Du 8 au 10 octobre 2014 s’est tenu à Rome, près de l’Evêché Orthodoxe Roumain en Italie, la session d’évaluation des étudiants inscrits au Centre Dumitru Stăniloae (CDS) pour l’année 2013-2014. Par la même occasion, on a lancé l’offre des cours pour l’année académique 2014-2015. Cela a commencé par l’ouverture festive en présence et avec la participation de son Excellence Silouane, évêque de l’Evêché Orthodoxe Roumain en Italie, du Père Jean Boboc, docteur en théologie et médecine, doyen du CDS et du Père Patriciu Vlaicu, docteur en théologie, maître de conférences, coordonnateur du module en langue roumaine. Le discours inaugural, dont le titre était « Le prêtre confesseur et le père spirituel », a été tenu par le Père Constantin Coman, docteur en théologie et professeur des universités.
Différentes sessions d’évaluation se sont tenues, ainsi qu’une session de communications présentées par le Père Vasile Gavrilă, docteur en théologie, le Père Răzvan Ionescu, docteur en théologie et sciences, et le Père Daniel Benga, docteur en théologie et professeur des universités. Les sujets abordés ont été approfondis au cours de plusieurs ateliers thématiques, lors du dernier jour de cette rencontre, jour où on a également décerné les diplômes aux étudiants.
La présentation de l’offre des cours pour la période 2014-2015 a été faite par le Père Patriciu Vlaicu. Nous précisons que les inscriptions ont été ouvertes le 17 octobre 2014. Pour plus de détails sur le Centre et les programmes d’études vous pouvez aller sur le site du Centre : www.teologia.eu.
À la fin de la rencontre, le père Vasile Gavrilă a eu la gentillesse de nous faire part de son expérience en tant que professeur au sein du Centre Dumitru Stăniloae.
Père Vasile Gavrilă : C’est la deuxième année durant laquelle je prends part à ce projet. Ce qui rend ce Centre unique et qui m’a beaucoup réjoui, c’est l’ouverture avec laquelle on aborde les différents sujets. Une ouverture accompagnée, ou plutôt générée par les problèmes et les inquiétudes concrètes des gens. De la sorte, cette théologie qui se développe ici, qui est pratiquée dans des cours de type conférences, ainsi que dans nos séminaires et nos rencontres – malheureusement, trop peu nombreuses –, n’est pas une théologie abstraite. C’est une théologie concrète, d’une grande applicabilité, ce qui, d’une part, engendre une grande ouverture, et d’autre part, chose toute aussi importante, l’intérêt de ceux qui viennent suivre les cours. Les gens qui suivent ces cours – qui se veulent des cours d’introduction et de préparation pour ce que va être le Centre d’Etudes « Dumitru Stăniloae » –, viennent ici librement, pour trouver des réponses à leurs questions, à leurs inquiétudes. J’ai constaté cela grâce aux questions que posent les étudiants à la fin des cours. Lors de ces sessions d’évaluation aussi, les étudiants donnent non seulement des réponses aux questions qu’on leur pose, mais ils problématisent également. Pour ce qui est des cours donnés sous forme de conférences, une partie de ces rencontres est constituée par toute une série de questions.
Parfois nous n’avons pas le temps de répondre à certaines questions. Et cela est bien significatif. J’ai l’expérience de l’organisation de beaucoup de rencontres de jeunes, et dans beaucoup de cas, les questions ne sont pas au niveau de l’exposé ; d’autres fois il y a très peu de questions. Mais pour ce qui est du Centre d’Etudes « Dumitru Stăniloae », là on a du mal à répondre à toutes les questions qu’on nous pose. Comment je le sais ? Premièrement, c’est les membres du conseil du centre qui me l’ont dit, et deuxièmement, de par mon expérience personnelle. Certaines personnes m’ont dit : vous avez répondu à telle question que je vous ai posée, mais j’en ai d’autres. J’ai essayé d’y répondre aussi, c’est très important.
En parlant d’ouverture, je crois que la dimension spirituelle de ces cours, de ces rencontres, est essentielle. Il faut reconnaître qu’on vit une crise spirituelle, c’est surtout le cas pour la théologie académique. Je ne suis pas le premier à le signaler. Le père Placide Déseille, dans son livre La nostalgie de l’Orthodoxie, le dit très clairement : il existe très peu de professeurs de théologie qui ont réussi à unir le spirituel et l’académique. Il donne seulement trois exemples, qu’il a connu lui-même : Vladimir Lossky, saint Justin Popović et le Père Dumitru Stăniloae. Comment est-ce possible ?
Je vais répondre à cette question en la paraphrasant: le Père Placide a vu que ces professeurs étaient comme les Saints Pères. Je n’ose pas croire que les professeurs qui enseignent dans ce Centre, ou moi-même, ne faisons pas partie de cette catégorie. La même question est également valable pour les étudiants. Mais j’ai constaté que ces professeurs sont profondément ancrés dans les enseignements des Saints Pères, et cela est fondamental. Et alors leur démarche va dans la même direction, ce qui donne de la consistance à leur enseignement ; on le voit dans les débats, dans les conférences.
Si je devais dire quel est l’aspect essentiel dans la théologie des Saints Pères, j’évoquerais d’une part une théologie engendrée par un dialogue direct, à la manière du Père Stăniloae. Quand ce Père parle de Dieu, il parle comme s’il avait vécu là-haut. D’autre part, j’évoquerais la perspective eschatologique. Car la théologie n’est pas une théologie théorique ! Pas du tout ! Tout est ancré dans la théologie liturgique, et j’ai vu que pour les étudiants, ce que je leur dis en cours – que l’Eucharistie est le centre de la vie liturgique –, c’est quelque chose de concret. Lors de la dernière rencontre nous nous sommes rendu compte que je n’ai pas réussi à répondre à toutes les questions des étudiants. Pourquoi n’ai-je pas réussi à donner des réponses ? Car la plupart de ces questions sont des questions essentielles, qu’on ne peut pas aborder de manière superficielle. Le dialogue avec les étudiants est un dialogue vivant.
Mais il y a aussi des carences, comme c’est le cas pour toute démarche qui est à ses débuts. Beaucoup d’aspects sont à corriger, mais cela viendra avec le temps. On ne doit pas arrêter le projet juste pour le mettre au point, cela se fera tout naturellement. Cela m’apparaît très clairement. Pour ce qui est des manques, ce ne sont pas des aspects essentiels, mais plutôt liés à l’organisation, à la déontologie. Ce qui compte c’est la sincérité des organisateurs et la réponse tout aussi sincère des étudiants, venant d’un désir d’approfondir leurs connaissances théologiques et de recevoir des réponses à des questions théologiques, spirituelles. Je suis très confiant et je pense que ce projet sera une grande provocation pour la théologie académique, surtout en Roumanie. Je me demande si cette théologie académique doit être ranimée, ou plutôt elle doit apprendre certaines choses. Je ne voudrais pas faire une comparaison, mais ici la démarche est différente. Par conséquent, je suis très content et heureux de prendre part à ce projet et je le fais avec beaucoup d’amour. Je désire de tout cœur que ma contribution soit vraiment utile. Car si elle n’est pas utile et qu’elle manque de perspective, ma démarche n’a pas de sens.
Père Răzvan : Vue la réaction des étudiants, la joie est partagée !
Père Vasile : J’en suis ravi, ces étudiants m’ont donné beaucoup de joie ! Et si cela a été réciproque, c’est formidable !
Père Răzvan : Merci, Père !
Père Vasile : Avec joie !

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