tv, la visite fréquente des monastères et, surtout, les camps organisés chaque année pour les jeunes et, cette année, pour la première fois, pour les familles. Les jeunes y découvrent qu’ils ne sont pas seuls à être Orthodoxes et ils se font des amis. Un autre moyen missionnaire se développe avec les sites Internet dont presque toutes nos paroisses sont maintenant équipées.
Monseigneur Marc insiste sur la valeur missionnaire de la beauté : celle de nos églises – comme celle de notre cathédrale rénovée - surtout quand nous pouvons acquérir les lieux de culte ; celle de la célébration qui tend à toucher le cœur de l’être humain et peut convertir quelqu’un à la vraie foi. Le festival annuel « Pour l’amour de la Beauté » contribue pour beaucoup à cette ouverture à la Tradition par la qualité des formes d’expression.
Le prochain
Dans le domaine caritatif, l’investissement du Doyenné a augmenté, mais il reste beaucoup à faire dans ce qui est, finalement, l’application du commandement d’amour du prochain. Des initiatives locales de grande qualité se sont fait connaître dans l’accueil des Orthodoxes sans papiers, des demandeurs d’asile, pour accompagner les personnes dans les démarches administratives, pour des cours de français et parfois pour des hébergements d’urgence. Ces initiatives gagneront à être organisées et fédérées grâce à l’outil caritatif de l’Archevêché, l’association Saint-Nicolas-et-saint-Silouane. En ce qui concerne les prisons, le travail est immense et nous manquons de prêtres pour cela : l’aide des laïcs dans ce domaine peut être développé de façon légale. Il en est de même pour notre aumônerie des hôpitaux, ou celle des armées, qui en sont à leurs débuts. C’est avec beaucoup d’humilité qu’il nous faut entreprendre de répondre aux besoins de nos frères orthodoxes présents dans la société française… Il faut être conscient du fait que nos paroisses sont fréquentéespar un très faible pourcentage de la population orthodoxe réelle dans notre pays. La participation pascale ne doit pas nous tromper… Nos paroisses sont souvent fragiles et pourtant, conclut l’évêque Marc, l’œuvre de l’Esprit saint est bien présente : elle est une source d’émerveillement, la force de notre Seigneur se montrant dans nos faiblesses elles-mêmes.
Pour terminer…
Nous voulons terminer par quelques conseils de notre Père spirituel, le métropolite Joseph. En ouvrant l’assemblée, il a commenté l’évangile du jour (Matthieu 9, 9-13) dans lequel le Seigneur guérit un jour de sabbat et où est donné l’exemple du roi David mangeant le blé dans un champ quand il a faim. À ceux qui le demandent, le Seigneurlaisse entendre que son souci pour l’homme est plus grand que tout. Notre travail dans l’Église est pour notre frère, pour rien d’autre et, à travers le frère, nous servons le Seigneur. Tout pour la gloire de Dieu au travers du salut de notre frère… Si les travaux de cette assemblée peuvent sembler être du temps perdu, c’est en fait du temps gagné ! Nous faisons le compte-rendu du service, de l’amour, du souci pour autrui ; chacun parmi nous se met au service de l’Église de Dieu au cours de l’année – c’est plus important que les chiffres… D’autre part, toujours selon Monseigneur Joseph, l’activité missionnaire est beaucoup plus juste et féconde lorsque, au lieu de parler de l’Orthodoxie en elle-même, on parle du Christ de façon orthodoxe. Notre témoignage extérieur est rebutant quand nous prêchons pour nous-mêmes. Mais parler du Christ en vérité touche en plus grand nombre les oreilles sensibles.
Rédigé par l’a.p. Marc-Antoine Costa de Beauregard, Doyen de France
[i]Le texte utilisé, « La théorie du Genre à l’École » est téléchargeable à partir du site Sagesse-orthodoxe.fr

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