« Réjouissez-vous, tous les saints, qui dans les terres de l’Occident avez témoigné la vraie foi ! »
Saint Gallest né autour de l’an 550, probablement en Irlande. Les historiens ont des avis partagés en ce qui concerne l’origine de ce saint. Certains considèrent qu’il était originaire des îles bretonnes, d’autres de la Gaule. Ce que l’on connaît est le fait que St. Gall a été un disciple de St. Colomban, c’est pourquoi il est compté par Pierre Riché avec les « moines colombans ». Nous ne savons pas à quel moment Gall a rejoint le groupe des disciples de St. Colomban. Tandis que certains soutiennent que Gall a accompagné Colomban dès le monastère de Bangor (ce qui voudrait dire qu’il était irlandais d’origine!), d’autres historiens considèrent qu’il a rejoint le groupe de disciples de St. Colomban au monastère de Luxeuil (ce qui voudrait dire qu’il était d’origine gauloise ou gallo-romaine).
Après de longues pérégrinations à travers la Gaule du Nord, St. Colomban, accompagné par son disciple, Gall, a remonté la vallée du Rhin et s’est établi temporairement dans la région du lac de Constance.
On a hérité de trois variantes de la biographie de St. Gall: la première, partielle, rédigée à la fin du VIIème siècle, la deuxième – adaptée par le moine Wetti autour de l’an 820 et la troisième, rédigée par le fameux moine Walafried Strabo, environ 833-834. D’après Georg Jenal, « ces adaptations ont apporté quelques améliorations linguistiques et très peu de nouveauté en ce qui concerne le contenu de la vie du saint ».
La biographie la plus ancienne ne nous donne pas d’informations sur les années passées par St. Gall avant d’arriver dans le territoire des alamans. Ainsi, nous ne savons pas où et quand il est devenu moine. Ce que nous savons avec certitude est que les premières tentatives des deux missionnaires de propager la vraie foi dans le territoire de la Suisse d’aujourd’hui sont restées sans résultat. Saint Gall a détruit les lieux de culte païens, et dans la localité de Tuggen, à proximité de Zürich, il a même mis feu à un sanctuaire païen, pendant une prédication tenue par St. Colomban. Par conséquent, les alamans ont décidé de tuer St. Gall, et ils ont fait flageller et chasser Colomban et les autres disciples. Les deux ont étés plus rapides et ont réussi à s’échapper.
Chassés par les alamans et par leur duc, Gunzo, les deux se sont dirigés vers la ville de Bregenz (de nos jours sur le territoire d’Autriche). Dans la localité d’Arbon (Arbor Felix) les missionnaires ont fait une halte chez le prêtre Willemar. Après un séjour de huit jours, les deux ont continué leur route vers Bregenz. Une fois arrivés là, ils ont établi leur demeure dans cette localité presque déserte. Les habitants étaient des gallo-romains et quelques paysans alamans. Ici, le christianisme avait déjà fait son apparition, mais une partie de la population était revenue à des pratiques païennes. Le père Bodogae soulignait le fait que, même si le roi franc Clodwig (qui avait rejoint le christianisme nicéen en l’an 496) avait remporté une victoire décisive sur les tribus alamanes et souabes, leur conversion avait été pourtant difficile, et, au milieu du VIème siècle, seulement une petite part des alamans étaient devenus chrétiens. Ainsi, les deux ont trouvé dans ce village une église qui avait été consacrée à Sainte Aurélie et que les païens avaient transformée en temple, amenant ici trois idoles en cuivre qu’ils vénéraient comme des dieux. Les missionnaires ont utilisé là aussi la même méthode qu’à Tuggen. Brûlant de zèle divin, ils ont sorti les idoles de l’église et ont fait bénir à nouveau le lieu de culte profané. Ensuite ils y ont officié pour la première fois depuis beaucoup d’années la divine Liturgie, après avoir d’abord remis les reliques de la sainte à l’intérieur du pied de la table.
Parce que St. Gall connaissait, probablement, la langue alamane, St. Colomban a décidé de rester dans ce lieu plus longtemps avec ses disciples, et d’y prêcher l’Evangile. St. Gall, qui était hiéromoine, fut le premier missionnaire au centre de l’Europe dont on raconte le fait qu’il avait prêché le Saint Evangile non seulement en latin, mais aussi dans la langue parlée par les gens du lieu.
Ici, les missionnaires ont pu jouir des premiers fruits de leur activité: certains parmi ceux qui avaient reçu la foi chrétienne avant et qui étaient revenus au paganisme reviennent au christianisme, et une série de païens se font baptiser, devenant des chrétiens. Après deux ans de mission au Bregenz (d’après certains, trois ou même plus!), Colomban décide en l’an 612 de partir vers le nord de l’Italie, afin de réaliser un vieux désir. A cause d’une forte fièvre, Gall n’a pas pu l’accompagner. Il paraît que cela ait été considéré par Colomban comme une faiblesse de la part de Gall, à qui il a interdit d’officier désormais la Divine Liturgie. D’autres parlent d’une querelle entre les deux, qui aurait déterminé Gall à ne plus vouloir accompagner Colomban.
