Ajouté le: 10 Octobre 2020 L'heure: 15:14

Que faire si un péché continue à tourmenter votre conscience ?

Un péché est confessé, mais continue à tourmenter votre conscience. Que devriez-vous faire ? Dois-je le confesser une seconde fois ? 

Le Père Andreï Chizhenko examine cette question.

Les Saints Pères comparent le péché à la mauvaise herbe dans un jardin, et le jardin, par conséquent, au cœur. Ils parlent de cette bataille contre le péché qui dure jusqu’à la mort. Exactement comme un jardin a besoin d’être constamment désherbé, nous avons besoin de nous battre contre nos péchés, et en premier lieu par la confession fréquente.

Ici, chers Frères et Sœurs, j’aimerais dire que, dans la pratique de prêtre, vous avez souvent à faire face au fait que dans l’esprit des paroissiens, le sacrement de Confession est inséparable de celui de la Communion. Ils pensent qu’ils doivent se préparer à la Confession aussi strictement que pour communier aux Saints Mystères du Christ : jeûner, lire les canons et ainsi de suite. (Bien sûr, ceci n’est pas juste et ne concerne que le sacrement de la Communion).

Mais si vous voulez vous confesser sans communier, alors il suffit de vous rappeler des péchés qui tourmentent votre âme, et sans vous y préparer en jeûnant. Venez juste à l’église demander au prêtre de vous confesser. Il est souhaitable de se confesser souvent – autant que nécessaire. Après tout, nous péchons aussi souvent !

La pratique monastique usuelle, par exemple, est de se confesser au moins chaque semaine, et plus souvent si nécessaire.

En général, les Saints Pères comparent l’âme de l’homme qui se confesse fréquemment à une source dont l’eau jaillit fraîche et pure ; et l’âme de celui qui ne se confesse pas à un marais trouble aux eaux usées et stagnantes.

Maintenant, au sujet des péchés. Nous avons vu que les Saints Pères comparent le péché à la mauvaise herbe. Bien sûr, il y a des péchés qui brûlent l’homme qui les commet, et il ne les répètera plus jamais. Par exemple, la fornication, l’avortement, la tentative de suicide, les actes de violence, et d’autres graves péchés. L’homme s’y brûle, confesse ce péché et par la prière d’absolution donnée par le prêtre, le Seigneur le relève de ces péchés. S’il ne les répète pas, il n’a plus besoin de les confesser à nouveau. Ne manquons pas de foi ; nous devons faire confiance à la miséricorde de Dieu et à Son pardon.

Mais, si par exemple, un homme qui n’a pas commis l’adultère mais ressent que la passion de la convoitise est encore forte au-dedans de lui, alors, bien sûr, il doit la confesser. Cela signifie que la racine de ce  péché est restée dans son cœur. Et aussi longtemps qu’il agite son âme, il doit encore le confesser. Ou si, par exemple, un homme qui n’a tué personne mais condamne les autres régulièrement et s’irrite, se met en colère – après tout, ces passions sont aussi une violation du commandement tu ne tueras pas. Malheureusement, nous en faisons chaque jour l’expérience. Nous devons confesser non seulement ces péchés en actes, mais aussi en paroles et en pensées, afin de déraciner un péché à l’état d’embryon, quand il s’est attaché à nos pensées et à nos sentiments. Que dit le Psaume 136, connu comme « Au bord des fleuves de Babylone » et souvent utilisé dans les offices divins des semaines qui préparent au Grand Carême ? Au verset 9 et 10 : « Fille de Babylone, misérable, bienheureux qui te revaudra les maux que tu nous valus. Bienheureux celui qui saisira tes petits enfants, et les brisera contre la Pierre. »

Ces versets nous appellent à la confession. La fille de Babylone est notre nature déchue, pleine de passions, de vice, qui ravagent notre âme ; et aussi les attaques des démons contre nous. « Les petits enfants » de la fille de Babylone sont les provocations hostiles, diaboliques, semées dans nos cœurs par Satan, et aussi nos sentiments et pensées personnels, qui ont rapport à ces provocations et commencent à croître dans nos cœurs, d’abord comme des nourrissons et ensuite comme des bêtes géantes. Par conséquent, les passions doivent être frappées au berceau. Elles doivent être brisées contre une pierre.

Quelle est cette Pierre ? C’est le Christ. Et quand nous tombons devant Lui dans le sacrement de Confession et détruisons les germes de nos péchés contre cette Pierre sacrée par des larmes de repentance, nous recevons du Seigneur le pardon et la guérison de nos passions. Nous recevons la félicité, qui est la joie la plus haute du repos en Dieu. 

Rappelons-nous, chers Frères et Sœurs, que si nous sentons qu’un péché continue à nous blesser mentalement et sensuellement, alors, bien sûr, il vaut mieux le confesser à nouveau. Rappelons-nous aussi que ce combat continuera jusqu’à notre mort-même. Mais la récompense est grande !

« …que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui L’aiment ». (I Co. II, 9)

(Traduit de l’Américain, A. Monney)

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