Dimanche 9 février 2014, la paroisse de Tous-les-saints à Grenoble a bénéficié de la présence de Monseigneur Marc Neamteanul, du doyen Marc-Antoine Costa de Beauregard, et d’un grand nombre de fidèles venus de tous les coins de France à l’occasion de la hirotonie diaconale de Jean-Pierre Gérin. Une trait caractéristique de l’évènement : la présence française dans le clergé de la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale manifestée par l’épiscopat, la prêtrise et le diaconat. Ceci témoigne du fait que nous sommes des frères et nous sentons unis dans l’Esprit saint, qui fait de nous tous des citoyens de la Jérusalem céleste.
Père Ioan Căputan, porte-parole de toute la paroisse de Grenoble, a proposé, il y a quelques années déjà, à Son Eminence le métropolite Joseph que Jean-Pierre soit ordonné diacre, pour couronner son dévouement infatigable au sein de la vie paroissiale. Comme l’a dit Monseigneur Marc dans l’homélie qu’il a donnée à cette occasion, « le fait que la Paroisse ait élu quelqu’un pour servir comme diacre montre que toute la communauté a atteint un degré de maturité ». Cette maturité spirituelle inspire un engagement et un service beaucoup plus responsables au Nom du Christ.
Autant pour Jean-Pierre que pour son épouse Françoise, c’est une « bienheureuse folie », comme l’a expliqué Monseigneur Marc. Pourquoi ? Parce que, « à un âge où le plus grand nombre des hommes se retire pour profiter un peu de la vie, pour avoir le temps de lire ou de prendre davantage soin de sa maison », ils ont choisi, au contraire, de ne pas s’arrêter, et de continuer à servir. Car, « quand on aime, il n’y a pas de retraite ! Peut-on partir et prendre sa retraite du point de vue de l’amour ? Peut-on se retirer du don de soi ? La Paroisse a su discerner et voir en eux cette capacité, et eux ont accepté de se donner ».
La chirotonie de Jean-Pierre est également une réponse à l’appel du Christ. Ce dialogue a commencé par une recherche plus assidue en 1972, quand Jean-Pierre assistait à la fondation de la Transfiguration, communauté catholique de rite byzantin, par le diacre Jacques Langhart, devenu plus tard l’archimandrite Jacob du monastère de Cantauque. Comme membre de cette comunauté, en 1975, il partit avec son épouse en Israël, à Aïn Karem, près de Jérusalem, pour mettre les bases d’un centre de formation. A cette époque, Jean-Pierre et Françoise font la connaissance de Père Sofian Boghiu, dont ils se souviennent du visage particulièrement lumineux et doux, ainsi que des frères iconographes Moroşan, Mihai et Gavril, qui ont peint des églises en Terre Sainte et en d’autres lieux renommés, parmi lesquels on compte le monastère de Putna (Bucovine, Roumanie). De retour en France, en 1977, Jean-Pierre commence à suivre les cours de l’Institut orthodoxe Saint-Serge à Paris et, en parallèle, il étudie l’iconographie avec Bernard Frinking, un disciple du célèbre Leonid Ouspensky. La rencontre, en 1978, de Père Placide Deseille, qui, à l’issue de la célébration dominicale, tenait des conférences à Montgeron (en région parisienne), fit que la jeune famille se sépara de la communauté de la Transfiguration et se rapprocha des communautés orthodoxes, y trouvant une manifestation authentique du Christ dans la vie de l’Eglise. Ainsi, en 1981, avec deux de leurs enfants, ils reçurent le Saint Chrême au monastère Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors. Désormais, ils fréquentèrent diverses paroisses orthodoxes grecques et participèrent au congrès annuel de la Fraternité Iustin-Popovici : ils y rencontrèrent des disciples du Saint, serbes d’origine, devenus ensuite des évêques connus.
