Bien-aimés vous le savez,
Par Lui tout est sacré,
Nos mains occupées, fermées, ouvertes,
Lassées, croisées, priantes, levées.
La main qui rencontre l’autre,
Fut-il étranger,
Nos mains offertes et servantes
Pour notre Amour,
Nos pieds agiles ou lents,
Fins et cambrés, ou plats et pesants,
Larges ou petits,
Qui tiennent tout à eux seuls, debout,
Et marchent par deux
Si étonnamment,
Prêts à tous les chemins
Pour suivre notre Amour.
Nos yeux qui s’émerveillent
Parce que l’aube est légère,
Le soir glorieux,
Le jour plein de couleurs,
De lumières, d’ombres,
De reflets, de lignes,
D’angles, de cercles et d’espace,
Au-delà du monde et des mondes.
Nos yeux qui s’émerveillent,
Qui pleurent, qui rient,
Qui échangent avec l’autre,
L’amour, la détresse, la tendresse.
Nos yeux qui contemplent
Et se ferment sur le silence
De notre Amour.
Sacrées, et pour Lui
Notre bouche, notre langue,
Nos voix, et cette oreille si étrange,
Mobile et sensible à tout,
Qui écoute le mot-clé
Du dialogue de l’Amour.
Un jour le Centre de tout
Se dévoile,
A partir de Qui
Nos pas vont et viennent
De Lui vers Lui
Et prennent enfin
Sens et cadence,
Paix de la maison.
La réalité ultime se fait connaître
Dans la vérité.
Chaque ombre, chaque couleur,
Chaque temps, chaque espace
Et tous les bruits du monde
Trouvent leur ordre harmonique,
L’oreille, tout à coup sensible,
Entend le chant,
O Dieu merveilleux …
Anonyme