20 ans depuis l’ordination et intronisation de S.E. l’Archevêque et Métropolite Joseph
Le 15 mars de cette année nous commémorons l’ordination et intronisation de Son Éminence le Métropolite Joseph à la tête de l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Europe Occidentale et Méridionale, des années chargées d’événements, de sacrifices et d’œuvres menées à bien, des années en quantité ni profuse ni toutefois insignifiante, marquées par de nombreux commencements et beaucoup d’espérances. Certains vécurent au cours de ces vingt années une nouvelle naissance, tandis que d’autres se cherchent encore ; certains étaient alors des enfants, d’autres étaient parents et se voient désormais grands-parents. Mais il est certain que durant ces 20 années, en quantité ni profuse ni toutefois insignifiante, apparaît visiblement l’œuvre que Dieu mène en son peuple et en collaboration avec lui.
La composition de la présence roumaine dans les neuf pays qui constituaient l’Archevêché Orthodoxe Roumain d’Europe Occidentale et Méridionale en 1998, s’est considérablement modifiée de cette époque à nos jours. Et cela représenta un grand défi pour la mission pastorale auprès des Roumains qui s’établirent dans cette partie de l’Europe. Si à l’époque il n’était question « que » de quelques centaines de milliers d’âmes dispersées à travers les neuf pays placés sous la juridiction de l’Archevêché d’Europe Occidentale et Méridionale, aujourd’hui, vingt ans plus tard, il est question de quelques millions, dont beaucoup n’arrivèrent dans cette partie de l’Europe qu’après 2007.
Le grand nombre des émigrés et leur dissémination sur une si vaste superficie représentèrent et représentent la principale difficulté de la mission dans l’Occident européen. À cela s’ajoute une difficulté majeure : l’absence de lieux de culte. Et ceci est en lien avec ce que nous venons de rappeler ; en effet, pour rassembler les fidèles en un lieu, on a besoin d’une adresse, et pour ce point de référence, il est parfois besoin de louer ou au moins de payer la consommation en électricité et chauffage, ce qui n’est pas simple, surtout lorsque l’on ne dispose pas de fonds pour cela, le prêtre lui-même (et dans notre cas, même l’archevêque) se trouvant au début dans la difficulté de ne pas avoir « où poser la tête ». Nous devons souligner ici le fait que l’appui accordé par les chrétiens autochtones des différents pays qui composent la métropole d’aujourd’hui, même s’ils ne sont pas orthodoxes, a été fondamental et providentiel dans la constitution et la formation de beaucoup de communautés paroissiales de la Métropole et ceci est un fait dont les conséquences et les fruits auront leur poids au Jugement dernier, pour ceux qui ont donné un abri aux fils de notre Église qui se trouvaient en terre étrangère.
Par la miséricorde de Dieu, au début avec hésitation et incertitude, mais d’une manière de plus en plus ferme, maintenant plusieurs dizaines des paroisses de la Métropole ont procédé à la construction ou à l’achat et l’aménagement d’une église, et là où c’était possible, d’un lieu de culte traditionnel, si nécessaire à la formation et au devenir des générations présentes et futures.
Pour le monde dans lequel nous vivons et qui évalue les projets avant tout du point de vue financier, cela semble une chose impossible que de démarrer sans moyens financiers et « se jeter à la mer », avec l’espoir de ne pas se noyer, mais encore de réussir à construire un autel pour le Dieu Vivant... Et cela ne représentait pas seulement l’expérience de notre archevêque, mais aussi de beaucoup de clercs servant dans la Métropole et de leurs familles, surtout de ceux qui sont venus pendant les premières générations, à mesure que les chemins de l’occident pastoral-missionnaire roumain sont devenus plus fermes, les difficultés des débuts du service pastoral se sont aplanies, même si certains prêtres continuent à avoir des difficultés.
Une autre difficulté et préoccupation majeure le long de ces 20 années consistaient (et consistent encore) dans le fait que la majorité de ceux qui sont arrivés en Occident, même s’ils se considèrent souvent comme « croyants », ont des connaissances assez superficielles du point de vue de la foi ; pour eux, « être croyant » se réduit à croire que Dieu existe, et ne veut en aucun cas dire connaître et être fidèle à son enseignement, et vivre d’après ses commandements. Et cela a mené à une autre préoccupation majeure, celle de l’éducation chrétienne des enfants et des jeunes, qui sont les plus exposés à perdre leur identité, aussi bien en tant que chrétiens qu’en tant que Roumains.
Par où commencer la formation et l’éducation chrétienne des différentes catégories d’âge, souvent fascinées par les « lumières de l’Occident » ? Voici la grande question qui a préoccupé et préoccupe notre archevêque (et, depuis 2001, notre Métropolite) Joseph.
Ainsi, en 1999, après une première année de voyages de « familiarisation » avec la réalité pastorale de l’éparchie dont il a reçu la charge à son ordination, Son Éminence Monseigneur Joseph a fondé, à Paris, la fraternité des jeunes orthodoxes de l’archevêché – Nepsis, afin de réunir et coopter dans le travail missionnaire les jeunes venus en Occident pour des études, et ceux qui y résidaient déjà avec leur famille. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui des prêtres ou des femmes de prêtres, moines ou moniales, ou sont des parents chrétiens impliqués activement dans la vie de l’Église.
