Nous pouvons tirer grand profit de nos maladies, pourvu que nous les supportions sans plainte, tout en rendant gloire à Dieu, cependant que nous implorons Sa miséricorde. Si nous tombons malades, la question n’est pas de savoir si nous devons prendre des médicaments ou aller prier saint Nectaire. Nous devons aussi connaître un autre secret : lutter pour obtenir la grâce de Dieu. Tel est le secret. Pour ce qui est des autres questions, c’est la grâce qui nous enseignera à leur sujet. Elle nous apprendra, en d’autres termes, de quelle manière nous abandonner au Christ. Cela revient encore à dire ceci : quand nous méprisons la maladie, nous ne pensons pas à elle, nous pensons au Christ, avec douceur, insensiblement, d’une manière désintéressée. Dieu accomplira alors Son miracle selon l’intérêt de notre âme. Selon ce que nous disons dans la Divine Liturgie : « confions toute notre vie au Christ, notre Dieu. »
Nous devons, toutefois, vouloir mépriser la maladie. Sans cette volonté, cela est difficile ; nous ne pouvons dire : « Je méprise cette maladie. » Nous pensons la mépriser, ne pas lui donner de l’importance. Or, c’est là que, tout au contraire, nous lui en donnons ; nous la gardons dans notre esprit sans arrêt, nous mettant ainsi dans l’incapacité d’avoir un état de sérénité intérieure. Et cela, je vais vous le démontrer. Nous disons : « Je crois que Dieu me guérira. Je ne prends pas de médicaments. Voici ce que je ferai : je resterai éveillé toute la nuit afin de l’implorer dans cette intention. Dieu m’exaucera. » Nous prions toute la nuit, nous implorons, nous demandons, nous crions, nous cherchons à faire violence à Dieu et à tous les saints, afin de guérir. Jour et nuit, nous cherchons à faire pression. Nous courons de-ci de-là. Eh bien, que faisons-nous avec ce train-là sinon montrer que nous sommes loin de mépriser la maladie ? Plus nous persistons à chercher à faire pression sur tous les saints et sur Dieu afin d’être guéris, plus intensément vivons-nous notre maladie. Plus nous prenons intérêt à la chasser, plus nous la vivons. C’est bien la raison pour laquelle il ne se passe rien. Or, nous, nous avons l’impression que, de toute façon, un miracle se produira. Et pourtant, en réalité, nous n’y croyons guère et c’est de cette manière-là que nous ne guérissons pas. […]
Aimons le Christ, et tout changera dans notre vie. Ne L’aimons pas en vue d’obtenir quelque chose en échange, la santé par exemple. Aimons-Le plutôt avec ardeur, sans aucune autre pensée que l’amour divin. Ne prions pas, non plus, dans une intention intéressée. Ne disons pas à Dieu : « Guéris Untel afin que, une fois rétabli, il vienne à Toi. » Cela n’est guère convenable ; nous n’avons pas à suggérer à Dieu Sa façon de faire. Comment dire à Dieu : « Guéris-moi ? À Lui, qui connaît tout, qu’avons-nous à faire connaître ? […]
Quand nous nous abandonnons au Christ, notre organisme spirituel retrouve la paix. Le résultat en est le fonctionnement physiologiquement correct de tous nos organes et de toutes nos glandes. Tout est influencé par cela. Nous sommes alors guéris ; nous cessons de souffrir. Nous pourrons même ne pas avoir de cancer. À la faveur d’une telle sérénité, la grâce de Dieu opérera. S’en iront ainsi et le cancer et tous les maux.
Et, si voulez savoir, c’est bien de la névrose que naît aussi l’ulcère de l’estomac. Notre système sympathique subit une pression ; il en est opprimé, il en souffre, et c’est ainsi que l’ulcère apparaît. Une fois, deux fois, trois fois : oppression, oppression, oppression ; contrariété, contrariété, contrariété ! Et vlan ! C’est l’ulcère. L’ulcère ou le cancer, cela dépend. Quand la confusion s’installe dans notre âme, cela retentit sur le corps, et notre santé s’en trouve affectée.
Ce qui serait parfait serait de ne pas prier pour notre santé. Ne prions pas pour être bien mais pour être bons. Moi-même, pour mon propre compte, c’est dans cette intention-là que je prie, vous dis-je. M’avez-vous entendu ? Par « bons », je n’entends pas pleins de vertus, je ne veux pas dire « pour être ceci, cela et encore ceci, cela... » J’entends plutôt que nous puissions acquérir un zèle divin : nous abandonner en toute confiance à l’amour de Dieu. Prions plutôt pour notre âme. Et notre âme, nous devons la considérer en tant que partie prenante de l’Église, au sein du corps même de celle-ci, dont la tête est le Christ, en même temps que tous nos frères humains, ainsi que tous nos frères en Christ.
Quant à moi, j’étends les bras et je prie pour tous. Devant le Saint Calice, quand je communie, j’ouvre mon âme, afin qu’elle reçoive le Seigneur ; j’incline alors la tête et je prie pour vous, pour l’un, pour l’autre, pour l’Église tout entière. C’est ce que vous devez faire aussi. Avez-vous compris ? Ne priez pas pour votre santé. Ne dites pas : « Seigneur, guéris-moi. » Non ! Dites plutôt : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi. » Dites-le dans une attitude désintéressée, dans une attitude d’amour, sans rien attendre. « Seigneur, ce que veut Ton amour... » C’est comme cela uniquement que vous travaillerez dorénavant, en aimant le Christ et nos frères. Aimez le Christ. Soyez saints. Abandonnez-vous à la seule amitié du Christ, à Son amour uniquement. À la passion seule de l’amour divin du Christ.
Saint Porphyre,
« Vie et paroles », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2009

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger
Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni
Copyright @ 2008 - 2023 Apostolia. Tous les droits réservés
Publication implementaée par GWP Team