Ajouté le: 6 Mars 2011 L'heure: 15:14

Fragments neptiques (mars 2011)

Fragments neptiques (mars 2011)

En cela consiste l’amour: regarder l’être humain, voir en lui une beauté impérissable et simultanement s’effrayer de ce que la vie a fait de lui. L’amour est justement une extrême souffrance, la douleur de ce que l’être humain soit imparfait et, simultanément, l’émerveillement de ce qu’il est tellement étonnant, d’une irrépétable beauté. Et alors, si on regarde ne serait-ce qu’une fois un être humain de cette façon, on peux l’aimer, malgré tout ce qui saute aux yeux d’autrui.

Ne se produit-il pas souvent qu’on dise de celui qui est aimé: « qu’est-ce que tu trouves en lui? qu’est-ce que tu trouves en elle ? » – et l’être humain donne une réponse absolument délirante: « mais ne vois-tu pas combien elle est merveilleuse, combien il est beau ? » Et on démontre que, oui, il en est ainsi – l’être hmain en question est merveilleux, parce que celui qui aime ne voit que des blessures. Il est très important que nous n’oubliions pas cela. Il est extrêmement important que nous nous rappelions que l’amour est réaliste jusqu’au bout, qu’il comprend l’être humain dans son intégralité, qu’il voit, il contemple: au lieu de condamner, au lieu d’abandonner l’être humain, il pleure de sa mutilation et il est prêt à donner sa vie pour que tout ce qui est malade, tout ce qui est abîmé, soit restauré et guéri. Cela s’appelle une attitude « de totale sagesse » devant l’être humain: c’est le vrai principe de l’amour

Antoine de Souroge, Le sacrement de l’amour  

Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », et qu’il hait son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui: celui qui aime Dieu, qu’il aime également son frère.

I Jean, IV, 20-21

Maintenant je sais que toute haine, toute aversion, tout souvenir du mal, tout manque de miséricorde, tout manque de compréhension, de bienveillance, de sympathie, tout comportement à l’égard des êtres humains qui n’est pas au niveau de la grâce et de la délicatesse d’un menuet de Mozart... est un péché et une souillure; ce n’est pas seulement tuer, blesser, frapper, escroquer, insulter, exclure, mais toute vulgarité, tout manque de considération, tout regard mauvais, tout mépris, toute mauvaise disposition, qui sont du diable et qui souillent tout. Maintenant je sais, moi aussi j’ai trouvé...  

Nicolae Steinhardt, Maintenant je sais, moi aussi j’ai trouvé...

On disait d’abba Théodore que quand il résidait à Scété, un démon vint pour entrer chez lui et il l’attacha à l’extérieur de la cellule. Puis un autre démon vint pour entrer et le vieillard attacha également celui-là. Un troisième démon arriva de surcroît et trouva les deux attachés; il leur dit: « Pourquoi restez-vous ainsi dehors ? ». Ils lui répondirent : « Parce qu’il est assis à l’intérieur et ne nous laisse pas entrer. » Alors lui, se croyant tout-puissant, tenta de pénétrer; le vieillard le ligota à son tour. Redoutant les prières du vieillard, ils le supplièrent en disant: “Détache-nous.” Le vieillard leur dit : « Allez-vous en. » Alors, pleins de honte, ils se retirèrent.

Abba Théodore, Paterikon égyptien

Dans La Vingt-cinquième heure de Virgil Gheorghiu nous voyons un paysan roumain manger avec gravité, attention et gratitude, comme s’il venait de communier. Quand le repas est la fête de la rencontre, l’aspect eucharistique se développe. « Remerciez en tout et pour tout », dit Paul (« eucharistie » = gratitude).

Il existe une façon particulière de nous laver, de nous habiller, de nous nourrir, de nourriture ou de beauté, une façon particulière de rencontrer autrui, une façon eucharistique. Et je crois qu’il existe également une mode eucharistique de conduire à une fin heureuse les devoirs quotidiens, tels qu’ils sont, monotones, difficiles, toujours les mêmes (au fond, le texte de la prière du Notre Père parle de pain, non de vin, mais le pain contient l’idée de nécessité); il faut un peu de détachement et, purement et simplement, de ne pas oublier Dieu, même si nous ne pouvons lui apporter que la fatigue, l’épuisement et, à la limite, notre incapacité à donner.

Olivier Clément, Interprétation du Notre-Père

Seigneur, je ne sais que te demander.
Toi seul sais ce qu’il me faut.
Tu m’aimes plus que je ne puis m’aimer.
Donne-moi de voir les besoins qui sont cachés en moi.
Je n’ose te demander ni croix, ni consolation,
Je me tiens seulement devant toi,
Mon cœur t’est ouvert.
Je mets tout mon espoir en toi.
Tu vois mes besoins, ceux que je ne connais pas,
Vois et fais de moi selon ta miséricorde.
Brise-moi et guéris-moi.
Frappe-moi et guéris-moi.
Je m’émerveille et je me tais devant ta sainte volonté
Devant tes jugements pour moi insondables.
Je me présente pour m’offrir à toi.
Je n’ai d’autre désir que de faire ta volonté.
Apprends-moi  à prier,
Toi-même, prie en moi!

Antoine de Souroge, Prière

Sélection des textes : Daniel Chira

Fragments neptiques (mars 2011)

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