Beaucoup de gens s’effrayent de voir que leur vie est fondée sur des peurs et des « sacrifices » inutiles, comme s’ils avaient « vendu leur âme » pour être enfin aimés, acceptés, intéressants, meilleurs ou pires que les autres, mais en tout cas pris en considération... Le résultat ? Un frisson sans amour ni tendresse autant alentour qu’à l’intérieur de l’âme. Chacun attend ou prétend que le monde va changer, que « quelqu’un va venir et faire quelque chose, car cela ne peut plus durer ainsi »...
Il y a tellement de souffrance, de désespoir et de tristesse au‑delà du vacarme des réunions et des distractions qui semblent sans commencement et sans fin...
Que faire ? Ecoutons l’appel de celui qui nous appelle depuis deux mille ans : « Convertissez‑vous car le Royaume des cieux est arrivé ! » Hélas! les hommes qui survivent en niant le malheur qui est le leur ont plus peur du repentir que de la souffrance qu’ils vivent et cultivent. Ils ont peur par ignorance, parce que nous – qui nous sommes convertis – nous ne sommes pas les témoins de la Joie qui vient par la conversion; nous ne devenons pas les missionnaires de la Joie.
Mère Siluana Vlad, Lettre à André
La seule réalité pour laquelle l’être humain mérite de vivre et qui donne sens à sa vie est l’amour... Quand, dans notre esprit et notre âme, nous nous formons une image idéalisée de l’amour, fondée sur l’être humain faible et passionnel, nous tombons dans une grande illusion qui nous dévaste l’esprit et nous blesse l’âme.
Autour de nous, nous voyons souvent des relations désastreuses, mais nous pensons que nous saurons mieux nous tirer d’affaire. A cause de nos péchés nous ne réalisons pas l’étendue de la chute et de notre faiblesse. Nous attendons du prochain, qui lutte avec les mêmes passions que nous, un amour accompli, réalité que nous ne sommes pas nous mêmes en état d’offrir aux autres, parce que nous sommes tous prisonniers du péché.
Nous attendons ainsi que notre prochain satisfasse notre besoin inné d’amour, besoin que seul Dieu peut combler parfaitement.
Pourtant l’amour humain lui‑même, faible comme il est, conserve quelque chose du caractère sacrificiel de l’amour divin. Il se donne lui‑même jusqu’au bout, il vit à l’intérieur de l’être aimé, autour de qui il construit tout son bonheur, toute sa vie.
Dans les relations entre nous, nous avons besoin de la troisième Personne. Les prêtres, pendant la sainte liturgie, échangent le baiser de Paix, et disent : « Le Christ est parmi nous ! »; il faut qu’il en soit également de même dans notre vie. Dans la relation d’amour que nous avons, Dieu est, non pas un intrus, mais Celui qui la purifie et qui l’accomplit.
En vérité, nous ne pouvons aimer sans humilité; ce n’est qu’ en nous humiliant que nous laissons place à autrui dans notre coeur.
Archim. Zacharias Zacharou (Maldon, Angleterre), fragment d’une conférence, Iassy, 29 sept. 2011
La recherche d’un sens à la vie crée plutôt une tension qu’un équilibre interne. Mais cette tension est indispensable à la santé mentale. Personne dans le monde ne peut aider une personne à survivre dans les conditions les plus difficiles comme peut le faire la raison que cette personne a de vivre. Nietzsche avait raison quand il disait que celui qui a une raison (un motif) de vivre peut supporter n’importe quelle épreuve, ou presque. Dans les camps de concentration nazis, les plus aptes à survivre étaient les prisonniers qui avaient un projet à réaliser après la libération...
Quand j’était incarcéré à Auschwitz, on m’a confisqué un manuscrit prêt à être publié. Mon désir profond de l’écrire à nouveau m’a aidé, c’est absolument sûr, à survivre aux rigueurs du camp dans lequel j’étais interné. Ainsi, atteint de la fièvre tiphoïde, dans un camp de Bavière, j’ai commencé à prendre, sur des morceaux de papier, des notes qui devraient m’aider à écrire à nouveau le livre si je devais survivre. Je suis sûr que les efforts que j’ai déployés dans les baraques sombres d’un camp de concentration bavarois m’ont aidé à surmonter les périls d’une attaque cardiovasculaire.
Ceci prouve que la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce que nous sommes et ce qu’il faudrait que nous soyons. Cette tension est inhérente à la nature humaine, elle est indispensable à sa santé mentale: il ne faudrait donc pas éviter de confronter l’homme au sens de sa vie. Il est risqué de croire que la santé mentale dépend avant tout d’un équilibre intérieur privé de toute tension. L’être humain a besoin de tendre vers un but digne de ce nom, de réaliser une mission librement choisie; il a besoin, non de se libérer de toute tension, mais plutôt de se sentir appelé à accomplir un projet.
Viktor Frankl, L’homme en quête du sens de la vie
Au cours des temps – et maintenant plus que jamais – même chez les hommes de bonne foi (surtout eux), se voit dans le christianisme une sorte de vague et doux crétinisme, bon pour des bigots, des crédules et les êtres sans caractère.
Du moment où le christianisme est en réalité une effervescence, il est scandale, il est « pure folie », plus audacieux et plus exigeant que n’importe quelle théorie extrémiste; il est une aventure, il est un happening – il est le plus formidable happening. Dogme, mystique, morale, le christianisme est, en tout et tout spécialement, un mode de vie, une solution et une recette de bonheur... Le christianisme donne la paix, le calme et le repos –il n’est pas insipide et monotone, mais la route de l’aventure la plus téméraire, de la lutte incessante, de l’acrobatie la plus risquée. Un trapèze dans les hauteurs – et pas de filet en‑dessous. Je ne comprends pas comment les pèlerins de l’aventure et les pétionnaires du bonheur ne voient pas qu’ils passent à côté de ce qu’ils cherchent...
N. Steinhardt, Journal de la Félicité
Bienheureux l’homme qui ne s’en est pas allé au conseil des impies, qui ne s’est pas arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s’est pas assis parmi ceux qui propagent le mal, mais qui se complaît dans la Loi du Seigneur et médite sa Loi jour et nuit. Il sera comme l’arbre planté près des eaux courantes, qui donne son fruit en son temps, et dont jamais le feuillage ne tombe; tout ce qu’il fait réussira. Rien de tel pour les impies, rien de tel; mais ils seront comme la poussière que le vent emporte de la surface de la terre. C’est pourquoi les impies ne se lèveront pas au jugement, ni les pécheurs au conseil des justes. Car le Seigneur connaît la voie des justes, et la voie des impies va à la perdition.
Psaume 1
La sainte Ecriture: il est essentiel que nous apprenions à la lire, à la lire avec la conscience du fait que Dieu Lui‑même nous adresse par elle une lettre. « Que veut‑Il dire à mon âme, à mon coeur et à ma conscience? A quoi m’appelle‑t‑Il ? », dit‑on, et non quelque chose du genre : « Regarde, je sélectionne les commandements et je vais les accomplir, je fais un acte de connaissance et je vais l’exécuter », car ce n’est pas ainsi que nous lisons une lettre dans laquelle souffle la vie que nous recevons et à laquelle nous répondons avec l’âme et le corps, avec l’intégralité de notre être.
Métropolite Antoine Bloom, Sur la foi et le doute
Textes choisis par Daniel Chira

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