Une après-midi de décembre 2010, en la petite chapelle aménagée dans une maison de la banlieue de Madrid – où l’Evêché roumain a provisoirement son siège – on entend chanter l’office de vêpres par des voix plus nombreuses que de coutume. Quelques religieuses du monastère Cârnu (province de Buzàu), se trouvaient en visite pour quelques jours à la paroisse de Cuenca: elles sont passées chanter des colinde (chants de Noël) à Monseigneur Timotei et aux habitants de l’Evêché. Arrivées justement à l’heure de vêpres, elles se sont jointes aux chantres de la maison (parmi lesquels Mère Iosefina, venue en Espagne du même monastère). Ainsi a commencé la série des colindateurs, c’est-à-dire des chanteurs de chants de Noël, qui devaient se retrouver presque chaque jour, jusqu’à la clôture de la fête de la Nativité du Seigneur.
Le groupe de Saragosse, formé autour des jeunes de Nepsis, chantait des colinde et profitait ensuite d’une rencontre avec leur évêque pour s’entretenir avec lui de l’organisation du Congrès de Nepsis par la Métropole (qui en 2011 se déroulera en Espagne). Les enfants de Cuenca ressemblaient à des farfadets arrivés en polissons à cette heure tardive – ils avaient dû attendre que leurs parents sortent du travail – ; ceux de San Sebastian de Los Reyes étaient accompagnés par l’accordéon du Père Alexandre, le recteur de leur paroisse. De Getafe arrive une troupe de conseillers, accompagnés par celui qui a formé leur paroisse, le hiéromoine Nicodim; tous attendent avec l’Evêque un entretien sur la communion. Un jour avant la vigile de Noël font apparition également les „voisins” d’Alcala de Henares (la paroisse la plus proche du siège de l’Evêché) aux voix desquels s’ajoutent quelques „égarés” justement de Belfast et de Bordeaux !
Les plus nombreux colindateurs, de tous âges, arrivent en fait le soir de la vigile, pour participer à la divine Liturgie que préside Monseigneur Timotei lui-même, au milieu de la nuit. Lueur des chandeliers, joie douce, prière – en roumain, en français et en espagnol... Le Christ, présent où deux ou trois sont réunis en son Nom, se fait homme comme nous et se donne à nous dans la sainte communion. Oublions les malheurs et les soucis! Paix! Monseigneur témoigne qu’il a choisi la Nativité du Seigneur comme fête patronale pour la chapelle justement pour être à la maison en cette fête, pour se réjouir avec la « famille » des fidèles de son éparchie. Dans son homélie il demande aux parents de faire tisser à leurs enfants des liens d’amitié avec l’enfant Jésus. Colinde et bénédictions... Puis l’agape et la joie de Noël partagée par tous: Mère Seraphima – heureuse que personne n’ait remarqué que le sapin n’avait pas d’extrémité – apporte le cozonac; Père Emmanuel – fraîchement béni comme protosyncelle – verse dans les verres le vin chaud; nous, les colindateurs, sommes de service et de bonne volonté, jusque vers le matin, quand chacun se retirera à la maison ou dans sa cellule.
Mais le jour de Noël n’est pas fini! L’après-midi, c’est le tour des enfants d’Alcala de chanter les colinde. Quand ils ont terminé, ils sortent jouer dans la cour, où ils sont interrompus – seulement pour un moment – par les voix puissantes du chœur d’hommes d’Arganda del Rey. Et le soir, on se quitte au son des colinde offerts par les chanteurs de Guadalajara.
Aujourd’hui est né le Christ, Messie au visage de lumière...

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