Des rencontres catéchétiques avec les adultes ont été également initiées, des rencontres du clergé et des femmes de prêtres, des congrès biannuels au niveau de toute l’éparchie (Métropole), en vue de l’engagement de tous dans un travail commun pastoral, missionnaire et catéchétique, ce à quoi s’est ajoutée dès le début la composante culturelle et d’expression artistique, car nos communautés comptent de nombreux talents.
À partir des rencontres avec les enfants et les jeunes et avec leurs parents s’est
dégagée la nécessité continuelle, en toute occasion, de la catéchèse. Ainsi, aux événements majeurs de la vie du chrétien, surtout le baptême et le mariage (qui deviennent de plus en plus fréquents dans les paroisses de l’archevêché), on a commencé à associer la catéchèse aussi bien avec les parents de l’enfant baptisé ou avec les époux, qu’avec leurs parrains et marraines et témoins respectifs. Ceci, même si on ne l’a pas compris et appliqué dès le début, ni par les prêtres ni par les protagonistes des événements en question, est devenu peu à peu une partie intégrante à la préparation pour le baptême ou pour le mariage, permettant de poser un socle solide pour l’étape suivante : la vie de la famille selon les commandements du Christ. On doit souligner ici la détermination et la persévérance avec lesquelles, le long des années, Son Éminence Monseigneu Joseph a insisté sur ce sujet, au point de convaincre les moins convaincus par la nécessité absolue et continuelle de la catéchèse aussi bien pour les petits que pour les grands.
L’engagement des femmes de prêtres dans le travail pastoral et catéchétique de l’Église a ouvert la perspective vers d’innombrables activités avec les enfants et les jeunes, posant les bases des camps d’été, des festivals et des fêtes, dont la manifestation se retrouve de plus en plus aussi bien au niveau paroissial qu’interparoissial, et partant au niveau éparchial ou métropolitain, ainsi qu’au niveau international. Le travail des femmes de prêtres aux côtés de leurs époux constitue un véritable potentiel qui continue à porter ses fruits.
L’un des fruits de l’implication des femmes de prêtres dans la vie de la paroisse est l’engagement de beaucoup d’autres femmes, mères ou jeunes filles, dans la vie d’entraide paroissiale, fait qui a mené naturellement à initier et développer le travail social dans l’Archevêché et dans la Métropole, un travail qui se trouve en développement continuel.
La nécessité de la formation continue de tous ceux qui sont impliqués dans la dynamique pastorale de l’Église est apparue d’une manière naturelle ; le Centre d’Études « Dumitru Stăniloae » de Paris devenant ainsi un promoteur des différents modules de formation aussi bien pour les prêtres que pour leurs femmes, et aussi pour les laïcs désireux de s’impliquer activement dans la multitude de projets en développement au sein de la Métropole.
Un facteur stimulant et un véritable « ferment » pastoral a été représenté (et l’est toujours) par les chrétiens orthodoxes « autochtones », que nos communautés rencontrent ou intègrent, ceux-ci leur rappelant souvent le don des charismes du baptême, de la richesse de leur propre foi et du privilège de connaître et de confesser le vrai Dieu, des valeurs souvent oubliées ou ignorées par le chrétien « de naissance ». L’ardeur de ceux qui redécouvrent Dieu, en étant adultes, est souvent plus grande que celle de ceux qui Le « savent » depuis qu’ils sont petits, mais ne Le « connaissent » pas vraiment et ne vivent pas au jour le jour avec et pour Lui.
Avec l’arrière-plan de ce développement et de cette croissance du nombre de fidèles, s’est naturellement développé le nombre des paroisses. On est arrivé ainsi, à moins de dix ans de l’ordination de Son Éminence Monseigneu, à fonder deux éparchies dans la région méridionale de la Métropole : en Italie (en juin 2007, mais en fonctionnement effectif depuis mai 2008) et en Espagne et au Portugal (en octobre 2007, mais en fonctionnement effectif également depuis mai 2008). Ainsi, pendant la deuxième décennie de service en tant qu’archevêque et métropolite de Monseigneur Joseph, l’Archevêché qui comprenait 30 paroisses au moment de son ordination, est devenu une métropole avec trois éparchies, des centaines de paroisses, des monastères et des skites, des milliers d’enfants et de jeunes présents au catéchisme et dans les camps, avec beaucoup d’âmes qui quittent le tourbillon de perdition de ce monde et se rapprochent de Dieu, en découvrant ainsi le vrai sens du bonheur et de la vie.
L’artisan est digne de rétribution (cf. Lc 10, 7). Si quelqu’un Me sert, qu’il Me suive ;
et là où Je suis, là aussi sera mon serviteur (cf. Jn 12, 26).
Que le Seigneur accorde de nombreuses et salvatrices années à notre Métropolite Joseph !
† Évêque Silouane de l’Évêché Orthodoxe Roumain d’Italie

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
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