Quant à la communauté roumaine, ils l’ont connue de façon plus précise dès leur départ de la région parisienne pour l’Isère, au début de 2005. Les époux Gérin ont été touchés par l’humilité de nos évêques, particulièrement proches de ceux dont ils sont les pasteurs ; ils ont été accueillis chaleureusement et avec beaucoup d’amour à Grenoble de la part de Père Cătălin Cordos ; et Père Ioan Căputan, qui conduit la Paroisse depuis 2007, leur a permis de réaliser des projets personnels dans le cadre de la Paroisse, leur laissant un grand degré d’autonomie ; ils sont touchés par l’âme roumaine ouverte et accueillante, et décident de s’attacher à notre paroisse.
Dès le début, on les remarqua par leur implication dans la vie de la paroisse de Tous-les-saints à Grenoble : la porte de leur maison était toujours ouverte, témoignant de l’ouverture de leur coeur; ils recevaient chacun et accueillaient les évènements importants pour la communauté. Jean-Pierre réunit quelques personnes de la paroisse, intéressées par l’iconographie, pour travailler ensemble et progresser dans l’apprentissage de cet art byzantin. En même temps, il s’impliqua dans l’apprentissage du chant byzantin en langue française, en suivant des cours spécialisés avec Andrea Atlanti : celle-ci est bien connue notamment pour la traduction et l’adaptation des hymnes liturgiques byzantines en langue française. On remarqua également l’importance qu’ils accordaient à la prière, spécialement attentifs aux besoins de chacun ou aux divers évènements de la vie qui les interpellaient.
Dans la prière également nous nous sommes réunis ce dimanche du début du Triode. A la paroisse de Tous-les-saints à Grenoble sont venus se joindre nos frères de Lyon, communauté très proche du monastère Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, la famille du nouveau diacre, venue de tous les coins de France, ainsi que d’autres personnes désireuses de s’associer à nous. Tous – Roumains, Français, Grecs, Hongrois, etc... – nous nous sommes sentis à la maison, témoignant que l’Orthodoxie est véritablement l’Eglise de tous les peuples.
Pour toutes ces bénédictions, nous adressons nos remerciements tout d’abord à Dieu qui, dans sa bonté, nous a, avec tant d’amour, étroitement réunis les uns aux autres ; ensuite à Monseigneur Marc, qui, dès son arrivée, la veille de l’évènement, nous a communiqué sa joie et sa bénédiction sainte ; à Père Marc-Antoine également, qui nous a gratifiés de véritables agapes en paroles à l’issue de la Sainte Liturgie et nous a raconté ses rencontres avec les grands Pères spirituels du peuple roumain, comme Dumitru Stăniloae, Sofian Boghiu, Benedict Ghiuş, Paisie Olaru, Ilie Cleopa et Paulin Lecca. On aurait dit un Français avec un coeur de Roumain, qui nous parlait avec simplicité de la prière, de l’amour et de la spiritualité du peuple roumain. Des remerciements reviennent au choeur qui, avec autant de travail que de grâce, a assuré les merveilleux chants byzantins, d’une part en roumain, avec trois jeunes de notre paroisse et, d’autre part, en français, grâce aux invités d’honneur : Andrea Atlanti, Patrick et Antoine Marçais, Paul Serge Ferrier et Manuel Hercenberger. Merci à Père Ioan, et à tous ceux qui se sont occupés d’organiser cette merveilleuse journée, conclue par des agapes où la gastronomie roumaine offrait les types les plus alléchants de nourriture festive... Et, enfin, mais pas les moindres, nos remerciements vont à la famille Gérin, qui a accepté de se consacrer au service de la communauté et, surtout, de Dieu.
Une preuve de la communion et de la fraternisation de l’homme avec la création : en plein hiver nous avons été gratifiés d’un jour de printemps, où le ciel serein s’est imprimé dans notre âme, et nous sommes tous rentrés à la maison, le soleil dans le coeur, rendant gloire à Dieu pour tout !
Corina Bobea-Veersé şi Elena Barbu

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