Ajouté le: 8 Novembre 2012 L'heure: 15:14

Saint Conrad patron de la ville de Constance

Issu de la famille princière des duc d’Altdorf, Conrad naquit vers 900 et reçut une éducation choisie à l’école cathédrale de Constance. En 934, il devint évêque de cette ville, et conduisit l’histoire de ce diocèse pendant 40 ans environ. Ami proche de saint Ulric, ancien évêque d’Augsbourg, saint Conrad se fit remarquer par la construction d’églises et de monastères, ainsi que d’un hôpital. De ses voyages en Terre sainte et à Rome, il rapporta de nombreuses reliques pour son évêché, notamment un fragment de la sainte Croix. Saint Conrad est célébré par les Orthodoxes et les Catholiques‑romains chaque année le 26 novembre, date de son passage à la vie éternelle. 

Saint Conrad patron de la ville de Constance

Conrad venait de la famille des ducs d’Altdorf et naquit vers 900. Il était le fils du duc Henri d’Altdorf, aujourd’hui Weingarten, dans le land allemand de Baden‑Württemberg. Son nom signifie en vieil allemand un « conseiller avisé ». Ses parents, des gens pieux et avec la crainte de Dieu, confièrent Conrad à l’évêque Nothing, pour lui donner une haute éducation. Comme il détestait l’art de la guerre, Conrad décida de consacrer toute sa vie à Dieu et opta pour la carrière ecclésiastique. Sous la direction de l’évêque Nothing, Conrad étudia à l’école cathédrale de Constance et non au monastère Saint‑Gall, comme l’affirme l’historiographie la plus ancienne (HH, art. Konrad von Konstanz, în: LThK 6 (1997), p. 416).

Comme il avait acquis de nombreuses connaissances et qu’il était paré de toutes les vertus, l’évêque Nothing ne le laissa pas partir loin de lui après son ordination en tant que prêtre, et le nomma ecclésiarque de l’église épiscopale de Constance. Mais bientôt l’évêque Nothing passa à la vie éternelle, et fut enseveli par l’évêque d’Augsbourg, Ulric. C’est ainsi que Conrad fut élu évêque de Constance en 934, et ordonné par l’évêque Ulric, avec lequel il conserva une étroite amitié toute sa vie.

Quoiqu’il fût toujours proche du roi Othon I (+ 973), Conrad ne s’impliqua pas dans la vie politique du royaume (Empire à partir de 964). Selon certains, dans la vie politique, Conrad resta dans l’ombre de son ami Ulric. Pourtant, Conrad participa au couronnement d’Othon I comme empereur à Rome, aux côtés de saint Ulric et d’autres évêques et représentants de la cour impériale.

Un fondateur d’églises et de monastères

S’il ne prit pas une part active à la vie politique, Conrad se fit remarquer par une prodigieuse activité dans le domaine architectural. De nombreuses églises érigées pendant cette période furent construites à son initiative. De même, il construisit des monastères, les édifiant pour la plupart sur ses fonds personnels. L’évêque Conrad visita plusieurs fois Rome, la « Ville éternelle », et se préoccupa de construire plusieurs églises à Constance suivant le modèle des églises patriarcales de Rome. Il entreprit également plusieurs voyages en Terre sainte, et rapporta même un fragment de la sainte Croix. Partout où il voyageait, Conrad était préoccupé de recevoir des saintes reliques, pour transformer sa ville en un important centre de pèlerinage. Parmi les églises construites par Conrad on compte la Rotonde Saint‑Maurice, les églises Saint‑Jean‑Baptiste et Saint‑Laurent, et celle qui est dédiée au saint apôtre Paul. Comme il voulait que les pèlerins se sentent plus proches de la Terre sainte, Conrad construisit l’église Saint‑Maurice sur le modèle de l’église du Saint‑Sépulcre à Jérusalem (Thomas ZOTZ, art. Konrad I, în: BBKL 4 (1992), p. 280). Selon certains chercheurs, l’église Saint‑Maurice avait pour Conrad également un symbolisme politique, puisque saint Maurice, avec saint Laurent, avait été choisi comme patron de l’Empire romain‑germanique à l’époque othonienne.

