C’est comme l’histoire d’un fruit… Avant de mûrir, on peut déjà deviner, en regardant sa forme et sa couleur, qu’il sera savoureux. C’est aussi une histoire de semences (les idées, n’est ce pas)… et du sol fertile (la générosité d’une équipe…).
Voilà comment j’ai vécu le Congrès Nepsis, qui a eu lieu fin octobre à Bruxelles. L’écorce du fruit c’était en fait la préparation, qui a duré des mois, avant de s’épanouir en un fruit mûr, aux effets bénéfiques et vivifiants.
Tout a commencé pour nous les participants, jeunes et moins jeunes, au mois de Mars, quand, à l’adresse « Nepsis Yahoo Group » sont arrivés les premiers messages sur le Congrès, dont le programme était loin d’être finalisé. La fièvre des préparations s’est traduite pour les participants par des jours de congé ou des absences « motivées » de l’école, et pour les organisateurs par la constitution des groupes.
Les jours sont passés et les coordinateurs du programme ont reçu les premiers hôtes, tant attendus.
Les jeunes du Portugal et de Roumanie, qui pour bon nombre d’entre eux, avaient déjà fait connaissance lors de rencontres NEPSIS dans le passé ou encore à l’occasion des colonies de vacances organisées par MOROEM, ont été les premiers arrivés à Bruxelles, dès mercredi 30 octobre, deux jours avant le début du Congrès. Le lendemain, sont arrivés les jeunes d’Italie, d’Espagne, de France (et des autres pays de la Métropole). Ainsi, environ 60 personnes ont participé à la première activité organisée : la visite du Palais du Conseil de l’Union Européenne et de la Commission Européenne. La dernière étape du premier jour était un moment paisible, bienvenu, après tant de fatigue : les Vêpres, dans la Cathédrale de Bruxelles, avec les chants interprétés par nos jeunes participants. La soirée a pris fin avec le repas servi par les organisateurs et puis, chaque personne a été prise en charge, par sa famille d’accueil.
Vendredi c’était la découverte et la promenade ; nous avons visité quelques objectifs touristiques de Bruxelles, capitale de l’Union Européenne et de Bruges, surnommé, à juste titre, la Venise du Nord. Ainsi les 85 jeunes, répartis en cinq groupes, chacun ayant son guide accompagnateur ont pu visiter : le Palais Royal situé sur la colline Coudenberg, la Chapelle Royale, le Musée Magritte, le Palais de Justice (le plus grand bâtiment au monde abritant une institution judiciaire ), le musée d’instruments musicaux « Le Mim » (un édifice futuriste, même pour les temps actuels, d’autant plus qu’il a été construit à la fin du XIXème siècle) qui abrite plus de 6000 objets. Mais aussi, la statue Manneken Pis, qui date de 1618 ou 1619, la célèbre Grande Place, existante déjà au Xème siècle, entourée des maisons des différentes corporations (brasseurs de bière, boulangers, tisserands, confiseurs, bouchers, etc.), l’ancienne Mairie, et la Maison Royale.
Ayant fini à regret notre courte visite, nous avons pris le train vers Bruges, et nous voilà dans cette belle ville médiévale, qui date du XIIème siècle. Nous y sommes restés quelques heures, le temps d’admirer les célèbres canaux, les ruelles étroites avec des anciennes maisons bourgeoises, La Place Burg et la Basilique Saint-Sang, où l’on garde, selon la légende, un flacon avec le Saint Sang du Seigneur.
L’heure du départ arrivant, nous nous sommes dirigés vers la gare, pour arriver enfin dans la ville de Leuven, à « La Foresta », un ancien monastère franciscain, notre hébergement pour les deux nuits suivants.
La journée ne s’est pas achevée ainsi, puisque ont eu lieu le repas du soir, le dîner et la session plénière (ouverture du Congrès), le tout prenant fin après minuit.
Le point culminant a été le samedi, journée d’intense spiritualité, grâce aux conférences des deux invités exceptionnels Klaus Kenneth et le père diacre Sorin Mihalache, mais aussi grâce aux ateliers qui ont suivi. Au début je me sentais comme dans une forteresse, d’où je ne pouvais sortir, ni au sens propre, ni au sens figuré. On a vécu pour le Christ et pour la liberté dont parle souvent le Saint Apôtre Paul, dans son Epître aux Romains ou encore dans celles aux Corinthiens ou aux Galates.
Tout a commencé avec la conférence de Mr. Klaus Kenneth, allemand d’origine, habitant à Fribourg, en Suisse, qui nous a raconté sa vie agitée jusqu’au moment de sa conversion à l’Orthodoxie, grâce à au Père Sofronie Saharov d’Essex. Je l’avais connu par l’intermédiaire de son livre « Deux millions de kilomètres à la recherche de la vérité ». « Ce livre m’a coûté cher, me dit il, car j’ai failli mourir plus de vingt-cinq fois ! « J’ai vu en lui un homme qui témoigne lui Christ et vit avec le Christ. Sa réponse à presque toutes les questions, était avant tout : Le Christ est la solution, Il est Amour, et il peut tout rendre possible si et seulement si nous nous rapportons à Lui : voilà la Vérité.
Le père diacre Sorin Mihalache (Faculté de Théologie Orthodoxe de Iasi) a mis l’accent sur « l’attention dans les habitudes cognitives et émotionnelles » de la vie intérieure et extérieure du chrétien orthodoxe de nos jours. Le contenu de son intervention, à la portée de tous, faisait appel à des connaissances bibliques, philocaliques, mais aussi neuroscientifiques. Sa simplicité et son attitude si naturelle ont été récompensées par de longs applaudissements et par une présence très importante dans l’atelier qu’il animait, avec des discussions prolongées tard, dans la nuit.
Concernant les ateliers thématiques du samedi, il faut rappeler les thèmes débattus : la prière, la Communion, les problèmes des jeunes d’aujourd’hui. Ces débats ont été animés par Mgr. Silouane, Mgr. Timothée et Mgr. Ignatie.
Naturellement, la journée de dimanche a été couronnée par la Divine Liturgie, célébrée par plusieurs évêques, prêtres et diacres de MOREOM, dont notamment notre Archevêque et Métropolite Joseph. Ont suivi des agapes fraternelles, avant le départ et la fin de ces trois jours inoubliables.
La fin de l’histoire… c’est comme le goût de ce fruit mûr, à la fois exquis et diffèrent pour chacun des participants.
Quant à moi, avant de mettre le point final, il me faut remercier encore une fois à tous les participants, aux familles qui nous ont hébergés, et surtout à l’équipe d’organisateurs, dirigée par Gabriela.
Remercions et rendons grâce au Seigneur pour tout !
A l’année prochaine !
Diacre Marian Preda, Rome

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