Ce texte est écrit par la moniale Sofia, principalement, à partir d’un livret consacré au monastère de Serpoukhov, publié en russe par les Éditions de la Laure de la Trinité-Saint-Serge, en 2001.
Le récit de la glorification de cette icône miraculeuse au nom « mystérieux », qui ne se trouve que depuis peu dans le calendrier du Patriarcat de Moscou, a été écrit en 1912, dans le monastère où l’icône a été glorifiée. Il s’agit du monastère de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu de Serpoukhov. Ce monastère fut fondé en 1360. Le métropolite de Moscou, saint Alexis, entendit une voix venant d’une icône de la Mère de Dieu, lui demandant de fonder un monastère à son nom, près de la ville de Serpoukhov, au sud de Moscou. Le hiérarque se fit aider par un ermite qui lui était cher : le saint moine Varlaam. Et c’est ainsi que prit naissance ce saint monastère. C’était à l’origine un monastère d’hommes, qui devint féminin en 1866, sous le tsar Alexandre Ier et le métropolite de Moscou Platon.
En 1878, un paysan de la province de Toula, du district d’Ephremosk, un soldat à la retraite, avait une grande faiblesse. Il buvait toute sa pension et avait atteint un état de pauvreté très grand. Pour comble de malheur, il perdit l’usage de ses jambes ce qui ne l’empêcha pas de continuer à s’adonner à la boisson. Se trouvant dans un état de désharmonie entre l’âme et le corps, il vit une fois en songe un petit vieux à l’air vénérable qui lui dit : « Va à Serpoukhov, au monastère de la Souveraine, là-bas, dans l’église Saint-Georges, il y a une icône de la Mère de Dieu « Coupe inépuisable », demande qu’une prière d’action de grâce soit célébrée devant l’icône et tu recouvreras la santé de l’âme et du corps.
Mais le paysan, négligeant le fait que ce songe était manifestement inhabituel, ne se rendit pas à Serpoukhov. Il ne savait pas comment atteindre le monastère sans jambes et sans argent.
Alors le starets lui apparut à nouveau à deux reprises, en lui ordonnant avec une colère croissante d’obéir à son ordre. Le paysan décida alors de se mettre immédiatement en route.
Il avançait à quatre pattes. Il s’arrêtait pour se reposer, manger et reprendre des forces dans les villages qui se trouvaient sur sa route. A l’une de ces étapes, une paysanne âgée l’accueillit pour la nuit. Pour soulager ses jambes malades, elle les frictionna et elle allongea le pèlerin malade et fatigué sur le poêle. Se réveillant dans la nuit, le pèlerin eut une sensation agréable dans ses jambes malades. Il descendit avec une grande prudence du poêle et constata que, bien que faible, il pouvait tenir debout. Il attendit avec impatience le matin, désireux de poursuivre sa route… sur ses deux jambes, même si c’était en s’aidant d’un ou de deux bâtons. Mais la bonne petite vieille le retint encore vingt-quatre heures. Et c’est en s’appuyant sur un seul bâton qu’il put se rendre au monastère de la Souveraine.
Arrivé là-bas, il révéla à la novice Zakharia (qui devint par la suite la moniale Elisabeth) ses merveilleuses visions nocturnes. Sœur Zakharia était la sacristine de l’église du grand martyr saint Georges. La moniale resta perplexe. Comment demander à un prêtre de célébrer un office d’actions de grâce devant une icône inconnue ? Personne n’avait jamais entendu parler d’une icône portant ce nom dans le monastère. Elle eut alors une pensée : n’était-ce pas celle qui était accrochée dans le passage qui permettait l’accès au clocher ou à la sacristie ? Il y avait là, en effet, à côté d’une icône de la Mère de Dieu de Kalouga, une icône de la Mère de Dieu avec la représentation d’un calice. Et, à la surprise générale, on découvrit qu’il y avait une inscription au dos de l’icône : « Niéoupivaïémaïa Tchacha » que l’on a traduit par « Coupe inépuisable » et qui était le nom que le pèlerin avait utilisé pour désigner l’icône.
Il y eut une autre chose très importante : lorsqu’on conduisit le pèlerin auprès de la châsse qui contenait les reliques du saint moine Varlaam, le fondateur du monastère, le pèlerin reconnut dans ce saint visage, le vieil homme, qui portait de somptueux ornements, qui lui était apparu durant son sommeil et qui lui avait donné l’ordre d’aller à Serpoukhov au monastère de la Souveraine, auprès de la Mère de Dieu « Coupe inépuisable ».
