Qui ne comprend pas
L’incarnation du Verbe
Qu’il regarde comment parle
Un muet
Qui ne comprend pas
Que le Christ est la lumière du monde
Qu’il regarde le sourire
D’un aveugle
Qui ne comprend pas
Qu’Il est le Pain
Qu’il regarde la faim dans les yeux
D’un orphelin
Qui ne comprend pas
La Résurrection
Qu’il regarde la lumière
Au travers des larmes
D’un moribond...
Car ils ne voient pas le Christ
Ceux qui craignent
De regarder en profondeur
Dans les blessures des hommes.
Marius Iordăchioaia, Pourquoi ne le voyons‑nous pas
Si les saints Mystères, les sacrements, sont tellement stupéfiants, redoutables, élevés, loin de nous, tellement inacessibles et impénétrables, pouvons‑nous encore communier au Corps et au Sang de notre Seigneur Jésus Christ ? ‑ nous, tellement indignes, qui nous considérons indignes et qui sommes de toute façon indignes; qui sommes de toute façon bien plus bas que les Mystères.
La réponse nous vient du Christ Seigneur, qui nous a donné les Mystères. Il a donné les Mystères, non pour les anges, mais pour les hommes. Pensez par exemple à ceci: deux de ceux qui, à la Cène Mystique, communièrent au Corps et au Sang du Sauveur, ont commis des actions qui ne relèvent pas d’une vie supérieure – Judas qui avait communié a vendu le Christ, et Pierre qui avait communié a dit qu’il ne le connaissait pas. Le Christ Seigneur, quand Il leur a donné les Mystères, ne savait‑Il pas ce qui arriverait? Il le savait. C’est à nous, les indignes, qu’Il a donné son Corps et son Sang, non à ceux qui sont dignes.
Il est vrai que nous devons faire des efforts et tendre à une dignité à laquelle nous ne pouvons jamais atteindre. Si nous attendons d’être dignes, nous ne communierons plus jamais, parce que nous ne sommes jamais dignes [par nous‑mêmes]. Mais le Christ Seigneur nous rend dignes... Pensez à cela, par exemple: nous avons devant nous un petit enfant; soit nous nous adaptons à lui, et nous nous faisons petits comme lui; soit nous le prenons et le levons dans nos bras. De la même façon Dieu aussi nous a donné les saints Mystères parce qu’Il nous aime et qu’Il veut nous réjouir. Il ne veut pas nous condamner.
Pourtant les Mystères peuvent être pour notre condamnation quand nous voulons rester indignes, quand nous les recevons pour en tirer vanité, quand nous voulons commettre des actes qui n’ont pas de rapport avec eux. Mais quand tu reconnais ton indignité, quand tu dis : « je suis le premier des pécheurs » et que tu vas pourtant communier, tu communies de façon à ne plus être le premier des pécheurs ou pour ne plus être pécheur. La sainte communion a une telle puissance que la puissance du Sauveur, et non notre indignité, se manifeste en nous.\
Quand le Fils prodigue est rentré à la maison, si son père qui l’accueillait en lui offrant un repas, lui avait dit qu’il était indigne, toute cette joie n’aurait plus eu le moindre sens. Mais il est entré aussitôt dans la joie que son père lui avait préparée. Il en est de même pour la communion...
Je suis pour la communion fréquente, non pour la communion une fois par an. Je ne crois même pas dans la foi de celui qui ne communie qu’une fois l’an. Pourquoi, si tu as la possibilité de communier souvent, communies‑tu rarement? Quelqu’un répond: à cause de mes péchés. Ne vous imaginez pas que ceux qui communient rarement communient mieux que ceux qui communient fréquemment: ils ne passent pas leur temps à se préparer; ils se préparent de la même façon avant de communier. Alors, quel sens a de passer à côté de la communion? Cela veut dire que le Christ Seigneur veut te la donner et que, toi, tu ne veux pas. C’est pour cela que notre sainte Eglise célèbre la divine liturgie: pour que les fidèles communient! Elle célèbre, non pour que ne communient que les prêtres, mais pour que les fidèles communient, comme c’est le cas pendant le carême de Pâque, par exemple.
Mais je n’obtiens pas des gens qu’ils communient fréquemment, parce que je n’arrive pas à les convaincre de se confesser fréquemment. Si les gens sont tellement indifférents aux réalités divines, je ne peux les attirer à cela tant qu’ils ne sont pas en état de le désirer. Mais, celui qui désire cela, qu’il n’aille pas hésiter, sous prétexte que – quelle catastrophe! ‑ les sept semaines ne se sont pas écoulées. Est‑il plus préparé après sept semaines? – Pas davantage que s’il communiait le lendemain ou le surlendemain ou après une semaine.
Les personnes qui ont le consentement de leur père spirituel pourraient communier à chaque célébration de la sainte liturgie. Il est vrai que cela dépend beaucoup du père spirituel, mais sachez que les pères spirituels ont également des opinions diverses. Il en est certains qui ne te laissent pas communier. Je ne sais pas comment ils viennent communier alors qu’ils ne laissent pas les fidèles le faire...
Efforçons‑nous tous de comprendre ces réalités divines dans la mesure où nous pouvons les comprendre. Dépassons‑nous nous‑mêmes, pour connaître la valeur de ces Dons par lesquels nous nous unissons au Christ Seigneur, par lesquels Il vient en nous et se forme dans nos coeurs, nous devenant plus intime que nous ne sommes nous‑mêmes.
P. Teofil Părăian, Venez recevoir la joie
Au‑delà du besoin et du désir de pardon, de réconciliation et de guérison, il doit y avoir purement et simplement cela: l’amour pour le Christ que nous aimons « parce qu’Il nous a aimés le premier » (1 Jean 4, 19). C’est ainsi l’amour, et rien d’autre, qui rend possible notre passage au‑delà de l’abîme qui sépare la créature du Créateur, le pécheur de celui qui est Saint, ce monde‑ci du royaume de Dieu. Seul, cet amour est ce qui transcende et donc abolit toutes nos divagations humaines – tout ce qui est trop humain –: au‑delà de l’ « indignité » ou de la « dignité », il écarte nos peurs et nos réticences, il fait que nous nous ouvrons à l’amour divin. « Il n’y a point de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte, parce que la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour » (1 Jean 4, 18).
Cet amour a inspiré la belle prière de saint Siméon le Nouveau Théologien : « celui qui communie aux Dons divins n’est plus seul, mais avec toi, mon Christ... Donc, pour ne pas demeurer seul, sans toi, Donateur de vie, mon souffle, ma vie, ma joie, salut du monde... »
C’est donc là le but de toute préparation, de tout repentir, de tout effort et de toute prière: aimer le Christ et, « avec audace et sans condamnation », participer au Mystère dans lequel l’amour du Christ nous est offert.
P. Alexander Schmemann, Le Grand Carême

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