Conrad érigea également un hôpital à Stadelhofen, et y apporta une parcelle de la sainte Croix. En raison de l’accueil du bois de la Croix, la ville reçut le nom de Crucelin (Crucis Lugdunum), puis ensuite de Crucelingen ou Creuzlingen, et est aujourd’hui la plus grande ville suisse du lac de Constance, sous le nom de Kreuzlingen.

Relations avec les monastères de Saint‑Gall et d’Einsiedeln

L’évêque Conrad eut des relations très étroites avec le monastère de Saint‑Gall, comme il ressort de l’ouvrage du moine Ekkenhard intitulé: Casus sancti Galli. Il semble que, à la demande de l’empereur Othon I, l’Evêque fit une visite canonique au monastère, en raison d’une plainte exprimée contre l’abbé du monastère. Suite à la visite, Conrad donna une recommandation positive du monastère, et devint plus tard son soutien et son bienfaiteur (Johannes DUFT, Bischof Konrad und St. Gallen, in: Johannes DUFT, Die Abtei St. Gallen. Beiträge zur Kenntnis ihrer Persönlichkeiten, Sigmaringen 1991, p. 201‑202).

En 948 l’abbé Eberhard du monastère d’Einsielden (aujourd’hui le plus grand monastère bénédictin du territoire de la Suisse) invita l’évêque Conrad (le territoire appartenait canoniquement à l’évéché de Constance) à consacrer l’église du monastère. Conrad célébra la consécration avec son ami l’évêque Ulric d’Augsbourg. Un miracle se produisit alors, que l’évêque Conrad raconta au pape Léon VIII, à l’occasion du couronnement impérial d’Othon à Rome en 964. Suivant cette tradition, l’église aurait été consacrée par un ange, motif pour lequel chaque année les moines du monastère fêtent cet évènement le 14 septembre.

L’évêque Conrad est resté dans l’histoire de l’évêché de Constance comme un bon organisateur et un administrateur talentueux, ainsi qu’un évêque pieux et miséricorieux. Certains disent qu’il avait également le charisme de la prophétie. Une légende raconte qu’un jour de Pâque pendant la sainte liturgie une araignée tomba dans le saint Calice. L’Evêque consomma les saints Dons, et au moment de l’agape l’araignée sortit intacte de sa bouche. C’est pourquoi, dans l’iconographie, il est quelquefois représenté tenant d’une main un calice et de l’autre une araignée.

Le patron de l’ancien évêché de Constance

Après 40 ans d’activité à la tête du diocèse de Constance, le plus grand au nord des Alpes à l’époque médiévale, Conrad passa à la vie éternelle le 26 novembre 975 à Constance et fut inhumé dans la chapelle Saint‑Maurice. En 1089 ses reliques furent transférées dans la cathédrale nouvellement construite. Quelques années plus tard l’évêque Ulric I, constatant la vénération dont était l’objet son prédécesseur, demanda au moine Udalschalk d’écrire sa vie. Vers 1120, le moine Udalschalk écrivit ainsi une biographie consacrée à saint Conrad, sous le titre: Vita Chuonradi Constantiensis episcopi. Probablement, l’évêque Ulric I demanda la rédaction de cette vie, pour la présenter à Rome en vue de la reconnaissance de la vie sainte de l’Evêque. C’est ainsi que l’évêque Conrad fut canonisé officiellement par le premier concile du Latran, qui se tint en 1123.

Etant donné qu’il a vécu avant le grand Schisme, le saint évêque Conrad est commémoré chaque année par les Orthodoxes également à la date de sa mort, le 26 novembre. Dès le 12ème siècle saint Conrad fut consacré comme patron de l’évêché de Constance, aux côtés de la sainte Vierge et de saint Pélage, jusqu’à la suppression du diocèse en 1821. La même année fut fondé l’archevêché catholique de Fribourg, et saint Conrad fut considéré comme l’un de ses patrons. Jusqu’à nos jours, les chrétiens de la région du lac de Constance (Bodensee) vénèrent saint Conrad, et aux manifestations organisées chaque année en novembre en son honneur participe un évêque catholique romain.

P. Alexandru Nan

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