Ajouté le: 9 Décembre 2009 L'heure: 15:14

Nepsis à 10 ans

Nepsis à 10 ans

Il y a 10 ans, en novembre 1999, à Paris, des jeunes de notre Métropole (en ce temps-là encore Archevêché) se réunissaient autour de Monseigneur Joseph pour poser les bases de l’association de jeunes Nepsis. 10 ans après, entre le 6 et le 8 novembre 2009, toujours à Paris, 4 fois plus de jeunes (autour de 160) se réunissaient cette fois autour des 4 évêques de la Métropole pour « partager l’amour du Christ », comme père Syméon Cossec a conclu avant de partir, après sa parole aux jeunes dans la matinée du samedi.

« Nous remercions Dieu – dit Monseigneur Joseph dans son mot d’introduction – pour le fait que cette fraternité des jeunes de la Métropole – Nepsis – s’est étendue dans toute la Métropole : il y a ainsi Nepsis Italie, Nepsis Espagne et Portugal et Nepsis Archevêché. Vous vous êtes rencontrés aujourd’hui pour remercier à votre tour Dieu et fêter cet événement que plusieurs attendent peut-être depuis longtemps pour faire un bilan et pour repartir avec d’autres forces ».

« Ces 10 ans – expliqua plus tard Monseigneur Joseph – sont multipliés en arrière par une autre cinquantaine d’années, temps pendant lequel des jeunes de cette église, jeunes qui ne sont plus ici […], ont beaucoup œuvré pour ce que vous connaissez tous aujourd’hui : Syndesmos1. De cette église, une partie des jeunes d’élite de ce temps-là – et je voudrais nommer T. Cazaban, D. Sfinţescu, D. Nacu et d’autres – en même temps que des noms de l’église russe – père J. Meyendorff, père Schmemann – ont créé Syndesmos à Genève ». « C’est pour cela, je crois, que cette dimension diocésaine de Nepsis est importante, mais il faut voir au-delà, il faut être conscients du fait qu’en étant orthodoxes nous sommes unis, nous sommes « un » avec tous les jeunes des églises orthodoxes ». « Pour moi personnellement, c’est une grande joie de voir [à cette rencontre] des jeunes d’Irlande du Nord, d’Angleterre, de Belgique, des Pays Bas, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Suisse et bien sûr de France – je dirais en petite partie, car vous représentez une réalité paroissiale, communautaire en premier lieu, puis diocésaine – car étant de trois éparchies, et puis universelle, je dirais, car la confession de foi que nous essayons de vivre dans l’Eglise est universelle ».  

Cette joie a été ressentie par tous ceux qui étaient présents, à travers la richesse spirituelle de ces jours, à travers le fait d’être – de manière exceptionnelle – ensemble avec tous les évêques de la Métropole, à travers la possibilité de revoir de vieux amis rencontrés plusieurs années auparavant ou de connaître d’autres jeunes avec les mêmes questions et quêtes, à travers le fait de pouvoir visiter un peu Paris… 

Le congrès a commencé vendredi soir avec l’arrivée des participants. Vainqueurs dans la lutte avec soi-même pour ne pas avoir réagi aux durs propos militaires des hôtesses de vols low-cost qu’ils avaient pris, s’étant exercé à la patience par l’intermédiaire des éternels embouteillages parisiens qui ont prolongé d’une heure le trajet d’une journée vers l’église, immunisés contre toute grippe grâce à la bousculade du métro et du RER, les jeunes ont trouvé un havre de paix lors de la prière vespérale célébrée à la Cathédrale Métropolitaine des Saints Archanges où eut lieu toute la rencontre.

Après les vêpres, une odeur de plats bien cuisinés fit peur à quelques sens olfactifs. Tout le monde se hâta de résoudre ce problème soulevé par les « Dames orthodoxes » – l’association de femmes de la cathédrale – aidée par un groupe de filles de Nepsis. D’ailleurs, ce problème de l’odeur a été de plus en plus difficile tout au long de ces trois jours de congrès et il n’a pas été du tout simplifié par les choux farcis de viande, spécialité préparée par les sœurs du monastère de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu de Limours. La plus grande partie des jeunes a été logée dans des familles de roumains ou français en région parisienne, familles qui ont répondu avec plaisir à l’appel des organisateurs pour accueillir les participants. 

Après le Te Deum de la matinée du samedi et le mot d’introduction prononcé par Monseigneur Joseph, le père Syméon Cossec du Monastère Saint Silouane, invité comme il y a 10 ans, a parlé de la thérapeutique du péché: „Adam, où es-tu?”. Il s’agissait du péché et de la punition. Nous allons rappeler seulement quelques idées, l’intervention entière du père Syméon étant déjà en préparation pour publication ultérieure.

