Marius Iordăchioaia, L’orphelin
La tranquillité est bonne, car l’homme réfléchi garde la paix et la sérénité (Proverbes 21, 12). Mais, il se trouve que si quelqu’un projette de se recueillir, l’ennemi arrive aussitôt pour lui écraser l’âme avec l’ennui, le découragement et les mauvaises pensées. Il lui charge également le corps avec des maladies, des faiblesses, avec un épuisement des genoux et de tous les membres, et il parvient à tarir l’énergie de l’âme et du corps. Alors, dit-on, « je suis épuisé et je ne réussis pas à faire mes prières ». Mais si nous veillons, tout cela se disperse.
Il y avait un moine saisi, dès qu’il entreprenait son canon , par des frissons, de la fièvre, du mal de tête. Alors, il se dit : je suis malade et je peux mourir; je vais me lever avant de mourir et je vais dire la prière. Et par cette pensée il se contraignait lui-même et il accomplissait son canon de prière. Mais quand il cessait de prier, cessait également la fièvre. Et à nouveau, réfléchissant de la même manière, il se résistait à lui-même, il faisait sa prière, et il triomphait des mauvaises pensées.
Sentences des Pères d’Egypte, Mère Théodora
Vient un moment – et cela arrive une seule fois – quand on est invité à une « autre noce » que l’habituelle, quand le souci du jugement final prévaut sur les bricolages dans notre enclos personnel, quand il est préférable d’être implacable avec les habitudes et les tendances qui d’ordinaire nous confisquent à nous-mêmes, pour entrer à nouveau en dialogue avec les repères, négligés par la règle, de nos besoins d’éternité.
Et si, quand vient un tel moment, on trouve une foule d’excuses pour se dérober, il ne faut pas s’étonner qu’entrent à nouveau en jeu les éléments du « plus tard ». L’ « invitation » est suspendue, les portes se ferment. Au lieu d’entrer dans la « salle du banquet », on reste dans la salle d’une attente sans fin, celle de l’extériorité indéfinie. Mais on reste là où l’on a choisi de rester. Aucun „hôte” ne nous a exclus: c’est notre propre décision. En d’autres termes, nous perdons la main, disloqués par un entêté self-help agenda, sur lequel la sécurité de notre personne et de la famille épuisent toutes nos ressources. On se gaspille soi-même dans l’effort pour (s’)économiser. On perd ainsi son identité dans lorsque nous nous efforçons de la consolider dans ses données contingentes.
Andrei Pleşu, les Paraboles de Jésus
Il aime la retraite, celui qui n’éprouve aucune passion pour les choses du monde; il aime tous les hommes, celui qui n’aime plus rien d’humain; il possède la connaissance de Dieu et du divin, celui qui ne se scandalise au sujet de personne, soit pour ses fautes, soit pour des pensées soupçonneuses. (37)
L’esprit ami de Dieu combat, non pas des objets, ni leurs représentations, mais les passions qui se lient à ces représentations. Ainsi, il ne s’en prend pas aux femmes, ni à qui l’a attristé , ni aux images qui les représentent, mais aux passions liées à ces images. (40)
Ce n’est pas du tout par besoin que Dieu, la plénitude absolue, a amené à l’existence ses créatures; c’est pour que ces créatures soient heureuses d’avoir part de sa ressemblance, et pour se réjouir lui-même de la joie de ses créatures, tandis qu’elles puisent inépuisablement à l’Inépuisable. (46)
Saint Maxime le Confesseur, Troisième centurie sur la charité

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