Saint Gall, âgé d’au moins 60 ans, encore malade, s’est dirigé vers Arbon, chez le prêtre Willemar, qui l’avait reçu jadis. Une fois guéri, Gall a prié le diacre Hiltibod à lui montrer un endroit dans le désert où il pourrait se retirer. Arrivé à proximité d’une chute d’eau sur la rivière de Steinach (non loin de l’endroit où plus tard on avait bâti l’église du monastère St. Gallen), St. Gall a décidé d’y construire sa cellule. Ici semble avoir eu lieu l’histoire avec l’ours que raconte la biographie du saint et qui a mené à la représentation de celui-ci dans l’iconographie où il est accompagné d’un ours. Conformément à la biographie, l’ours pendant la nuit et a volé au saint ses derniers restes de nourriture. Celui-ci, fâché, a ordonné à l’ours, en guise de punition, de lui apporter du bois pour le feu. L’ours, qui s’est exécuté tout de suite, fut ensuite gratifié d’un morceau de pain, après quoi il quitta la vallée, sur l’ordre du saint, qui ne voulait pas qu’il fasse du mal aux gens ou aux animaux.
En l’an 612, St. Gall bâtit son ermitage, le pourvoyant d’une chapelle en bois, (oratorium), où il déposa les reliques (des saints Désidérius et Maurice), qu’il avait sur lui. A partir de ce moment, des disciples vinrent le rejoindre, et il garda douze uniquement, sur l’exemple de St. Colomban. Les moines qui entouraient maintenant St. Gall renoncèrent à leur activité missionnaire, se dédiant entièrement à la prière et au jeûne.
St. Gall renonça aussi bien à la dignité d’évêque de Constance, qui lui avait été proposée après la guérison et l’exorcisation de la fille du duc de Gunzo, Fridiburg, qu’à celle d’abbé (higoumène) du monastère de Luxeuil, souhaitant dédier entièrement sa vie à Dieu.
Selon la même biographie, vers la fin de sa vie, St. Gall est allé à Arbon, à la prière instante du prêtre Willemar. Après y avoir prêché pendant deux jours, le troisième, saisi d’une forte fièvre, il s’est alité et il est passé au Seigneur après une souffrance de deux semaines. Son corps a été porté à l’ermitage de Steinach où il a été enterré, derrière le sanctuaire. St. Gall est mort à l’âge vénérable de 95 ans, entre 629 et 639, voire même 650, le jour de 16 octobre.
La plus ancienne biographie de St. Gall nous raconte également quelques miracles accomplis par ce saint après son passage à la vie éternelle: la guérison d’un paralytique nommé Maurus, la guérison de Willemar, qui avait oublié de laisser les dons promis après sa guérison, etc.
Le lieu monastique de Steinach a résisté encore quelque temps après la mort du saint, mais il est entré dans un cône d’ombre. Le prêtre alaman Otmar a ranimé ce lieu autour de l’an 719. Les habitants qui avaient embrassé la foi chrétienne ont demandé à plusieurs reprises l’aide de saint Gall, à la suite des actions dévastatrices dont ils avaient été victimes.
Le culte local qui fut voué à St. Gall à la fin du VIIème et au début du VIIIème siècle s’est répandu par la suite en Occident pendant les Xème et XIème siècles. La tombe de St. Gall fut un important lieu de pèlerinage jusqu’à l’apparition de la Réforme.
De nos jours, St. Gall est resté le patron de la ville de St. Gallen, de l’archevêché catholique de la ville, mais aussi du canton du même nom. Des églises consacrées au saint se trouvent dans les localités de Bregenz et St. Gallenkirch (sur le territoire de l’Autrice), à Zürich, Büron, Kriens et Arbon (Suisse), à Würzburg, Ladenburg et Rockenberg (Allemagne) etc.
St. Gall est fêté chaque année à la date de 16 octobre, le jour de son passage à la vie éternelle. Seulement dans l’archevêché de Strasbourg el est fêté le même jour que le St. Colomban, le 23 novembre. Dans l’iconographie, St. Gall est représenté comme ermite ou moine bénédictin, et très rarement comme higoumène (abbé). Comme signe distinctif, il tient à la main un bâton (le bâton des missionnaires). Il est souvent représenté dans la compagnie d’un ours. St. Gall, dont Arno Borst disait qu’il avait réussi à « traduire l’idée européenne de règle colombane dans la réalité alamane », reste l’un des plus importants saints qui aient prêché sur la terre de la Suisse, même s’il ne peut pas être considéré comme l’apôtre du Pays des Cantons.
Note : Un article plus détaillé sur la vie et l’activité de St. Gall a été publié dans la Revue Théologique de Sibiu, n° 3/2010.
Bibliographie sélective :
1. BORST, Arno, Mönche am Bodensee, Lengwil, 2009.
2. DURST, Michael, Geschichte des Bistums Chur. Von den Anfängen bis zum Vertrag von Verdun (843), Chur, 2001.
3. MÜLLER, Iso, „Die älteste Gallus‑Vita”, în Zeitschrift für Schweizerische Kirchengeschichte 66 (1972), 209‑249.
4. RICHÉ, Pierre, Europa barbară din 476 până în 774, Bucureşti, 2003.
5. SCHÄFER, Joachim, Ökumenisches Heiligenlexikon, CD‑ROM, 2010.
6. ZOTZ, Th., Art. „Gallus”, în Lexikon für Mittelalter, vol. 4, München, 41989, 1098.
Pr. drd. Alexandru Nan

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