Le premier exemple biblique donné par père Syméon sur le sujet a été Adam qui a péché; cependant, au moment où Dieu lui demande pourquoi il a péché, Adam se lance dans des justifications inutiles et il accuse soit la femme, soit le serpent. Un autre rapport au péché est fait à travers David qui, suite à l’adultère, incline sa tête devant Dieu et n’essaie d’aucune manière se justifier. Un troisième exemple est celui du fils prodigue qui marque la position de l’homme devant Dieu. Qu’est-ce qui a sauvé le fils? L’amour du père qui l’a fait revenir quand il était en peine. A partir de la position du père du fils prodigue, père Syméon conclut que celle-ci devrait être l’attitude du pécheur en relation avec Dieu. « Qu’est-ce que vous croyez que Dieu dira quand le pécheur commence à énumérer ses péchés ? Dieu dira : Et alors ? » Pour Dieu, indépendamment du poids du péché de l’homme, si sa confession est accompagnée par un vrai repentir, les péchés sont pardonnés. Nous voyons que l’attitude que l’homme pécheur doit avoir devant Dieu est celle d’avoir la tête inclinée. Dieu est Celui qui, par le pardon, confère à l’homme la position de verticalité, position véritable de l’homme devant Dieu.  

Il faudrait peut-être enrichir l’idée présentée ici brièvement avec quelques exemples des questions et réponses qui ont suivi l’exposé: « Je connais beaucoup de personnes qui font preuve d’amour et qui ne sont pas chrétiennes. Je me sens bien en leur compagnie. Je vis ceci comme un paradoxe : comme ils ne sont pas chrétiens, leur amour vient-il toujours de Dieu ? » Père Syméon : Dieu a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance. L’homme a perdu cette deuxième caractéristique et il tend vers elle par les efforts spirituels de sa vie. Dans tous les hommes il reste une partie de l’image de Dieu, même si elle est très petite. Et c’est justement de cette petite partie que jaillit cet amour dont ces hommes font preuve. « Quelle est la différence entre la crainte et la peur ? Nous devrions craindre Dieu et non pas avoir peur de Lui. » La crainte n’anéantit pas l’état de paix, l’espérance. La peur jette l’âme dans un état d’angoisse qui éloigne l’homme de Dieu. « Dans quelle mesure les psychologues et les psychiatres peuvent-ils aider les gens ? » Ils ne peuvent les aider que si leur tentative naît de l’amour.

Loin d’être « rassasiés » par le vif débat avec père Syméon qui a duré plus d’une heure, le programme a imposé aux organisateurs de passer à un autre sujet intéressant : les évêques ont remémoré les 10 années passés dans la vie des « neptiques », soit à travers leur vécu personnel, soit en tant que pasteurs d’une multitude de jeunes. Monseigneur Silouane a rappelé « la tentation de la commodité » à laquelle se sont confrontés les quelques jeunes de l’association, jeunes qui sont restés en petit nombre pendant longtemps. « Dans quelle mesure nous prenons ce risque d’ouvrir notre cœur à ceux que nous ne connaissons pas et à ceux qui ne nous connaissent pas, ainsi qu’à ceux qui ignorent l’existence de cette fraternité [Nepsis] ? » En abordant l’idée de l’énorme potentiel des jeunes de la Métropole, Monseigneur Silouane a rajouté qu’il se sent très responsable pour ceci. Il a conclu en manifestant sa joie et son étonnement de voir comme l’église des Saints Archanges est devenue trop petite pour la rencontre annuelle de l’association. 

Monseigneur Timothée a rappelé le camp d’été de la Malvialle, camp organisé par Nepsis lorsqu’il se trouvait parmi les moines du monastère, en insistant sur l’importance du fait que des jeunes de nationalités différentes se connaissent. Un autre aspect abordé a été l’audace : « Je vous encourage à être plus audacieux. Là où vous pensez être mis en arrière plan, allez tirer la main du prêtre lui dire : nous existons nous aussi ! »

Monseigneur Marc, alors qu’il était encore prêtre à la paroisse Saint Joseph de Bordeaux, considérait Nepsis comme une réalité lointaine. Petit à petit, on lui a présenté certaines choses et il a été amené à mieux connaître la fraternité « neptique ». « Nous savons tous très bien – a dit Monseigneur Marc – que la jeunesse n’a rien à voir avec le nombre d’années. L’apanage de la jeunesse est l’enthousiasme et la quête de l’absolu, de telle façon qu’à 25 ans nous pouvons être ramollis et « blegi2 » et à 80 ans nous pouvons nous enflammer de l’Esprit Saint ». Il a rappelé que les jeunes des années 60 étaient en quête d’absolu, mais d’une manière politique. La mentalité des années 80 était que l’absolu se retrouve dans l’argent, dans une place dans la société, dans la sécurité. « Nous savons que l’absolu porte un nom : Jésus Christ. » « Rien ne doit être un obstacle dans la quête du Christ. » «Chacun d’entre nous est appelé à ne pas avoir son espoir dans la politique ou dans l’argent, mais à rechercher avec enthousiasme cet absolu qui est le Christ. Nous sommes tous appelés à nous re-veiller chaque matin. […] Monseigneur Joseph vous à dit tout à l’heure : Réveillez vous ! Donc : Réveillez-vous ! Et réveillez-nous ! »