Empli de joie et totalement guéri, le pèlerin poursuivit sa route jusqu’au monastère de saint Serge de Radonèje et s’arrêta au retour à Serpoukhov pour rendre à nouveau grâce à la Mère de Dieu pour sa sollicitude à son égard.
L’icône miraculeuse devint rapidement très connue. Elle permit à de nombreux malheureux de cesser de boire sans effort. Grâce à la Mère de Dieu, nombreux furent ceux qui retrouvèrent la paix, une vie saine et ramenèrent le bonheur dans leur famille.
L’icône, bien sûr, fut transférée dans l’église principale du monastère et placée sur l’iconostase. Grâce au don d’un commerçant de Moscou, guéri par l’intermédiaire de cette icône, l’icône reçut une chape en argent.
Cette icône a été peinte avec soin. Elle est visiblement du type de la Mère de Dieu du Signe. Mais l’Enfant-Dieu se tient debout dans une coupe posée sur un autel.
Il existe une autre icône proche iconographiquement de celle-là. Celle de la Mère de Dieu de Nicée, qui est également fêtée en mai, le 28 du mois. Elle fut glorifiée en 304. « Sur l’autel qui est devant la Mère de Dieu, on aperçoit Jésus dans un grand calice ; le globe terrestre est posé à côté. Malgré ces éléments tardifs, on raconte que l’icône date de 304. Pendant le siège de Nicée par Amir, un homme du nom d’Alexandre cassa cette icône avec une pierre et l’a foula aux pieds. La nuit suivante, la Mère de Dieu l’appela et lui dit qu’il serait puni. Et, en effet, au cours de la bataille du lendemain matin, il fut frappé par une pierre et s’écroula. Commémorant cet événement, les Pères du Concile de Nicée, décidèrent de chanter devant cette icône : « Ton sein est un autel consacré… » ( stichère des Vêpres…)
En slavon, le nom de cette icône n’est pas clair. Il a donné lieu à de nombreuses discussions et suggestions. Aucune n’est évidente…
Le monastère de Serpoukhov a fait un choix. Le texte officiel est le suivant : « « Niéoupivaiémaïa » ou « Niéispivaiémaïa » Tchacha (qui veut dire « coupe ») signifie Une coupe inépuisable de joie, de consolation, de guérison, de vie et une source intarissable de tout don spirituel. » L’hymne acathiste à la Mère de Dieu « Coupe inépuisable » parle de « Source intarissable d’allégresse ».
Le jour où l’icône fut glorifiée n’est pas connu avec précision, aussi a-t-on décidé de fêter cette icône le jour de la fête du trépas du saint moine Varlaam, le fondateur du monastère de Serpoukhov, le 5/18 mai.
L’icône miraculeuse de la Mère de Dieu « Coupe inépuisable » est restée au monastère jusqu’en 1919. A la fermeture du monastère, elle a pris place dans la cathédrale Saint Nicolas, sur la route de Kalouga. On ne sait pas ce qu’est devenue cette icône.
Le monastère féminin a été rouvert en 1995. Le 23 avril/6mai 1996, le jour de la fête du saint grand martyr Georges, le hiérarque Juvénal a célébré une liturgie au monastère et a béni une copie de l’icône miraculeuse disparue. Par l’intermédiaire de cette nouvelle icône, se produisent des guérisons miraculeuses. On possède déjà plusieurs récits témoignant de ces guérisons.
Cette icône est du type des icônes de la Mère de Dieu du Signe. Léonide Ouspensky nous explique que « les bras levés de la Mère de Dieu caractérisent cette icône qui appartient au type de l’Orante ». « Ce geste des bras élevés n’est pas seulement signe de prière, mais il en est la personnification dans l’image de l’Orante ». « L’icône du Signe, dans sa simplicité hiératique, est l’une des icônes les plus complexes et les plus riches de la Vierge. » Ces images, autrefois, décoraient parfois le fond des vases sacrés. Il n’est donc pas tout-à-fait surprenant de retrouver le vase sacré sur l’icône elle-même.
« Réjouis-Toi, Souveraine, Coupe inépuisable, qui étanche notre soif. »

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger
Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni
Copyright @ 2008 - 2023 Apostolia. Tous les droits réservés
Publication implementaée par GWP Team