Ajouté le: 12 Avril 2015 L'heure: 15:14

L’Icône de la Mère de Dieu « La fleur impérissable » ou « fleur qui ne se fane pas » ou « fleur qui ne peut se flétrir »

Ce texte a été écrit d’après l’ouvrage « Les Fêtes et les Icônes de la Mère de Dieu dans l’Église Russe », 1999, rédigé par la moniale Sofia. Distributeur : Librairie des éditions de l’Age d’Homme – Paris 6e.

Amplement complété par des extraits de l’ouvrage du Musée du Louvre sur la Sainte Russie qui date de mars 2010.

L’icône est peinte d’après les cantiques dédiés à la Mère de Dieu, en particulier les hymnes de Georges de Pisidie sur l’Annonciation (VIIe siècle), celle du patriarche de Constantinople Isidore (+ en 1350) sur la Dormition, ainsi que les canons de Joseph l’Hymnographe (IXe siècle). La Mère de Dieu y est désignée par différentes images poétiques : « les rameaux impérissables ont poussé », « la fleur qui ne se fane pas » de l’hymne sur l’Annonciation (Ikos 3, 7), « le bâton fleuri d’Aaron qui ne se flétrit pas », ou encore « le lys impérissable qui a fleuri, immortel » de celle de la Dormition (Ikos 5). L’une de ces métaphores est devenue le nom même d’une icône de la Mère de Dieu. La fleur que la Mère de Dieu tient dans sa main est l’image de sa virginité et de sa pureté.

L’icône est fêtée le 3 avril. Il faut la distinguer d’une autre icône où la Mère de Dieu tient une fleur dans la main droite et Son Fils dans la main gauche qui porte l’appellation de « La Fleur qui embaume » et qui est fêtée le 15 novembre. Les icônes sont, iconographiquement parlant, parfois très proches l’une de l’autre. On trouve en Grèce une icône processionnelle de « la Fleur qui embaume » dans l’église de la Dormition de la Mère de Dieu sur l’île de Mytilène.

Sur l’icône reproduite ici, la Mère de Dieu est peinte à mi-corps et elle est couronnée. Elle a dans Sa main droite un sceptre en rameau fleuri. L’Enfant Jésus, soutenu par Sa Mère, debout sur une table d’autel, porte les habits du Tsariévitch et tient le globe et le sceptre royal. Sur cette icône, la Mère de Dieu et le Christ sont représentés comme la Reine et le Roi des Cieux. D’autres symboles vétéro-testamentaires sont présents sur cette image iconographiquement « riche » : le trône, l’autel, la table, le palais, le livre, la tenture rouge et or, le jardin céleste, l’étoile qui montre le soleil, le cierge qui brûle et l’encensoir. Ils correspondent à des épithètes des Acathistes. Pour ne citer qu’un exemple extrait du très bel ouvrage sur la Sainte Russie du Musée du Louvre : « les frondaisons du paradis visibles dans les nuées, le palais céleste à l’arrière, le livre fermé posé aux pieds du Christ sur l’autel illustrent les expressions ‘ouvrant les portes du paradis’ de la stance sur la Dormition (ikos 5) et ‘le palais s’illumine avec le livre du Verbe de vie’ de l’office de la Nativité de la Vierge ».

L’icône a été peinte par Tykhon Filatiev, en 1691, pour l’Église moscovite de la Nativité de la Mère de Dieu, petite rue Goloutvinsky. Elle a été acquise en 1933 par la Galerie Trétiakov, à Moscou.

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