Ces moments ont été suivis par quelques mots des deux présidents que l’association a eu pendant les 10 années: Ştefan Căpităneanu et Christian Cădere, ainsi que par les interventions de quelques jeunes. Après le repas, a eu lieu la partie « administrative » de la rencontre annuelle. A la proposition du Synode Métropolitain, réuni un jour avant la rencontre, les jeunes ont voté la création de la Fédération des Fraternités Nepsis qui inclut l’association mère comme association de l’Archevêché, ainsi que les autres deux fraternités créées à Rome et Valence dans leur diocèse respectives : Italie d’un côté et l’Espagne et Portugal d’un autre. Chacune des 3 fraternités (pour l’instant) a choisi un représentant pour le Conseil Directeur de la Fédération : Bogdan Grecu pour Nepsis Archevêché, le diacre Gheorghe Zavate pour Nepsis Italie et Adriana Vescan pour Nepsis Espagne et Portugal. L’aumonier du Conseil est père Iulian Nistea de la cathédrale métropolitaine.  

Monseigneur Joseph a aussi proposé aux jeunes quelques directions pour l’avenir. Pour les activités futures, un thème pour chaque année a été choisi: pour l’année 2010 – où le congrès a été établi pour octobre/novembre à Rome – l’histoire de l’église. Pour l’année 2011 ont été choisis l’étude de la Bible et l’Espagne comme lieu du congrès annuel, et pour l’année 2012 le thème choisi a été l’étude des Saints Pères. Saint Neagoe Basarab a été choisi comme protecteur de la Fédération Nepsis et on a proposé la traduction de sa vie dans toutes les langues parlées dans les pays de la Métropole.

Une courte réunion pour le renouvellement du conseil de l’association Nepsis de l’Archevêché a suivi : le conseil s’est élargi avec des membres des villes les plus importantes où il y a de grandes groupes de jeunes ou les filiales Nepsis (Bruxelles, Cork, Londres, Bordeaux etc.). Le nouveau président de Nepsis est Iulian Ţinte, le vice-président Felician Mois, la secrétaire Cristina Săvulescu et la trésorière Raluca Prelipceanu, tous habitant Paris, pour faciliter leur communication. Monseigneur Joseph a d’ailleurs désigné aussi un petit président pour Nepsis Junior : Ioan Căpităneanu (Paris).

Une fois les discussions finies (et le dîner en retard), les jeunes ont participé aux vêpres suivies par une cérémonie de fiançailles de deux jeunes des Pays Bas, participant au congrès. Quand finalement les saucisses, les fromages et les autres plats ont réussi à percer la multitude d’embouteillages parisiens du samedi soir, les jeunes se sont vite pressés pour rattraper le dernier Bateau Mouche pour une promenade sur la Seine aux couleurs de l’automne copiées d’ailleurs par une Tour Eiffel qui voulait à tout prix lui faire concurrence.

Ce n’est pas un hasard si le lendemain c’était la fête de la cathédrale métropolitaine: la fête des Saints Archanges. Le point culminant de la rencontre des jeunes a été ainsi la Divine Liturgie réunissant les centaines de fidèles de la paroisse ; la conclusion du congrès a été faite dans l’après-midi du dimanche par Monseigneur Joseph. Comme plusieurs sujets n’étaient pas encore touchés, on a abordé plusieurs thèmes parmi lesquels le don d’organes (bioéthique) ou d’autre sujets qui ont gardé l’église pleine au-delà de 17 heures. 

Les participants n’étaient pas encore bien partis quand la nouvelle équipe Nepsis commença de planifier la rencontre pour construire un programme pour 2010. Et moins d’une semaine après les jeunes de Cork se rencontraient pour partager leur expérience sur Paris avec ceux qui n’avaient pas pu y participer, mais aussi pour former eux aussi une filiale Nepsis Junior.    

Ştefan Căpităneanu

Notes :

1. Syndesmos est la fédération mondiale qui réunit la grande partie des associations de jeunes orthodoxes dans le monde entier. Elle est la première voix orthodoxe „unie” internationale, voix représentée par les jeunes.
2. Mot roumain signifiant mollasse, niais

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